30/05/2021
CANEVAS DE CE DIMANCHE 30 Mai 2021
THEME: LES ‘‘JE SUIS’’ DE JÉSUS
Partie 1:”Je suis le pain de vie”
Jean 6:35,48
INTRODUCTION
Alors que les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) présentent, au regard des quatre êtres vivants, le Christ comme le lion : c’est-à-dire le roi (en effet, dans la nature, le lion est le roi des animaux), comme le veau : image du serviteur (le veau étant employé, en temps biblique, pour des travaux domestiques et également pour le sacrifice), et comme l’homme : image et symbole de la sagesse, ainsi que de l’intelligence. Jean, quant à lui, va paradoxalement en empruntant une voie toute autre, à la manière d’un aigle qui vole à une hauteur vertigineuse, inégalable par aucun autre oiseau, et possède également une vision perçante. En effet, un aigle est capable d’apercevoir à une hauteur de 1500 m, une proie de quelque centimètre environ.
En effet, l’auteur de cette portion de l’Ecriture présente l’histoire de la vie du Messie sous un angle prophétique, c’est-à-dire, il voit les choses de façon typiquement spirituelle. A titre d’exemple, après avoir démontré les origines divines et éternelles de Jésus (Jn.1:1-5), Jean rapporte dans son récit, ‘‘21 fois’’ où le Christ emploie le terme « Je Suis » pour parler de sa personne. Mais, tout particulièrement, il utilise cette formule (‘‘Je Suis’’) en le faisant suivre d’un attribut à sept reprises, notamment :
1°) Je suis le pain de vie (Jn.6:35,48);
2°) Je suis la lumière … (Jn.8:12)
3°) Je suis la porte (Jn.10:9)
4°) Je suis le bon berger (Jn.10:11)
5°) Je suis la résurrection et la vie (Jn.11:25)
6°) Je suis le chemin, la vérité, et la vie (Jn.14:6)
7°) Je suis le vrai Cep (Jn.15:1)
Il convient de souligner que l’emploi du terme « Je Suis » n’était pas fait de manière fortuite (Cfr.Pr.16:4), mais assurément en référence à l’épisode du buisson ardent (Ex.3:14). En l’employant, Jésus affirmait ouvertement plus d’une fois sa divinité aux juifs qui l’entendaient.
DEVELOPPEMENT
« JE SUIS LE PAIN DE VIE »
A. Le contexte
Bien que toute Ecriture soit inspirée de Dieu (II Ti.3:16), il est conseillé au lecteur de placer la portion lue ou étudiée dans son contexte originel, en vue d’une interprétation correcte et une compréhension efficiente. Autrement, on risque de tomber dans l’interprétation particulière qui se révèle une erreur grossière issue du mauvais positionnement de la Parole dans le temps ou hors cadre contextuel (Cfr.Mt.22:29).
Au regard de ce qui vient d’être annoncé, Jésus, après avoir accompli le prodigieux miracle de la multiplication des pains (Jn.6:1-14) s’éclipsa de velléité politique de la foule visant à l’introniser comme roi ; il se retira, esseulé, sur la montagne. Le soir venu, ses disciples embarquèrent dans une barque pour se rendre à Capernaüm situé à l’autre bord. Alors que la traversée était tumultueuse, les disciples aperçurent Jésus s’approcher de leur embarcation marchant sur les eaux.
Arrivés de l’autre côté, le lendemain, au petit matin, la foule qui s’était mise en quête (effrénée) du Messie, l’ayant trouvé, ils lui dirent : Rabbi, quand es-tu venu ici ? C’est donc cette interrogation d’apparence anodine et bienveillante à la fois qui déclencha les hostilités entre le Rabbi et la foule agitée. En effet, tandis que la quête des juifs du maître était vraisemblablement louable, leur passion à l’égard du Seigneur hautement estimable, Jésus ne se laissa point, en sa qualité de prophète, embabouiner par leurs fallaces. Il n’hésita point d’ailleurs à les recadrer sur le coup. Voici, à leur fourberie, il répondit : ‘‘Amen, amen, je vous dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez, non pour l’aliment qui périt…’’ (Jn.6:26-27).
De la réponse du sauveur, nous savons conclure que la valeur de notre recherche de Dieu est fonction exclusivement de ses motivations, des motifs qui le font agir, ou de ses mobiles. Une recherche de Dieu fondée essentiellement sur la satisfaction des besoins sensuels n’a aucune valeur réelle aux yeux de Dieu. Alors, prenons garde !
Foncièrement, tournés aux matériels, les interlocuteurs de Jésus tentèrent, à coup de provocation, de le faire réagir et dirent : ‘‘Quel signe fais-tu donc, toi, pour que nous voyions et adhérions à toi ? Quel travail ? Nos pères ont mangé la manne au désert, comme il est écrit : ‘‘il leur a donné à manger un pain du ciel’’. Yeshoua leur dit : ‘‘Amen, amen, je vous le dis, ce n’est pas Moshè qui vous a donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le pain du ciel, le vrai’’ (Jn.6:30-32).
Ce que les Juifs contemporains de Jésus ignoraient, c’était ce que Moshè et la manne n’étaient qu’un type qui avait pour antitype ‘‘Christ’’ et ‘‘son œuvre’’, son ‘‘sacrifice ultime’’ donné comme nourriture (pain) pour la vie, le salut éternel des hommes.
B. Qu’en est-il alors du pain ?
Il se dit en hébreu ‘‘lekhèm’’, qui se trouve dans le nom Bethléhem = maison de pain (ville natale de Jésus, Mi.5:1; Lc.2:4).
