24/08/2026
Dassa-Zoumè : près de 200 000 pèlerins réunis à Arigbo autour du Christ, avec Marie
Du 21 au 23 août 2026, la Grotte mariale Notre-Dame de la Paix et de l’Unité d’Arigbo, à Dassa-Zoumè, a accueilli le 72ᵉ pèlerinage national marial. Près de 200 000 pèlerins, selon les estimations du Recteur du sanctuaire, ont convergé vers ce haut lieu de foi pour trois jours de prière, d’écoute de la Parole de Dieu, de célébrations et de fraternité ecclésiale. La Messe de clôture, présidée par S. Ém. le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, a constitué le point culminant de ce grand rassemblement marial.
Arigbo, cœur battant de l’Église-famille du Bénin
Pendant trois jours, Dassa-Zoumè est devenue le point de convergence des fils et filles de l’Église catholique du Bénin. Venus des différents diocèses du pays, les pèlerins ont marché vers la Grotte Notre-Dame d’Arigbo, dans un même élan de foi et de confiance en Dieu.
Ce 72ᵉ pèlerinage national, organisé dans le prolongement de la solennité de l’Assomption, a été placé sous le regard maternel de la Vierge Marie, vénérée à Arigbo comme Notre-Dame de la Paix et de l’Unité. Dans la prière, le chapelet, les enseignements et les célébrations eucharistiques, les pèlerins ont été invités à redécouvrir la centralité du Christ et à renouveler leur engagement chrétien.
La forte mobilisation enregistrée témoigne de l’attachement du peuple béninois à ce rendez-vous spirituel devenu, au fil des années, l’un des grands temps forts de la vie de l’Église au Bénin.
Une impressionnante communion ecclésiale
La Messe solennelle de clôture, célébrée le dimanche 23 août, a donné une expression particulièrement forte à cette communion. Elle a été présidée par S. Ém. le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, entouré de l’ensemble des évêques du Bénin.
À leurs côtés, un grand nombre de prêtres et de religieux ont concélébré l’Eucharistie, donnant à cette célébration les dimensions d’une véritable manifestation de l’unité de l’Église-famille de Dieu au Bénin.
La présence remarquée de nombreuses consacrées, fidèles laïcs ainsi que des autorités politiques de haut rang, de responsables civils et administratifs et de têtes couronnées a également marqué cette célébration. Dans un contexte national où la paix, l’unité, la cohésion sociale et la fraternité demeurent des enjeux essentiels, cette présence a donné un relief particulier au message spirituel porté par le pèlerinage.
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »
Prenant appui sur l’Évangile de saint Matthieu proposé pour cette Messe de clôture, le Cardinal Nzapalainga a placé la profession de foi de Pierre au cœur de son homélie : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16).
Pour le Cardinal, cette parole constitue le sommet du cheminement des disciples et le fondement de toute vie chrétienne. Il a invité les pèlerins à dépasser les images partielles ou déformées de Jésus pour accueillir pleinement le mystère de Celui qui est à la fois le Christ, Messie, Roi et Pasteur, et le Fils unique du Dieu vivant.
La question posée par Jésus à ses disciples — « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » — demeure ainsi une question actuelle adressée à chaque baptisé. Le pèlerinage ne saurait être uniquement un déplacement géographique ou une expérience émotionnelle : il doit conduire à une rencontre renouvelée avec le Christ et à une profession de foi vécue dans la vie quotidienne.
Le Cardinal a également rappelé que la foi de Pierre n’est pas d’abord le fruit d’une capacité humaine, mais un don reçu du Père. Cette foi conduit ensuite à la mission : Pierre devient la pierre visible sur laquelle le Christ bâtit son Église, laquelle demeure fondée sur l’unique pierre véritable qu’est Jésus-Christ.
Une Église qui demeure debout
Dans un monde marqué par les crises, les bouleversements et les incertitudes, la parole du Christ — « la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle » — a résonné avec une force particulière.
Le Cardinal a rappelé que, depuis deux mille ans, l’Église a traversé persécutions, crises, bouleversements historiques et oppositions de toutes sortes. Des empires ont disparu, des idéologies se sont effondrées, mais l’Église demeure parce que son fondement n’est pas humain : il est Jésus-Christ, le Ressuscité, vainqueur de la mort.
Cette conviction constitue aussi un appel à la confiance et à l’espérance pour les chrétiens du Bénin : demeurer fermes dans la foi, enracinés dans le Christ et engagés pour la paix et la fraternité.
