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Sa'id Ibn el-Musayyib Élite de l'élite de son temps, Imam des Tabi'in et chef de file des Ahl el-Medina, Sa'id Ibn el-Mu...
26/12/2025

Sa'id Ibn el-Musayyib

Élite de l'élite de son temps, Imam des Tabi'in et chef de file des Ahl el-Medina, Sa'id Ibn el-Musayyib est le Juriste des Juristes de sa génération, le plus excellent spécialiste de la jurisprudence du Messager d'Allah (ﷺ) et des quatre Califes bien-guidés (رضي الله عنهم). Véritable Parangon de science et de spiritualité, faqih et ascète irréprochable, les savants sont unanimes quant à son degré élevé, sa droiture, son courage et sa fiabilité. L'Imam El-Hujwiri a affirmé qu'il est le chef des 'Oulema [de son temps], l'Imam des théologiens et des soufis ainsi qu'un grand Wali. Ses manières, ses actes et ses paroles ont inspiré les musulmans de chaque génération, il s'agit du plus célèbre des sept Fuqaha de Médine, le Zahid, le Hafidh et l'Imam, Abû Muhammed Sa'id Ibn el-Musayyib Ibn Hazn Ibn Abi Wahb el-Qurachi el-Makhzumi, connu le nom de Sa'id Ibn el-Musayyib (رضي الله عنه).

Son père, El-Musayyib, et son grand-père, Hazn, étaient des Sahaba de Mekka, ils sont mentionnés dans des récits et lors de plusieurs événements connus, qu'Allah soit satisfait d'eux. Quant à Sa'id Ibn el-Musayyib, il naquit à Médine deux ans après le début du Califat de l'Émir el-mu'minin 'Oumar Ibn el-Khattab (رضي الله عنه). Il rencontra un grand nombre de Compagnons du Prophète (ﷺ), puis étudia auprès d'eux et hérita de leurs connaissances. Il pouvait voyager nuit et jour à la recherche d'un seul Hadith, et ce qui l'intéressait particulièrement était de connaître les jugements du Messager d'Allah (ﷺ) et ceux des Califes bien-guidés. Il prit une grande part de ses connaissances de Zaïd Ibn Thabit, et la majorité de sa transmission du Hadith venait d'Abû Hureyra (رضي الله عنهم). Il s'était d'ailleurs marié avec sa fille, pouvant ainsi bénéficier d'une plus grande proximité avec ce célèbre Compagnon, et ne rien laisser se perdre de la vaste connaissance qu'il avait des paroles du Messager (ﷺ). Parmi les Sahaba de la Maison prophétique, il rapporta notamment de 'Ali, 'Aïcha, Oum Salama et Ibn 'Abbas ; et parmi les autres Sahaba il rapporta de 'Oumar, 'Outhman, Sa'd Ibn Abi Waqqas, Oubeyy Ibn Ka'b, 'Ammar Ibn Yassir, Mu'adh Ibn Jabal, Ibn 'Oumar, Abû-d-Darda', 'Ouqba Ibn 'Amar, Suheyb, Jabir, Abû Sa'id el-Khudri, Anâs Ibn Malik, et d'autres. Qu'Allah soit satisfait d'eux tous !
Il était un proche compagnon de l'Imam 'Ali Zaïn El-'Abidin, de l'Imam El-Qassim Ibn Muhammed et de l'Imam Salim Ibn 'Abdullah, chaque jour il se joignait à eux à la mosquée et ils se visitaient dans leurs demeures. Il y avait beaucoup de respect entre eux, chacun faisait partie des plus grands Tabi'in du premier siècle de l'Hégire (رضي الله عنهم). Parmi ses élèves ayant rapportés de lui figurent d'éminents érudits et ascètes tels que 'Amr Ibn Dinar, 'Ata' Ibn Abi Rabah, Qatada Ibn Di'ama, Abû Ja'far el-Bâqir, Ibn Chiheb ez-Zuhri, Rabi'a er-Ra'y, Ibn Hurmuz, ou encore Yahia Ibn Sa'id (رضي الله عنهم).

