16/03/2013
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La chronique du 25 février
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par Ormer Corlaix
Günter Raphael (1903-1960), un sans voix du XXème siècle
Il aurait aujourd’hui 110 ans. Compositeur allemand, Günter Raphael est né à Berlin. Il était le petit fils du compositeur de musique religieuse Albert Becker (1934-1899). Il a composé 6 symphonies, deux concertos, l’un pour violon, l’autre pour orgue. Il a aussi à son actif un cycle de six quatuors. Ses deux premiers quatuors ont été interprétés par les Bush en 1925 et 1926. Sa première symphonie a été créée par l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Wilhelm Furtwängler. Il se convertit au protestantisme. Il fit des études de médecine et de musique. De formation classique, il pratique l’alto et le piano. Sa première composition, « Lied » pour piano remonte à 1913, il avait dix ans. Il poursuit la tradition familiale, de maître de chapelle ainsi il est le directeur musical de la Matthäi Kirche de Berlin. Classé « demi-juif » par le régime n**i, il fut licencié de son poste de professeur de théorie musicale et de composition au Conservatoire d’Etat de Leipzig. Interdit de travail, pourchassé, réduit à la misère, il contracta une tuberculose en 1934 qui ne le quitta plus. Il survit au second conflit mondial mais sa santé physique fut définitivement altérée. Il meurt des suites de sa maladie dans l’ambulance qui le ramène chez lui.
Dans sa dernière période de composition il intègre la technique sérielle à sa musique. Il est en cela proche de la musique d’un Hans Werner Henze récemment disparu par sa recherche d’un syncrétisme entre la musique de douze sons et l’esprit tonal. Edité par Breitkopf & Härtel, où Günter Raphael fut également le responsable éditorial pour la musique classique et baroque. Le label Querstand vient de publier le cinquième album consacré à son œuvre. Ce disque rassemble deux œuvres consacrées à l’alto son instrument et deux œuvres consacrées à la flûte. Sa « Sonate en ré mineur pour alto » remonte à sa jeunesse, il avait 21 ans tandis que la dernière œuvre, son « Concerto pour flûte et orchestre de chambre » a été créée trois ans avant sa mort. Il est à noter aussi la publication en 2010 du coffret de trois disques consacré à sa musique symphonique réalisé sous la direction de Michael Gielen avec le Berliner Philamoniker pour le label CPO. Günter Raphael a été aussi défendu par le chef et pianiste Wolfgang Sawallisch (1923-2013) qui nous a quittés jeudi dernier. Les volumes 1 et 3 en sont les témoins de cette rencontre.
Günter Raphael, Volume 5 : Concertini. Par Rainer Moog (alto), Erwin Milzkott (flûte), Orchestre symphonique de la Radio de Berlin sous la direction de Karel Ancerl. Querstand (VKJK 1234), cop. 2012
Pendant des années, son art hors du commun et sa personnalité remarquable ont laissé une profonde empreinte sur notre établissement. Son nom, comme aucun autre, est lié à l'opéra de Munich et encore aujourd'hui, on y ressent son influence, Nikolaus Bachler, actuel directeur de l'Opéra d'Etat de Bavi...