Chapelle Saint Vincent de Paul - Marillac

Chapelle Saint Vincent de Paul - Marillac Contact information, map and directions, contact form, opening hours, services, ratings, photos, videos and announcements from Chapelle Saint Vincent de Paul - Marillac, Catholic Church, Fort-Dauphin.

🌿CommunautĂ© Catholique Francophone Ă  Fort-Dauphin
📍SituĂ©e Ă  Marillac (Lazaristes)
â›Ș Messes le dimanche Ă  11h
Sur cette page :
🕙 Les horaires
📄 Du contenu spirituel

23/05/2026

DIMANCHE DE LA PENTECOTE
INVOCATION À L’ESPRIT
Viens, Esprit Saint. RĂ©veille notre foi faible, petite et vacillante. Apprends-nous Ă  vivre en nous confiant Ă  l’amour insondable de Dieu, notre PĂšre, envers tous ses fils et toutes ses filles, qu’ils soient dans ton Église ou hors d’elle. Si cette foi s’éteint dans nos coeurs, elle mourra bientĂŽt aussi dans nos communautĂ©s et nos Ă©glises.

Viens, Esprit Saint. Fais que JĂ©sus occupe le coeur de ton Église. Que rien ni personne ne le supplante ni ne l’obscurcisse. Ne vis pas parmi nous sans nous attirer vers son Évangile et sans nous entraĂźner Ă  le suivre. Ne nous laisse pas fuir sa Parole, ni nous dĂ©tourner de son commandement d’amour. Que sa mĂ©moire ne se perde pas dans le monde.

Viens, Esprit Saint. Ouvre nos oreilles pour que nous entendions tes appels, ceux qui nous parviennent aujourd’hui, Ă  travers les questions, les souffrances, les conflits et les contradictions des hommes et des femmes de notre temps. Rends-nous ouverts Ă  ta puissance pour engendrer la foi nouvelle dont cette sociĂ©tĂ© nouvelle a besoin. Dans ton Église, fais-nous vivre plus attentifs Ă  ce qui naĂźt qu’à ce qui meurt, le coeur soutenu par l’espĂ©rance et non minĂ© par la nostalgie.

Viens, Esprit Saint. Purifie le coeur de ton Église. Mets la vĂ©ritĂ© parmi nous. Apprends-nous Ă  reconnaĂźtre nos pĂ©chĂ©s et nos limites. Rappelle-nous que nous sommes comme tous les autres : fragiles, mĂ©diocres et pĂ©cheurs. LibĂšre-nous de notre arrogance et de notre fausse sĂ©curitĂ©. Fais-nous apprendre Ă  marcher parmi les hommes avec plus de vĂ©ritĂ© et d’humilitĂ©.

Viens, Esprit Saint. Apprends-nous Ă  regarder d’un oeil nouveau la vie, le monde et, surtout, les personnes. Apprends-nous Ă  regarder comme JĂ©sus regardait ceux qui souffrent, ceux qui pleurent, ceux qui tombent, ceux qui vivent seuls et oubliĂ©s. Si notre regard change, le coeur et le visage de ton Église changeront aussi. Nous, disciples de JĂ©sus, nous rayonnerons davantage sa proximitĂ©, sa comprĂ©hension et sa solidaritĂ© envers les plus dĂ©munis. Nous ressemblerons davantage Ă  notre MaĂźtre et Seigneur.

Viens, Esprit Saint. Fais de nous une Église aux portes ouvertes, au coeur compatissant et Ă  l’espĂ©rance contagieuse. Que rien ni personne ne nous dĂ©tourne du projet de JĂ©sus : rendre le monde plus juste et plus digne, plus aimable et plus heureux, en ouvrant des chemins vers le royaume de Dieu.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

25/04/2026

QuatriĂšme dimanche de PĂąques : Le bon Pasteur
TROUVER LA BONNE PORTE
L’Évangile de Jean prĂ©sente JĂ©sus Ă  travers des images originales et belles. Il veut que ses lecteurs dĂ©couvrent que lui seul peut rĂ©pondre pleinement aux besoins les plus fondamentaux de l’ĂȘtre humain. JĂ©sus est «le pain de vie» : celui qui se nourrit de lui n’aura pas faim. Il est «la lumiĂšre du monde» : celui qui le suit ne marchera pas dans les tĂ©nĂšbres. Il est «le bon berger» : celui qui Ă©coute sa voix trouvera la vie.

