Abbaye Notre Dame de la Paix - Chimay

Abbaye Notre Dame de la Paix - Chimay Consacrées à Dieu, nous sommes les moniales cisterciennes de Chimay. On nous appelle aussi trappistines. Notre vie est communautaire.

Elle repose sur la prière et la méditation de la bible, le travail et la vie fraternelle.

Ce Samedi 8 août à 11:00,  Mgr Flavien MILENGE a célèbré à ND de la Paix une  messe d'action de grâces pour ses cinquant...
21/08/2026

Ce Samedi 8 août à 11:00,
Mgr Flavien MILENGE a célèbré à ND de la Paix une messe d'action de grâces
pour ses cinquante années de sacerdoce. Huvenne

Mgr Flavien Milenge a accepté de répondre à quelques questions où il nous partage les principales étapes de son apostolat. Ce qui est remarquable, c'est le nombre de "oui" qui lui ont été demandés et qu'il a donnés avec une grande simplicité. Il nous livre aussi quelques-unes des clés qui lui permettent aujourd'hui de célébrer ce beau jubilé: le témoignage, la fidèlité, la persévérance. Il adresse SON MESSAGE à tous jeunes mais il m'a semblé qu'il pensait aussi à notre communauté.

B - Mgr, vous êtes arrivé à ND de la Paix ce mercredi 5 août. Demain vous allez célébrer une messe d’action de grâces et vous serez entouré de plusieurs de vos amis. Quel fut votre parcours au Congo (RDC), puis en France où vous résidez aujourd’hui ?

Mgr Flavien - J’ai été ordonné le 16 juillet 1976. Puis, j’ai été professeur pendant un an au petit séminaire de Mugheri (Bukavu) où étaient aussi envoyés les finalistes du séminaire d’Uvira qui était mon diocèse et où il n’y avait pas assez de professeurs. Ensuite, j’ai été nommé curé d’une paroisse pour remplacer les missionnaires d’un certain âge car c’était un endroit où il fallait marcher. Or, j’étais jeune. Pendant trois ans, je suis resté dans cette paroisse, puis, j’ai été envoyé dans une grande paroisse, Kamituga, où il avait trois prêtres. Après deux ans, j’ai été nommé directeur du petit séminaire et j’y suis resté pendant quatre ans. C’est là que j’ai connu ceux qui vont m’entourer demain et, en particulier, le prêtre qui a été mon élève et qui va célébrer avec moi. De 1986 à 1990, j’ai été vicaire général et responsable des écoles qui étaient gérées par le diocèse mais qui appartiennent à l’État. Puis, on m’a demandé de poursuivre mes études, ce que j’ai fait à la Catho de Lyon pendant trois ans. Puis, je suis rentré au diocèse. Je me suis occupé de la paroisse de Kantuga. Très rapidement, en 1996, la guerre est arrivée : le Rwanda a envahi le pays. Nous avons pris la fuite au diocèse de Kassongo. Après un an, nous sommes revenus. J’ai été chargé de travailler au Centre catéchétique et de rester au séminaire pour garder le patrimoine. L’administrateur apostolique du diocèse m’a rappelé pour être son vicaire général. Finalement, un nouvel évêque qui est toujours en place aujourd’hui, m’a demandé de prendre une année sabbatique à Grenoble. Là, je suis tombé malade, j’ai a été opéré à la moelle épinière. Je suis parti dans une maison de convalescence. Comme il y avait danger de rechute, on m’a demandé de rester aumônier chez les petites sœurs des maternités catholiques

B - Qu’est-ce que vous retenez de ces cinquante années de sacerdoce? Quel enseignement en retirez-vous ?

