Abbaye Notre Dame de la Paix - Chimay

Abbaye Notre Dame de la Paix - Chimay Consacrées à Dieu, nous sommes les moniales cisterciennes de Chimay. On nous appelle aussi trappistines. Notre vie est communautaire.

Elle repose sur la prière et la méditation de la bible, le travail et la vie fraternelle.

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28/05/2026

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HOMÉLIE DE LA FÊTE DE PENTECÔTE - 24 mai 2026 - Année A - Jn 20, 19-23Frères et sœurs, nous sommes rassemblés en ce dima...
26/05/2026

HOMÉLIE DE LA FÊTE DE PENTECÔTE - 24 mai 2026 - Année A - Jn 20, 19-23

Frères et sœurs, nous sommes rassemblés en ce dimanche pour fêter la Pentecôte. Alors nous pouvons nous poser la question : quelle est l’origine de cette fête ? Que représente-t-elle pour nous ? Dans notre monde sécularisé, beaucoup ont oublié. Le risque est grand de réduire cette fête à un long week-end. De plus, les fêtes civiles organisées à cette occasion peuvent amplifier la confusion. Il s’agit d’un week end prolongé idéal pour une escapade trois jours à la fin du printemps. Il est donc important que nous allions à la source et au cœur de notre foi.

La Pentecôte trouve son origine dans l’Ancien Testament, bien avant Jésus Christ. Cette appellation vient d’un mot grec qui signifie “cinquantaine”. Au départ, on célébrait la première moisson des blés, en Palestine évidemment. C’était une fête joyeuse où l’on remerciait Dieu pour les dons de la nature. Et nous, en faisons-nous une fête d’action de grâce pour tous les biens qu’il nous donne ? Plus t**d, cette fête prendra une signification nouvelle. Sous la direction de Moïse, le peuple d’Israël avait été libéré de l’esclavage. Il avait traversé la Mer Rouge pour aller vers la Terre promise. Chaque année, on célébrait la Pâque pour commémorer cet événement. Et cinquante jours plus t**d, on célébrait la Pentecôte, c’est-à-dire le don de la loi à Moïse sur le Sinaï. Cinquante jours après Pâques, nous célébrons, nous, le don de l’Esprit à l’origine de l’Église. Nous faisons mémoire de ce jour de Pentecôte où l’Esprit descendit avec puissance sur les disciples « réunis tous ensemble » (Ac 2,1) dans une maison. Le jour de la Pentecôte, il y eut dans la communauté une expérience très forte du don de l’Esprit, qui poussa les disciples hors de la maison où ils se trouvaient. Alors, ils se mirent à proclamer les merveilles de Dieu publiquement et d’une manière compréhensible à tous. Tel fut le point de départ de la mission évangélisatrice de l’Église, qui, désormais, ne s’arrêtera plus.

Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes les bénéficiaires d’un nouveau Sinaï. Dieu donne son souffle saint aux disciples. Désormais, la loi de Dieu n’est plus « inscrite sur la pierre mais dans les cœurs » (2 Co 3,3). Cette expression fait référence à un passage de la deuxième épître aux Corinthiens, qui oppose l’ancienne alliance, la Loi inscrite sur la pierre – les tables de la Lois – à la nouvelle alliance écrite dans les cœurs. Cette alliance entre Dieu et les hommes ne se limite pas au seul peuple d’Israël. Elle est offerte à tous les hommes du monde entier. Certains voudraient une Église ou les chrétiens seraient bien entre eux. Ce n’est pas cela que Jésus a voulu. Pour le comprendre il suffit de lire les textes bibliques de ce dimanche. « Le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » (Jn 20,21).