Parmi ces images, il en est une, humble et presque oubliée, qui recÚle pourtant un contenu profond. «Je suis la porte». Tel est Jésus. Une porte ouverte. Ceux qui le suivent franchissent un seuil qui mÚne à un monde nouveau : une nouvelle façon de comprendre et de vivre la vie.

L’évangĂ©liste l’explique en trois traits: «Quiconque entre par moi sera sauvé». La vie offre de nombreuses issues. Toutes ne mĂšnent pas au succĂšs ni ne garantissent une vie pleine. Quiconque, d’une maniĂšre ou d’une autre, se met en phase avec JĂ©sus et cherche Ă  le suivre, franchit la bonne porte. Il ne gĂąchera pas sa vie. Il la sauvera.

L’évangĂ©liste ajoute quelque chose d’autre. Celui qui entre par JĂ©sus «pourra entrer et sortir». Il est libre de ses mouvements. Il entre dans un espace oĂč il peut ĂȘtre libre, car il ne se laisse guider que par l’Esprit de JĂ©sus. Ce n’est pas le pays de l’anarchie ou de la dĂ©bauche. Il «entre et sort» en passant toujours par cette «porte» qu’est JĂ©sus, et il avance en suivant ses pas.

L’évangĂ©liste ajoute encore un dĂ©tail : celui qui entre par cette porte qu’est JĂ©sus «trouvera des pĂąturages», il n’aura ni faim ni soif. Il trouvera une nourriture solide et abondante pour vivre.

Le Christ est la «porte» par laquelle nous devons entrer aujourd’hui aussi, nous chrĂ©tiens, si nous voulons raviver notre identitĂ©. Un christianisme formĂ© de baptisĂ©s qui ont une relation avec un JĂ©sus mal connu, vaguement rappelĂ©, affirmĂ© de temps en temps de maniĂšre abstraite, un JĂ©sus muet qui ne dit rien de particulier au monde d’aujourd’hui, un JĂ©sus qui ne touche pas les coeurs
 est un christianisme sans avenir.

Seul le Christ peut nous conduire Ă  un nouveau niveau de vie chrĂ©tienne, mieux fondĂ©e, motivĂ©e et nourrie par l’Évangile. Chacun de nous peut contribuer Ă  ce que, dans l’Église des prochaines annĂ©es, JĂ©sus soit ressenti et vĂ©cu de maniĂšre plus vivante et plus passionnĂ©e. Nous pouvons rendre l’Église plus proche de JĂ©sus.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

11/04/2026

DeuxiÚme dimanche de Pùques Jn 20, 19-31 (dimanche de la Miséricorde )
VIVRE DE SA PRÉSENCE
Le rĂ©cit de Jean ne pourrait ĂȘtre plus suggestif et interpellant. Ce n’est que lorsqu’ils voient JĂ©sus ressuscitĂ© parmi eux que le groupe de disciples se transforme. Ils retrouvent la paix, leurs peurs disparaissent, ils sont remplis d’une joie inconnue, ils sentent le souffle de JĂ©sus sur eux et ouvrent les portes parce qu’ils se sentent envoyĂ©s pour vivre la mĂȘme mission que celle que JĂ©sus a reçue du PĂšre.

La crise actuelle de l’Église, ses peurs et son manque de vigueur spirituelle ont leur origine Ă  un niveau profond. Souvent, l’idĂ©e de la rĂ©surrection de JĂ©sus et de sa prĂ©sence parmi nous est plus une doctrine pensĂ©e et prĂȘchĂ©e qu’une expĂ©rience vĂ©cue.

Le Christ ressuscitĂ© est au coeur de l’Église, mais sa prĂ©sence vivante n’est pas enracinĂ©e en nous, elle n’est pas intĂ©grĂ©e dans la substance de nos communautĂ©s, elle ne nourrit pas habituellement nos projets. AprĂšs vingt siĂšcles de christianisme, JĂ©sus n’est ni connu ni compris dans son originalitĂ©. Il n’est pas aimĂ© ni suivi comme il l’était par ses premiers disciples.

