06/06/2026
Une théologie équilibrée
pour comprendre l’Évangile
2 Timothée 4:3
« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais au gré de leurs propres désirs, avec la démangeaison d’écouter, ils se donneront maîtres sur maîtres… »
À une époque où les réseaux sociaux regorgent de prédicateurs, d’enseignants et même de « théologiens » auto-proclamés, il devient de plus en plus difficile de discerner la vérité de l’erreur.
Chacun semble avoir son interprétation, sa révélation particulière ou sa compréhension personnelle de l’Évangile. Certaines doctrines séduisent parce qu’elles flattent les émotions, d’autres parce qu’elles offrent des réponses simples à des questions complexes. Pourtant, la popularité d’un enseignement n’est jamais une garantie de sa fidélité aux Écritures.
Face au foisonnement de fausses doctrines, le croyant est appelé à revenir sans cesse à la Parole de Dieu et à rechercher une saine théologie. Car une théologie défectueuse conduit inévitablement à une compréhension défectueuse de Dieu, de son caractère et de son œuvre. Et lorsque notre compréhension de Dieu est déséquilibrée, certains passages bibliques deviennent incompréhensibles, voire contradictoires.
De nombreux passages bibliques demeurent difficiles à comprendre lorsque notre théologie est déséquilibrée. Souvent, ce n’est pas le texte qui est obscur en lui-même, mais le prisme à travers lequel nous le lisons qui nous empêche d’en saisir la portée. Lorsque nous mettons l’accent sur un attribut de Dieu au détriment d’un autre, nous risquons de construire une compréhension partielle de son caractère et, par conséquent, une lecture déformée de l’Évangile.
Si nous insistons exclusivement sur la sainteté et la justice de Dieu, nous pouvons éprouver des difficultés à comprendre certains comportements de Jésus. Comment expliquer alors sa compassion envers les pécheurs, son accueil des exclus, sa patience envers ceux qui l’ont rejeté ou encore son pardon offert à ceux qui l’ont crucifié ? Une vision centrée uniquement sur la justice peut conduire à voir Dieu principalement comme un juge, alors que Jésus révèle aussi un Père qui cherche, restaure et sauve.
À l’inverse, lorsque nous ne retenons que le message selon lequel « Dieu est amour » (1 Jean 4: 8 ), nous risquons de minimiser la gravité du péché et la réalité de la justice divine. Certains passages deviennent alors dérangeants, voire incompréhensibles. L’épisode d’Ananias et Saphira dans le livre des Actes en est un exemple frappant. Leur jugement soudain rappelle que la sainteté de Dieu n’est pas une notion symbolique ou secondaire. Dieu est amour, mais cet amour ne supprime ni sa justice ni sa vérité. Il ne tient pas le coupable pour innocent et il ne traite jamais le péché avec légèreté (Actes 5: 1-11)
C’est pourquoi les deux extrêmes sont dangereux. D’un côté, le légalisme réduit la relation avec Dieu à une liste de règles, où la grâce devient marginale. De l’autre, l’hyper-grâce peut conduire à une banalisation du péché, où la repentance et la transformation de vie semblent facultatives. Pourtant, l’Évangile ne se situe dans aucun de ces excès.
À la croix, l’amour et la justice de Dieu se rencontrent parfaitement. La justice exigeait que le péché soit jugé ; l’amour a pourvu lui-même au sacrifice nécessaire. En Jésus-Christ, Dieu n’a ni abandonné sa justice pour manifester son amour, ni sacrifié son amour pour exercer sa justice. Il a pleinement révélé les deux.
La saine doctrine consiste précisément à maintenir cet équilibre biblique. Elle nous préserve des caricatures de Dieu et nous permet de comprendre l’ensemble de la révélation biblique. Un Dieu qui ne serait qu’amour ne serait plus le Dieu de la Bible. Un Dieu qui ne serait que justice ne le serait pas davantage. La vérité de l’Évangile réside dans l’union parfaite de ces deux réalités.
Dès que l’amour est séparé de la justice, ou que la justice est détachée de l’amour, nous cessons de proclamer l’Évangile de Jésus-Christ tel qu’il a été révélé. Nous commençons alors à façonner un évangile à notre image, conforme à nos préférences, à nos sensibilités ou à nos traditions. Mais l’Évangile authentique ne nous invite pas à choisir entre l’amour et la justice de Dieu ; il nous appelle à contempler leur parfaite harmonie en Jésus-Christ, « plein de grâce et de vérité ».
La saine doctrine n’est donc pas une option réservée aux théologiens. Elle est une nécessité pour tout disciple qui désire connaître Dieu tel qu’il est réellement et non tel qu’il aimerait qu’il soit. Car une mauvaise théologie produit inévitablement un faux évangile. Et lorsque l’amour ou la justice de Dieu disparaissent de notre message, ce n’est plus l’Évangile de Jésus-Christ que nous annonçons, mais un évangile façonné par l’homme.
Soyez abondamment bénis et fondés sur la Parole de vérité 🙏🏼✨
Pasteur Giuseppe Carrozzo
Gospel Life Center Baudour