Le livre des Actes des Apôtres (Ac 2,1-11) nous dit que les disciples étaient enfermés en un même lieu. Ils n’étaient qu’entre eux. Or voilà que le jour de la Pentecôte, ils sont remplis de l’Esprit Saint. Ils sont poussés dehors pour proclamer les merveilles de Dieu. Pour en parler, saint Luc utilise un langage très imagé. Il y est question de vent et de feu. Comme un vent violent, l’Esprit Saint emporte la peur des apôtres. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine leur nuit. Devant la foule, les apôtres se mettent à proclamer les merveilles de Dieu. La première de ces merveilles, c’est l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité. Ils n’ont plus peur de témoigner, même devant ceux qui l’ont fait mourir sur une croix. C’est un exemple frappant de ce que le pape François appelait une Église en sortie, aux périphéries.

L’Esprit Saint que les apôtres ont reçu est appelé « l’Esprit de Vérité » : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir » (Jn 16,13). Nous nous rappelons qu’un jour, Jésus a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va au Père sans passer par moi » (Jn 14,6). Aller vers Jésus, c’est aller vers la vérité ; écouter Jésus, c’est accueillir la vérité ; c’est se laisser imprégner de l’amour qui est en Dieu. Cela ne sera possible que si nous avons un cœur de pauvres. Certains sont imbus de certitudes qu’ils pensent être et avoir la vérité. Mais ces certitudes ne résistent pas au souffle de la Pentecôte. Ce qu’il faut annoncer au monde, c’est d’abord Jésus mort et ressuscité.

Cet événement de la Pentecôte est aussi une Bonne Nouvelle pour nous. Comme les apôtres au soir de Pâques, nous vivons parfois avec la peur au ventre. Nous verrouillons les portes ; nous nous replions sur nous-mêmes. Dans un monde indifférent ou hostile à la foi chrétienne, il y a de quoi être inquiet. Mais comme au soir de Pâques, Jésus nous rejoint. Sa première parole est un souhait de paix : « La paix soit avec vous » (Jn 20,21). Cette salutation trois fois répétée vient renforcer la joie des apôtres et la nôtre. Ce qui est encore plus merveilleux, c’est qu’il continue à nous faire confiance malgré nos infidélités. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21). Le Christ compte sur nous pour être les messagers de l’Évangile et pour cela, il nous donne l’Esprit Saint. Le souffle du Christ ressuscité, c’est l’Esprit Saint qui, par les disciples, porte son pardon au monde entier.

Nous sommes donc envoyés pour annoncer l’Évangile. Comprenons bien, il ne s’agit pas de répéter un message appris par cœur comme si le sens était donné une fois pour toutes. Nous vivons dans un monde qui a beaucoup changé. L’Esprit Saint est là pour nous inviter à le rejoindre dans ce qu’il vit. Il vient nous rappeler que ce qui est premier, ce n’est pas le confort matériel ni l’argent mais la personne. Le Christ ressuscité nous entraîne à le suivre et à aimer comme lui et avec lui. A la suite des apôtres, l’Église d’aujourd’hui est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon. Cette œuvre peut paraître impossible face aux défis du monde moderne. Mais au souffle de l’Esprit, le rêve de communion fraternelle peut devenir réalité.

Comme dans l’Ancien Testament, le feu et le vent manifestent la présence de Dieu. Les textes de ce jour nous décrivent chacun à sa manière l’action de l’Esprit Saint dans nos vies. Les disciples se mettent à parler d’autres langues, au point que tous ceux qui sont là pour la fête les entendent parler dans leur langue maternelle. Aujourd’hui encore, c’est l’Esprit qui éclaire les cœurs et les intelligences et les dispose à recevoir l’Évangile. Saint Paul nous rappelle qu’« à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien » (1 Co 12,7) : sagesse, connaissance, prophétie, guérison, discernement... Autant de charismes reçus dans l’Église pour le bien de tous. « Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie... Recevez l’Esprit Saint... » (Jn 20,21). Comme les Apôtres, Jésus nous envoie. Il nous revêt de la force de l’Esprit pour que nous devenions ses témoins et portions à chacun une parole de libération et de pardon. « La paix soit avec vous » (Jn 20,21).