On remarque immĂ©diatement lorsqu’un groupe ou une communautĂ© chrĂ©tienne se sent habitĂ© par cette prĂ©sence invisible, mais rĂ©elle et agissante, du Christ ressuscitĂ©. Ils ne se contentent pas de suivre routiniĂšrement les directives qui rĂ©gissent la vie ecclĂ©siale. Ils ont une sensibilitĂ© particuliĂšre pour Ă©couter, rechercher, se souvenir et mettre en pratique l’Évangile de JĂ©sus. Ce sont les espaces les plus sains et les plus vivants de l’Église.

Rien ni personne ne peut nous apporter aujourd’hui la force, la joie et la crĂ©ativitĂ© dont nous avons besoin pour faire face Ă  une crise sans prĂ©cĂ©dent comme peut le faire la prĂ©sence vivante du Christ ressuscitĂ©. PrivĂ©s de sa vigueur spirituelle, nous ne sortirons pas de notre passivitĂ© presque innĂ©e, nous continuerons Ă  fermer nos portes au monde moderne, nous continuerons Ă  faire «ce qu’on nous dit», sans joie ni conviction. OĂč trouverons-nous la force dont nous avons besoin pour recrĂ©er et rĂ©former l’Église?

Nous devons rĂ©agir. Nous avons plus que jamais besoin de JĂ©sus. Nous avons besoin de vivre de sa prĂ©sence vivante, de nous souvenir en toute occasion de ses critĂšres et de son Esprit, de repenser constamment sa vie, de le laisser ĂȘtre l’inspirateur de notre action. Il peut nous transmettre plus de lumiĂšre et plus de force que quiconque. Il est au milieu de nous, nous communiquant sa paix, sa joie et son Esprit.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

05/04/2026

Dimanche de PĂąques : Il vit et il crut
En ce dimanche de PĂąques, nous mĂ©ditons sur la rencontre de Jean avec le tombeau vide et la foi qui naĂźt du silence et de l'absence. Contrairement Ă  une croyance fondĂ©e sur des preuves ou des explications, la foi de Jean surgit d'un regard attentif et d'un cƓur disponible. «Il vit et il crut» — il n'eut besoin ni de mots, ni de rĂ©ponses : voir lui suffit. Que cette PĂąques nous invite Ă  renouveler notre regard sur la vie, Ă  surmonter la peur face Ă  l'inattendu et Ă  laisser la rĂ©surrection du Christ transformer profondĂ©ment notre espĂ©rance.

03/04/2026

Le sens du Vendredi saint
Dans ce deuxiĂšme volet pour se prĂ©parer Ă  PĂąques, nous entrons dans le mystĂšre du Vendredi Saint — non pas seulement comme le jour de la mort du Christ, mais comme le moment oĂč quelque chose commence. Au pied de la croix, tout semble dĂ©truit : les disciples dispersĂ©s, le corps brisĂ©, l’espĂ©rance Ă©crasĂ©e. Et pourtant, au cƓur mĂȘme de cet effondrement, une rĂ©alitĂ© nouvelle apparaĂźt. L’Église naĂźt lĂ  oĂč le pouvoir voulait tout rĂ©duire au silence. À travers le geste discret mais dĂ©cisif de Joseph d’Arimathie et de NicodĂšme, Ă  travers le corps transpercĂ© d’oĂč jaillissent le sang et l’eau, Ă  travers la prĂ©sence de Marie et du disciple bien-aimĂ©, une autre logique se rĂ©vĂšle : celle d’un Dieu qui ne rompt jamais le lien, mĂȘme dans la mort. Se prĂ©parer Ă  PĂąques, ce n’est pas fuir la croix. C’est apprendre Ă  reconnaĂźtre, dans les corps blessĂ©s, dans les lieux de dĂ©faite, dans ce qui semble perdu, l’endroit mĂȘme oĂč Dieu fait naĂźtre un peuple.

Jeudi Saint : « Ayant aimĂ© les siens qui Ă©taient dans le monde, il les aima jusqu'Ă  la fin » (Jn 13,1). Aujourd'hui, l'É...
02/04/2026

Jeudi Saint : « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin » (Jn 13,1).