Mgr Flavien - D’abord, je suis reconnaissant du fait que j’ai été appelé à être prêtre. Le Père m’a choisi et m’a donné de participer à la mission de son Fils, sans que j’aie de mérite. Dieu a été fidèle. Mais en même temps, il demande de la persévérance. Il n’est pas question de répondre oui et puis de passer son chemin. Rester fidèle, ce n’est pas avec les forces humaines qu’on y arrive. Le Seigneur choisit les personnes d’après leurs faiblesses. Le Seigneur m’a donné de persévérer pendant ces cinquante années. C’est pour cela que je dois rendre grâce. C ‘est peut-être cela qui sera un témoignage pour les autres. Si je suis resté fidèle, c’est n’est pas de mes propres forces mais avec la force qu’Il m’a donnée. Il choisit les personnes selon leurs faiblesses. Mais il faut être persévérant.

B - Selon vous, quels sont les changements majeurs qui, ont marqué ces cinquante dernières années ? Qu’est-ce qui demeure ? Que diriez-vous aux jeunes aujourd’hui quand ils entendent l’appel du Seigneur ?

On dit aujourd’hui que c’est trop difficile de s’engager dans le sacerdoce ou dans la vie chrétienne parce que c’est trop exigeant. Mais il y a des congrégations qui reçoivent encore des jeunes qui répondent oui. Donc, c’est possible même s’il est vrai que le nombre de prêtres et de religieux a diminué. Une façon de faire, c’est le témoignage. Il faut témoigner et le Seigneur verra lui-même comment nous aider. Concernant les jeunes, il ne faut pas craindre de se mettre entre les mains du Seigneur. Nous sommes faibles, c’est vrai. Il faut être disponible, lui faire confiance et continuer à demander sa grâce. Le Seigneur lui-même verra comment nous aider.

VOICI L'HOMELIE DE CE  DIMANCHE 16 AOÛT 202618e Dimanche du Temps Ordinaire (MATTHIEU 15, 21-28 )Frères et sœurs, le sal...
18/08/2026

VOICI L'HOMELIE DE CE DIMANCHE 16 AOÛT 2026
18e Dimanche du Temps Ordinaire (MATTHIEU 15, 21-28 )

