Monastère de Chevetogne

Monastère de Chevetogne The Monastery of Chevetogne is an international Benedictine abbaye, devoted to the unity of Christia On December 11th, 1990 the Priory became an Abbey.

History

The monastery of Chevetogne was founded in 1925 by Dom Lambert Beauduin (1873-1960). This monk of the Benedictine abbey of Mont César (Louvain), previously was deeply involved with the liturgical movement in Belgium. When he came to know the Christian East he realized the extend to which the Churches are divided and started to work for a foundation of a monastery devoted to Christian unit

y. The pontifical letter "Equidem Verba" of Pius XIth to the abbot primate of the Benedictine Order drew attention to the importance of Christian unity and presented the opportunity to accomplish this project. In December 1925, Dom Lambert Beauduin was able to settle down in his foundation, together with a few fellow monks, at Amay-sur-Meuse (diocese of Liege). From there the community moved to Chevetogne (diocese of Namur in the Ardennes) in 1939. In the very beginning of the new foundation, Father Beauduin started an ecumenical journal called Irénikon, entirely devoted to the promotion of Christian unity. This journal began to appear as early as April 1927 and continued uninterruptedly. At the same time Father Beauduin tried to strengthen his relation with the Anglican Communion, and with all the other Christians which are not in communion with Rome. In order to make a fair dialogue possible with these Christians, the monks of Chevetogne develop contacts with many personalities belonging to these churches. They receive quite a number of guests, they celebrate the liturgy according to two rites and organize regularly a theological colloquium (since 1942) and the Community of Chevetogne also endeavours introduce the Christians in the West to the treasures of the Eastern tradition. Thus the monastery of Chevetogne tread the paths of the forerunners of the ecumenical ideas in the Catholic Church (Fernand Portal, Max de Saxe). It contributed enthusiastically to the growth of ecumanical openness in the Catholic Church, so that the dialogue between the Churches in view of their unity could be engaged on equal terms. In fact this attitude became official at the Second Vatican Council (1962-1965). In daily prayer the monks of Chevetogne make Christ's words their own: "That all may be one". With these words, spoken just before our Saviour suffered and died, in their hearts the community works and receives its guests.

Le Père Abbé et les Moines de l’Abbaye de la Sainte-Croix, à Chevetogne vous font part du rappel à Dieu duPère Bernard S...
26/12/2022

Le Père Abbé et les Moines de l’Abbaye de la Sainte-Croix, à Chevetogne vous font part du rappel à Dieu du

Père Bernard Smolders O.S.B. - moine jubilaire

Né à Bruxelles, le 28 octobre 1930
Profès à Chevetogne, le 28 février 1956
Décédé à Chevetogne, le 25 décembre 2022

La Messe des funérailles aura lieu en l’Église latine du Monastère, le vendredi 30 décembre, à 10h30, et sera suivie de l’inhumation au cimetière des moines.

Requiescat in pace

Homélie pour la fête de la Transfiguration, 6 août 2022L’évangile de ce jour nous raconte la Transfiguration du Seigneur...
06/08/2022

Homélie pour la fête de la Transfiguration,
6 août 2022

L’évangile de ce jour nous raconte la Transfiguration du Seigneur sur le Mont-Tabor d’une façon très descriptive. Grâce en outre à l’iconographie et aux textes de la liturgie nous nous imaginons assez aisément ce qui s’est passé sur la montagne, comme si nous y étions présents nous-mêmes. Et, en effet, nous le sommes. Si non, quel sens y aurait-il pour nous de célébrer la fête ? Comme dans une grande et solennelle liturgie cosmique, Jésus est transfiguré devant nous et devant ses trois disciples. Son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements deviennent blancs comme la lumière. Comme dans la liturgie, les limites du temps et de l’espace sont supprimées car deux personnages de temps anciens, Moïse et Élie, apparaissent sur scène et participent pleinement dans l’évènement. Soudainement, une nuée soustrait Jésus et les deux personnages aux regards des disciples, tandis qu’une voix retentit du ciel « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! ». Aussitôt nous voyons Jésus relever les disciples, épouvantés et tombés à terre, en disant : « n’ayez pas peur ! ». Dans l’Évangile selon S. Luc, que nous avons entendu hier soir, les disciples étaient même tombés en sommeil, comme ils le feront, quelque temps après, dans le Jardin des Oliviers, quand Jésus entrera dans sa Passion.