Aujourd'hui, l'Église cĂ©lĂšbre le Jeudi Saint, le dĂ©but du Triduum Pascal. En ce jour, nous entrons dans le cƓur de l'amour de Dieu : l'institution de l'Eucharistie, le sacerdoce ministĂ©riel et le commandement de l'amour fraternel. L'Évangile de Jean rĂ©sume tout en une phrase : "Ayant aimĂ© les siens qui Ă©taient dans le monde, il les aima jusqu'Ă  la fin" (Jn 13,1).
"Jusqu'Ă  la fin" — non seulement jusqu'Ă  la fin de sa vie terrestre, mais jusqu'Ă  l'extrĂȘme de l'amour. Lors de la DerniĂšre CĂšne, JĂ©sus fait quelque chose d'inouĂŻ : il se lĂšve de table, se revĂȘt comme un serviteur et lave les pieds des disciples. Pierre rĂ©siste, mais JĂ©sus explique : "Si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi." Le MaĂźtre se fait serviteur. Le Seigneur s'abaisse pour enseigner que la grandeur est dans le service.
En cette mĂȘme nuit, JĂ©sus prend le pain, rend grĂące, le rompt et le donne : "Ceci est mon corps, qui sera livrĂ© pour vous." Il prend la coupe et dit : "Ceci est la coupe de mon sang, versĂ© pour vous." Il institue ainsi le sacrement de son amour, qui restera sur l'autel jusqu'Ă  la fin des temps. Et il ordonne : "Faites ceci en mĂ©moire de moi." Dans ce geste, naĂźt le sacerdoce ministĂ©riel : des hommes appelĂ©s Ă  renouveler, en son nom, le mĂȘme sacrifice.
AprÚs le repas, Jésus sort vers Gethsémani. Là, dans la priÚre, il remet sa volonté au PÚre. L'amour qui l'a conduit à laver les pieds et à se donner comme nourriture le conduit maintenant à l'agonie. Mais il ne recule pas. Parce qu'aimer jusqu'à la fin signifie aller jusqu'au bout, sans abandonner.
En ce Jeudi Saint, nous sommes invitĂ©s Ă  entrer dans ce mystĂšre. Puissions-nous adorer l'Eucharistie, rendre grĂące pour le don des prĂȘtres et pratiquer le commandement du service : nous laver les pieds les uns aux autres, spĂ©cialement des plus pauvres et des plus oubliĂ©s. L'amour de JĂ©sus n'est pas un sentiment ; c'est une action concrĂšte. Aimer jusqu'Ă  la fin, c'est servir jusqu'Ă  la fin. Seigneur, que je ne me lasse jamais de t'adorer dans l'Eucharistie, d'honorer le don des prĂȘtres et de laver les pieds de mes frĂšres et sƓurs. Amen.

28/03/2026

SUIVRE JÉSUS MÈNE À LA CROIX
Nous sommes tellement habituĂ©s Ă  la croix du Calvaire qu’elle ne nous impressionne plus. L’habitude domestique et «rabaisse» tout. C’est pourquoi il est bon de rappeler certains aspects trop oubliĂ©s du CrucifiĂ©.

Commençons par dire que JĂ©sus n’est pas mort de mort naturelle. Sa mort n’a pas Ă©tĂ© l’extinction attendue de sa vie biologique. JĂ©sus a Ă©tĂ© tuĂ© violemment. Il n’est pas mort non plus victime d’un accident fortuit ou inattendu, mais exĂ©cutĂ©, aprĂšs un procĂšs menĂ© par les forces religieuses et civiles les plus influentes de cette sociĂ©tĂ©.

Sa mort a Ă©tĂ© la consĂ©quence de la rĂ©action qu’il a provoquĂ©e par son action libre, fraternelle et solidaire envers les plus pauvres et les plus abandonnĂ©s de la sociĂ©tĂ© de son temps.

Cela signifie qu’on ne peut pas vivre l’Évangile impunĂ©ment. On ne peut pas construire le royaume de Dieu, qui est un royaume de fraternitĂ©, de libertĂ© et de justice, sans provoquer le rejet et la persĂ©cution de ceux qui ne veulent aucun changement. Il est impossible d’ĂȘtre solidaire des laissĂ©s pour compte sans subir la rĂ©action des puissants.

Son engagement en faveur d’une sociĂ©tĂ© plus juste et plus humaine Ă©tait si concret et si sĂ©rieux que sa propre vie en a Ă©tĂ© compromise. Et pourtant, JĂ©sus n’était ni un guĂ©rillero, ni un leader politique, ni un fanatique religieux. C’était un homme qui incarnait et rendait rĂ©el l’amour insondable de Dieu pour les hommes.

