06/21/2026
Un jour, un jeune homme m’a posé cette « drôle » de question : « Si on mettait sur une balance, d’un côté, le don de Dieu ou l’amour de Dieu et, de l’autre, toutes les fautes de l’humanité, de quel bord pencherait la balance : du côté de l’amour de Dieu ou du côté des fautes ? » Surpris et un peu hésitant, je lui retourne sa question : « Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? » Le jeune homme me dit : « Je ne sais pas, mais je pense à toutes les fautes de l’humanité, les guerres cruelles et sanglantes au cours des siècles et celles d’aujourd’hui qui ne sont guère mieux, aux massacres de toutes sortes, aux injustices flagrantes, aux gens qui meurent de faim, qui sont privés d’éducation, aux mensonges, aux égoïsmes, au dénigrement des personnes, aux viols, à l’indifférences face à la souffrance des autres… Eh bien, tout cela, je pense que ça pèse très très lourd sur la balance, c’est une masse immense toutes ces fautes, tous ces péchés ! Alors, souvent, je pense que le côté des fautes l’emporterait… »
Mon interlocuteur a la mine basse. Je lui demande : « Et qu’est-ce que cela te fait ? » Il me regarde : « Eh bien, ça m’attriste, et je trouve ça vraiment difficile de penser que notre humanité agit de la sorte… C’est pour cela que je pose cette « drôle » question… car, en fait, y a-t-il de l’espoir que la balance bascule du côté de l’amour de Dieu ? »
Me vient alors à l’esprit le passage de la lettre de saint Paul aux premières communautés chrétiennes de Rome : « Il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ » (Rm, 5, 15).
Je tente une explication : « Tu sais, il y a l’apôtre Paul qui a dit que le don gratuit de Dieu, c’est-à-dire tout son Amour pour l’humanité, n’a pas la même mesure que les fautes, même pour l’ensemble de toutes les fautes commises par notre humanité ! Il détaille en indiquant que même si la mort, les fautes ou les péchés sont entrés et sont présents dans le monde, la grâce de Dieu est bien plus grande, que celle-ci a été répandue pour la multitude, c’est-à-dire pour nous tous, par le don d’amour total de Jésus sur la croix. »
Le jeune homme, songeur, m’interrompt : « En donnant sa vie sur la croix par amour pour nous, cela compense nos fautes, c’est ça ? » Je lui réponds : « Pas tout à fait, c’est plus que cela : Jésus ne compense pas les fautes, il les élimine, il les détruit sur la croix, il pardonne puis fait disparaître à tout jamais ces fautes. Il les fait mourir avec lui sur la croix ! (Rm 6, 6) C’est énorme ce que Jésus a fait sur la croix. C’est plus qu’immense, car il nous redonne la vie, la joie de vivre en nous délivrant de toutes nos fautes… Mais il faut y croire… c’est cela qui nous donne de l’espoir ! »
Mon interlocuteur me regarde, pensif : « Et cela, c’est suffisant pour faire basculer la balance du côté de Dieu ? » Sans hésiter, je lui réponds : « Eh oui, car en éliminant nos fautes, il vide ce côté de la balance, alors c’est l’Amour qui l’emporte, et de façon éclatante ! »
Le jeune homme me regarde sans dire un mot… Je reprends : « Si tu veux être davantage convaincu, je te laisse ce poème de sainte Thérèse de Lisieux, qui avait un amour fou pour Jésus :
« Moi si j’avais commis tous les crimes possibles,
Je garderais toujours la même confiance,
Car je sais bien que cette multitude d’offenses,
N’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent. »
Et ce brasier ardent, c’est l’amour immense, démesuré de Dieu, don de Jésus sur la croix qui pardonne et élimine les fautes de notre humanité… »
Le jeune homme m’a souri, a pris copie du poème, et est parti en le lisant…
Il y a toujours de l’espoir…
J.D., un paroissien de Sainte-Rose-de-Lima, Laval
2e lecture de ce dimanche : Rm 5, 12-15
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