23/08/2026
23 août - Sainte Rose de Lima
Tertiaire dominicaine - (1586-1617)
Isabel Flores de Oliva est née dans la ville de Lima au Pérou, le 20 avril 1586. Sa mère penchée sur son berceau admirant cette jolie petite fille lui donna le surnom de "Rose".
Dans la société coloniale de son temps, les classes sociales étaient clairement séparées : des familles aisées, d’autres formées de petits propriétaires, mais la grande majorité étaient des paysans traités comme des esclaves. La famille de Rosa appartenait à la classe des petits propriétaires. Ses parents s’efforcèrent de lui donner une éducation humaine sérieuse et de lui fournir en même temps une formation solide dans la foi.
Lima se distingue par une communauté pionnière en évangélisation : l’ordre Dominicain. Au couvent St Dominique, les laïcs peuvent participer à la liturgie, se rassembler pour méditer la Parole de Dieu et collaborer temporairement aux postes missionnaires ou « doctrines ».
Sainte Rose de Lima adolescente vit un dilemme intérieur : d’une part elle se sent appelée à la vie religieuse contemplative et, d’autre part, elle perçoit l’appel impérieux d’accomplir sa vocation à l’intérieur de sa famille, en travaillant pour le Royaume de Dieu dans le monde.
En 1606, à l'âge de 20 ans, elle trouve le chemin : elle veut être pauvre pour une fraternité universelle en rentrant dans le mouvement laïc de l’Ordre des Prêcheurs. Comme Dominicaine laïque elle dispense alors plusieurs cours aux enfants, y compris des cours de musique (guitare, harpe, cithare) mais travaille aussi chez elle comme jardinière ou comme couturière afin de contribuer à la subsistance de sa famille menacée économiquement. Dans ce foyer la vie est simple, mais le nécessaire ne manque jamais.
Elle participe à l’Eucharistie au couvent Saint Dominique. Au fond de sa maison, elle construit une maisonnette afin de mieux vivre l’Evangile dans la prière ; là elle entre en communion avec Dieu, avec les hommes et avec la nature. Seul Dieu la rétribue, et elle se forge comme une femme « contemplative dans le secret ». Cela va la conduire à une série de mortifications. Dans ses écrits, elle explique que la mortification est nécessaire pour être comblé par l’Esprit de Dieu, pour vivre orienté par l’Esprit Saint, et pour renouveler la face de la terre à partir de l'offrande de soi-même à Dieu. Face à ses prochains, elle est une femme sympathique : elle excuse les torts des autres, pardonne les insultes, s’efforce de convertir les pécheurs et de les ramener sur le bon chemin, assiste les malades.... Elle s’efforce de vivre dans la miséricorde et la compassion.
Rose de Lima ressent une profonde vénération pour Sainte Catherine de Sienne, avec laquelle on observe une affinité surprenante. Amoureuse de la solitude, elle consacra une grande partie de son temps à la contemplation, désirant aussi introduire les autres dans les arcanes de la « prière secrète », désir auquel elle a consacré des livres spirituels. Elle encourage les prêtres à attirer tout le monde à l’amour de la prière.
Elle se réfugie souvent au petit ermitage qu’elle a construit dans le jardin de ses parents, et ouvrira son âme à l’œuvre missionnaire de l’Eglise avec un zèle ardent pour le salut des pécheurs et des « Indiens », pour qui elle souhaitait donner sa vie et se soumettait volontiers à toutes sortes d‘austérités et de souff¬rances, pour les gagner au Christ.
Pendant quinze ans, elle souffrira une grande aridité spirituelle qui sera pour elle comme un creuset purifiant. Elle se distinguera aussi par ses œuvres de miséricorde. Santa Rosa de Lima brûle d’amour envers Jésus Eucharistie et dans une piété profonde pour sa Mère, dont elle propage le rosaire avec un zèle infatigable, estimant que chaque chrétien « doit prêcher le rosaire par la parole après l’avoir gravé dans le cœur ».
Elle décède à l’âge de trente et un an à Lima le 24 août 1617. Son corps est vénéré à la Basilique dominicaine de Saint Dominique à Lima.
Rose de Lima a été béatifiée en 1668 par Clément IX (Giulio Rospigliosi, 1667-1669) et canonisée, le 12 avril 1671, par Clément X (Emilio Altieri, 1670-1676).
Toute l’Amérique Méridionale et les Philippines la vénèrent comme sainte patronne.
Elle est fêtée le 30 août jusqu'en 1970, puis fêtée le 23 août, sauf au Pérou où la date initiale est conservée. . Tous les ans, à l'occasion de la solennité de sainte Rose de Lima, le 30 août (jour férié au Pérou), sa statue est portée en procession de la cathédrale de Lima jusqu'au sanctuaire qui lui est dédié, c'est-à-dire jusqu'à la basilique Notre-Dame du Rosaire du monastère Saint-Dominique, où son corps repose désormais aux côtés de ceux de saints Martin de Porrès et Jean Macias.
📷 sainte Rose de Lima selon le peintre espagnol Claudio Coello (1642–1693) - Museo de la Trinidad à Madrid (España)