Frères et sœurs, le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; il est pour tous, y compris pour les étrangers, même païens. Avec l’épisode de la Cananéenne, la foi au Christ apparaît comme la seule exigence faite aux païens pour que ceux-ci puissent s’asseoir à la table de l’Église et y recevoir « le pain des enfants ».
C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe (Is 56,1-7), bien avant la venue du Christ : « Les étrangers – y est-il dit – qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs… je les conduirai sur ma montagne sainte » (Is 56,3-4). Nous n’oublions pas que dans le monde de la Bible, la montagne, c’est le lieu de la rencontre avec Dieu. S’il n’y a qu’un seul Dieu, le salut ne concerne pas seulement les enfants d’Israël mais aussi tous les autres peuples. Isaïe annonce le caractère universel du Dieu d’Israël dont le Temple s’appellera : « Maison de prière pour tous les peuples » (Is 56,7). C’est ce que nous rappelait le pape François quand il nous demandait d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux et celles qui sont loin, jusque dans les “périphéries”. La Parole de Dieu doit être annoncée à tous.
Le psaume 66 que nous avons prié vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : « Que tous les peuples te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble ! » C’est une louange qui se veut elle aussi universelle.
Avec la lettre de saint Paul (Rm 11,13-32), nous sommes en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. L’apôtre Paul s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas passé sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Pour être entendu par les païens, peut-être fallait-il que l’Évangile ne soit pas d’abord reçu par le peuple juif, se dit Paul. Mais la miséricorde de Dieu n’avait pas dit son dernier mot. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés. A la suite de Paul et de tous les témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La Bonne Nouvelle de Jésus Christ est pour tous.
L’Évangile nous montre qu’avec Jésus cette Bonne Nouvelle est en train de se réaliser. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens. Il se retire dans la région de Tyr et de Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout la rend étrangère et lointaine. On peut comprendre l’hésitation de Jésus : les Cananéens, ennemis héréditaires des Juifs, n’avaient pas le droit de s’intégrer au peuple s’Israël, même s’ils voulaient se convertir. Et pourtant, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons entendu : « Au moins les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître » (Mt 15,27). C’est une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples. Avant la mission de l’Église vers les païens, la foi d’une païenne fait déjà l’admiration de Jésus. Pas étonnant qu’elle obtienne gain de cause.
Voici une femme. Elle est cananéenne, c’est-à-dire issue d’un peuple païen, adorateur du dieu Baal. Pourtant, elle s’adresse à Jésus en le nommant « Seigneur, fils de David », des termes que les juifs emploient pour désigner le Messie. Elle reconnaît donc Jésus comme l’envoyé du vrai Dieu et l’implore de manière insistante, non pour elle mais pour sa fille. Jésus semble étonnamment froid, presque méprisant. Par trois fois, il repousse la demande de la femme, d’abord en l’ignorant, puis en lui répondant qu’il est venu pour son peuple, et enfin en la comparant aux petits chiens. L’évangéliste raconte cette scène en forçant le trait, pour surprendre son lecteur et nous obliger à voir au-delà des apparences la foi vive de cette femme païenne qui force l’admiration. Comme les petits chiens peuvent bénéficier des miettes du repas, les peuples païens peuvent donc avoir accès au grand festin auquel Jésus compare souvent le royaume de Dieu. Avons-nous la ténacité de cette femme lorsqu’il s’agit de prier le Seigneur ? Quel regard portons-nous sur ceux qui n’ont pas la même sensibilité que nous dans l’Église, sur ceux qui ne pratiquent pas le dimanche, ou qui croient autrement ?
Nous venons de fêter l’Assomption ; nous pouvons nous poser la question : qu’y a-t-il de commun entre la Vierge Marie et cette païenne anonyme et méprisée ? Apparemment rien… sauf la foi. Marie et la cananéenne se rejoignent en Jésus Christ. La foi de la cananéenne est une ouverture du cœur, une grande confiance en celui qu’elle implore. Quand tout est désespéré, une mère espère encore. La foi d’une maman étrangère ouvre le cœur de Jésus aux païens.
Comme la Cananéenne, nous supplions le Christ : « Aie pitié de nous, aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les guerres, les injustices, les violences, la misère… » Beaucoup sont victimes de fausses accusations qui ne visent qu’à les enfoncer. Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers. Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne, c’est bien plus que des miettes : c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.
Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent donc à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas de notre bord. Un jour, Jésus a dit : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés (autant que je vous ai aimés) » (Jn 13,34). Cet amour du Christ est universel et sans limite. Tous les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité.
Faisons nôtre la prière de ce chant de John Littleton : “Allez-vous-en sur les places et sur les parvis… Allez-vous-en sur les places y chercher tous mes amis”. Amen

Père Jacques Pineault

Samedi 8 août à 11:00, Mgr Flavien Milenge a célèbré  à ND de la Paix une  messe d'action de grâces  pour ses cinquante ...
14/08/2026

Samedi 8 août à 11:00, Mgr Flavien Milenge a célèbré à ND de la Paix une messe d'action de grâces pour ses cinquante années de sacerdoce.

Mgr Flavien Milenge a accepté de répondre à quelques questions où il nous partage les principales étapes de son apostolat. Ce qui est remarquable, c'est le nombre de "oui" qui lui ont été demandés et qu'il a donnés avec une grande simplicité. Il nous livre aussi quelques-unes des clés qui lui permettent aujourd'hui de célébrer ce beau jubilé: le témoignage, la fidèlité, la persévérance. Il les adresse aux jeunes en particulier mais il m'a semblé qu'il pensait aussi à notre communauté.

B - Mgr, vous êtes arrivé à ND de la Paix ce mercredi 5 août. Demain vous allez célébrer une messe d’action de grâces et vous serez entouré de plusieurs de vos amis. Quel fut votre parcours au Congo (RDC), puis en France où vous résidez aujourd’hui ?

