21/08/2026
Ce Samedi 8 août à 11:00,
Mgr Flavien MILENGE a célèbré à ND de la Paix une messe d'action de grâces
pour ses cinquante années de sacerdoce. Huvenne
Mgr Flavien Milenge a accepté de répondre à quelques questions où il nous partage les principales étapes de son apostolat. Ce qui est remarquable, c'est le nombre de "oui" qui lui ont été demandés et qu'il a donnés avec une grande simplicité. Il nous livre aussi quelques-unes des clés qui lui permettent aujourd'hui de célébrer ce beau jubilé: le témoignage, la fidèlité, la persévérance. Il adresse SON MESSAGE à tous jeunes mais il m'a semblé qu'il pensait aussi à notre communauté.
B - Mgr, vous êtes arrivé à ND de la Paix ce mercredi 5 août. Demain vous allez célébrer une messe d’action de grâces et vous serez entouré de plusieurs de vos amis. Quel fut votre parcours au Congo (RDC), puis en France où vous résidez aujourd’hui ?
Mgr Flavien - J’ai été ordonné le 16 juillet 1976. Puis, j’ai été professeur pendant un an au petit séminaire de Mugheri (Bukavu) où étaient aussi envoyés les finalistes du séminaire d’Uvira qui était mon diocèse et où il n’y avait pas assez de professeurs. Ensuite, j’ai été nommé curé d’une paroisse pour remplacer les missionnaires d’un certain âge car c’était un endroit où il fallait marcher. Or, j’étais jeune. Pendant trois ans, je suis resté dans cette paroisse, puis, j’ai été envoyé dans une grande paroisse, Kamituga, où il avait trois prêtres. Après deux ans, j’ai été nommé directeur du petit séminaire et j’y suis resté pendant quatre ans. C’est là que j’ai connu ceux qui vont m’entourer demain et, en particulier, le prêtre qui a été mon élève et qui va célébrer avec moi. De 1986 à 1990, j’ai été vicaire général et responsable des écoles qui étaient gérées par le diocèse mais qui appartiennent à l’État. Puis, on m’a demandé de poursuivre mes études, ce que j’ai fait à la Catho de Lyon pendant trois ans. Puis, je suis rentré au diocèse. Je me suis occupé de la paroisse de Kantuga. Très rapidement, en 1996, la guerre est arrivée : le Rwanda a envahi le pays. Nous avons pris la fuite au diocèse de Kassongo. Après un an, nous sommes revenus. J’ai été chargé de travailler au Centre catéchétique et de rester au séminaire pour garder le patrimoine. L’administrateur apostolique du diocèse m’a rappelé pour être son vicaire général. Finalement, un nouvel évêque qui est toujours en place aujourd’hui, m’a demandé de prendre une année sabbatique à Grenoble. Là, je suis tombé malade, j’ai a été opéré à la moelle épinière. Je suis parti dans une maison de convalescence. Comme il y avait danger de rechute, on m’a demandé de rester aumônier chez les petites sœurs des maternités catholiques
B - Qu’est-ce que vous retenez de ces cinquante années de sacerdoce? Quel enseignement en retirez-vous ?
Mgr Flavien - D’abord, je suis reconnaissant du fait que j’ai été appelé à être prêtre. Le Père m’a choisi et m’a donné de participer à la mission de son Fils, sans que j’aie de mérite. Dieu a été fidèle. Mais en même temps, il demande de la persévérance. Il n’est pas question de répondre oui et puis de passer son chemin. Rester fidèle, ce n’est pas avec les forces humaines qu’on y arrive. Le Seigneur choisit les personnes d’après leurs faiblesses. Le Seigneur m’a donné de persévérer pendant ces cinquante années. C’est pour cela que je dois rendre grâce. C ‘est peut-être cela qui sera un témoignage pour les autres. Si je suis resté fidèle, c’est n’est pas de mes propres forces mais avec la force qu’Il m’a donnée. Il choisit les personnes selon leurs faiblesses. Mais il faut être persévérant.
B - Selon vous, quels sont les changements majeurs qui, ont marqué ces cinquante dernières années ? Qu’est-ce qui demeure ? Que diriez-vous aux jeunes aujourd’hui quand ils entendent l’appel du Seigneur ?
On dit aujourd’hui que c’est trop difficile de s’engager dans le sacerdoce ou dans la vie chrétienne parce que c’est trop exigeant. Mais il y a des congrégations qui reçoivent encore des jeunes qui répondent oui. Donc, c’est possible même s’il est vrai que le nombre de prêtres et de religieux a diminué. Une façon de faire, c’est le témoignage. Il faut témoigner et le Seigneur verra lui-même comment nous aider. Concernant les jeunes, il ne faut pas craindre de se mettre entre les mains du Seigneur. Nous sommes faibles, c’est vrai. Il faut être disponible, lui faire confiance et continuer à demander sa grâce. Le Seigneur lui-même verra comment nous aider.