30/05/2026
La Trinité
Aquarelle figurant la Trinité
Chaque année, le 1er dimanche après le temps pascal et la Pentecôte, qui le termine, se célèbre d’abord la fête de la Trinité : une fête synthèse de notre foi.
En posant sur nous le signe de la croix, nous rappelons que nous croyons que Dieu est Père, qu’il nous a envoyé son Fils et qu’il nous invite à vivre dans son Esprit d’Amour.
Les lectures de ce dimanche nous invitent donc à méditer sur qui est Dieu pour moi, pour nous.
Sur ce thème et s’inspirant de l’actualité, la productrice d’une émission religieuse sur France 2, nous ouvre une autre porte de sens. Elle écrit :
Cher Dieu,
Il devient de plus en plus difficile de s’afficher avec Toi, en ces temps de tourmentes intégristes. Beaucoup de violents n’ont que Ton Nom à la bouche. Ils lapident, violent, exécutent, massacrent, excluent, dominent, prétendent dire le juste et le droit, assurés qu’ils sont que dans ces actes et ces mots indignes se décline Ta volonté. Je ne te reconnais pas dans ces visages défigurés par la haine, ces propos pleins de ressentiment, ces assurances morbides de posséder la vérité – et quelle vérité ! la Tienne. (…)
Et puis, au creux de la fatigue et de la désespérance, il me semble entendre une voix, discrète et familière, qui parle de justice, de paix, de fraternité, de solidarité entre les humains. Une voix qui a pris corps, faits et gestes, quelque deux mille ans avant ce temps, pour annoncer une grande nouvelle : l’humanisation des humains est possible, la pratique et les pensées barbares ne sont pas une fatalité.
Gloire à toi, ô Dieu, notre Père, gloire à toi Jésus-Christ venu nous sauver. Gloire à toi, Esprit de lumière, Trinité Bienheureuse, honneur et gloire à toi !
Père des Cieux, Père infiniment bon, Tu combles tes enfants de tes dons. Tu nous as faits, et nous t’offrons nos cœurs, nous te bénissons, nous croyons en toi Seigneur !
Jésus Sauveur, et Fils du Dieu vivant, que s’élève vers toi notre chant. Ton cœur ouvert nous donne à contempler l’amour infini dont le Père nous a aimés.
Esprit de Dieu, Esprit de sainteté, tu nous conduis à la vérité. Descends sur nous éclairer nos chemins, sois le maître en nous, et fais de nous des témoins.
Prière pénitentielle
Dieu, notre Père, parce qu’il nous arrive de ne pas croire à cette tendresse que sans cesse tu offres à l’homme, pardonne-nous ! Seigneur, prends pitié de nous, (3x)
Dieu, notre Père, parce qu’il nous arrive de ne pas aimer à l’image de ton Fils, pardonne-nous ! Ô Christ, prends pitié de nous, (3x)
Dieu, notre Père, parce qu’il nous arrive de manquer d’espérance en l’homme et de confiance en ce monde parfois bien dur, pardonne-nous ! Seigneur, prends pitié de nous (3x).
Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre aux hommes qu'Il aime ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux, alléluia, alléluia !
Prière d’ouverture
Seigneur, tu t’es révélé aux hommes comme un Père miséricordieux. En Jésus, tu t’es fait l’un de nous et tu as été jusqu’au bout de l’amour, en le relevant de la mort et en offrant à chacun une espérance nouvelle. Que ton Esprit de Pentecôte tourne sans cesse notre regard vers Toi et nous donne de servir nos frères. Ainsi nous te rendrons grâces, Toi le Vivant et Vrai, Dieu d’Amour pour les siècles des siècles.
De tout temps, les hommes ont cherché à traduire leur foi et leur espérance en mots. L’auteur du livre de l’Exode ne fit rien d’autre quand il nous dit que Dieu est le Seigneur, un Dieu tendre et miséricordieux.
Lecture du livre de l’Exode
En ces jours-là, Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné.
Il emportait les deux tables de pierre. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité. »
Aussitôt Moïse s’inclina jusqu’à terre et se prosterna. Il dit : « S’il est vrai, mon Seigneur, que j’ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c’est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage.»
