03/06/2026
La nouveauté du service divin en Erets Israël par rapport au service dans le désert ne réside pas seulement dans l’obligation de pratiquer les Mitsvot telles qu'elles s'expriment dans les actes matériels (et non uniquement dans l'étude de la Torah), ni même dans l’accomplissement du principe « Dans toutes tes voies, connais-Le » (comme mentionné plus haut).
– Tout cela peut encore être réalisé en étant exclusivement centré sur soi-même. Tant qu’un Juif s’occupe uniquement de lui-même, bien qu’il puisse aussi se soucier des choses matérielles, cela demeure néanmoins un "désert", un monde de la pensée.
La véritable nouveauté d’Erets Israël réside dans : le travail envers autrui, se dévouer pour un autre Juif et faire de lui un Juif observant la Torah et les Mitsvot (un "Tora-ou-Mitsvot-yid").
Mais le mauvais penchant (Yétser Hara’) peut argumenter ainsi :
Si je me dévoue pour un autre Juif et que je l’influence, il est certain que je me sentirai supérieur à lui (d’autant plus qu’il pourrait me remercier, m’honorer et me louer), ce qui pourrait me conduire à développer un sentiment d’orgueil, source de tous les maux. Par conséquent, il vaudrait mieux que je me retire dans l’isolement.
Et la réponse à cela est : Tel fut précisément l’argument des explorateurs (Méraglim), qui dirent : « C’est une terre qui dévore ses habitants. » Mais la vérité est que : « Si Hachem nous aime », si l’on agit dans le but de réaliser la volonté de Hachem, non seulement cela ne nous conduira pas à une chute spirituelle, mais au contraire – « nous monterons et réussirons. »
Le mauvais penchant peut encore avancer un autre argument :
Certes, je reconnais qu’il est nécessaire de m'occuper également d’autrui, mais il suffit que j’exerce mon influence sur quelqu’un de mon niveau, semblable à moi. Je ne suis pas tenu de descendre pour sauver quelqu’un qui est totalement inférieur à mon ordre d’élévation spirituelle. En effet, en m’occupant de personnes particulièrement basses, je risque d’être influencé par leur infériorité, à D.ieu ne plaise.
C’est à cela qu’une autre leçon de la paracha des explorateurs répond, selon laquelle même la parole (Dibour) ne suffit pas ; il faut impérativement passer à l’action (Ma’assé).
La différence entre la parole et l’action est la suivante : La parole s’adresse certes à autrui, mais seulement à autrui qui est d’un niveau similaire. On ne peut parler qu’à une catégorie de "parleur" (Médaber), à une personne capable d’écouter, de comprendre le langage, et ainsi de suite. Alors que l’action affecte même le domaine de l’inanimé (Domem).
תורת מנחם לד - שנת תשכ"ב - חלק שלישי בס"ד. שיחת ש"פ שלח, מבה"ח תמוז, ה'תשכ"ב