16/08/2026
20ᵉ dimanche du Temps ordinaire - homélie reformulée
L’Évangile d’aujourd’hui résonne comme une note dissonante, comme quelqu’un qui jouerait d’un instrument sans savoir en tirer une mélodie.
Cette jeune femme qui demande de l’aide, et ces disciples qui semblent refuser… parce qu’elle n’est pas juive.
Pour nous, aujourd’hui, cela paraît absurde. Et pourtant, cet Évangile nous rappelle une chose essentielle : la Parole de Dieu n’est pas là pour nous mettre à l’aise, mais pour nous déranger, pour nous faire quitter nos certitudes, pour nous empêcher d’arrondir les angles quand cela nous arrange.
Dans le judaïsme, le mot chien désigne la vie païenne, la vie en dehors de l’Alliance, en dehors de la relation vivante avec Dieu.
Jésus, en parlant ainsi à cette femme, ne cherche pas à l’humilier : il la place devant la vérité de sa situation.
Elle est en marge de l’Alliance… comme nous le sommes souvent, pris dans nos égoïsmes, nos paganismes modernes, nos manières de vivre comme si Dieu n’était pas là.
On ne devient pas chrétien sans reconnaître cette fragilité.
Comme le fils prodigue, il faut accepter de descendre au plus profond de soi, là où l’on manque, là où l’on a faim.
Cette femme demande une miette.
Elle en est arrivée à ce point d’humilité, à cette conscience de son insuffisance.
Et c’est précisément là que Dieu peut agir.
Nous aussi, nous devons arriver à cette faim.
On ne rencontre pas Dieu si l’on refuse d’entrer dans sa propre vulnérabilité.
Demandons la grâce d’être comme cette femme cananéenne :
de descendre avec Jésus dans la vérité de notre cœur,
et d’oser lui dire : « Seigneur, écoute-moi ».