Mgr Flavien - J’ai été ordonné le 16 juillet 1976. Puis, j’ai été professeur pendant un an au petit séminaire de Mugheri (Bukavu) où étaient aussi envoyés les finalistes du séminaire d’Uvira qui était mon diocèse et où il n’y avait pas assez de professeurs. Ensuite, j’ai été nommé curé d’une paroisse pour remplacer les missionnaires d’un certain âge car c’était un endroit où il fallait marcher. Or, j’étais jeune. Pendant trois ans, je suis resté dans cette paroisse, puis, j’ai été envoyé dans une grande paroisse, Kamituga, où il avait trois prêtres. Après deux ans, j’ai été nommé directeur du petit séminaire et j’y suis resté pendant quatre ans. C’est là que j’ai connu ceux qui vont m’entourer demain et, en particulier, le prêtre qui a été mon élève et qui va célébrer avec moi. De 1986 à 1990, j’ai été vicaire général et responsable des écoles qui étaient gérées par le diocèse mais qui appartiennent à l’État. Puis, on m’a demandé de poursuivre mes études, ce que j’ai fait à la Catho de Lyon pendant trois ans. Puis, je suis rentré au diocèse. Je me suis occupé de la paroisse de Kantuga. Très rapidement, en 1996, la guerre est arrivée : le Rwanda a envahi le pays. Nous avons pris la fuite au diocèse de Kassongo. Après un an, nous sommes revenus. J’ai été chargé de travailler au Centre catéchétique et de rester au séminaire pour garder le patrimoine. L’administrateur apostolique du diocèse m’a rappelé pour être son vicaire général. Finalement, un nouvel évêque qui est toujours en place aujourd’hui, m’a demandé de prendre une année sabbatique à Grenoble. Là, je suis tombé malade, j’ai a été opéré à la moelle épinière. Je suis parti dans une maison de convalescence. Comme il y avait danger de rechute, on m’a demandé de rester aumônier chez les petites sœurs des maternités catholiques

B - Qu’est-ce que vous retenez de ces cinquante années de sacerdoce? Quel enseignement en retirez-vous ?

Mgr Milenge - D’abord, je suis reconnaissant du fait que j’ai été appelé à être prêtre. Le Père m’a choisi et m’a donné de participer à la mission de son Fils, sans que j’aie de mérite. Dieu a été fidèle. Mais en même temps, il demande de la persévérance. Il n’est pas question de répondre oui et puis de passer son chemin. Rester fidèle, ce n’est pas avec les forces humaines qu’on y arrive. Le Seigneur choisit les personnes d’après leurs faiblesses. Le Seigneur m’a donné de persévérer pendant ces cinquante années. C’est pour cela que je dois rendre grâce. C ‘est peut-être cela qui sera un témoignage pour les autres. Si je suis resté fidèle, c’est n’est pas de mes propres forces mais avec la force qu’Il m’a donnée. Il choisit les personnes selon leurs faiblesses. Mais il faut être persévérant.

B - Selon vous, quels sont les changements majeurs qui, ont marqué ces cinquante dernières années ? Qu’est-ce qui demeure ? Que diriez-vous aux jeunes aujourd’hui quand ils entendent l’appel du Seigneur ?

Mgr - On dit aujourd’hui que c’est trop difficile de s’engager dans le sacerdoce ou dans la vie chrétienne parce que c’est trop exigeant. Mais il y a des congrégations qui reçoivent encore des jeunes qui répondent oui. Donc, c’est possible même s’il est vrai que le nombre de prêtres et de religieux a diminué. Une façon de faire, c’est le témoignage. Il faut témoigner et le Seigneur verra lui-même comment nous aider. Concernant les jeunes, il ne faut pas craindre de se mettre entre les mains du Seigneur. Nous sommes faibles, c’est vrai. Il faut être disponible, lui faire confiance et continuer à demander sa grâce. Le Seigneur lui-même verra comment nous aider.

19e Dimanche du Temps Ordinaire - 9 août 2026 - Année A - Mt 14, 22-33Comme chaque mardi à 20:00, voici l'homélie de ce ...
11/08/2026

19e Dimanche du Temps Ordinaire - 9 août 2026 - Année A - Mt 14, 22-33
Comme chaque mardi à 20:00, voici l'homélie de ce dimanche.