L’icône de la fête semble vouloir nous mettre en présence du moment culminant de cette théophanie, le moment où la voix du Père retentit du ciel, car nous voyons les disciples face contre terre. Tandis que Jésus, Moïse et Élie sont dépeints comme se tenant au sommet de la montagne, on dirait que les disciples ont fait une grande chute et se trouvent désormais tout en bas. L’icône souligne ainsi une distance physique entre le Christ et ses disciples, comme s’ils n’étaient pas vraiment montés ensemble. Pourtant, l’Évangile semblent dire que la nuée les couvrait tous les six : « … une nuée lumineuse les couvrit ». Dans ce cas, les disciples étaient donc aussi à l’intérieur de la nuée et c’est là qu’ils tombèrent face à terre, l’intensité de l’évènement étant devenue intenable. Le tropaire de la fête commente cela, en disant : « Tu t’es transfiguré sur la montagne, ô Christ Dieu, montrant à tes disciples ta gloire autant qu’ils pouvaient le supporter ».

La question qui s’impose à nous est de savoir où nous nous trouvons : au loin, dans notre temps et notre espace, en train de méditer ce qui, un jour, a eu lieu sur la montagne ? Avec les disciples, épouvantés et tombés face à terre, ou même profondément endormis pour échapper à la réalité… ? Ou bien tout de même avec Jésus, Moïse et Élie dans la nuée ? Dans ce dernier cas, toutefois, nous devons encore nous demander ce que nous faisons précisément dans la nuée, quelle est notre attitude : y sommes-nous, avec une crainte toute religieuse, en adorateurs du mystère de la divino-humanité ou sommes-nous engagés autant que possible dans la conversation avec Jésus, Moïse et Élie ? En fin de compte, la question est donc la suivante : sommes-nous épouvantés et bouleversés par la magnificence de la théophanie du Seigneur ou bien sommes-nous ravis et réconfortés dans notre nature humaine par la manifestation de cette humanité d’un Dieu qui converse avec nous comme un homme converse avec son ami ?

Car c’est bien cette mémoire que l’apparition de Moïse et d’Élie veut raviver en nous, en ce moment de la révélation de l’union intime des natures divine et humaine en Christ. Moïse est celui à qui Dieu accepta de se montrer sur le Mont Sinaï et avec qui « le Seigneur conversait face à face, comme un homme converse avec son ami » (Ex 33,11). Élie, quant à lui, est l’amoureux de Dieu, celui qui « éprouve une ardeur jalouse » (1 R 19,10) pour le Seigneur, à qui Dieu n’apparaît pas dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans une brise légère (1 R 19,12). Ce Dieu, que Moïse et Élie servent avec une crainte filiale et un total dévouement, avec qui ils cheminent fidèlement leur vie durant, se révèle à eux dans une normalité toute naturelle et une naturalité toute humaine. Dans ce sens, leur présence lors de la Transfiguration du Christ n’est pas ‘un miracle supplémentaire’ mais la confirmation de ce que le Verbe-de-Dieu-fait-chair ne s’impose pas à Sa Création par la force, par des manifestations de pouvoir ou par la contrainte, mais plutôt se fait présent comme à travers une brise légère qui réconforte les âmes assoiffés ou comme un être humain aimable et aimant qui invite à converser au lieu de pousser à convaincre. La présence de Moïse et d’Élie signifie donc en même temps que notre place aussi, en tant que baptisés en Christ et « suiveurs de la Voie » (Ac 9,2), est auprès de Lui, dans cette nuée de rencontre mystique, dans laquelle cette voix retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection ».

