27/07/2026
Chaîne Zgharta Channel – 25 juillet 2026
À l'occasion de la béatification du Patriarche Élias Hoyek
Présentateur :
Monseigneur Maroun Nasser Gemayel est avec nous en direct de Dimane. Monseigneur, aujourd'hui nous vivons la béatification du Patriarche Élias Hoyek. Que pouvez-vous nous dire davantage sur son histoire et sur l'héritage qu'il a apporté à l'histoire de l'Église maronite ? Une histoire qui avait déjà été marquée, il y a deux ans, par la béatification du Patriarche Étienne Douaihy.
S.E. Mgr Maroun Nasser Gemayel :
Je voudrais d'abord dire qu'il y a deux ans, nous avons vécu une immense joie en célébrant la béatification du Patriarche Étienne Douaihy, un événement que nous attendions depuis longtemps. Aujourd'hui, deux ans plus t**d, nous célébrons celle du Patriarche Élias Hoyek.
Tous deux sont originaires des villages montagneux du Liban et leurs parcours présentent de nombreuses similitudes. Ils ont étudié à Rome, ils sont issus de familles modestes mais profondément enracinées dans la foi, souvent nombreuses, et chacun est revenu au Liban animé d'un grand projet de réforme pour son Église.
Ils ont rapporté de Rome une solide expérience de l'organisation ecclésiale occidentale ainsi qu'une profonde spiritualité, qu'ils ont cherché à mettre au service de notre peuple, sur les plans religieux, social et spirituel.
Le Patriarche Étienne Douaihy s'est particulièrement consacré à la liturgie et à l'histoire. Il a rassemblé et sauvegardé notre patrimoine ecclésial. Quant au Patriarche Élias Hoyek, il s'est attaché à promouvoir la formation de la femme, conscient que la société libanaise ne lui accordait pas encore la place qu'elle méritait. C'est dans cet esprit qu'il a fondé la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille Maronite.
Il a également entrepris une profonde réorganisation de l'Église maronite, tant au niveau des ordres religieux que de ses différentes structures.
Mais son œuvre ne s'est pas limitée au domaine ecclésial : il a également joué un rôle national de premier plan. Il avait une véritable vision pour l'Église maronite, présente au cœur de l'Orient. Il souhaitait lui donner une organisation cohérente à travers des représentations permanentes capables d'accompagner les fidèles partout où ils vivaient.
Constatant que le peuple maronite ne se trouvait plus uniquement dans les montagnes du Liban, mais qu'il commençait déjà à s'établir dans les pays de la diaspora, il mit en place un vaste réseau de procurations patriarcales.
En Occident, il fonda une procuration patriarcale à Paris, puis une autre à Marseille. Il souhaitait également en établir sur le continent américain, mais certaines contraintes liées aux relations juridiques entre l'Église de Rome et l'Église maronite ne le lui ont pas permis.
En Orient, il créa une procuration patriarcale à Jérusalem, une autre en Égypte, dont la mission fut ensuite étendue jusqu'à Khartoum.
Ainsi, il répartit la présence du Patriarcat entre l'Orient et l'Occident, veillant à accompagner son peuple partout où il se trouvait.
Ce qui touche peut-être le plus dans sa vie, c'est sa profonde sensibilité face à la souffrance de son peuple. Pendant la grande famine, lorsqu'il vit son peuple mourir de faim, il donna immédiatement l'ordre d'ouvrir les portes de tous les couvents, de toutes les maisons religieuses et de toutes les institutions de l'Église afin que personne ne soit privé de nourriture.
Présentateur :
Afin que personne ne meure de faim.
S.E. Mgr Maroun Nasser Gemayel :
Malgré tous ces efforts, un tiers de la population du Mont-Liban périt durant cette famine. Un autre tiers émigra, et seul le dernier tiers demeura sur sa terre.
Voilà pourquoi nous parlons d'un homme qui mérite pleinement l'honneur que l'Église lui rend aujourd'hui. Dieu l'a choisi et élevé sur les autels comme un signe pour nous rappeler combien l'Église est appelée à demeurer proche de son peuple, à partager ses souffrances et à porter ses préoccupations.
Présentateur :
Que Dieu les accompagne. Espérons que nous connaîtrons encore de nouvelles béatifications dans les années à venir.
S.E. Mgr Maroun Nasser Gemayel :
Espérons que, chaque année ou tous les deux ans, nous ayons la joie de célébrer de nouveaux bienheureux.
Présentateur :
Merci beaucoup, Monseigneur.
S.E. Mgr Maroun Nasser Gemayel :
Merci à vous.
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