Père Jacques Pineault

HOMELIE DU 7e Dimanche de Pâques - 17 mai 2026 - Année A - Jn 17, 01-11Frères et sœurs,Ce 7e dimanche de Pâques nous pré...
17/05/2026

HOMELIE DU 7e Dimanche de Pâques - 17 mai 2026 - Année A - Jn 17, 01-11

Frères et sœurs,

Ce 7e dimanche de Pâques nous prépare à la grande fête de la Pentecôte, qui sera célébrée dimanche prochain. Ce jour-là, les apôtres se mettront à proclamer avec force et audace les merveilles de Dieu. Entre temps, ils sont réunis en un même lieu : ils prient, ils réfléchissent et ils attendent. Les textes bibliques de ce jour nous parlent de l’Église en train de naître. C’est une Église en prière.

Le livre des Actes des Apôtres (Ac 1,12-14) énumère chacun des onze apôtres (les douze moins Judas). Dès le début, ils ont été choisis par Jésus. Il les a formés et leur a donné des instructions. Le Livre des Actes mentionne également la présence de quelques femmes. C’est vraiment exceptionnel dans le monde Juif. C’est une manière de dire qu’elles ont un rôle essentiel dans l’Église. Il y a là Marie, la mère de Jésus et quelques membres de sa proche famille. Toutes ces personnes sont réunies pour participer fidèlement à la prière. Il en est de même pour nous : avant de prendre des décisions qui engagent toute une vie, nous commençons généralement par un temps de prière. C’est vrai pour un jeune qui se prépare à être ordonné prêtre. Il va dans un monastère pour quelques jours de retraite. C’est aussi le cas pour des couples qui se préparent au mariage. Quels que soient nos engagements, nous avons tous besoin de ces temps de prière et de réflexion . Ils nous permettent de nous ajuster à ce que Dieu attend de nous.

Chargée d’annoncer l’Évangile au monde, la première communauté chrétienne commence donc par prier. Les uns et les autres se préparent à la manifestation de Dieu qu’ils découvriront quelques jours plus t**d. C’est de Dieu qu’ils auront à témoigner jusqu’aux extrémités de la terre. Il ne peut y avoir de mission, sans ce temps de prière. C’est par là qu’il faut commencer.

Cela vaut la peine de se poser quelques questions : Est-ce que nous prions ? Comment prions-nous ? Le Père Guy Gilbert a écrit dans un de ses livres « qu’une journée sans prière, ça ne vaut pas grand-chose ». Si nous prions, ce n’est pas d’abord pour adresser des demandes à Dieu. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous le lui demandions. Le plus important, c’est de nous accorder à son amour et à sa volonté, et de nous en imprégner. Nous ne serons des témoins rayonnants et lumineux que si nous accueillons la lumière qui vient de Lui.

Dans sa lettre, l’apôtre Pierre (1 Pi 4,13-16) insiste sur ce point : il rappelle aux chrétiens la nécessité d’être vraiment reliés au Christ. Ils en ont bien besoin car ils sont affrontés à toutes sortes de persécutions. Aux chrétiens persécutés, Pierre rappelle la béatitude de Jésus : « Heureux êtes-vous si l’on vous persécute à cause de moi » (Mt 5,11). Mais Jésus les avait prévenus : « Le serviteur n’est pas au-dessus de son maître » (Jn 13,16). Le Seigneur Jésus a connu la persécution, le rejet et la croix. Il en sera de même les chrétiens. Aujourd’hui encore, de nombreux chrétiens continuent à être persécutés et mis à mort en Afrique, en Chine, en Corée du Nord, au Nigéria, au Mexique et dans de nombreux pays islamistes. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent chaque jour avec la peur au ventre. A travers eux, c’est la famille des chrétiens, notre famille, qui est éprouvée. Ensemble, en communion avec eux, nous prions et supplions le Seigneur : qu’il nous garde fermes dans la foi et dans la prière jusqu’au jour où sa gloire se révèlera à tous.