Lorsqu'il développa son Fiqh, ses opinions étaient basées sur les piliers les plus solides, il délivrait ses avis selon la connaissance et la compréhension du Qur'an et de la Sunna qu'il avait acquises, en prenant toujours soins de s'appuyer sur ce qui lui était parvenu des jugements du Messager d'Allah (ﷺ) et des quatre Califes. Les Compagnons eux-mêmes reconnaissaient son savoir, les gens de Médine le consultaient, et il donnait des Fatawa alors que les Sahaba étaient encore en vie. Muhammed Ibn Yahia Ibn Hibban affirma : « Le chef des gens de Médine à son époque, et celui qui avait la préséance sur eux pour émettre des Fatawa, était Sa'id Ibn el-Musayyib. » En ce sens, d'après l'Imam Malik lorsque l'on interrogea El-Qassim Ibn Muhammed sur une affaire, et qu'on lui annonça que Sa'id Ibn el-Musayyib avait dit ceci et cela à ce sujet, alors il répondit : « Il est notre bienfait et notre maître. »

D'après Mak-hul il était le plus compétent des savants, d'après l'Imam Ahmed il était le meilleur des Tabi'in, et 'Ali Ibn el-Madini affirma pour sa part qu'il ne connaissait personne parmi les Tabi'in qui soit plus savant que lui. Sa'id Ibn el-Musayyib connaissait le Fiqh de 'Oumar à un point tel qu'il était considéré comme le principal transmetteur de ses opinions juridiques. Il dit lui-même : « Il ne reste personne qui connaisse mieux que moi les jugements prononcés par le Prophète (ﷺ), Abû Bakr et 'Oumar. » D'après l'Imam Malik, 'Oumar Ibn 'Abd el-'Aziz dit : « Chaque savant de Médine m'apportait de sa science, et chacun d'eux était redevable de sa science à Sa'id Ibn el-Musayyib. »

Il était également un ascète et un dévot très pieux, connu pour son adeb, sa sagesse, sa droiture et son courage. Il ne craignait pas la mort et le danger face aux tyrans, il était inflexible dans sa défense de la vérité, ne flattant ni les dirigeants ni ne gardant le silence sur leurs transgressions. Il n'appréciait pas les chefs d'État Omeyyades en raison de leur conduite perverse. Il refusa plus d'une fois de faire allégeance aux dirigeants, il refusa aussi de toucher la pension de plus de trente mille dirhams qui lui était allouée. Plusieurs dirigeants lui infligèrent des coups de fouet, des humiliations en public, et il fut aussi emprisonné. Il connut de grandes épreuves, mais il resta toujours fidèle à lui-même et imperturbable, il fut en toutes circonstances un modèle de piété et d'ascétisme. Il accomplit le Hajj quarante fois et il jeûnait en continu. A Médine, pendant trente ans le muezzin n’a pas fait une seule fois l'appel à la prière sans que Sa'id Ibn el-Musayyib ne soit présent dans la mosquée. D'après Ibn Idris : « Pendant cinquante ans, Sa'id ibn el-Musayyib a prié la prière du matin avec les ablutions qu'il avait effectuées pour la prière de la nuit. » Il dit lui-même : « Aucun temps de prière ne m’est arrivé sans que je m’y sois préparé, et aucun temps de prière obligatoire ne m’est arrivé sans que je l’attende avec impatience. »

Selon El-Hujwiri, lorsqu'il était à Mekka, un homme vint à lui et lui dit : « Dites-moi une chose licite dans laquelle il n'y a rien d'illicite. » Il répondit : « Le dhikr d'Allah est une chose licite dans laquelle il n'y a rien d'illicite, et le dhikr de toute autre chose est une chose illicite dans laquelle il n'y a rien de licite » Selon l'Imam Malik, un homme rendit visite à Sa'id Ibn el-Musayyib alors qu'il était alité et l'interrogea au sujet d'un Hadith. Sa'id s'assit sur son séant avant de lui répondre. L'homme lui dit alors : « J'aurais voulu ne pas te déranger. » Il lui répondit : « Il m'est paru indécent de parler du Hadith du Messager d'Allah (ﷺ) en étant allongé. » Selon l'Imam Malik, Sa'id Ibn el-Musayyib dit : « Chaque noble, chaque savant et chaque homme honorable possède des défauts. Cependant, s'il y en a un dont on ne doit pas mentionner les défauts, c'est celui dont les mérites sont plus nombreux que les défauts. »