Or, la manifestation de cette ‘humanité divinement pure’ du Christ est trop éblouissante pour les disciples. D’abord ils essayent de contrôler la situation, de la ‘domestiquer’ en proposant une solution sécurisante à effet retardant : construire trois tentes. Voilà ce qui est bien humain : se réfugier dans des sécurités établies et dans la logistique institutionnelle. Mais la gloire de Dieu ne se laisse pas domestiquer par les schémas humains, aussi vénérables ou bien-intentionnés qu’ils puissent être. Du coup, les disciples détournent le regard, tombant face à terre, fuyant cette réalité inattendue et déconcertante, et sombrant dans l’état secondaire d’un profond sommeil. Toutefois, ce qui importe – et ce qui est réconfortant pour nous – ce n’est pas la première réaction des disciples, tout de même très compréhensible, mais ce qu’ils ont appris, leur cheminement ultérieur, la mission et le ministère qu’ils ont pu accomplir grâce à cette expérience. C’est ce que nous avons entendu dans la première lecture d’aujourd’hui. Pierre, le ‘dormant’ du Mont Tabor et du Jardin des Oliviers, nous incite dans sa deuxième lettre à « affermir notre vocation et notre élection ». Car, dit-il, « …en faisant cela, vous ne tomberez jamais » : vous resterez debout, dans la nuée, avec le Christ transfiguré. Affermir sa vocation et son élection est ce qui incombe à chacun, chose impérative que l’apôtre ne cessera de nous rappeler : « je prendrai soin de vous rappeler ces choses » (2 P 1,12), « je regarde comme un devoir (…) de vous tenir en éveil par des avertissements » (c’est-à-dire : « je vous empêcherai de vous endormir ») (2 P 1,13), « j’aurai soin qu’après mon départ vous puissiez toujours vous souvenir de ces choses » (2 P 1,15). Et quel en est le but ? Que nous soyons identifiés au Christ transfiguré et ressuscité. Soit, comme le dit l’apôtre : « que l’étoile du matin [– le Christ –] se lève dans vos cœurs » (2 P 1 ,19).

Notre rencontre, en fin de compte, n’est donc pas avec le Christ mais, en lui, avec tous ceux et toutes celles avec qui Il converse « comme un homme converse avec son ami ». C’est cela le sacrement de la vie en Christ. La Transfiguration est la dynamique de cette Rencontre dans laquelle le Christ s’ouvre en moi à l’autre tandis que l’autre – l’étranger, le malade, le pauvre, le prisonnier, l’affamé (cf Mt 25, 35-36)… – se révèle à moi comme le Christ en gloire : ce n’est pas moi qui concède une telle reconnaissance à l’autre, mais c’est le Christ qui manifeste sa gloire en l’autre, pour qui n’a pas peur et ne retourne pas son regard, pour qui ne s’est pas endormi. Or, tout comme nous avons tendance à focaliser dans la Transfiguration la lumière éclatante, l’apparition étonnante de Moïse et d’Élie et la voix qui retentit comme l’apogée d’un miracle théâtral, nous nous sommes habitués à considérer la liturgie comme notre rencontre avec Dieu, comme notre communion au corps et au sang du Christ, comme l’accomplissement en nous d’une sorte de miracle eucharistique. Mais nous oublions que notre rencontre, si véritablement il y en a une, se déroule en Christ et avec les autres. Notre présence auprès du Christ transfiguré n’a pas comme but de nous conduire à une pieuse méditation de quelque mystère extraordinaire mais de nous mener, en Christ, à la Rencontre avec ces hommes et ces femmes avec qui Dieu veut converser « comme un homme converse avec son ami ». C’est cela le sacrement de la communion. C’est cela la brise légère dans laquelle Dieu veut se communiquer à l’humanité assoiffée, troublée et souffrante. C’est à cela qu’est destinée la voix du Père qui, en cette grande fête réconfortante, nous présente solennellement son Fils bien-aimé, en qui Il a mis toute son affection, en disant : « Écoutez-le ! ».
Mais qu’y a-t-il à écouter ? Que nous dit le Verbe de Dieu ? Il nous touche et nous dit : « Levez-vous ! Ne dormez plus… N’ayez pas peur, c’est moi. Descendons de la montagne ! Suivez-moi ! ». Amen.
Thomas S. Pott