En lisant tout le passage du livre de l’Exode, plus largement que celui qui nous est proposé, on voit que le texte de la liturgie ne garde de Dieu que la miséricorde, l’amour, la fidélité. Elle dissimule un élément qui semble obscurcir l’image positive d’abord donnée de Dieu. Il dit comment ce Dieu plein de bonté se situe face au mal – « face à la faute, la rébellion et le péché ».
Quel est donc le contexte ? Le Seigneur a fait alliance avec Israël et celui-ci s’est engagé solennellement à lui être loyal en se conformant à ce qu’il attend de son allié humain. Moïse est ensuite monté sur le Sinaï à l’invitation de Dieu qui veut lui donner les tables de la Loi. Après 40 jours, Moïse n’est toujours pas redescendu. Se sentant perdu en plein désert, délaissé, vulnérable, le peuple se fait un taurillon d’or, image d’une divinité puissante capable de calmer son angoisse, au contraire du Seigneur qui, apparemment, l’a oublié. Israël refuse ainsi la condition essentielle de l’alliance : être fidèle en tout à son Seigneur et affronter ses angoisses dans la confiance.
Après de longues tractations, Moïse obtient que Dieu maintienne son projet d’habiter au sein du peuple. C’est dans ce contexte qu’il précise comment il réagira si Israël vient à retomber dans ses travers et à trahir la parole donnée. Si les Israélites font le mal au mépris de la vie et de la liberté que Dieu leur a données, que peut faire celui-ci ? Dieu exprime à Moïse qui il est en vérité : « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité, qui maintient l’amour pour des milliers, pardonne faute, rébellion et péché ». Au cœur de Dieu, l’amour bienveillant, tendre et fidèle, le pousse spontanément à pardonner, à rendre une possibilité de vie à qui a pris un chemin de mort, à rendre la liberté à qui a choisi les liens de l’esclavage. Mais le pardon n’empêche pas que le mal commis continue à produire ses effets et à faire du mal à celui qui l’a commis aussi bien qu’à d’autres.
Seigneur, tu ne juges pas pour condamner, mais pour sauver.
Si, moi, je me juge indigne de toi, tu ne pourras rien
contre ma propre condamnation.
Préserve-moi, Seigneur, d'un des grands risques qui me guettent :
celui de me prendre pour Toi.
Dieu, Père, Fils et Esprit, dans l'amour fou qui vous réunit,
merci de tout donner pour que nous ayons la vie ?
Louange à Dieu, Très-Haut Seigneur, pour la beauté de ses exploits ! Par la musique et par nos voix, louange à Lui, dans les hauteurs !
Louange à Lui, puissance, honneur, pour les actions de son amour !
Au son du cor et du tambour, louange à Lui pour sa grandeur !
Tout vient de Lui, tout est pour Lui, harpes, cithares, louez-le !
Cordes et flûtes, chantez-le : que tout vivant le glorifie !
En écho à la première lecture, dans ce passage de l’évangile de saint Jean, il n’est rien dit d’autre que déjà annoncé dans le livre de l’Exode :
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 16-18)
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
C’est à la fin de son entretien avec Nicodème, au 3ème chapitre de son Évangile, que saint Jean donne le sens profond de la mission de Jésus. Il est d’abord considéré comme un don de Dieu fait aux hommes. Il leur a donné son Fils unique. Ensuite, il est venu pour que personne ne se perde, mais pour que, par lui, Jésus, chacun ait la vie éternelle. Cela nous renvoie à Pâques. Ce que Jésus a connu, en réponse à son amour pour les siens, est une promesse offerte à tous. Oui, Dieu ne veut pas la punition de l’humanité. Jésus n’est donc pas venu pour juger le monde ; mais pour le sauver.
À la fin de ce passage, l'invitation adressée à chacun est celle de la foi. Si nous découvrons vraiment qui est Jésus et son Père, tout amour, alors nous ne pourrons que grandir dans la vraie confiance… dans la foi.
“Croire en l’autre sauve”, pourrions-nous conclure. Et cela ne vaut pas seulement pour notre foi en Dieu. Celle en nos frères est tout aussi essentielle.
Jésus, comment comprendre le sens de cette fête de la Trinité ?
Le meilleur chemin, me semble-t-il, c'est celui de tes premiers disciples.
Peu à peu, ils ont vu l'importance pour toi de ta relation avec le Père.
Si étroite, si mystérieusement unique,
qu'ils étaient forcés de scruter ta parole :
"Je suis dans le Père et le Père est en moi".