Sa'id Ibn el-Musayyib mourut à Médine à quelques années de la fin du premier siècle de l'Hégire. Qu'Allah lui soit miséricordieux et lui accorde Sa satisfaction ! Un rapport évoque la date son décès comme étant en l'an 94 de l'Hégire, dite l'année des Fuqaha en raison du grand nombre de Fuqaha décédés cette année-là. D'autres rapports disent l'an 93, l'an 95...

Voir : Ibn Sa'd, Tabaqat ; Abû Nu'eym, Hilyat el-Awliya' ; El-Hujwiri, Kachf el-Mahjub ; Ech-Chirazi, Tabaqat el-Fuqaha ; Ibn 'Asakir, Tarikh Dimachq ; Ibn el-Jawzi, Es-Safwa ; Ibn Qudama, Er-Riqqah wa-l-Buka' ; El-Mizzi, Tahdhib el-Kemel ; Ibn Kathir, El-Bidaya ; Edh-Dhahabi, Tarikh el-Islam et Siyar...

Mir Sayyid 'Ali el-Hamadani  Érudit voyageur, grand diffuseur de l’Islam et maitre soufi important, Sayyid 'Ali el-Hamad...
29/10/2025

Mir Sayyid 'Ali el-Hamadani

Érudit voyageur, grand diffuseur de l’Islam et maitre soufi important, Sayyid 'Ali el-Hamadani est un des Awliya' les plus célèbres et influents du Khurasan, il est à l’origine de l’adoption de l’Islam par les populations du Cachemire et il est le fondateur de la Hamadaniyya, une des principales ramifications de la Tariqa Kubrawiyya. Connu comme l’Émir el-Kebir et aussi comme le Chah de Hamadan, il s’agit de l’honorable Wali Saleh, Sayyid 'Ali Ibn Chiheb ed-Din Hassan Ibn Muhammed Ibn 'Ali Ibn Yusuf Ibn Muhammed Ibn 'Abdullah Ibn Muhammed el-Hussayni el-Hamadani, qu'Allah soit satisfait de lui et de ses aïeux ! Il est appelé Ibn Chiheb el-Hamadani el-Mas'udi, et célèbre sous l’appellation de Mir Sayyid 'Ali el-Hamadani, qu’Allah soit satisfait de lui !

« Mir » est une contraction persane du mot Émir. Il possède une double généalogie Hussaynite, l’une passe par l’Imam El-Hussayn el-Asghar fils de l’Imam 'Ali Zaïn el-'Abidin, et frère de l’Imam Muhammed el-Bâqir, tandis que l’autre passe directement par ce dernier en remontant à lui par Sayyid 'Ali, un frère de l’Imam Ja'far es-Sadiq (رضي الله عنهم).

Natif de Hamadan en P***e, il vint au monde en l’an 714 de l’Hégire. Sa famille était prospère et ses membres étaient connus comme des personnes sages et justes, ils étaient aimés, pour le bénéfice de la communauté ils s’impliquaient tant dans les affaires sociales que politiques ou religieuses. Ayant grandi dans une atmosphère familiale de savoir et de piété avec une forte orientation littéraire, dès l’enfance il développa un amour et un fort attachement pour l’apprentissage et l’enseignement. Plusieurs membres de sa famille étaient versés dans divers types de sciences, et étaient particulièrement appréciés dans le domaine du Fiqh comme dans celui du soufisme. Après avoir terminé l'apprentissage du Livre d’Allah, il mémorisa puis étudia les mutun des principales matières scientifiques. Il possédait une mémoire telle qu’il était capable de mémoriser de nombreux textes voire même des livres entiers en un temps très court et sans commettre d’erreurs ni avoir le moindre oubli. Quelques années plus t**d, sous la direction de son oncle maternel Cheikh 'Ala' ed-Din es-Semnani, il obtint une autorisation générale pour la transmission des sciences Islamiques, comprenant le Tafsir, le Hadith, le Fiqh, et d’autres disciplines.

