04/11/2024
Luisa Piccarreta
Le livre du Ciel Tome 29
4 octobre 1931
Comment les doutes et les craintes sont des blessures pour l’amour. La Divine Volonte est un acte unique. La plus grande des merveilles. La nuit et le jour de l’âme.
Je me sentais opprimée à cause des privations de mon doux Jésus. Quel clou déchirant que personne ne peut enlever ni calmer pour apporter un peu de soulagement à un tel martyre ! Seuls son retour et son aimable présence peuvent transformer comme par enchantement le clou et la souffrance en joies très pures que Jésus seul sait comment nous communiquer par son aimable présence. C’est pourquoi je ne faisais que m’abandonner dans les bras de la Divine Volonté en priant qu’elle me révèle celui après qui je soupire. Je faisais cela lorsque mon aimable Jésus illumina comme l’éclair ma pauvre âme et me dit : Courage, ma bonne fille, tu t’accables trop et ton accablement te réduit à l’extrême en jetant en toi le doute que ton Jésus ne t’aime pas et que peut-être il ne viendra plus. Non, non, je ne veux pas de ce doute. Les oppressions, les doutes, les craintes sont des blessures à mon amour et elles affaiblissent ton amour pour moi en te faisant perdre l’élan et l’envol pour aller vers moi et m’aimer ; et le flot de l’amour continu pour moi est brisé, te voilà pauvre et malade et je ne trouve plus le puissant élan de ton amour ininterrompu qui m’attire vers toi. Tu dois savoir que tous les actes de ma Divine Volonté, qui sont innombrables, se réduisent tous à un point et à un acte unique ; c’est la plus grande merveille de notre Être suprême de former, posséder et voir tous les actes possibles et imaginables en un seul acte. Ainsi tous les actes accomplis par la créature dans notre Volonté se réduisent à un acte unique. Or pour avoir la vertu de placer tous les actes en un seul acte, la créature doit former et posséder en elle-même l’amour continuel et ma Volonté éternelle qui fera commencer tous les actes par la vertu d’un acte unique. Tu vois par conséquent que tout ce que tu as fait dans ma Volonté est réuni en un acte unique, et forme ton cortège, ton soutien, ta force, ta lumière qui ne s’éteint jamais, et ils t’aiment tant qu’en devenant bras, ils te gardent comme une chère élève de mon Fiat parce que c’est en toi qu’ils ont été formés et ont reçu la vie. Par conséquent, ne t’accable pas, jouis des fruits de mon Vouloir, et si tu vois que je tarde à venir, attends-moi avec un amour patient, et quand tu y penseras le moins, je te surprendrai en te faisant ma petite visite habituelle et je serai heureux de trouver en toi ma Volonté toujours dans l’acte de m’aimer. Après quoi il ajouta : Ma fille, notre Divine Volonté est grande, puissante, immense, etc. ; ce qui n’est guère surprenant puisque toutes ces divines qualités sont nôtres par nature et forment toutes ensemble notre Être suprême. De sorte que par nature nous sommes immenses en puissance, immenses en amour, en beauté, en sagesse, en miséricorde, etc., et comme nous sommes immenses en toutes choses, tout ce qui sort de nous demeure dans les filets de nos immenses divines qualités. Or ce qui suscite les plus grandes merveilles, c’est de voir que l’âme qui vit dans notre Divine Volonté contient dans son petit acte l’immense et puissant acte de son Créateur, de voir alignés dans les petits actes de l’être fini l’immense amour, l’immense sagesse, la beauté infinie, la miséricorde sans limites, l’interminable sainteté de celui qui l’a créée. Que le petit renferme le grand est chose plus merveilleuse que le grand qui contient le petit ; il est aisé à notre grandeur de tout embrasser, de tout enfermer, et sans avoir besoin d’arts ou d’industrie puisque, rien ne peut échapper à notre immensité. Mais pour que le petit renferme le grand, il y faut un art particulier, une divine industrie que seuls notre puissance et notre grand amour peuvent former dans la créature ; si nous n’y mettions pas du nôtre, elle ne pourrait le faire d’elle-même. C’est par conséquent la merveille des merveilles, le plus grand