Frères et sœurs,

Les textes bibliques que nous venons d’écouter nous invitent à faire un pas et peut-être plus sur le chemin de la conversion. C’est ce qui apparaît pour Élie dans le Livre des Rois (1R 19,9-13). Il vient de combattre l’idolâtrie des prophètes de Baal avec beaucoup d’ardeur ; il s’est fait des ennemis forcément ; et sa vie se trouve en danger. Après 40 jours et 40 nuits de marche, il arrive sur la montagne de l’Horeb (le Sinaï). Il lui a fallu toute cette longue marche pour se rendre compte qu’il n’était pas sur le bon chemin et que, peut-être, il s’était trompé en agissant violemment pour Dieu. Comme ses adversaires, il s’imaginait un Dieu de puissance à servir avec force. C’est pourquoi, honteux et découragé, il se cache dans une caverne.

Mais Dieu ne l’abandonne pas : il l’invite à sortir, à se tenir sur la montagne – lieu de la prière et de la rencontre de Dieu – et à attendre son passage ; il y eut un ouragan, un tremblement de terre, puis un feu. Mais le Seigneur n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Après cela, ce fut le « murmure d’une brise légère » (1 R 19,12). Élie comprend alors que le vrai Dieu n’est pas celui de la violence. Ce n’est pas en massacrant les “infidèles” qu’on sauvera l’honneur du vrai Dieu. Plus t**d, Jésus nous révélera un Dieu qui n’est qu’amour et miséricorde. Il ne sait pas être autre chose. C’est en aimant que nous disons quelque chose du vrai Dieu. Les signes de la présence de Dieu ne sont pas tonitruants : ils sont semblables à la brise légère d’une parole qui s’adresse au cœur.

L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens. Lui aussi croyait défendre l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas (Ac 9,1-19). Pour lui, cela a été le point de départ d’une véritable conversion. C’est pourquoi dans un premier temps, il rappelle aux chrétiens ce qu’ils doivent aux juifs qui leur ont donné Jésus : « C’est de leur race que le Christ est né. Les juifs appartiennent au projet divin » (Rm 9,5). Mais Paul nous fait aussi part de sa douleur face à l’incrédulité de ses frères de sang. La majorité des juifs suivent les pharisiens. Ils n’acceptent pas que le privilège du peuple élu soit étendu à tous les païens qui ont mis leur foi en Jésus-Christ.

L’évangile qui vient d’être lu fait suite au récit de la multiplication des pains. Jésus vient de nourrir une foule affamée. Le soir venu, il se retire sur la montagne pour prier. Il veut échapper à tous ces gens qui cherchent à faire de lui leur roi. Plus t**d, il précisera que sa royauté n’est pas de ce monde (Jn 18,36). Jésus prononce ces mots face à Ponce Pilate lors de son interrogatoire avant sa crucifixion, pour expliquer la nature spirituelle de son pouvoir et de sa mission. Sa mission première est de révéler aux hommes les secrets du Père. Nous pouvons imaginer sa déception et sa lassitude devant tous ces gens si lents à croire.

Pendant qu’il est sur la montagne en intimité cœur à cœur avec le Père, les disciples sont dans la barque. Ils avancent péniblement vers “l’autre rive”. Cette barque de Pierre est devenue le symbole de l’Église. Les vagues et les vents contraires évoquent le monde qui menacent la barque. Quand saint Matthieu écrit son Évangile, il s’adresse à des chrétiens persécutés. C’est encore plus vrai aujourd’hui. En Afrique et ailleurs, les chrétiens persécutés sont bien plus nombreux qu’aux premiers siècles. On veut les obliger à renier leur foi et leur imposer une religion qui n’est pas celle du Christ.

Et puis, il y a bien d’autres tempêtes que nous affrontons un jour ou l’autre : celle des événements difficiles et des horizons bouchés, celle de la maladie, celle de la précarité et de l’exclusion. Nous vivons dans un monde qui souffre de la guerre, de la violence et de l’exclusion. Les pauvres y deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. Si nous voulons rester fidèles à l’Évangile du Christ, il nous faut lutter régulièrement contre les vents contraires et rendre le monde meilleur.

