04/19/2016
Beau texte d'Alain Roy,dans le Prions en Église de cette fin de semaine, sur le rôle des parrains et marraines.
Parrain et marraine : un rôle à redécouvrir
Parrain : du latin pater qui veut dire père. Marraine : du latin mater qui veut dire mère. On devine déjà que ces rôles sont associés à la paternité et à la maternité. Dans la vie civile, un parrain ou une marraine est une personne qui présente quelqu’un dont il ou elle se porte garant pour le faire entrer dans un club ou une organisation. Dans la vie chrétienne, lors du baptême ou de la confirmation, le parrain ou la marraine présente un enfant ou un jeune en se portant garant ou garante de sa fidélité à l’Église. C’est engageant… du moins en théorie.
Un honneur ou une responsabilité ?
Trop souvent, les parrains ou marraines sont choisis simplement en raison du lien amical ou familial avec les parents et le jeune qui veulent ainsi leur faire honneur. Mais sont-ils vraiment conscients du rôle que l’Église attend d’eux ?
Contrairement à la croyance populaire, ils n’ont pas de responsabilité civile par rapport à l’enfant. S’il devait arriver un malheur aux parents, ce sont les tuteurs désignés qui endosseraient la responsabilité du jeune et non le parrain et la marraine. Ces derniers ont plutôt une responsabilité morale et spirituelle à son égard. On ne leur demande pas d’être parfait ou parfaite, mais d’être un bon exemple de vie chrétienne pour l’enfant. D’avoir sur lui un effet d’entraînement, en lui donnant le goût de la vie chrétienne. En cela, ils appuient les parents dans l’éducation de la foi. Comment cela se manifeste-t-il ?
Porteurs de lumière
Durant la célébration du baptême, le parrain et la marraine reçoivent une chandelle allumée au cierge pascal. Le ministre leur dit : « C’est à vous, parents, parrain et marraine, que cette lumière est confiée. Veillez à l’entretenir : que cet enfant, illuminé par le Christ, avance dans la vie en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi de son baptême. »
Pour porter cette lumière, le parrain et la marraine se font proches de leur filleul ou filleule lors de ses anniversaires, des grands moments de son existence, pour partager ses joies et ses peines. Ils sont à ses côtés lors des étapes de sa vie sacramentelle, mais aussi de sa vie humaine. Ils l’encouragent à l’occasion d’un concert, par exemple, dans l’exercice d’un sport ou la présentation d’une pièce de théâtre. Ils sont présents lors de la remise d’un diplôme, d’un deuil ou d’une peine d’amour ou d’un engagement difficile ; bref, dans toute situation importante à ses yeux. Ils sont disponibles pour répondre à ses questions sur la foi, éclairer ses doutes, l’aider à prendre sa place dans la communauté chrétienne, dans les liturgies, ou dans des services particuliers. Ils accompagnent, écoutent, soutiennent lors des décisions à prendre. Espérons que le parrain et la marraine seront aussi des témoins capables de communiquer leur joie de vivre avec le Christ. Ils amèneront le jeune à se demander en toutes circonstances ce que Jésus ferait à sa place.
Dans notre société sécularisée, il est de plus en plus difficile de trouver d’authentiques parrains et marraines dans les familles des baptisés et des confirmés. Peut-être faudra-t-il songer à faire appel à des membres de la communauté chrétienne ? En attendant, il y a certainement une éducation à faire pour redonner au rôle de parrain et de marraine plus de teneur et de tonus.