Le pain était l’aliment de base des Hébreux. Bien qu’en temps de guerre ou de pénurie on pût utiliser d’autres céréales de piètre qualité, tels que le millet, le sorgho, en temps normal, le pain hébreu était fait essentiellement à base d’orge pour ceux de condition modeste et de froment (blé) pour les plus favorisés (Cfr.Ex.37:22 ; Lc.23:17).
Ces deux types de céréales utilisés couramment dans la panification chez les Sémites nous renvoient au caractère du Christ manifesté ici-bas, lors de son incarnation. En effet, Jésus réunissait en sa personne ‘‘le serviteur’’, qui accomplit l’humble service (imagé ici par l’orge) et le “riche maitre”, qui ouvre ou dispose à l’endroit de ses disciples les richesses indescriptibles de son royaume, symbolisé ici par le blé.
Il était à la fois le Schilo, celui qui a le sceptre, la face de lion (la royauté), la face d’aigle (la hauteur) ; mais il était également le serviteur souffrant peint dans Esaïe 53 :1-5. C’est lui l’homme de douleur habitué à la souffrance, raillé et abandonné des hommes. C’est la face de veau, destiné au sacrifice, et celle d’homme, dont les pieds sont collés au sol.
Dans l’énigme de Samson, nous apercevons également ce caractère bicéphale de la personne de Christ. Là, il est en même temps celui qui mange (le lion), et celui qui se mange (le veau, le miel). Il est en même temps le fort et le doux (Jg.14:14).
Blé = richesse, royauté, le lion (le feu), la gloire, l’honneur, l’aigle (l’air), la hauteur, la perspicacité, la profondeur, etc.
Orge = l’humilité, le service, le veau (l’eau), le sacrifice, l’homme (la terre), la colombe, la douceur, etc.
C. Sortes de pains dans la Bible
De par sa confection et son utilisation, le pain est une image criante de la personne et de l’œuvre de notre Seigneur et sauveur. En effet, Jésus est le grain de blé (Jn.12:24), broyé sous la meule de la souffrance (Jn.12:27), et exposé au feu (four) du jugement divin (Jn.12:31-33). Juifs, selon l’Esprit (Rm.2:29), nous nourrissons quotidiennement notre foi du sacrifice subi à notre place et en notre faveur (Hé.12:2-3).
La Bible fait mention de beaucoup de sortes de pains qui, du reste, parlent tous de Christ, notamment :
1. Le pain sans levain (azyme)
D’ordinaire, après avoir moulu le grain, la farine obtenue était mélangée à l’eau pour le pétrissage. Le pain qui en résultait était azyme, c’est-à-dire sans levain. Il évoque Christ, l’homme Saint et parfait ; celui en qui il n’y a pas des péchés et dans la bouche duquel il n’y a point de fraudes (Es.53:9). Voilà pourquoi sans contredit il pouvait dire :
-“Qui de vous me convaincra de péché ?” (Jn.8:46)
-‘‘…le prince du monde (le diable) vient. Il n’a rien en moi” (Jn.14:30).
En vue de ressembler à Christ, l’Apôtre Paul exhorte le croyant à devenir une pâte nouvelle, exempt du vieux levain de la malice et de la méchanceté (1 Co.5:6-7).
2. Le pain levé
Pour faire du pain levé, on utilisait habituellement comme levain, un morceau de pâte conservé lors de la panification précédente qu’on émiettait dans l’eau avant d’y ajouter la farine. On pétrissait ce mélange et on le laissait reposer jusqu’à ce qu’il lève.
Ce procédé de fermentation ayant pour but de faire monter la quantité de la pâte nous parle de l’interdépendance entre écriture et révélation, entre âges de l’Eglise, etc.
En effet, une écriture ne peut être éclairée que par une autre, d’autant plus que la Bible n’est expliquée que par elle-même. Ainsi, la révélation du jour est dépendante de celle d’hier, pour son ouverture et sa compréhension. Il existe une similitude entre la confection du pain levé et l’allumage du chandelier. En effet, pour allumer le candélabre, les sacrificateurs prenaient le feu de la première mèche pour alimenter celle de la seconde et ainsi de suite, jusqu’au septième. Autrement dit, la pâte du jour a besoin d’une fraction d’hier pour lever ou prospérer…
3. La manne
Quoique de nature organique, la manne était un don venant du ciel de la part de Dieu. Il préfigurait Christ dans son humiliation : il donna sa chair pour que le croyant ait la vie (Jn.6:49-51). Voyant son peuple croupir dans une disette spirituelle engendrée par le péché, Dieu, en réponse à cette pénurie, donna à l’humanité le vrai pain du ciel : Jésus.
La manne est donc la transcription mimique de l’Ecriture : “Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle” (Jn.3:16).
4. Le pain de proposition
Le pain de proposition évoque Christ en tant que pain de Dieu, aliment du croyant, sacrificateur de la nouvelle alliance (1P.2:9; Ap.1:6). Car, ne pouvait avoir droit à ce pain rituel que les sacerdotaux (Lc.6:4 ; etc.)
Somme toute, de pain de proposition parle de Christ qui entretient la vie du croyant. C’est concrètement la sainte Parole révélée de Dieu, l’Evangile éclairé, le mystère expliqué, auxquels ont exclusivement droit ceux de la maison de Dieu, les fils du Royaume (Mt.13:10-13; Mc.4:11).
CONCLUSION
En se présentant comme le pain vivifiant à ses contemporains, le Christ était en train de parler métaphoriquement de son sacrifice ultime, indispensable pour la vie, le salut des hommes.
Ainsi quiconque mange de ce pain (rompu), c’est-à-dire adhère et s’identifie à l’œuvre de Golgotha, a la vie éternelle et ne vient point en jugement…