Mais voilà qu’en ce jour, nous entendons une Bonne Nouvelle : l’Évangile nous montre le Christ qui marche sur les eaux. La mer déchaînée est le symbole des puissances du mal. Jésus qui marche sur l’eau nous montre non seulement que ce mal n’a pas de prise sur lui, mais qu’il est avec nous. Avant même qu’on l’appelle, il s’avance vers les siens. « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » (Mt 14,27). Son empressement à sauver ceux qu’il aime mérite d’être souligné. Il est “l’Emmanuel”, le Dieu avec nous. Il nous assure de sa présence « tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Cependant au cours de cette traversée, les disciples ne reconnaissent pas Jésus. Pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14,31), dit-il à Pierre qui n’était pas certain que c’était le Seigneur avant de caler dans l’eau et de lui crier : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14,30). D’autres versets expriment ce même appel au secours dans la bible. Le plus important, ce n’est pas que le Christ marche sur les eaux, mais qu’il vienne à nous pour nous sauver, même si nous n’implorons pas sa venue. Quand la tempête fait rage, il se fait proche. Il reste présent même quand nous nous éloignons ou quand nous l’oublions.

En lisant cet Évangile, comment ne pas penser à la Vierge Marie ? Elle en a connu des tempêtes. Dès le début, elle a vécu l’incertitude de son mariage avec Joseph qui songeait à la renvoyer. Elle a dû fuir en Égypte pour protéger son enfant. Elle a beaucoup souffert de l’incompréhension de son peuple qui refusait le message de Jésus et croyait qu’il avait perdu la tête. Mais elle a suivi son fils jusqu’au pied de la croix. Aujourd’hui, elle est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Comme à Cana, elle nous invite à faire tout ce qu’il nous dira. C’est ainsi qu’elle nous montre le chemin de la sainteté.

Avec Marie, nous nous tournons vers le Christ. Quand tout va mal, n’hésitons pas à crier : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14,30). Et le Christ est toujours là pour tendre la main à celui qui l’implore avec confiance. Il est toujours disposé à sauver du naufrage celui qui le supplie. Conscients de notre fragilité et de nos faiblesses, nous l’implorons encore : « Je crois, Seigneur, mais augmente ma foi » (Lc 17,5).

Faire route avec Jésus n’est pas de tout repos ! Les disciples pouvaient espérer rester un peu là, au bord du lac, devisant sur ce qu’ils venaient de vivre : une foule nourrie avec cinq pains et deux poissons, un surplus de douze paniers... Mais aussitôt, Jésus les pousse vers l’autre rive. Des traversées, ils en ont fait : plusieurs sont pêcheurs. Mais la traversée qu’ils entreprennent est d’une toute autre nature : elle travaille leur « être disciple ». En montant dans la barque ils abandonnent les douze paniers. Ainsi, ils renoncent à posséder leur seul bien ; car leur seule sécurité, c’est la parole de Jésus. En avançant seuls dans la nuit, luttant contre les vents, ils convoquent tout leur savoir-faire, faisant l’expérience que la grâce ne se substitue pas à leur labeur, à leur engagement. Mais en se laissant rejoindre par Jésus, en reconnaissant sa présence, ils peuvent confesser qu’il est vraiment le Fils de Dieu, le Sauveur. Sur notre chemin de disciple, en Église, nous pouvons rendre grâce pour les traversées de tous les jours qui nous ouvrent à la présence agissante du Christ.

Père Jacques Pineault

06/08/2026
RELISEZ L'HOMELIE DE CE 18e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE 2 août 2026 - Année A - Mt 14, 13-21         Frères et sœurs, la...
04/08/2026

RELISEZ L'HOMELIE DE CE 18e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
2 août 2026 - Année A - Mt 14, 13-21

Frères et sœurs, la première lecture tirée du livre d’Isaïe (Is 55,1-3) et l’Évangile de Matthieu, qui nous rapporte la première multiplication des pains faite par le Seigneur, nous parlent de nourriture ou plutôt de manque de nourriture. En effet, après cette multiplication des pains au désert, il en est resté « douze paniers pleins, [alors que] ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants » (Mt 14,20-21). C’était vraiment l’abondance. On voit la générosité de Dieu. Faut pas se gêner pour demander.

