06/09/2026
Eh oui je suis bien rentré de Londres, déjà ce vendredi soir, pour la célébration du baptême du petit Nino Ramelot, c’était hier et pour notre célébration de ce dimanche 6 septembre pour lequel je vous propose cette méditation.
Sœurs et Frères,
Il y a des paroles que nous aimons entendre… et d’autres que nous préférerions éviter !
Jésus, aujourd’hui, nous parle justement de ces paroles difficiles : celles qu’il faut parfois avoir le courage de dire à quelqu’un que nous aimons lorsqu’il s’égare.
Dans l’Évangile, Jésus ne nous demande pas de juger notre frère. Il nous demande de ne pas être indifférents.
Et c’est très différent.
L’indifférence dit :
« Ce n’est pas mon problème. »
La fraternité chrétienne dit :
« Ton problème devient aussi un peu le mien. »
Mais Jésus nous donne une méthode extraordinaire de délicatesse : d’abord aller trouver la personne seul à seul. Ne pas l’humilier, ne pas parler derrière son dos, ne pas transformer son erreur en spectacle.
Autrement dit : parler à la personne, et non parler sur la personne.
Quelle leçon pour nos familles, nos communautés, nos paroisses, nos lieux de travail… et même pour nos petits villages !
Nous savons combien une parole peut blesser. Une parole lancée trop vite peut faire des dégâts considérables. Mais nous savons aussi combien une parole juste, prononcée avec affection, peut sauver une relation.
La première lecture nous donne cette magnifique image du guetteur : celui qui veille, celui qui regarde au loin et qui avertit lorsque le danger approche.
Le chrétien est lui aussi appelé à être un guetteur.
Non pas un surveillant qui cherche les fautes des autres, mais quelqu’un qui veille sur son frère.
Et peut-être est-ce là l’un des grands défis de notre époque : nous communiquons énormément, mais nous nous parlons parfois de moins en moins vraiment.
Nous avons les téléphones, les messages, les réseaux sociaux… mais il manque parfois cette chose toute simple : s’asseoir face à quelqu’un et lui dire : « Comment vas-tu vraiment ? »
Saint Paul nous rappelle alors la règle qui résume toute la Loi :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Aimer son prochain, ce n’est donc pas toujours lui dire ce qu’il a envie d’entendre.
Parfois, aimer, c’est aussi avoir le courage de dire :
« Je crois que tu te trompes. »
« Je vois que tu souffres. »
« Attention, tu vas te faire du mal. »
« Je suis là pour toi. »
Mais il faut le faire avec humilité.
Car avant de corriger les autres, nous devons nous souvenir que nous aussi, nous avons besoin d’être corrigés, pardonnés et relevés.
Et puis Jésus termine par cette phrase extraordinaire :
« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Quelle promesse !
Jésus ne dit pas : « Quand tout le monde est d’accord, je suis là. »
Il dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom. »
Même lorsque nous sommes différents. Même lorsque nous avons des caractères différents. Même lorsque nous ne pensons pas exactement de la même manière.
Ce qui nous rassemble n’est pas notre perfection.
Ce qui nous rassemble, c’est le Christ.
Alors, en ce dimanche, demandons au Seigneur trois grâces :
la grâce de savoir parler, lorsque le silence devient complicité ;
la grâce de savoir écouter, lorsque quelqu’un vient nous parler avec vérité ;
et surtout la grâce d’aimer, car sans amour, même la vérité peut devenir une arme.
Soyons donc dans nos familles, dans notre paroisse et dans notre communauté, non pas des juges qui condamnent, mais des guetteurs qui veillent, des frères et des sœurs qui relèvent, qui pardonnent et qui espèrent.
Car finalement, l’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle une chose toute simple :
prendre soin de l’autre, c’est aussi prendre soin du Christ qui habite en lui.
Et lorsque deux cœurs se retrouvent, lorsque deux personnes se pardonnent, lorsque deux frères recommencent à se parler…
le Christ est déjà là, au milieu d’eux.
Amen.