Vers la fin de ta vie publique tu ne cessais de parler de l'Esprit.
Impossible de te fréquenter, Jésus,
sans essayer de vivre tantôt avec le Père,
tantôt avec toi et tantôt avec l'Esprit,
mais sans jamais vous séparer.
Vouloir en dire plus, c'est vouloir que le plus grand mystère
ne soit pas un mystère.
Puisqu’il est avec nous tant que dure cet âge, n’attendons pas la fin des jours pour le trouver. Ouvrons les yeux, cherchons sa trace et son visage. Découvrons qui est caché au cœur du monde comme un feu !
Puisqu’il est avec nous dans nos jours de faiblesse
N’espérons pas tenir debout sans l’appeler
Tendons la main, crions vers lui notre détresse
Reconnaissons sur le chemin celui qui brûle nos péchés.
Puisqu’il est avec nous comme à l’aube de Pâques
Ne manquons pas le rendez-vous du sang versé
Prenons le pain, buvons la coupe du passage
Accueillons-le qui s’est donné en nous aimant jusqu'à la fin.
Profession de foi
- Je crois en Dieu le Père tout-puissant d'amour, créateur du monde et de tout ce qui vit dans l'univers. Il ne nous laisse pas orphelins : son amour est toujours avec nous et en nous. Avec son Fils et l'Esprit-Saint, il ne fait qu'un et il nous invite à partager cette unité.
- Je crois en Jésus-Christ, le fils bien-aimé de Dieu, conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie. Il marche à nos côtés sur la route, aussi dure soit-elle ; il nous confie son commandement d'amour et il prie le Père pour que nous y restions fidèles tout au long de notre vie.
- Je crois en l'Esprit-Saint, l'Esprit de vérité, le défenseur qui sera pour toujours avec nous. Il est le souffle de Dieu en nos vies, la force de Jésus au milieu des tentations et des tribulations. Il nous aide à proclamer l'Évangile du salut avec douceur et respect.
Intentions
Nous te confions ton Église, répandue aux qautre coins du monde. Nous pensons à nos frères chrétiens les plus éprouvés au Moyen-Ortient et plus particulièrement dan sles territoires occupés, en Syrie, à Gaza, au Liban. Donne à tous de garder le cap de l’espérance !
Nous te rendons grâces, Seigneur, de nous rejoindre tels que nous sommes, même au cœur de nos doutes et de nos incertitudes. Éclaire ceux qui désespèrent aujourd’hui !
Témoigner de la Trinité n’est pas chose simple. Donne à tous ceux qui te cherchent de découvrir que tu es un Dieu de tendresse, proche des réalités que rencontrent tout homme. Nous te le demandons !
En ces temps troublés pour beaucoup, que se lèvent des responsables passionnés du sort de leurs frères, des hommes et des femmes d’espérance, qui font tout pour que règne la paix, la justice, le respect de chacun. Nous te le demandons !
Chacun en venant ici aujourd’hui, porte au coeur bien des personnes aimées, des malades, des souffrants,… Dans notre silence, Seigneur, nous prions pour eux !
Notre Père
Prière pour la paix
Béni sois-tu Seigneur Jésus, en toi, nous avons part à la communion de vie que tu partages avec le Père et l'Esprit ! Ouvre nos coeurs à ton Amour. Que ta paix habite en nous, et que notre vie fraternelle soit transparente à ta grâce. Là où tu nous envoies, fais de nous des bâtisseurs de ton Amour et des artisans de ta paix, dès maintenant et pour les siècles des siècles.
Signes par milliers, traces de ta gloire, Signes par milliers, Dieu dans notre histoire (bis)
Nous sortons du temps de Pâques, qui nous parle de résurrection. Rien que ce mot ‘Résurrection’ fait déjà problème pour une majorité de nos contemporains. Et même dans le monde chrétien, certains disent croire… mais la résurrection fait débat, pour ne pas dire problème ? Alors que dire de la Trinité.
Pourtant, ce seul mot dit le Coeur de notre foi. Nous affirmons croire en un seul, qui est Père, Fils et Esprit-Saint. Mais là encore qu’est-ce que cela dit à une majorité de nos contemporains.
Alors, inlassablement, il nous faut reprendre la route des Évangiles, afin de ne pas tomber dans certaines dérives, trop présentes encore de nos temps : dérives d’extrémistes.