Dans l’Évangile, nous découvrons Jésus en prière. La prière de Jésus nous le montre en totale communion avec son Père. Ils sont liés l’un à l’autre dans une communion éternelle. Les évangiles, particulièrement celui de saint Luc, nous disent que Jésus passait parfois des nuits entières à prier son Père. Cette union dépasse tout ce que nous pouvons vivre à notre niveau. Elle nous dit l’intensité de la prière de Jésus et nous en sommes éblouis. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il veut nous associer tous à sa prière. C’est avec Lui que nous connaîtrons le bonheur de prier.

Aujourd’hui, cette prière de Jésus se situe à un moment important de sa vie : il se prépare à passer de ce monde à son Père. Sa mort sur la croix ne sera pas un échec mais une élévation. Ce sera la grande victoire de l’amour sur la mort et le péché. Au moment le plus dramatique de sa vie, Jésus cherche à partager à ses disciples sa joie d’avoir accompli sa mission. La Bonne Nouvelle a été annoncée aux pauvres. Les petits et les exclus ont été les premiers à l’accueillir. C’est pour toutes ces merveilles que Jésus rend grâce.

En lisant cet Évangile, nous découvrons aussi ce que doit être la vraie prière. Trop souvent, elle n’est que plainte et requête de notre part. Nous ne devons jamais oublier que la plus belle expression de la prière, c’est la louange et l’action de grâce. Nous sommes invités à suivre l’exemple de Jésus qui rendait grâce avant de demander.

Dans notre prière que nous adressons au Père, nous devons souligner le rôle important de Marie, la mère de Jésus. Elle était présente dans le groupe des apôtres. Elle l’est aussi dans l’Église d’aujourd’hui pour accompagner et soutenir notre prière. Nous ne pouvions rêver meilleur accompagnement. Comme autrefois, elle continue à nous renvoyer au Christ et à son Évangile ; elle ne cesse de nous redire : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2,5). Ce verset est prononcé par Marie dans l’Évangile selon saint Jean. Il est dit aux serviteurs lors des noces de Cana, juste avant que Jésus ne transforme l’eau en vin, constituant le premier signe de son ministère public. Ce verset est considéré, si l’on veut, comme le testament de Marie dans la Bible, orientant la foi vers Jésus. Et ce que Jésus nous dit, c’est de nous remplir de la source d’eau vive qui est en Dieu et qui jaillit en vie éternelle.

Nous sommes dans le temps pascal, et l’évangile nous rapporte la prière de Jésus juste avant qu’il entre dans sa Passion. Paradoxe apparent seulement, car Jésus est maintenant retourné vers son Père. Cette ultime prière nous donne d’entrer dans l’intimité du Fils et du Père. Au cœur de cette intimité, une même gloire partagée, échangée, dans un commun dessein : le salut de l’humanité. « Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés » (Jn 17,1). Cette gloire que nous contemplons en ces jours dans le mystère de l’Ascension, demandons à l’Esprit Saint qu’elle nous saisisse et nous donne un surcroît de foi, d’amour, de don de nous-mêmes, au Seigneur et aux autres.

Avec Marie et avec toute l’Église, tournons-nous vers le Christ. Nous nous préparons à recevoir la plénitude de l’Esprit Saint. Nous pouvons lui demander de nous transformer en communauté de prière vraiment fervente. C’est auprès de lui que nous puiserons la force et le courage dont nous avons besoin pour surmonter les épreuves. Et que Marie, la Mère de Dieu, nous apprenne à vivre « pour la gloire de Dieu et le Salut du monde ».

