03/29/2026
En ce dimanche des Rameaux, nous entrons dans une liturgie paradoxale : nous acclamons le Christ comme roi… et nous lisons sa Passion. La foule crie « Hosanna », puis quelques jours plus t**d : « Crucifie-le ». Cette tension n’est pas seulement celle de Jérusalem il y a deux mille ans, elle est aussi celle de notre monde aujourd’hui.
Le prophète Isaïe nous présente le Serviteur souffrant : « Je n’ai pas résisté… je n’ai pas reculé » (Is 50, 5). Ce Serviteur ne répond pas à la violence par la violence. Et pourtant, notre actualité semble dire le contraire. Les conflits internationaux persistent, notamment au Moyen-Orient, avec leurs conséquences politiques, économiques et humaines lourdes . La logique dominante reste celle de la force, de la domination, de la peur.
Mais le Christ, lui, choisit une autre voie.
Saint Paul nous le rappelle : « Il s’est abaissé… devenant obéissant jusqu’à la mort » (Ph 2, 😎. Dans un monde marqué par la compétition, par la recherche du pouvoir ou de l’identité politique — y compris ici au Québec où les débats sur la laïcité et la place de la religion restent vifs — Jésus nous montre une royauté différente : celle du service, de l’humilité, du don de soi.
Dans l’Évangile de la Passion, Pilate demande : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Mt 27, 11). Jésus ne répond pas comme les puissants de ce monde. Il ne se défend pas, il ne manipule pas, il ne s’impose pas. Son silence est déjà un jugement sur nos violences, nos divisions, nos incohérences.
Regardons notre société : au Canada, malgré les efforts pour soutenir les plus vulnérables, des drames humains continuent de marquer l’actualité, comme des violences en milieu scolaire ou des tensions sociales profondes . Au Québec, des incertitudes sociales, économiques et identitaires traversent la population . Et dans nos propres vies, combien de contradictions entre ce que nous proclamons et ce que nous vivons ?
La foule du dimanche des Rameaux, c’est nous.
Nous aussi, nous pouvons passer facilement de l’enthousiasme à l’indifférence, de la foi proclamée à la foi oubliée. Nous pouvons accueillir le Christ avec des rameaux… et refuser sa croix dans notre quotidien.
Mais aujourd’hui, l’Église ne nous condamne pas. Elle nous invite à choisir.
Choisir quel roi nous voulons suivre.
Un roi de puissance… ou un roi crucifié.
Un roi qui impose… ou un roi qui aime jusqu’au bout.
La croix du Christ nous révèle que Dieu ne sauve pas par la force, mais par l’amour. Et cet amour n’est pas abstrait : il se vit dans le pardon, dans la fidélité, dans la justice, dans le courage de rester debout même quand tout semble s’effondrer — comme le Serviteur d’Isaïe.
Alors, en entrant dans cette Semaine Sainte, posons-nous une question simple mais radicale :
Sommes-nous seulement des admirateurs de Jésus… ou vraiment ses disciples ?
Que ce dimanche des Rameaux ne soit pas seulement une célébration, mais une conversion.
Et que, en suivant le Christ jusqu’à la croix, nous découvrions déjà la lumière de la résurrection.