Alors que le prophète Isaïe s’adressait à des gens désespérés qui vivaient en terre d’exil depuis 50 ans. Il les invite à se tourner vers le Seigneur : « Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez » (Is 55,3). La vie dépend du Seigneur. Ce qu’il leur offre est beaucoup plus important que les frigos bien remplis. C’est Dieu lui-même qui se donne gratuitement et sans mérite de notre part. Nous sommes tous invités à nous en remettre à lui, même dans les situations les plus désespérées, sûrs que jamais il ne nous abandonnera, puisqu’il se dit notre ami : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle mes amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jn 15,15).

Dans sa lettre aux Romains (Rm 8,35-39), saint Paul nous parle précisément de cette gratuité du don de Dieu en Jésus Christ. « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8,39). Lui-même, saint Paul, vit une situation très difficile. Il est persécuté et mis en prison. Mais il pousse un cri de joie car il a découvert la bonté du Seigneur envers lui et envers toute l’humanité. Même au milieu des pires difficultés, il ne cesse de crier sa confiance car il sait que « rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu ». Et ils sont encore nombreux aujourd’hui les chrétiens persécutés qui témoignent de leur attachement inébranlable au Seigneur, car ils saisissent sa présence et son aide.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, c’est la promesse d’Isaïe qui se réalise. En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. Il les nourrit. Il guérit les infirmes. Il vient pour guérir et donner aux hommes la paix. À travers ses paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde du Père qui se donnent aux hommes.

En ce jour de prière commune, demandons à l’Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères et sœurs. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l’Évangile. Cela arrive quand nous sommes convaincus de l’amour de Dieu pour nous. Quand quelqu’un découvre qu’il est aimé de Dieu, c’est une nouvelle vie qui commence. Ils regardent ses frères et sœurs autrement.

Dans l’Évangile de ce jour, toute la foule a été rassasiée. Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un endroit désert, c’est extraordinaire. C’est un exploit que seul Dieu peut accomplir. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

Mais aujourd’hui, il nous faut écouter l’Évangile un peu plus en profondeur : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé, mais surtout l’homme affamé de Dieu. Il y a un point important qu’il nous faut souligner : les auteurs des Évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : « Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna » (Rm 8,19). Ce pain qui est annoncé dans l’Évangile de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps « livré pour nous et pour la multitude ». Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par la consécration eucharistique. C’est un don de Dieu qui ne s’arrête pas.

La multiplication des pains nous enseigne aussi que Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer. Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont « invités au festin des noces de l’Agneau ». Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : « Heureux les invités au Repas du Seigneur », il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

En sortant de cette messe, nous sommes tous envoyés vers les autres avec un panier plein. Comme autrefois, Jésus continue à nous dire : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14,16). Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d’amour, faim de reconnaissance, faim de Dieu. Si nous unissons nos forces humaines à celles du Christ, le miracle pourra se reproduire et l’Église revivra.

Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas notre argent mais notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Cinq pains et deux poissons c’est vraiment dérisoire pour nourrir une foule. Mais c’est avec ça que Jésus accomplit des merveilles. C’est un encouragement pour nous qui avons tendance à nous décourager devant toutes les misères du monde. Nous disons facilement que nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins. Car ils sont immenses. C’est sans doute vrai. Mais avec un peu de folie, nous pouvons bien lui donner nos cinq pains et nos deux poissons. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Prêtons l’oreille et notre cœur pour écouter leur tristesse. Le Seigneur compte sur nous pour soutenir et fortifier les autres. Aujourd’hui encore, il multiplie les fruits de notre bonne volonté bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

En lisant cet Évangile, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’il n’y avait plus de vin. Elle voit aussi tous nos manques, manques de pain, nos manques d’amour… Et elle ne cesse d’intercéder auprès de son Fils pour nous et pour notre monde. Et aujourd’hui encore, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2,5).

Père Jacques Pineault

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