Père Jacques Pineault

16/05/2026

Rappels
Le concert des Loupards à l’Abbaye est ce Dimanche à 15 h
Soyez les bienvenus

16/05/2026

Félicitations !
A Chimay,le 13 octobre 2025, nous avons fêté seulement les 100 ans de la dédicace de l'église abbatiale. Mais la communauté de ND de la Paix à Chimay est la continuité de celle de Gomerfontaine, fondée ( très probablement) en 1204! Elle connut cinq lieux d'implantation Elle fut cistercienne , cistercienne réformée, diocésaine, cistercienne trappiste. Elle connut cinq lieux d'implantation. On peut mieux, sans doute. Atypique, certainement. L'important n'est-il pas d'être en Chemin ?

À Chimay , Ensemble, Bâtissons la Justice et la Paix
14/05/2026

À Chimay , Ensemble, Bâtissons la Justice et la Paix

HOMELIE 6e Dimanche de Pâques  - 3 mai 2026 - Année A - Jn 14, 15-21         Frères et sœurs, dans la seconde lecture (1...
10/05/2026

HOMELIE
6e Dimanche de Pâques - 3 mai 2026 - Année A - Jn 14, 15-21

Frères et sœurs, dans la seconde lecture (1 Pi 3,15-18) de ce dimanche, l’apôtre Pierre nous adresse un appel de la plus haute importance. En préliminaire, il faut savoir que sa lettre a été écrite pour des chrétiens menacés par une persécution violente. Il leur demande de ne pas craindre les persécuteurs, mais « de rendre compte de l’espérance qui les anime… avec douceur et respect » (1 Pi 3,15). Il ne s’agissait pas pour eux d’argumenter sur les divers aspects de la foi chrétienne pour défende l’Église. Le plus important, c’était de témoigner par des actes et de ne pas flancher devant les tortionnaires. « Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal » (1 Pi 3,17).

Les chrétiens auxquels l’apôtre Pierre s’adressait n’étaient pas tous héroïques. Beaucoup ont renié leur foi au moment du danger. La lettre de Pierre les met en face du Seigneur Jésus. Lui, le juste, a préféré souffrir en faisant le bien plutôt que de faire le mal. Mais par sa victoire sur la mort et le péché, « il nous introduit devant Dieu » (1 Pi 3,18). C’est de cette espérance que les chrétiens témoignent. Aussi bien par nos paroles que par notre vie droite, soyons prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous.

Cette lettre de Pierre nous rejoint aujourd’hui. Son message s’adresse aussi à chacun de nous dans la situation qui est la nôtre. Nous vivons dans un monde où beaucoup ont oublié l’espérance chrétienne. Dans bien des pays, ceux qui veulent rester fidèles à leur foi en Jésus Christ sont persécutés et mis à mort. Le plus souvent, ils sont ridiculisés. Les fêtes chrétiennes sont devenues des week-ends dont on a oublié l’origine. L’année est rythmée par cinq périodes de congés, dont les vacances d’automne (à la place de la Toussaint), celles d’hiver (pour Noël et Jour de l’An), celles de la détente (le Carnaval ou de la neige quand il y en a), celles du printemps (c’est-à-dire Pâques) et enfin les vacances d’été qui débutent début juillet.

La vie n’est plus un pèlerinage mais une vacance, cependant, rien ne peut arrêter la progression de la Parole de Dieu. La lettre de Pierre nous montre des chrétiens obligés de fuir la persécution. Mais là où ils sont, ils annoncent la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Le monde d’aujourd’hui a également besoin de témoins solides et convaincus qui ne craignent pas de rendre compte de leur attachement au Christ et de leur espérance en la résurrection. Dans son encyclique Dilexit nos, le pape François écrivait : « Nous devons revenir à la Parole de Dieu pour reconnaître que la meilleure réponse à l’amour du cœur (du Christ) est l’amour pour nos frères. Il n’y a pas d’acte plus grand que nous puissions offrir pour lui rendre amour pour amour. La parole de Dieu le dit avec une totale clarté : “Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait” (Mt 25,40) ».

