12/02/2023
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ASSASSINAT DE MARTINEZ ZOGO
QUE LES CHOSES SOIENT CLAIRES
J'ai fait un traditionnel tweet mardi 7 février 2023. Il était consacré à un membre du Gouvernement, compte tenu de l'actualité brûlante.
J'y ai interpellé monsieur Laurent ESSO, ministre d'Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux du Cameroun, dans un esprit citoyen et républicain, lui dont l'attitude me paraît questionnable au regard de la situation, car cité nommément dans une affaire d'assassinat au même titre que d'autres suspects influents déjà interpellés et gardés. Ce n'est évidemment pas moi qui le dis, mais Reporters Sans Frontières (RSF) qui soutient avoir eu accès à la déposition de JUSTIN DANGWE, le présumé chef du commando ayant assassiné le célèbre journaliste et animateur MARTINEZ ZOGO. La nouvelle a fait le tour du monde, la presse internationale s'en est délectée.
C'est l'image du Cameroun qui est ternie, mais aussi celle de la Justice, dirigée par le Garde des Sceaux. À défaut de se prononcer pour rassurer les Camerounais, le ministre de la Justice peut se retirer momentanément, sans attendre un éventuel remaniement ministériel, le temps d'y voir plus clair. Ce serait une marque de respect pour la République.
Mais grande a été ma surprise lorsque je reçois en journée le coup de fil d'un confrère qui m'accuse ouvertement d'avoir accusé le ministre Laurent ESSO d'être "coupable", au mépris de la présomption d'innonce dont jouissent tous les suspects, cités ou pas dans la communication de RSF, très relayée par la presse internationale.
Ces propos sur fond de réquisitoire et en déphasage total avec l'esprit et la lettre de mon tweet me semblent suffisamment graves, pour ne pas être portés à l'attention du public dans un contexte aussi sensible pour les journalistes au Cameroun. Sous aucun prétexte, nul ne doit avoir peur d'exprimer son opinion.
NJIKI FANDONO