C’est pourquoi nous savons maintenant quelles sont les forces qui se sentent menacĂ©es lorsque l’amour vĂ©ritable pĂ©nĂštre dans une sociĂ©tĂ©, et comment elles rĂ©agissent violemment en essayant de rĂ©primer et d’étouffer l’action de ceux qui recherchent une fraternitĂ© plus juste et plus libre.

L’Évangile sera toujours persĂ©cutĂ© par ceux qui placent la sĂ©curitĂ© et l’ordre au-dessus de la fraternitĂ© et de la justice (pharisaĂŻsme). Le royaume de Dieu sera toujours entravĂ© par toute force politique qui se considĂšre comme un pouvoir absolu (Pilate). Le message d’amour sera rejetĂ© Ă  la racine par toute religion dans laquelle Dieu n’est pas le PĂšre de ceux qui souffrent (prĂȘtres juifs).

Suivre JĂ©sus conduit toujours Ă  la croix; cela implique d’ĂȘtre prĂȘt Ă  souffrir le conflit, la controverse, la persĂ©cution et mĂȘme la mort. Mais sa rĂ©surrection nous rĂ©vĂšle qu’une vie crucifiĂ©e, vĂ©cue jusqu’au bout dans l’esprit de JĂ©sus, n’attend que la rĂ©surrection.

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

21/03/2026

NOS MORTS VIVENT
L’adieu dĂ©finitif Ă  un ĂȘtre trĂšs cher nous plonge inĂ©vitablement dans la douleur et l’impuissance. C’est comme si toute notre vie Ă©tait dĂ©truite. Aucun mot, aucun argument ne peut nous consoler. Que pouvons-nous espĂ©rer? Le rĂ©cit de Jean n’a pas pour seul objectif de raconter la rĂ©surrection de Lazare, mais surtout d’éveiller la foi, non pas pour que nous croyions en la rĂ©surrection comme un Ă©vĂ©nement lointain qui se produira Ă  la fin du monde, mais pour que nous «voyions» dĂšs maintenant que Dieu insuffle la vie Ă  ceux que nous avons enterrĂ©s. JĂ©sus arrive « en pleurs » au tombeau de son ami Lazare. L’évangĂ©liste dit qu’il «est recouvert d’une pierre». Cette pierre nous barre le passage. Nous ne savons rien de nos amis morts. Une pierre sĂ©pare le monde des vivants et celui des morts. Il ne nous reste plus qu’à attendre le jour dernier pour voir s’il se passe quelque chose. Telle est la foi juive de Marthe: «Je sais que mon frĂšre ressuscitera lors de la rĂ©surrection des derniers jours». Cela ne suffit pas Ă  JĂ©sus. «Enlevez la pierre». Voyons ce qu’il en est de celui que vous avez enterrĂ©. Marthe demande Ă  JĂ©sus d’ĂȘtre rĂ©aliste. Le mort a commencĂ© Ă  se dĂ©composer et «sent mauvais». JĂ©sus lui rĂ©pond: «Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu». Si la foi s’éveille en Marthe, elle pourra «voir» que Dieu donne la vie Ă  son frĂšre. «Ils enlĂšvent la pierre» et JĂ©sus «lĂšve les yeux vers le ciel», invitant tous ceux qui sont prĂ©sents Ă  lever les yeux vers Dieu, avant d’entrer avec foi dans le mystĂšre de la mort. Il a cessĂ© de sangloter. Il «rend grĂące» au PĂšre parce qu’il «l’écoute toujours». Ce qu’il veut, c’est que ceux qui l’entourent «croient» qu’il est celui qui a Ă©tĂ© envoyĂ© par le PĂšre pour introduire dans le monde une nouvelle espĂ©rance. Puis «il crie d’une voix forte: «Lazare, sors dehors». Il veut qu’il sorte pour montrer Ă  tous qu’il est vivant. La scĂšne est impressionnante. Lazare a «les pieds et les mains liĂ©s avec des bandelettes» et «le visage enveloppĂ© d’un suaire». Il porte les signes et les liens de la mort. Cependant, «le mort sort» de lui-mĂȘme. Il est vivant! Telle est la foi de ceux qui croient en JĂ©sus: ceux que nous avons enterrĂ©s et abandonnĂ©s dans la mort vivent. Dieu ne les a pas abandonnĂ©s. Écartons la pierre avec foi. Nos morts sont vivants!
José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

07/03/2026

Chers fidĂšles de la chapelle francophone Tolagnaro ,

Nous vous informons que la messe du troisiĂšme dimanche de CarĂȘme sera cĂ©lĂ©brĂ©e au Sanctuaire Saint Vincent de Paul Ă  11h00.

