28/08/2026
À l'occasion de la fête de saint Augustin, coup d'oeil sur les Chanoinesses de Saint-Augustin qui avaient une école à Arlon.
Au début du XXe siècle, la politique menée en France à l’égard des congrégations religieuses contraint de nombreuses communautés à chercher refuge au-delà des frontières. C’est dans ce contexte que des religieuses de la Congrégation Notre-Dame quittent Verdun pour s’établir en Belgique.
Fondée en Lorraine en 1597 et vouée à l’éducation des jeunes filles, leur congrégation trouve à Arlon un lieu où poursuivre son œuvre. Mgr Thomas-Louis Heylen, évêque de Namur, donne son accord à leur installation, mais souhaite éviter toute concurrence avec les communautés enseignantes déjà présentes dans son diocèse. Les nouvelles arrivantes ne peuvent donc, en principe, recruter leurs élèves parmi les jeunes filles belges des provinces de Namur et de Luxembourg. D’où cet échange de courrier dont nous mettons les photos. Elles doivent également renoncer localement au nom de « Notre-Dame », déjà porté à Arlon par une autre communauté. Elles reprennent alors une ancienne appellation de leur institut : les Dames Chanoinesses de Saint-Augustin.
Après les difficultés des premières années, le pensionnat, situé rue de la Station — aujourd’hui rue du Général Molitor —, connaît une période particulièrement florissante au lendemain de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, ses effectifs peuvent atteindre une centaine d’élèves. Son recrutement est largement international : aux Françaises s’ajoutent notamment des Luxembourgeoises et des Suissesses. Quelques jeunes filles belges fréquentent également l’établissement, mais elles y sont reçues comme élèves « libres ».
Peu à peu cependant, les circonstances qui avaient justifié l’installation en Belgique disparaissent. En France, la situation des congrégations religieuses devient moins difficile et certaines maisons peuvent reprendre leurs activités. Cela contribue à réduire progressivement le nombre de pensionnaires accueillies à Arlon.
La guerre va précipiter la fin de l’institution. Après la déclaration de guerre de septembre 1939, la décision de fermer le pensionnat est prise en février 1940. Les religieuses quittent alors progressivement Arlon pour rejoindre Épinal. La dernière soeur quitte la maison d’Arlon à l’aube du 10 mai 1940, au moment même où les troupes allemandes envahissent la Belgique.