16/03/2024
Sur les traces d'un éléphant de Nagada…
Cette petite amulette d'ivoire a été façonnée en Egypte, il y a environ 5500 ans, plus 'précisément' durant la période prédynastique appelée Nagada II qui s'étend de 3700 à 3400 avant J.-C..
Dans "L'Egypte ancienne au Louvre", Guillemette Andreu indique que "les œuvres connues de l'époque prédynastique proviennent pour la plupart de Haute-Égypte entre Abydos et Louxor. C'est là, que, dans une boucle du fleuve se niche le site de Nagada".
La culture nagadienne "se subdivise en 3 phases (Nag. I-II-III). Elle s’étend au fur et à mesure de son développement. À l’origine, à Nagada I, elle ne concerne que la zone qui était auparavant sous influence badarienne, soit le nord de la Haute-Égypte. À Nagada II, elle intéresse toute la Haute et la Moyenne-Égypte. À la fin de Nagada III, elle est devenue prédominante non seulement dans toute l’Égypte mais on la retrouve aussi jusqu’en Nubie au Sud et au Nord, via le Sinaï, jusqu’en Palestine, dans l’actuelle bande de Gaza" précise Gwenola Graff.
Haute de 4,8 cm, cette amulette représente une tête d'éléphant (Loxodanta africana) stylisée, presque schématisée, mais le grand mammifère est toutefois immédiatement identifiable. Sa face est animée de façon réaliste, par deux yeux ronds, grands ouverts, en fritte bleue devenue très sombre, qui semblent interroger et captent ainsi le regard.
Ses défenses semblent curieusement naître de la partie supérieure de la tête. Élégamment incurvées vers l'intérieur, elles sont presque assimilables à des cornes.
Avec les siècles, l'ivoire s'est patiné, prenant une teinte plus soutenue.
Les deux trous percés dans le dos indiquent que cette représentation était destinée à être portée, ce qui semble ainsi confirmer son rôle protecteur …
Elle nous apporte en outre la preuve concrète de la présence, dans les temps les plus reculés, de l'imposant pachyderme en Egypte…
Le Metropolitan Museum of New York qui a, dans ses collections, une amulette assez semblable pré