08/16/2026
Lay Reader Irène Brison's bilingual homily, August 16th. / Homélie bilingue d'Irène Brisson, assistante laïque, 16 août 2026.
Gen 45:1-15; Psalm 133; Rom 11:1-2a, 29-32; Mt 15:(10-20), 21-28
Today's readings make us reflect on our relationships with our family and friends, on
the universality of God's gifts, and on the benefits of faith and perseverance in prayer.
Au sujet de la première lecture, étant enfant unique, je n’ai pas connu le bonheur d’avoir des frères et des sœurs, de jouer et de me chicaner avec eux. Mais j’ai vécu la brouille définitive de ma mère et de son frère, et j’ai vu des familles dans lesquelles les enfants se détestaient les uns les autres, au point de ne plus s’adresser la parole une fois adultes. C’est dire combien je suis sensible à nos lectures de ces dernières semaines.
Several biblical stories show us that all dirty tricks are allowed between brothers and sisters. When they hate each other, it is always for the same reasons: emotional jealousy (not being the favorite child), or a story of inheritance and territorial possession. And this goes back to the dawn of time, since the first case of fratricide reported in the Bible is the murder of Abel by Cain, both sons of Adam and Eve!
La première lecture poursuit les aventures mouvementées des descendants d’Abraham Après les malhonnêtetés de Jacob envers Esaü, ce fut au tour des fils de Jacob de s’en prendre à leur frère Joseph. La semaine dernière, nous avons vu comment ils ont comploté pour le tuer mais, finalement, l'ont vendu comme esclave à la tribu des Madianites qui l’emmenèrent en Égypte. Protégé par Dieu, Joseph connut des hauts et des bas, mais s’en est toujours sorti, et accéda à de hautes fonctions auprès du pharaon.
It was in this context that his brothers had arrived in Egypt in the midst of the famine, and that Joseph had made himself known to them, after testing them. In spite of all the harm they had done him, he forgave them and protected them. It was not only a gesture of fraternal love : Joseph, thanks to dreams, knew that everything that had happened to him was God's plan and that, therefore, at the height of his power, he could only forgive his brothers.
Le psaume 133 surprend par sa brièveté (3 versets seulement), et par ses comparaisons pittoresques. C’est aussi un psaume rassembleur qui, dans sa version hébraïque originale, vante l’harmonie entre frères et le bonheur que cela nous procure, ainsi qu’à Dieu. Au sens plus large, « frères » est interprété comme l’appartenance à une communauté, religieuse ou sociale. On peut même y voir l’ensemble des peuples : c’est donc un rêve de paix et d’harmonie universelle que prône ce psaume. Faire allusion à l’onction d’Aaron, frère de Moïse, tous deux descendants de Jacob, et à la rosée qui se répand depuis le mont Hermon confirme l’importance que revêt la paix aux yeux de Dieu.
With Paul, we approach a complex reading, from which only a few verses, the most accessible, have been extracted. First of all, the first verse takes us back to the 1st reading, since Paul introduces himself as "an Israelite, of the seed of Abraham, of the tribe of Benjamin" (11:1), one of Joseph’s brother. He also reminds us that, despite the misconduct of his people who did not recognize Christ as the Messiah, God does not withdraw his love from him. Better still, the good done to some benefits others.
La traduction moderne de “repentance” peut prêter à confusion. Le mot grec utilisé par Paul (ἀμεταμέλητα) signifie plutôt « irrévocable ». Autrement dit : Dieu ne revient pas sur ses dons et ne marchande pas son amour : ce qui est donné est donné. Malgré la faiblesse humaine dont il a connaissance depuis Adam et Ève, son amour est omniprésent et universel.
The Gospel shows us Jesus in the midst of the crowd and the disciples. He has just performed miracles (the multiplication of loaves and fishes, he has walked on water, he has healed people) and once more / aroused the anger of the Pharisees who reproach his disciples for not respecting traditions. It is now on the shores of the Mediterranean, in the region of Tyre and Sidon, which corresponds to present-day Lebanon.
C’est dans ce contexte qu’intervient l’épisode de la femme cananéenne. C’est une païenne, méprisée des Israélites, qui vient supplier Jésus de guérir sa fille malade, possédée par le démon.
Par son apparente indifférence à son égard, Jésus veut montrer aux disciples que son message et ses actions ne se limitent pas aux seuls Juifs. Comment s’y prend-il ? Par la négation : comme s’il donnait raison à ses disciples, que cette femme dérangeait par ses cris, il commence par se définir uniquement comme berger d’une seule catégorie de personnes : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » (verset 24). Mais il ne renvoie pas cette femme, comme le demandaient ses disciples. Cela permet à cette dernière d’insister, de supplier, parce qu’elle, la païenne, croit en son pouvoir de guérison. « Seigneur, viens à mon secours ! »
And here again, Jesus surprises us, comparing his people to children, and the Gentiles, including the woman, to small domestic dogs. It looks like he wants to argue with her! And the Canaanite woman answers him with such wit that Jesus can only recognize her faith and heal her daughter. The moral of this story is that Jesus is there for all those who pray to him with conviction. The message he gives to his followers is: when someone suffers, let's help them, regardless of their beliefs.
What can we learn from our readings and how can we make them our daily bread? First, to be in peace with our families and friends, our communities of work and faith.
Individuellement, nous pouvons faire le premier pas pour amorcer une réconciliation avec un membre de notre famille, ou un ami. Cela a pris 20 ans à Isaac et Esaü pour faire la paix, et à peu près le même temps à Joseph et à ses frères. Ne gâchons pas de belles années en querelles inutiles.
Nous pouvons aussi prier pour la paix dans le monde, afin que les frères ennemis cessent de s’entretuer ou de se livrer à des guerres économiques : je pense à l’Ukraine et à la Russie, qu’une histoire commune relie depuis plus de 1000 ans, et à la vingtaine de conflits armés qui sévissent en Afrique. Je pense aussi à notre Canada et à nos voisins des États-Unis, traditionnellement amis et partenaires commerciaux, et qui ne le sont plus.
Enfin, l’épisode de la femme cananéenne nous rappelle que l’exclusion n’est pas l’œuvre de Dieu. Que nous devons nous entraider, sans distinction de race, de culture et de religion.