Dans le prolongement de la lettre de Pierre, l’évangile nous apporte un éclairage nouveau. Dimanche dernier, Jésus nous disait : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Aujourd’hui, il ajoute : « Je prierai le Père, il vous donnera l’Esprit de vérité » (Jn 14,16). Cet Esprit de Vérité nous a été donné au jour de notre baptême et de notre confirmation. Mais aujourd’hui, nous pouvons peut-être nous poser la question : De quelle vérité s’agit-il ?

Nous vivons une époque plutôt curieuse : d’une part, on est très sensible à tout ce qui est mensonge, hypocrisie, tout ce qui sonne faux. On veut être authentique et faire tomber les masques. Mais en même temps, notre époque vit le mensonge organisé, mensonge de la publicité, mensonge de la politique, de l’information, scandales financiers. Je ne parle pas des arnaques au téléphone, sur Internet, sur le véritable prix des choses. Et c’est là que nous rejoignons la question de Pilate au moment de la Passion du Christ : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18,38). Elle marque un moment de doute ou de désintérêt de la part du gouverneur romain face à la nature spirituelle de la vérité affirmée par Jésus. Cette question, c’est aussi la nôtre chaque fois que nous nous laissons déstabiliser par l’actualité vertigineuse transmise par les médias.

Mais il y a une réponse. Nous la trouvons dans l’évangile : « Jésus nous dit : “Je suis la Vérité” » (Jn 14,6). Pour nous, Jésus est la vérité sur l’homme. Il est l’homme tel que Dieu le veut, totalement libre, pleinement responsable de ses actes. Il est totalement honnête avec sa conscience, vrai avec lui-même et avec les autres. Et dans le même temps, il est la vérité sur Dieu : « Qui me voit, voit le Père » (Jn 14,9). Cette phrase signifie qu’il est la révélation parfaite et visible de Dieu le Père, reflétant exactement sa nature, son amour et sa volonté. Jésus ne se considère pas seulement comme un représentant, mais comme étant un avec le Père, rendant Dieu accessible à l’homme. Notre connaissance de Dieu passe par lui. Il nous révèle le vrai visage de Dieu, un Dieu qui est Père et qui aime chacun de ses enfants. Il suffit de relire la parabole du fils prodigue pour s’en convaincre. Quand ce fils est retrouvé, c’est un jour de joie : Dieu fait la fête avec ses anges. Et il nous invite à nous associer à sa joie (Lc 15,11-32).

Il nous appartient de tirer les conclusions de cette Bonne Nouvelle : accueillir cet Esprit de vérité que Jésus nous donne et nous laisser transformer par lui. C’est pour nous un appel à marcher chaque jour dans la clarté de l’Évangile. C’est en le lisant et en le priant que nous découvrons le vrai visage de Dieu et le vrai sens de l’homme. Cette vérité n’est pas seulement une connaissance intellectuelle. Ce que l’Esprit Saint nous révèle est encore plus expérimental. Il nous annonce que nous sommes une grande famille réunie dans l’amour : « Je suis en mon Père, vous êtes en moi et moi en vous » (Jn 14,20). Cela signifie que, par l’Esprit Saint, les disciples sont intérieurement unis au Christ, tout comme le Christ est parfaitement uni au Père.

C’est dans le concret de notre vie que nous pouvons découvrir la présence de l’Esprit de Vérité. Son action est multiple. C’est par exemple ce besoin qui nous pousse à participer à l’Eucharistie, non par obligation mais parce qu’elle apporte un ressourcement intérieur qui nous est nécessaire. L’action de l’Esprit Saint, c’est encore l’attention savoureuse à la Parole de Dieu pour qu’elle nourrisse notre foi ; c’est aussi l’affinement de notre conscience quand on fait attention à ne plus dire de parole blessante. C’est l’Esprit Saint qui nous permet de faire la vérité en nous. Il est cette lumière intérieure qui illumine notre chemin et notre vie.