Ensuite, pendant deux ans, il fut un disciple et compagnon de deux Chuyukh Kubrawi, le Cheikh Cheref ed-Din Mahmud el-Mazdaqani et Cheikh Taqiy ed-Din 'Ali Dusti (رضي الله عنهم). Après le décès de Cheikh Taqiy ed-Din, il retourna auprès de Cheikh Cheref ed-Din pour parfaire sa formation et terminer son cheminement. Son Cheikh lui expliqua que la véritable connaissance ne peut s’obtenir sans sacrifice, et qu’elle s’acquiert toujours après un temps de lutte et d’épreuves vécues en faisant preuve de patience face aux obstacles et à l’adversité. Il lui expliqua que l’un des moyens efficaces pour réaliser cela consistait à endurer de longs et pénibles voyages en quête d’Allah, à l’image de ceux que les ascètes des siècles passés enduraient pour trouver la véritable Connaissance. Alors il se mit à voyager sans provision ni ressource, il visita de nombreuses villes et pays, et rencontra des centaines de maîtres. Il séjourna à Baghdad et à Balkh, puis dans le Badakhchan (région d’Afghanistan), au biled ech-Chem (pays du levant), en Rumelie (terre des Romains d’Orient incluant les Balkans jusqu’à la région d’Istanbul, la Macédoine, la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie), au Sri Lanka et au Hidjaz. Il fit le Hajj et visita les Harameyn à plusieurs reprises, mais ses voyages les plus importants furent ceux qu’il accomplit au Cachemire.

En effet, on dit même que son premier voyage au Cachemire fut écrit en or dans l’histoire de cette région et dans celle du monde, car alors que le Cachemire n’était pas une terre musulmane, son arrivée dans ce pays, les séjours successifs qu’il y fit, la prédication qu’il offrit à ses habitants, la réforme qu’il mit en place et l’influence qu’il exerça par ses idées lumineuses déclenchèrent l’adoption de l’Islam et une ferveur populaire pour la culture musulmane dans l’ensemble du Cachemire. Il réalisa de nombreux autres voyages, il disposait d’établissements soufis dans plusieurs pays et possédait d’innombrables élèves. Il fonda la branche Hamadaniyya de la Kubrawiyya, et au Cachemire un vaste établissement soufi fut construit en son honneur et devint un centre soufi célèbre jusqu’au Khurasan. En l’an 772, il s’installa à Khatlon (Kulob) au Tadjikistan, et c’est depuis cet endroit qu’il voyagea plusieurs fois au Cachemire.

Lors de son second séjour dans cette région, il arriva avec pas moins de sept cents érudits qui s’installèrent là-bas pour diffuser l’Islam et transmettre le savoir sacré. On dit aussi qu’il s’agissait de descendants du Prophète (ﷺ) originaires de P***e, qui quittèrent leur pays car ils voyaient leur vie menacée chez eux en raison de leur hostilité et leur opposition à Tamerlan et à sa conquête sur la P***e. Lorsque Tamerlan commença à lancer des raids sur la P***e, il aurait annoncé qu’il ferait tuer les Sayyids qui avaient manifesté leur hostilité. Ainsi, avant que Tamerlan ne domine complètement la P***e, Sayyid 'Ali el-Hamadani aurait emmené ces Sayyids au Cachemire.