Dimanche du Pharisien et du Publicain (P. Thomas Pott, 6 février 2022)Un mystique du tournant du 14e siècle disait : “Le...
06/02/2022

Dimanche du Pharisien et du Publicain (P. Thomas Pott, 6 février 2022)

Un mystique du tournant du 14e siècle disait :
“Les gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu’ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu’ils doivent être. S’ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs œuvres pourraient briller d’une vive clarté” (Maître Eckhart).

Cette phrase illustre particulièrement bien l’Évangile de ce jour. La péricope du Pharisien et du publicain se joue entre deux verbes : monter et descendre. Au début: “Deux hommes (un Pharisien et un publicain) montèrent vers le Temple” [en grec: ἀναβαίνω, ils faisaient une montée, une anavasis vers le Temple] et, à la fin: “l’un descendit dans sa maison justifié, l’autre non” [en grec: καταβαίνω, ils faisaient une descente, une katavasis vers leur maison].

Nous nous imaginons facilement la scène, comme si elle avait lieu dans une église: un homme ce tient devant, à la vue de tous, la tête haute, fier de lui-même, louant Dieu qui lui a donné bonne conscience. De plus, c’est à bon droit qu’il est satisfait de lui-même: il peut vraiment avoir bonne conscience car il pratique ce qu’il a appris, à savoir les préceptes de la Loi de Dieu. L’autre homme se tient à la porte, tout humble, la tête inclinée et priant en lui-même, conscient de son état indigne et pécheur. Il ne jeûne pas, il ne fait pas ses prières, il ne donne pas les dîmes de son revenu. Mais il en est profondément conscient et il se confie à Dieu dans le secret de son cœur. Spontanément nous nous sentons attiré vers ce pauvre publicain et nous aimerions nous miroiter en lui. On irait presque au point de lui faire dire: Ô Dieu, je te rends grâce que je ne suis pas comme ce Pharisien! Oui, la bonne combinaison entre les deux hommes, que nous voudrions bien adopter pour nous-mêmes, consisterait des bonnes œuvres du Pharisien et de l’humilité du publicain. Voici de bonnes intentions!

Mais ce n’est pas nécessairement ce que l’Évangile raconte. Car le texte de l’Évangile n’est pas destiné en soi à satisfaire notre imaginaire religieux ni à nous renforcer dans notre sensibilité spirituelle, souvent tout de même assez autoréférentielle et égocentrique. En effet, le texte n’affirme pas que les deux hommes étaient arrivés dans le Temple et qu’ils s’y tenaient à l’intérieur, ni qu’ils arrivent, après, à la maison. Leur démarche, tel que l’Évangile la relate, n’est en définitive qu’un mouvement, mais un mouvement en deux temps: une montée (anavasis) et une descente (katavasis); un mouvement qui relie entre elles la demeure de Dieu, le Temple, vers lequel on monte, et la demeure des hommes, la maison, vers laquelle on descend.

Entre ces deux verbes se réalise l’attitude religieuse des deux hommes. À vrai dire, la montée et la descente décrivent un mouvement unique dont les composantes – la montée et la descente – s’expliquent l’un l’autre, se tiennent mutuellement en équilibre. Ce mouvement est un peu comme la respiration: la montée correspond à l’inspiration, insufflée par Dieu, la descente correspond à l’expiration par laquelle l’homme rend le souffle et donne l’Esprit. Paradoxalement, l’homme meurt s’il garde pour lui-même l’inspiration reçue de Dieu, s’il ne la re-communique pas en expirant. Ce mouvement vital en deux temps – l’inspiration du souffle de Dieu, signifiée ici par la montée au Temple, l’anavasis, et la libre expiration du don de Dieu, symbolisée par la descente vers la maison, la katavasis – le Pharisien l’accomplit “la tête haute” [“se tenant avec lui-même”], le publicain le fait “se tenant à distance”, le cœur là où se trouvent ses pieds: à terre.