C’est Jésus qui nous conduit au Père, à son vrai visage de Dieu qui est Amour, comme l’écrit saint Jean.
Regarder Jésus aimer, c’est voir comment Dieu aime. Regarder Jésus accueillir l’autre – même celui qui est profondément différent de lui, qui ne pense pas comme lui, qui ne vit pas comme lui – donne du sens, me semble-t-il, à cette foi en Dieu qui aime tout homme tel qu’il est, sans faire de distinction de race, de culture.
Voir Jésus pardonner Marie-Madeleine ou la Samaritaine, c’est croire que Dieu est miséricorde et que moi aussi je peux compter sur cette chance nouvelle qu’il m’offre.
Une scène m’a toujours très fort marqué : celle de Jésus qui pleure son ami Lazare au tombeau… Image de grande humanité d’un Jésus tout retourné par la mort de son ami, comme, par ailleurs, par la souffrance de tant qu’il croisait. Est-ce que j’ose croire que Dieu aime à ce point l’homme ? Est-ce que j’ose croire qu’il est Dieu qui souffre avec ceux qui souffrent, qu’il est Dieu qui pleure avec ceux qui pleurent ?
Et si je crois à la Trinité, c’est à cause de cela. Et de cette invitation que sans cesse Jésus nous adresse à faire de même ! À vivre de confiance : confiance en son Père, confiance en nos frères ! À vivre d’espérance dans ce monde parfois bien hostile ! Surtout à vivre d’amour dans nos relations, nos engagements, nos lieux quotidiens.
Et si l’Esprit nous a été donné, c’est pour vivre dans le même esprit que lui. Tout un programme !
Seigneur Jésus, nous t’avons vu
sur les chemins de Palestine
guérir, écouter les souffrances,
panser les blessures... aimer.
Oui, nous avons vu l’amour à l’œuvre
C’était l’œuvre du Père, disais-tu,
De notre Père des cieux.
Aujourd’hui, nous pouvons t’approcher de l’intérieur,
car l’Esprit est en nous qui délie nos chaînes
et sans cesse nous relie à toi.
Jamais, depuis les chemins de Palestine,
le fil n’a été rompu.
Car le cœur de Dieu, Père, Fils et Esprit,
bat du désir sans fin d’être relié, allié à chacun de nous.
Qui es-tu, Dieu immense et unique,
pour tant nous désirer ?
Dieu a tant aimé le monde... Dieu est amour ! écrit saint Jean. La Bible donne de nombreux noms à Dieu. Ils nous font entrevoir un aspect de ton mystère, Seigneur.
L'apôtre Jean, lui, nous emmène au cœur du sujet en écrivant ce simple mot : Dieu est amour...
Cet insondable mystère d'amour, tu viens le révéler... et nous y entraîner. Tu nous parles de ton Père : ce Père qui t'aime et qui a tout remis en tes mains (Jn 3, 35) ... ce Père que tu aimes en retour et auquel tu montres ton amour en faisant toujours ce qui lui plaît (jn 8, 29).
Envoyé par lui, tu es venu pour nous faire partager ton amour,
nous aider à aimer, nous aider à réaliser le projet du Créateur :
vivre dans l'amitié avec Celui qui nous a fait à son image et nous a donné un cœur pour aimer...
Si le péché a fait de nous un peuple à la tête dure, au cœur de pierre... Dieu, lui, ne change pas : ‘Je suis le Seigneur, tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité’, comme le disait le livre de l’Exode.
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique...
Il avait multiplié ses messagers, les prophètes, souvent sans résultat... Alors il prend le moyen radical : il t'envoie, toi Jésus. Il donne son Fils. Il t'abandonne entre nos mains. Depuis le nouveau-né dans les bras de Marie à ta naissance... jusqu'au condamné livré aux mains des bourreaux sur le Calvaire, tu as été le messager de l'amour de Dieu pour nous.
Tu es le bon pasteur, allant jusqu'à donner ta vie pour sauver le troupeau. Tu te fais notre serviteur ... Tu te fais le Pain donné en nourriture pour que nous ayons la vie en plénitude, pour que l'amour remplisse nos cœurs...
Merci, Seigneur, pour le don de l’Esprit qui donne la vie, la Vie divine. Alors, fais-nous devenir amour, comme toi tu es amour.