13/08/2026
À , quatre missions centenaires éclairées pour écrire une nouvelle page de leur histoire
et : quand les célébrations du centenaire riment avec électrification et développement local
Dans le diocèse d’Idiofa, la célébration des centenaires de plusieurs anciennes missions catholiques ne se résume pas aux festivités, aux retrouvailles des communautés chrétiennes ou à la rénovation des infrastructures héritées des premiers missionnaires. Elle marque également une nouvelle étape dans l’histoire de ces communautés : celle de l’accès à une énergie électrique propre et durable.
Après Ipamu et Kilembe, les missions centenaires de Mwilambongo et Mapangu s’inscrivent elles aussi dans cette dynamique de transformation. Ces quatre grandes missions historiques du diocèse bénéficient désormais de centrales solaires photovoltaïques permettant de desservir leurs principales infrastructures et, au-delà, les populations environnantes.
Cette évolution donne un relief particulier aux célébrations centenaires : après avoir transmis la foi, l’éducation et les soins pendant un siècle, ces missions sont appelées à devenir davantage des pôles de développement pour leurs communautés.
Des centenaires qui ouvrent sur l’avenir
L’histoire du diocèse d’Idiofa est profondément liée à celle de ses anciennes missions. Ipamu, Kilembe, Mwilambongo et Mapangu ont été, chacune à leur époque, des foyers d’évangélisation, d’éducation, de formation et de soins.
Des générations de Congolais y ont été catéchisées, instruites et soignées. Ces missions ont progressivement donné naissance à des écoles, des centres de santé, des structures pastorales et diverses initiatives de développement.
Les sources historiques situent notamment Mwilambongo en 1924 et Mapangu en 1926, tandis que Kilembe figure parmi les premières missions issues de l'implantation missionnaire dans cette partie du pays.
La célébration de leurs centenaires constitue donc un temps privilégié pour rendre grâce pour ce patrimoine, mais aussi pour se demander : quel avenir voulons-nous construire pour ces communautés au cours de leur deuxième siècle d’existence ?
L’une des réponses est aujourd’hui particulièrement visible : l’électricité.
Le soleil comme nouvelle source de développement
L’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques en milieux rural et périurbain, ANSER, a engagé depuis plusieurs années des projets visant à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales et périurbaines de la République démocratique du Congo.
L’agence, opérationnalisée en 2020, inscrit son action dans une politique nationale d’électrification rurale et dans l’objectif de réduire les inégalités d’accès à l’énergie. Elle développe notamment des solutions photovoltaïques adaptées aux territoires ruraux et enclavés.
Le cas d’Ipamu constitue l’un des projets emblématiques de cette démarche. Lancé dans le contexte de la célébration du centenaire de l’évangélisation d’Ipamu, le projet avait notamment prévu plusieurs microcentrales photovoltaïques destinées à alimenter les écoles, les structures ecclésiales, certaines activités économiques et les infrastructures de santé.
En 2022, le Président de la République avait d'ailleurs salué la réalisation du projet d’électrification de la mission catholique d’Ipamu par l’ANSER, en demandant que l’expérience puisse contribuer à d’autres projets d’électrification rurale.
À Kilembe, une centrale solaire photovoltaïque d’une puissance annoncée de 62 kWc a également été installée par l’ANSER. Sa mise en service a coïncidé avec la célébration du centenaire de cette mission catholique.
De la lumière dans les églises… à la transformation de toute une communauté
L’intérêt de ces installations dépasse largement la simple possibilité d’allumer les lampes dans les bâtiments paroissiaux.
L’électricité constitue aujourd’hui une infrastructure essentielle pour l’éducation, la santé, l’administration, les activités économiques et la vie sociale.
Dans ces missions centenaires, elle permet notamment aux élèves d'étudier dans de meilleures conditions, aux enseignants de travailler avec davantage de moyens, aux structures sanitaires d'assurer certains services à toute heure et aux services paroissiaux de fonctionner plus efficacement.
À Ipamu, l’ANSER avait déjà relevé les premiers effets de l’électrification : prolongement de la vie sociale au-delà de 18 heures, développement d’activités économiques nocturnes et amélioration de la prise en charge des malades pour les interventions nocturnes.
L’électricité peut également favoriser l’émergence d’activités génératrices de revenus : menuiserie, couture, moulins, conservation des produits, petites unités de transformation, restauration et autres services.
L’ANSER souligne d'ailleurs l’importance de développer des usages productifs de l’électricité, afin que les centrales deviennent de véritables instruments de développement communautaire et que leur exploitation puisse contribuer à leur entretien et à l’extension future de leurs capacités.
Quatre missions, un même défi : réussir le deuxième centenaire
L’électrification des quatre missions centenaires donne ainsi un contenu nouveau aux célébrations.
Ipamu, Kilembe, Mwilambongo et Mapangu ne sont plus seulement des lieux chargés d’histoire. Elles peuvent devenir des plateformes locales de développement.
Autour de leurs paroisses gravitent des écoles, des structures sanitaires, des communautés chrétiennes, des services administratifs et une population importante. L’accès à l’électricité offre la possibilité de mieux valoriser ces infrastructures et de renforcer leur contribution au développement des territoires.
Le défi consiste désormais à assurer la bonne gestion, la maintenance et la pérennisation des équipements, tout en développant progressivement les usages économiques et sociaux de cette énergie.
Car recevoir une centrale solaire est une étape. La faire fonctionner durablement au service de la population en est une autre.
Un symbole fort pour le diocèse d’Idiofa
Il y a, dans cette rencontre entre centenaire et électrification, une forte portée symbolique.
Les premières générations de missionnaires ont apporté la lumière de l’Évangile dans des régions alors très difficiles d’accès. Un siècle plus t**d, leurs anciennes missions accueillent une autre forme de lumière : celle de l’énergie solaire, propre, renouvelable et destinée à soutenir l’éducation, la santé, la pastorale et l’économie locale.
La célébration des centenaires devient ainsi plus qu'un regard nostalgique vers le passé. Elle devient un engagement pour l'avenir.
Le diocèse d’Idiofa peut légitimement considérer cette évolution comme une occasion de rendre grâce, mais aussi de renouveler son engagement en faveur du développement intégral de l’homme et des communautés rurales.
Après cent ans d’histoire, une nouvelle page commence donc à s’écrire.
À Ipamu, Kilembe, Mwilambongo et Mapangu, le deuxième siècle de ces missions centenaires commence sous une nouvelle lumière : celle du soleil, au service de l’homme et du développement.