« Avec Marie, aimons les pauvres »
L’un des accents forts du pèlerinage a été l’appel à faire de la foi une charité concrète. Le Cardinal a rappelé que le véritable fruit du pèlerinage ne se mesure pas seulement au nombre de participants, ni à l’intensité des célébrations, mais « à la profondeur de notre foi et à la qualité de notre charité ».
L’enseignement reçu au cours du pèlerinage autour de l’amour des pauvres a ainsi trouvé son prolongement dans l’appel à porter une attention particulière aux personnes vulnérables : jeunes en situation de désespoir, familles divisées, personnes âgées abandonnées, malades oubliés, personnes déplacées par les violences, veuves et orphelins.
« Avec Marie, aimons les pauvres » : telle est l’une des invitations fortes que les pèlerins sont appelés à rapporter dans leurs communautés. Le pèlerinage devient ainsi un chemin de conversion qui doit se traduire par davantage de compassion, de solidarité et de proximité avec les personnes blessées par la vie.
D’Arigbo, un appel à la paix et à l’unité
La vocation particulière du sanctuaire d’Arigbo, placé sous le patronage de Notre-Dame de la Paix et de l’Unité, a naturellement donné une tonalité particulière à la prière finale.
Dans sa litanie mariale, le Cardinal a évoqué les différents sanctuaires et lieux mariaux du Bénin, comme autant de visages d’une même foi et d’une même espérance. De Kandi à Allada, de Bembéréké à Porto-Novo, de Lokossa à Djougou, de Natitingou à Abomey, de Parakou à Dassa-Zoumè, Marie a été invoquée comme Mère qui accompagne, console, réconcilie, protège et conduit vers le Christ.
À Notre-Dame de Dompargo, dans le diocèse de Djougou, le Cardinal a demandé que Marie guide les fidèles « sur les pas du Christ ». À Arigbo, il l’a suppliée d’obtenir « la paix et l’unité dans nos pays ».
L’aboutissement d’un grand pèlerinage à travers le Bénin
Le pèlerinage de Dassa-Zoumè revêtait cette année une signification supplémentaire. Il venait en effet couronner le vaste périple entrepris par le Cardinal Nzapalainga depuis son arrivée au Bénin, le 11 août 2026.
Dès sa descente d’avion à l’aéroport international de Cotonou, le Cardinal a entrepris un véritable pèlerinage à travers l’Église du Bénin, parcourant presque tous les diocèses du pays. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, il est allé à la rencontre des communautés chrétiennes dans un esprit de visite fraternelle et d’amitié entre Églises sœurs.
Ce long parcours a été marqué par des rencontres avec les évêques, les prêtres, les consacrés et les fidèles, mais aussi par des moments de communion avec les autorités civiles, politiques, administratives et traditionnelles. Il a permis de tisser davantage les liens fraternels entre les Églises particulières du Bénin et l’Église de Bangui dont le Cardinal Nzapalainga est l’Archevêque Métropolitain.
Ainsi, la rencontre de Dassa-Zoumè apparaît comme le couronnement naturel de ce pèlerinage fraternel : après avoir parcouru les routes du Bénin et rencontré son peuple, le Cardinal a rejoint avec lui la maison de Marie pour célébrer le Christ, écouter sa Parole et rendre grâce.
Repartir d’Arigbo transformés
Au terme de ces trois jours, les près de 200 000 pèlerins sont invités à reprendre la route de leurs diocèses, paroisses, familles et communautés avec une foi renouvelée.
Le pèlerinage s’achève, mais la mission commence. La véritable grâce d’Arigbo devra désormais se traduire dans les relations familiales, dans la vie sociale, dans les engagements professionnels, dans la solidarité envers les plus pauvres et dans le témoignage quotidien de l’Évangile.
Le message du Cardinal résonne alors comme une feuille de route : confesser Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant ; demeurer enracinés dans l’Église ; vivre la foi dans la charité ; aimer les pauvres ; travailler à la paix et à l’unité.
En quittant la Grotte d’Arigbo, les pèlerins peuvent reprendre à leur compte la prière du psalmiste : « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche » (Ps 137,1).
Et, dans la confiance, avec Marie, reprendre la route en chantant : « Mi kpa wè, ô ô Maria… »
Arigbo 2026 s’achève donc comme une grande célébration de foi, de communion et d’espérance. Une Église rassemblée autour du Christ, avec Marie, repart sur les chemins du Bénin pour devenir davantage artisan de paix, de fraternité et de charité.
+ Mgr Bernard de Clairvaux TOHA, O.S.F.S.
Évêque de Djougou
Président de la Commission Épiscopale Mission et Pèlerinage