La montée (l’anavasis) et la descente (la katavasis) de l’un et de l’autre révèlent comment la montée vers le Temple et la descente vers la maison sont inséparables l’une de l’autre car elles sont une icône du don divin de la Vie, elles symbolisent le souffle reçu de Dieu. L’univers du Pharisien est la caricature d’un monde “fait d’une seule pièce”: sans ambiguïté, basé sur la loi et en ordre avec la propre conscience. Mais, en même temps, c’est un monde dans lequel rien ne se passe puis qu’il est dépourvu de rencontres véritables : on n’y rencontre ni le Saint – que le Pharisien fixe d’un regard satisfait et sûr de lui-même – ni ‘l’autre soi-même’ que le Pharisien regarde d’en haut, depuis un sanctuaire imaginé, temple d’une religiosité aussi autoréférentielle que fictive. Le Pharisien est le symbole de l’homme qui oublie d’expirer, de donner l’Esprit qu’il a reçu gratuitement. Les jeûnes, les prières et les dîmes ne décrivent pas sa descente (sa katavasis) du Temple vers la maison, mais un orgueil existentiel qui le pousse à ‘re-souffler’ le souffle de la vie dans la bouche de Dieu – mais, en fin de comptes, d’un Dieu fictif.

Et le publicain ? On ne peut pas en dire beaucoup. Chez lui tout est réceptivité et ouverture. Sa montée vers le Temple, son anavasis, dans laquelle il n’ose pas fixer du regard la demeure du Saint, est une montée réelle vers le Saint réel, Celui qui se manifeste chemin faisant, là où il veut bien se manifester, fut-ce dans le propre cœur du publicain. Pour cette raison, sa descente vers la maison, sa katavasis, n’est que le miroir de sa montée, de son anavasis : son inspiration et son expiration sont un mouvement vital en équilibre. Pour le dire avec les mots du même mystique cité au début:
“Dans le royaume des cieux, tout est dans tout, tout est un, et tout est à nous”.

L’évangile du Pharisien et du publicain marque le début de notre montée vers Pâques, notre anavasis vers la Source. Cette montée mène au Calvaire et à la Croix comme elle mène à la rencontre du Ressuscité, là où – et en qui – il veut bien se faire reconnaître. Mais cette montée est tenue en équilibre par la descente au tombeau : cet immense tombeau du Christ, de nous-mêmes et du monde dans lequel Dieu descend en notre chair. Il y descend non pour nous en faire remonter vers un ciel fictif, rempli d’une religiosité incapable de relier quoi que ce soit. Non, il nous en fait remonter pour nous justifier, en reliant en nous sa propre descente en notre chair et notre montée vers le Père, Source de la Vie. Cette rencontre intime avec le Saint, montée et descente qui se joue au sein de notre être, dans le temple de notre âme, est le lieu où le Créateur rencontre la misère du monde et justifie ceux qui aident le monde à pouvoir respirer.

Que notre être dans le monde soit donc notre vraie prière, et que notre prière soit notre être véritable, respiration de Dieu en nous: inspiration réceptive du souffle de Dieu, et expiration généreuse de ce don divin qu’est l’Esprit de Dieu. Aide-nous, Seigneur, à respirer de ta respiration et à être ta respiration dans le monde. Accorde-nous de ne pas en être seulement le Temple ou la maison, mais le mouvement par lequel ton Salut descend dans le monde et remonte vers Toi.

Homélie de P. André Pawliw pour la fête de l'Entrée au Temple de la Vierge Marie.Pour mieux appréhender le mystère que n...
21/11/2021

Homélie de P. André Pawliw pour la fête de l'Entrée au Temple de la Vierge Marie.