Cette messe sera prĂ©cĂ©dĂ©e par une demi-journĂ©e spirituelle durant laquelle nous rĂ©flĂ©chirons ensemble sur le sens du Chemin de Croix aujourd’hui : comment vivre le chemin de la croix dans notre vie quotidienne.

Cette réflexion sera animée à travers un témoignage vivant, qui nous aidera à mieux comprendre comment suivre le Christ dans les épreuves et les réalités de notre temps.

Nous vous invitons chaleureusement Ă  venir nombreux pour vivre ce moment de priĂšre, de partage et de conversion pendant ce temps de CarĂȘme.
Fraternellement

06/03/2026

3 dimanche de CarĂȘme – A (Jean 4,5-42)
NOUS NE SAVONS PAS APPRÉCIER LA FOI
L’une des plus grandes tragĂ©dies du christianisme contemporain est peut-ĂȘtre le manque d’«expĂ©rience religieuse». Beaucoup se disent chrĂ©tiens, mais ne savent pas ce que c’est que de j***r de leur foi, de se sentir Ă  l’aise avec Dieu et de vivre en savourant leur adhĂ©sion Ă  JĂ©sus. Comment peut-on ĂȘtre croyant sans jamais j***r de l’amour accueillant de Dieu?
Le dĂ©veloppement d’une thĂ©ologie Ă  caractĂšre nettement rationnel et l’importance accordĂ©e en Occident Ă  la formulation conceptuelle ont souvent conduit Ă  comprendre et Ă  vivre la foi comme une «adhĂ©sion doctrinale» Ă  JĂ©sus-Christ. Beaucoup de chrĂ©tiens «croient des choses» sur JĂ©sus, mais ne savent pas communiquer joyeusement avec lui.
Il en va parfois de mĂȘme dans la cĂ©lĂ©bration liturgique. Les rites extĂ©rieurs sont observĂ©s correctement et de belles paroles sont prononcĂ©es, mais tout semble se passer «en dehors» des personnes. On chante avec les lĂšvres, mais le coeur est absent. On reçoit le Corps du Seigneur, mais il n’y a pas de communication vivante avec lui.
Ce qui se passe avec la lecture de la Bible est Ă©galement significatif. Les progrĂšs de l’exĂ©gĂšse moderne nous ont permis de connaĂźtre comme jamais auparavant la composition des livres sacrĂ©s, les genres littĂ©raires ou la structure des Ă©vangiles. Cependant, nous n’avons pas appris Ă  savourer l’évangile de JĂ©sus.
Tout cela produit un sentiment Ă©trange. On dirait que nous Ă©voluons Ă  la «surface de la foi». Dans l’Église, les mots et les sacrements ne manquent pas. On prĂȘche tous les dimanches. On cĂ©lĂšbre l’Eucharistie. Il y a aussi des baptĂȘmes, des premiĂšres communions et des confirmations. Mais il manque «quelque chose», et il n’est pas facile de dire exactement quoi. Ce n’est pas ce qu’ont vĂ©cu les premiers croyants.
Nous avons besoin d’une nouvelle expĂ©rience de l’Esprit qui nous fasse vivre de l’intĂ©rieur et nous apprenne Ă  «sentir et goĂ»ter les choses intĂ©rieurement», comme le disait Ignace de Loyola. Il nous manque de goĂ»ter ce que nous disons croire, de savourer dans nos coeurs la prĂ©sence silencieuse mais rĂ©elle de Dieu. Il nous manque la spontanĂ©itĂ© avec lui, la confiance joyeuse en son amour.
Cette expĂ©rience de Dieu n’est pas le fruit de nos efforts et de notre travail. Il faut «faire de la place» Ă  l’Esprit dans notre vie et dans notre coeur, dans nos cĂ©lĂ©brations et dans la communautĂ© chrĂ©tienne. L’Église d’aujourd’hui doit Ă©galement Ă©couter les paroles de JĂ©sus Ă  la Samaritaine: «Si tu connaissais le don de Dieu ». Ce n’est que lorsqu’il s’ouvre Ă  l’action de l’Esprit que le croyant dĂ©couvre cette eau promise par JĂ©sus, qui devient en nous «une source jaillissant vers la vie Ă©ternelle».