Enfin, « je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14,18), dit Jésus à ses disciples ; la preuve en est l’Esprit Saint qui est toujours avec nous. Tendons l’oreille et demandons au Père de nous laisser éclairer par l’Esprit de vérité, qui « vit en nous » comme, réciproquement, nous vivons en lui. Par son Esprit, Jésus ne cesse de venir à nous tout au long de notre chemin de foi. « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi » (Jn 14,19).

Père Jacques Pineault

HOMELIE du  5e Dimanche de Pâques  - 3 mai 2026 - Année A - Jn 14, 1-12    Frères et sœurs, cet évangile où Jésus dit : ...
04/05/2026

HOMELIE du 5e Dimanche de Pâques - 3 mai 2026 - Année A - Jn 14, 1-12

Frères et sœurs, cet évangile où Jésus dit : « Je pars vous préparer une place » (Jn 14,3), nous le connaissons bien. Il est souvent choisi pour les célébrations de funérailles. Jésus nous est présenté comme le “chemin” qui conduit au Père. En lisant ce texte, je pense à tous ceux qui errent sur les chemins du monde sans savoir où ils passeront la nuit. Beaucoup ont eu une belle situation, un métier, une vie de famille. Puis il y a eu un événement qui a fini par les jeter à la rue. En Ukraine, en Syrie et ailleurs, ce sont des familles entières qui ont quitté leur domicile pour fuir la guerre. Ils sont partis sans savoir où leur chemin les conduira.

Quand Jésus nous dit qu’il est “chemin”, c’est tout autre chose. Il ne s’agit pas d’un chemin d’errance. Il nous annonce le but et l’aboutissement de notre vie. Lui-même est toujours vivant auprès de son Père. En même temps, il nous assure de sa présence parmi nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il est pour nous « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Lui seul peut nous conduire auprès du Père. Son grand projet, c’est de rassembler tous les hommes. Il nous prépare une maison dans laquelle tous se sentiront accueillis avec amour.

Ce qu’il nous faut bien comprendre c’est que Jésus ne se contente pas de nous montrer “chemin”. Il est lui-même « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Chemin : Jésus est le pont entre l’humanité et Dieu, la voie d’accès à la maison du Père. Il est la Vérité : Il incarne la parole de Dieu et la révélation finale, libérant le cœur humain. Enfin il est la Vie : Il donne la vie spirituelle et éternelle, la communion avec Dieu. « Personne ne va au Père sans passer par lui » (Jn 14,6).

C’est en lui seul que nous trouvons la plénitude de la vérité. Ses paroles sont « celles de la Vie Éternelle » (Jn 6,68). En dehors de lui, nous allons à notre perte. Personne ne peut « aller vers le Père sans passer par lui » (Jn 14,6). C’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu. C’est en regardant vers le ciel que nous redécouvrons le vrai sens de notre vie. Cet évangile est un appel à l’espérance, même si nous sommes “bouleversés” par les incertitudes et les épreuves de la vie. Mais succomber au découragement serait pire que tout. Nous pouvons nous raccrocher aux paroles du psaume de ce jour : « Le Seigneur veille sur ceux qui l’aiment et espèrent en son amour » (Ps 32,18). Et Jésus est toujours là pour nous redire inlassablement : « Croyez en moi ! » (Jn 14,1).