Pour mieux appréhender le mystère que nous célébrons aujourd’hui – l’évènement si marquant de l’enfance de Marie, et si gracieusement raconté dans le Protévangile de Jacques, il est intéressant de voir cette fête dans la lumière du récit de l’Annonciation. Car le message de l’Annonciation trouve ses prémices, son champ de préparation en cette fête-ci, quand les parents présentèrent leur petite fille Marie au Temple du Seigneur à Jérusalem.
À l’Annonciation (Luc 1, 26-38) un consentement fut demandé à la Vierge Marie lorsque l’archange Gabriel lui a annoncé qu’elle porterait en elle le Fils de Dieu, auquel elle a répondu « qu’il me soit fait selon ta parole ». Comme le mystère liturgique en ce jour nous le laisse entrevoir, l’obéissance de foi et l’abandon total à la volonté divine chez la Vierge ont déjà été nourris depuis sa jeune enfance, comme le décrit le Protévangile. Cela a ouvert la porte à la venue du Sauveur en ce monde. Ainsi nous pouvons dire que Marie a déjà conçu le Verbe en son cœur bien avant que dans son corps!
Nous savons combien le développement affectif dans notre enfance, l’attitude de nos parents, ainsi que les expériences sociales, y compris le contexte culturel, façonnent fortement notre caractère pour le reste de notre vie. Dans le cas de la Vierge Marie, cette croissance d’esprit, ne sera rien d'autre qu'un assentiment total et libre à l’appel de Dieu ; une démarche qui déterminera tout l’histoire de notre salut. Dès sa prime enfance, au-delà de sa fragile apparence, Marie se dresse déjà dans la force du Fils de la promesse annoncé par les Prophètes de jadis : ce don que Marie fait du Christ aux hommes résulte d’abord du don qu’elle fait d’elle-même au Christ, et cela depuis le premier instant de son existence. Puis, à la visite de l’archange messager, elle s’incline dans l’irruption de l’Esprit-Saint : alors prend chair dans sa chair virginale, comme le fruit d’une contemplation, le Verbe de Vie dont son corps deviendra le berceau. Ainsi, dans la personnalité diaphane de Marie l’intérieur et l’extérieur ne font plus qu’un pour Dieu : il semble que de toute éternité l’impossible se fait possible en Marie; l’infini se limite au cœur du fini ; cette réalité exprime le mystère de l’Incarnation du Verbe en Marie.
Voyons de plus près le récit de l’évangile apocryphe de l’apôtre Jacques le Mineur. Ce livre très ancien (milieu du second siècle) s'inspire librement des récits canoniques de l'enfance, mais dont l'authenticité n'est pas établie et ne fait pas part des écritures canoniques. Néanmoins il est l’histoire ‘cachée’ qui a exercé la plus grande influence sur la théologie, l'art et la liturgie, aussi bien en Orient qu'en Occident – car les croyants ont pu extrapoler de ces versets des valeurs spirituelles et des riches enseignements sous-jacents.
Voilà comment la Vierge Marie, prend sa part éminente dans l’œuvre de la rédemption : née de la chair dévoyée et séparée du peuple d’Israël, mais déjà combien purifiée par sa lignée ancestrale, elle est le fruit de la foi de ses parents, Joachim et Anne. Dès le premier chapitre on fait référence au corps collectif du peuple juif, en faisant allusion aux douze tribus d’Israël. Marie va donc récapituler et unifier ces tribus dispersées comme la Fille de Sion, exactement comment l’Église, le Corps du Christ qui englobe tous les croyants, récapitule les nations. Joachim et Anne sont des êtres pieux, mais ils sont encore stériles et profondément attristés de l'être. Au comble de leur douleur, ils promettent de consacrer à Dieu l'enfant qui leur sera accordé si leur prière est exaucée. Notons ici que la stérilité physique, qu’on retrouve au début de la vie de tant de couples dans l’Ancien Testament, signifie plutôt la stérilité intérieure et spirituelle de ces personnes, voire la stérilité d’Israël. Et dans la mesure où cette intériorité, cette conscience, n’est pas éveillée, cette stérilité ne se transformera jamais en fécondité. Alors Marie, née de cette prière, est consacrée à Dieu. À l'âge de trois ans, elle est conduite au temple, sans se retourner en arrière, et comme pour les noces d’un roi (faisant allusion au psaume 44), des vierges aux lampes allumées la suivent pour l’amener vers le roi. Cet évènement exprime une autonomie royale acquise dans une joyeuse et libre désappropriation de soi-même. La Vierge « quitte son père et sa mère », selon la loi ontologique, pour attacher son être à Celui qui est l’auteur de la Vie, pour devenir une seul chair, une seul corps avec le divin. Pour cela l’histoire nous raconte ensuite que le grand prêtre Zacharie « la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit ». Tout comme dans le lieu le plus sacré sur terre, le Saints des Saints, Marie pénètre dans son temple intérieur. Elle reste dix ans auprès du grand prêtre, dans le service de la prière. Au-dedans d’elle-même et malgré son jeune âge, elle descend dans ses propres profondeurs et y reçoit la lumière ; cette lumière qui, dans ce récit, est symboliquement référée comme « nourriture de la main des anges ». Alors elle assume la croissance du Fils de l'Homme en elle pour faire germer le plus beau fruit de la terre et du ciel, à savoir Jésus le Christ.
