15/06/2026
𝗠𝗲̂𝗺𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻 𝘀𝗲𝘂𝗹 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗽𝗲𝘁𝗶𝘁𝘀 ?
Cette affirmation peut nous surprendre.
En tous cas, elle vient donner un sens à la pastorale des migrants.
Je veux d’abord rendre grâce à Dieu pour vous qui lisez ces lignes et qui êtes courageusement engagés dans l’accueil des enfants, femmes et hommes qui ont dû migrer de leur terre à leur corps défendant et sont entrés dans une nuit de leur existence.
Vous avez effectivement conscience que les migrants n’auraient jamais dû partir de chez eux.
Vous avez aussi conscience des difficultés de l’accueil c’est pourquoi vous ne vous improvisez pas seuls dans l’action, mais vous avez cet instinct de rejoindre des organisations, de constituer des collectifs, pour accompagner dans la durée.
Et souvent, vous vivez des formes d’échec : les OQTF, l’administration, mais aussi chez les migrants, les psychismes abîmés, les dérives des uns ou des autres, les errances qui continuent.
Bref, il vous arrive parfois de toucher du doigt l’impossibilité de trouver des solutions.
Alors, il peut souffler à tel ou tel moment la tentation d’une forme d’usure et de découragement dans des chemins qui ne mènent nulle part, les mêmes chemins qu’empruntent les migrants.
À quoi bon ? Cela vaut-il la peine de se battre contre vents et marées ?
Oui, cela « vaut la peine » au sens propre de cette expression : la peine est d’une grande valeur.
La peine n’est pas la pitié condescendante devant ces malheureux dont parlait Saint Paul : « J’aurais beau donner toute ma fortune aux affamés, s’il me manque l’amour, je ne suis rien ».
Quelle grandeur d’avoir reçu ce don d’être capable de souffrir de la souffrance de l’autre. Avoir soif de la soif de l’autre. Et plus fondamentalement encore, de souffrir de la souffrance même du Christ pour ceux qui souffrent.
La pastorale des migrants est une étincelle de vie dans l’obscurité et l’incertitude partagées avec les migrants ; notre pastorale rejoint la lumière dont parlait Jean de la Croix dans son poème ‘La nuit obscure’ : « Sans autre guide ni lumière que celle en mon cœur qui brûlait ».
Dans l’obscurité des combats, ne cessons d’entendre la parole de Jésus qui brûle au cœur de chacun comme un joyau secret, comme une ultime chance : « pour un seul de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Oui, même pour un seul de ces petits !
+ 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗟𝗼𝘂𝗶𝘀 𝗕𝗔𝗟𝗦𝗔
𝗔𝗿𝗰𝗵𝗲𝘃𝗲̂𝗾𝘂𝗲 𝗱’𝗔𝗹𝗯𝗶