des prodiges de la vie dans notre divin Fiat. L’âme devient si belle et si ingénieuse que c’est pour nous un enchantement de la voir et l’on peut dire qu’en chacun de ses petits actes converge un de nos miracles, sinon le petit ne pourrait pas renfermer le grand ; et notre bonté est si grande qu’elle y prend le plus grand plaisir et attend avec tant d’amour que la créature lui donne l’occasion d’exercer l’art divin des miracles continuels. Que la vie dans notre Vouloir soit donc pour ton cœur plus que tout et tu seras ainsi satisfaite, et nous serons plus satisfaits avec toi, et tu seras dans nos mains créatrices notre champ d’action et notre œuvre continuelle. Si tu savais combien nous aimons œuvrer dans les âmes qui vivent dans notre Vouloir, tu veillerais plus attentivement à ne jamais en sortir. Après quoi je suivais mon abandon dans le divin Fiat, mais accompagnée d’une tristesse à cause de tant choses affligeantes qui encombraient mon pauvre esprit et qu’il n’est pas nécessaire de rapporter ici, car il est juste que Jésus seul sache certains secrets intimes. Et mon bien-aimé Jésus redit avec l’accent le plus tendre : Ma fille, tu dois savoir que tout comme il y a dans la nature le jour et la nuit, l’âme a elle aussi sa nuit, l’aurore, le point du jour, le plein midi et le coucher de soleil. La nuit appelle le jour et le jour la nuit ; l’on peut dire qu’ils s’appellent mutuellement. Or la nuit de l’âme, ce sont mes privations, mais pour celle qui vit dans ma Divine Volonté ces nuits sont précieuses ; ce ne sont pas des repos paresseux, des sommeils sans repos, non, non, des nuits de repos opérants, de sommeil paisible, car en voyant venir cette nuit, elle s’abandonne dans mes bras pour laisser reposer sa tête fatiguée sur mon divin cœur et sentir ses battements, pour retirer de son sommeil un amour nouveau et me dire pendant qu’elle dort : « Je t’aime, je t’aime, ô mon Jésus ! » Le sommeil de celle qui m’aime et vit dans ma Volonté ressemble à celui du petit enfant qui en fermant ses yeux appelle dans un demi-sommeil : « Maman, maman », parce qu’il veut ses bras et son sein maternel pour pouvoir dormir, si bien qu’à son réveil, la première parole de l’enfant est « Maman », et le premier sourire, le premier regard est pour la Maman. Telle est l’âme qui vit dans mon Vouloir ; elle est le petit enfant qui, lorsque vient la nuit, cherche celui qu’elle aime afin de tirer une force nouvelle, un amour nouveau pour aimer plus encore ; et, comme il est beau de voir cette âme endormie demander, désirer, soupirer après Jésus ! Cette demande et ce désir appellent l’aube, forment l’aurore et la venue du grand jour, qui appelle le soleil, et je me lève pour former la course du jour et son plein midi. Mais tu sais, ma fille, qu’ici-bas sur la terre les choses alternent. Ce n’est qu’au ciel qu’il fait toujours plein jour parce que ma présente est éternelle au sein des bienheureux. C’est pourquoi lorsque tu vois que je suis sur le point de partir, sais-tu où je m’en vais ? À l’intérieur de toi. Après avoir enseigné ton âme et t’avoir donné mes leçons dans la lumière de ma présence, afin que tu puisses très bien les comprendre et qu’elles puissent te servir de nourriture et de travail durant le jour, je me retire et forme le coucher de soleil, et je me cache en toi durant le brève nuit pour être comme l’acteur et le spectateur de tous tes actes ; et si pour toi cela peut sembler être la nuit, c’est pour moi le plus beau des repos, car après t’avoir parlé, je prends mon repos dans ma parole elle-même, et les actes que tu accomplis me servent de berceuse, de soulagement, de défense et de doux délassement dans mes spasmes d’amour. Par conséquent, laisse-moi travailler, je sais quand ce doit être le jour ou la nuit, pour toi et pour moi, dans ton âme ; ce que je veux, c’est une paix éternelle en toi afin que je puisse achever ce que je veux. Si tu ne demeures pas en paix, je me sens importuné dans mon travail et c’est avec peine, et non plus facilement, que je vais accomplir mes desseins.