Aujourd’hui Marie entre dans le Temple pour devenir elle-même le Saint des Saints de Dieu. Ainsi elle nous appelle à nous tourner vers notre propre être intérieur, vers notre moi profond. Et, elle nous appelle, à voir notre cœur, notre âme et notre esprit devenir un sanctuaire vivant, accueillant et épousant le Divin. Tout le mystère liturgique consiste maintenant à nous introduire dans cette temporalité, qui est le temps de Dieu. Et, ce faisant, nous construisons un Temple, c'est-à-dire un espace intérieur dans lequel nous allons à la rencontre de notre être profond : la partie de nous-mêmes qui, précisément, est réceptive à l'Esprit divin.
Ce temple concerne la totalité de nous-mêmes, âme et corps. Dans notre dimension, le corps humain est le principe, le véhicule par lequel toutes manifestations et transmissions de connaissance et de vie s’opèrent, visibles ou invisibles, sensibles ou intuitives. Notre corps est cette charnière, cet espace de création, où s’exerce la liberté de l’esprit en tant que Vie ; c’est-à-dire pure motion d’amour, mais aussi en tant que connaissance, c’est-à-dire éveil de soi et illumination créatrice. Au-delà de toute dichotomie et dualité antique, le corps est un esprit matérialisé et il participe pleinement et avant tout à réveiller cet amour divin en nous. À ce propos, rappelons-nous les paroles si éclairées de Saint Thomas d’Aquin : « L’âme ne possède sa perfection naturelle que dans son union au corps ». Tout d’abord, cela assigne au corps humain une vocation de dévoilement. Le corps a pour vocation d’être le miroir de l’âme sur lequel se reflète toute sa vie intérieure, au moyen duquel elle entre dans le champ de la visibilité. Le corps peut lui-même être transfiguré avec elle ; la lumière qui remplit l’âme peut également le pénétrer et rayonner à travers lui.
Cher frères et sœurs! Sur le plan spirituel, nous avons reçu la capacité de connaître Dieu à l’intérieur de nous-mêmes, et de sentir ou discerner la grandeur d’un créateur bienveillant et tout miséricordieux. Nous avons reçu la capacité et le libre choix de connaître la différence entre l’ombre et la lumière, le juste et le faux. Et nous avons également reçu la faculté de ressentir l’amour de Dieu, de ce Dieu qui s’est fait Homme, qui s’est fait proche de nous jusqu’à la mort. Et pour cela, l’ultime dessein de Dieu pour l'humanité a pour but de rendre la totalité du corps humain, et de toute la création, apte à recevoir la présence et l’amour de son Créateur.
En ce jour de fête joyeuse, la Mère de Dieu nous fait déjà percevoir, par sa divine consécration et par sa foi, les prémices de cette nouvelle création. Son entrée au Temple, que nous commémorons aujourd’hui, nous invite à édifier la partie vierge de nous-mêmes, cette terre originelle qui attend la rosée de l’Esprit, la semence de la parole divine. Elle nous invite à assumer tout le processus du dévoilement de notre véritable identité, à savoir, celle de fils de Dieu. En effet, l’homme tout entier participe, et est au service de ce processus de divinisation. Ainsi le divin – à la fois transcendant et immanent – n’est plus un élément extérieur qui viendrait s’ajouter à l’humain, mais il est intimement lié à la nature même de notre être. Cette réalité, qui est quelque chose à reconquérir et dont il faut d’abord se souvenir, s’avère d’une importance cruciale au niveau anthropologique, et cela pour l’humanité entière.
Comme dit saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? ». C’est ainsi que nous sommes appelés à devenir Temple, pour qu’au plus profond de notre cœur, grandisse, vive et se manifeste l’Image du Christ, l’Image de Dieu, selon laquelle tout homme et femme ont été créés. C’est pourquoi à l'intérieur de nous se trouvent déjà tous les paramètres de ce que nous recherchons trop souvent à l'extérieur de nous-mêmes. Et tant que l’homme reste extérieur à lui-même, c’est-à-dire exilé de sa vraie identité, il situe Dieu en dehors de lui-même, donc dans un monde des formes et des apparences illusoires. Mais à mesure que l’homme s’éveille, qu’il s’intériorise, Dieu lui devient toujours plus intérieur.
Avec la Vierge Marie partageons la béatitude proclamée par Jésus dans l’Évangile : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent » (Luc 11, 28). Que la tendresse incommensurable de Marie, la Mère du Christ et de nous tous, et qui embrasse toute l’humanité et tout l’univers dans le don qu’elle nous fait de son Fils, nous enseigne son écoute silencieuse afin que la parole de Vie se grave en nous et nous façonne de plus en plus à la ressemblance divine à laquelle nous sommes tous appelés.