José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

27/02/2026

2 dimanche de CarĂȘme – A (Matthieu 17,1-9)

ÉCOUTER JÉSUS DANS LA SOCIÉTÉ ACTUELLE
Il y a encore quelques annĂ©es, c’était la religion qui offrait Ă  la plupart des gens des critĂšres pour interprĂ©ter la vie et des principes pour l’orienter avec sens et responsabilitĂ©. Aujourd’hui, au contraire, nombreux sont ceux qui se passent de Dieu pour affronter seuls leur vie, leurs dĂ©sirs, leurs peurs et leurs attentes.
Ce n’est pas une tĂąche facile. Il n’a probablement jamais Ă©tĂ© aussi difficile et problĂ©matique pour l’individu de s’arrĂȘter pour rĂ©flĂ©chir, mĂ©diter et prendre des dĂ©cisions sur lui-mĂȘme et sur ce qui est important dans sa vie. Nous vivons plongĂ©s dans une «culture de l’insignifiance», qui lie les personnes au «ici» et au «maintenant», les faisant vivre uniquement pour l’immĂ©diat, sans aucune ouverture au mystĂšre ultime de la vie. Nous Ă©voluons dans une «culture du divertissement» qui arrache les personnes Ă  elles-mĂȘmes et les fait vivre en oubliant les grandes questions qui sont dans leur coeur.
L’homme d’aujourd’hui a appris beaucoup de choses, il est informĂ© de tout ce qui se passe dans le monde qui l’entoure, mais il ne sait pas comment se connaĂźtre lui-mĂȘme et construire sa libertĂ©. Beaucoup souscriraient Ă  la sombre description faite il y a quelques annĂ©es par le directeur de La Croix, G. Hourdin: «L’homme devient incapable de vouloir, d’ĂȘtre libre, de juger par lui-mĂȘme, de changer son mode de vie. Il devient un robot disciplinĂ© qui travaille pour gagner de l’argent, qu’il dĂ©pensera ensuite dans des vacances collectives. Il lit les magazines de mode, regarde les Ă©missions de tĂ©lĂ©vision que tout le monde regarde. C’est ainsi qu’il apprend ce qu’il est, ce qu’il veut et comment il doit penser et vivre».
Nous avons plus que jamais besoin d’écouter l’appel Ă©vangĂ©lique: «Celui-ci est mon Fils, le bien-aimĂ©, mon Élu. Écoutez-le». Nous avons besoin de nous arrĂȘter, de faire silence et d’écouter davantage Dieu rĂ©vĂ©lĂ© en JĂ©sus. Cette Ă©coute intĂ©rieure aide Ă  vivre dans la vĂ©ritĂ©, Ă  goĂ»ter la vie Ă  ses racines, Ă  ne pas la gaspiller n’importe comment, Ă  ne pas passer superficiellement devant l’essentiel. En Ă©coutant Dieu incarnĂ© en JĂ©sus, nous dĂ©couvrons notre petitesse et notre pauvretĂ©, mais aussi notre grandeur d’ĂȘtres infiniment aimĂ©s par lui.
Chacun est libre de vivre en Ă©coutant Dieu ou en lui tournant le dos. Mais, dans tous les cas, il y a quelque chose que nous devons tous retenir, mĂȘme si cela peut paraĂźtre scandaleux et contre-culturel: vivre sans avoir un sens ultime, c’est vivre de maniĂšre insensĂ© » ; agir sans Ă©couter la voix intĂ©rieure de la conscience, c’est ĂȘtre un «inconscient».
José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna

Address

Fort-Dauphin

Website

Alerts

Be the first to know and let us send you an email when Chapelle Saint Vincent de Paul - Marillac posts news and promotions. Your email address will not be used for any other purpose, and you can unsubscribe at any time.

Share