Cela dit, ce chemin n’est pas celui de la facilité. Il est étroit, et il nous conduit vers une porte étroite. La porte étroite est une métaphore biblique utilisée par Jésus (Mt 7,13-14) pour décrire le chemin difficile mais salutaire de la foi, par opposition à la porte large menant à la perdition. Elle représente un choix de vie exigeant l’humilité, le renoncement à l’orgueil et l’obéissance à Dieu, que peu de gens choisissent. Notre vie est un combat de tous les jours contre les forces du mal qui cherchent à nous entraîner vers des chemins de perdition. C’est la course à l’argent, à la violence, à la haine, à la rancune. Tout cela nous détourne du vrai but de notre vie. En ce jour, cela vaut la peine de nous interroger : Jésus est-il vraiment « notre chemin, notre vérité et notre vie » ? Est-ce vraiment lui que nous suivons ? Si ce n’est pas le cas, nous devons réentendre son appel : « Revenez à moi de tout votre cœur… » (Jl 2,12). « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile… » (Mc 1,15). C’est l’appel fondamental de Jésus au début de son ministère, signifiant que le Royaume de Dieu est proche. C’est une invitation à changer de mentalité, à nous tourner vers Dieu et à accueillir la Bonne Nouvelle du salut, souvent méditée durant le Carême. La conversion est un changement profond du cœur et de la pensée, passant d’une vie centrée sur soi à une vie ouverte à la grâce de Dieu.

Les Actes des Apôtres (Ac 6,1-7) nous montrent comment les premiers chrétiens ont suivi ce chemin du Christ. La Parole de Dieu est annoncée aux païens. Les veuves ne sont pas abandonnées à leur triste sort ; elles reçoivent une aide. Le partage des services se met en place. C’est ainsi qu’une communauté se met en route à la suite du Christ. La parole de Dieu doit être annoncée à temps et à contretemps ; mais les petits, les pauvres et les exclus ne doivent pas être oubliés : il n’est pas possible d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile à des gens qui ont faim et froid. A travers eux, c’est le Christ lui-même qui nous interpelle.

Dans sa première lettre (1 Pi 2,4-9), saint Pierre nous invite à nous approcher du Seigneur Jésus. Nous nous rappelons que l’évangile nous parlait de la Maison du Père qui contient de “nombreuses demeures”. Ici, saint Pierre nous dit que Jésus en est « la pierre vivante que les hommes ont éliminée mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur » (1 Pi 2,4). Cette maison dont il parle n’est pas seulement de pierres ou de bois ; c’est une fraternité, une communauté construite par le souffle de l’Esprit Saint. En tant que disciples, nous participons à sa construction. Nous sommes devenus « la race choisie, le sacerdoce Royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu » (1 Pi 2,9). Mais il y a un piège que nous devons éviter : le risque serait de nous complaire dans les honneurs, la facilité et l’orgueil. Nous avons une mission urgente : c’est d’annoncer « les merveilles de celui qui nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière » (1 Pi 2,9). Passer des ténèbres à l’admirable lumière de Dieu est une transformation spirituelle fondamentale, souvent décrite comme le passage de l’oppression du péché à la liberté du royaume du Christ.

Il est urgent de montrer à tous que nous savons où nous allons. Nous sommes sur un chemin qui est balisé par l’Évangile de Jésus Christ. Nous avons là un repère essentiel pour notre marche. Dans une de ses audiences, le pape François nous recommandait de le lire chaque jour. La Parole de Dieu est une nourriture indispensable pour notre marche vers le Père ; elle nous procure la joie et le réconfort de l’Esprit Saint.

« Je suis le chemin », dit Jésus. « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6). Jésus-Christ nous a remis la carte qui nous permet de trouver là où nous serons avec lui et avec le Père pour toujours. Jésus-Christ est la route qui conduit au bonheur ! Avec lui, nous savons que nous sommes sur le bon chemin. Tout comme quand nous suivons une carte routière, nous trouvons notre chemin et ceci nous rend heureux. Ainsi, quand nous sommes sur le chemin que le Christ a tracé pour nous, nous sommes remplis de joie, la joie de l’Évangile

« Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,9). Où avons-nous vu le Père ? Nous l’avons vu dans l’amour du Christ ; dans les récits qui viennent de son cœur ; dans ses sacrifices ; dans ses paroles ; dans son service ; dans les guérisons qu’il a opérées ; dans son inlassable don de lui-même ; dans ses enseignements. En tout cela, nous voyons l’amour du Père pour nous les hommes.

Père Jacques Pineault

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Chimay
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