P. André Pawliw
21/11/21

05/11/2021
02/11/2021

Transfert du Père Ambroise à notre église latine et vigiles des défunts - lundi soir, le 1er novembre 2021.

Un éloge très touchant en italien de la Suisse, le pays natal du Père Ambrose Dolfini, décédé hier à l'âge de 82 ans.Que...
30/10/2021

Un éloge très touchant en italien de la Suisse, le pays natal du Père Ambrose Dolfini, décédé hier à l'âge de 82 ans.
Que son âme repose en paix!

È deceduto nelle prime ore di venerdì 29 ottobre nel suo monastero di Chèvetogne in Belgio, Padre Ambrogio Dolfini, monaco benedettino, originario di Bioggio. Pubblichiamo un ricordo curato da Agostin

Le Père Abbé et les Moines de l’Abbaye de la Sainte-Croix, à Chevetogne vous font part du rappel à Dieu duPÈRE AMBROISE ...
29/10/2021

Le Père Abbé et les Moines de l’Abbaye de la Sainte-Croix, à Chevetogne vous font part du rappel à Dieu du

PÈRE AMBROISE DOLFINI O.S.B.

Né à Bioggio (Suisse), le 26 avril 1939
Profès à Chevetogne, le 20 avril 1963
Ordonné prêtre à Chevetogne, le 6 septembre 1989
Recteur du Pontificio Collegio Greco de 1994 à 1999
Décédé à Chevetogne, le 29 octobre 2021

La Messe des funérailles aura lieu en l’Église latine du Monastère, le mardi 2 novembre, à 11h, et sera suivie de l’inhumation au cimetière des moines.

Requiescat in pace

10/07/2021

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Rue Du Monastère 65
Chevetogne
5590

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