28/07/2026
*Quatrième axe : Pourquoi l'Islam n'a-t-il pas aboli l'esclavage par une décision tranchée ?*
Cher lecteur, nous arrivons maintenant à l'étape la plus importante, la question qui habite l'esprit de chaque jeune : si l'Islam déteste l'esclavage à ce point et cherche à en tarir les sources, pourquoi aucun verset coranique n'est-il descendu pour dire clairement « l'esclavage est interdit », mettant fin à l'affaire comme cela a été fait pour le vin et les jeux de hasard ? Et pourquoi l'Islam a-t-il maintenu l'asservissement des prisonniers de guerre ?
C'est ici que se manifeste la sagesse du Créateur, ainsi que la politique légale profonde qui considère les aboutissements des choses, et ne traite pas la réalité avec une émotion superficielle, mais avec un réalisme qui sauve l'humanité.
Voici les raisons logiques et politiques qui expliquent ce génie législatif :
*1. La progressivité législative et la protection des esclaves eux-mêmes :*
L'esclavage à cette époque n'était pas une pratique marginale, mais constituait « l'infrastructure » de l'économie mondiale.
Les esclaves représentaient la main-d'œuvre dans l'agriculture, l'industrie et les services. Si une décision soudaine avait libéré des millions d'esclaves du jour au lendemain, une double catastrophe se serait produite : d'abord économique, avec l'effondrement complet de la société ; ensuite, plus grave encore, le déracinement des esclaves eux-mêmes ! L'esclave de cette époque ne possédait ni maison, ni argent, ni métier indépendant.
Jeter soudainement des millions d'esclaves dans les rues signifiait les transformer en mendiants, en voleurs, ou les vouer à la mort par la faim.
C'est pourquoi l'Islam a traité la question par « la progressivité ». Il les a maintenus sous la tutelle de leurs maîtres qui les nourrissaient et les vêtaient, tout en leur ouvrant les portes de l'affranchissement et du contrat de rachat (mukâtaba), afin que l'esclave accède à la liberté en possédant argent, métier et capacité d'intégration dans la société comme un être humain productif et autonome.
*2. La loi de réciprocité et la dissuasion militaire :*
Comme mentionné dans le deuxième axe, l'Islam a fermé toutes les portes de l'asservissement, n'en laissant qu'une seule ouverte : celle des « prisonniers de guerres légitimes ».
Pourquoi l'Islam a-t-il maintenu cette porte ?
La réponse réside dans « le droit de la guerre mondial » de cette époque. Tous les empires (Perses, Byzantins, tribus arabes) asservissaient les prisonniers musulmans, prenant leurs femmes et leurs enfants comme butin.
Si l'Islam avait décidé unilatéralement d'abolir l'asservissement des prisonniers, libérant les captifs ennemis et les renvoyant chez eux, tandis que l'ennemi continuait d'asservir les fils et les femmes des musulmans, cela aurait constitué une faille stratégique et militaire grave !
Cette faille aurait encouragé les ennemis à s'en prendre au sang des musulmans, sachant que s'ils l'emportaient ils asserviraient les musulmans, et s'ils étaient vaincus et capturés, ils rentreraient libres et honorés.
Le maintien de l'asservissement des prisonniers fonctionnait donc comme une « arme de dissuasion réciproque », afin que l'ennemi sache qu'il serait traité par la même arme qu'il brandissait contre les musulmans.
*3. L'asservissement, un choix politique et non une obligation religieuse (le point le plus important) :*
L'un des concepts les plus méconnus est que l'Islam « n'a pas rendu obligatoire » l'asservissement des prisonniers de guerre, mais en a fait une simple « option » parmi plusieurs, laissée à l'appréciation du dirigeant des musulmans selon l'intérêt politique.
Le Coran a défini le traitement des prisonniers dans le verset : « Soit par grâce, soit contre rançon, jusqu'à ce que la guerre dépose ses fardeaux ».
Le dirigeant peut donc leur faire grâce (les libérer gratuitement), les échanger contre rançon (contre des prisonniers musulmans ou de l'argent), ou les asservir si la nécessité militaire et le principe de réciprocité l'exigent.
Ainsi, l'asservissement en Islam n'est pas un principe sacré, mais une exception imposée par les circonstances du combat.
*4. L'Islam et les conventions internationales contemporaines :*
Sur cette base, lorsque le monde a évolué et que les nations ont convenu, à l'époque moderne, de signer des traités internationaux (comme les Conventions de Genève) interdisant l'asservissement des prisonniers de guerre et abolissant totalement l'esclavage, l'Islam a été le premier à accueillir et soutenir ce consensus mondial !
Pourquoi ? Parce que ce consensus réalise « le grand objectif » que l'Islam poursuivait depuis le début : tarir les sources de l'esclavage. Et parce que la charia islamique impose le respect des engagements et des traités internationaux qui ne contredisent pas les fondements de la religion, selon le verset : « Ô vous qui croyez, respectez vos engagements ».
Et puisque l'ennemi s'est engagé à ne plus asservir les prisonniers musulmans, la justification de la réciprocité est tombée, et l'interdiction de l'esclavage aujourd'hui est devenue pleinement conforme aux finalités de la charia islamique et aux prérogatives du dirigeant.
*Conclusion et message final :*
Cher lecteur, au terme de ce parcours historique et législatif, relève la tête avec fierté de ta religion. L'Islam n'est pas venu asservir les hommes libres, mais libérer les esclaves dans un monde qui respirait l'injustice.
L'Islam a traité l'esclavage comme une maladie grave enracinée dans le corps de l'humanité : il n'a pas amputé le membre malade au risque de tuer le patient, mais lui a administré le remède à doses calculées, tarissant ses sources, élargissant ses issues, préservant la dignité de ceux qui en étaient frappés, jusqu'à ce que l'humanité en guérisse totalement.
Voilà la religion de la miséricorde, de la justice et du réalisme. Louange à Dieu pour la grâce de l'Islam, et louange à Dieu qui a fait de nous Ses seuls serviteurs, libres de tout le reste.
Dr. Ahmed Bahdar