Bien que son appartenance au Sunnisme ne fasse aucun doute et que cette question ne se posait pas à son époque, plusieurs siècles plus t**d, lorsque les Safavides (empire chiite rafidite) ont pris le pouvoir, ils ont essayé de faire croire que la plupart des grands maîtres d’origine p***e appartenaient à leur doctrine. Ils ont affirmé qu’il était chiite sans aucune preuve, en se basant uniquement sur sa forte considération pour les Ahl el-Bayt ressortant dans ses écrits. Le chiisme n’étant plus une question politique (prendre parti pour 'Ali et ses descendants), mais plutôt une adhésion idéologique et doctrinale. Par conséquent l’appartenance chiite d’une personne est d’abord et avant tout une question de dogme ou de croyance, et au sujet de Sayyid 'Ali el-Hamadani, nous ne connaissons pas la moindre croyance qui ne soit pas Sunnite ou qui diverge de la masse des musulmans dans les fondements. Au contraire des chiites, dans ses écrits il insiste sur l’importance, pour avoir une pratique saine du soufisme, de respecter les fondements de l’Islam, afin de ne pas être en contradiction avec les écoles de 'Aqida et avec la Chari'a.

Il laissa divers livres sur le soufisme, des commentaires importants sur les ouvrages des grands maîtres, et il composa aussi des poèmes, des Salawat 'ala en-Nabi (ﷺ) et des litanies.
Mawlana Djami dit à son sujet : « Il combina les sciences exotériques avec les sciences ésotériques, et composa des ouvrages célèbres sur les sciences ésotériques. Parmi eux figurent Kitab en-Nuqta, Charh el-Asma' el-Husna, Charh Fusus el-Hikam et Charh el-Hamziyya el-Faridiya. »

Il guida les gens à Allah pendant plusieurs décennies et contribua à la bonne compréhension et orientation religieuse ainsi qu’à la réussite spirituelle de nombreuses personnes. Sa mémoire est encore très forte en P***e et en Asie centrale, mais c’est dans le sous-continent Indien, surtout en Inde est au Pakistan, qu’il demeure un des érudits et des Awliya' les plus célèbres et influents.

Salât 'ala en-Nabi (ﷺ)
de Sayyid 'Ali el-Hamadani

اَلسَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا اِمَامَ الْحَرَمَيْنِ. اَلسَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا يَا رَسُولَ الثَّقَلَيْنِ. اَلسَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا سَيِّدَ مَنْ فِى الْكَوْنَيْنِ وَشَفِيعَ مَنْ فِى الَّدَارَيْنِ. اَلسَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا صَاحِبَ القِبْلَتَينِ. اَلسَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا نُورَ الْمَشْرِقَيْنِ وَضِيَاءَ الْمَغْرِبَيْنِ. اَلسَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا جَدَّ السِّبْطَيْنِ اَلْحَسَنِ وَالْحُسَيْنِ عَلَيْكَ وَعَلٰى عِتْرَتِكَ وَأُسْرَتِكَ وَأَوْلاَدِكَ وَاَحْفَادِكَ وَأَزْوَاجِكَ وَاَفْوَاجِكَ وَخُلَفَائِكَ وَنُقَبَائِكَ وَنُجَبَائِكَ وَأَصْحَابِكَ وَاَحْزَابِكَ وَاَتْبَاعِكَ وَاَشْيَاعِكَ سَلاَمُ اللهِ وَالْمَلاَئِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ اِلَى يَوْمِ الدِّينِ وَالْحَمْدُ للهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ

Que la paix soit sur toi, ô Imam des deux sanctuaires ! Que la paix soit sur toi, ô Imam de l’Orient et de l’Occident !
Que la paix soit sur toi, ô Messager des deux choses importantes ! (c’est-à-dire les hommes et les djinns)
Que la paix soit sur toi, ô Sayyid dans les deux mondes et intercesseur dans les deux Demeures !
Que la paix soit sur toi, ô patron des deux Qibla !
Que la paix soit sur toi, ô lumière des deux Orients et rayonnement des deux Occidents !
Que la paix soit sur toi, grand-père des deux petits-fils, El-Hassan et El-Hussayn, et sur ta famille, tes enfants, tes petits-enfants, tes épouses, tes descendants, et tes Califes, tes Nuqaba, tes Nujaba, tes Compagnons, tes partisants, tes suiveurs, et ceux qui te soutiennent ! Que la paix d’Allah, des anges et de tous les hommes soit sur toi jusqu’au Jour du Jugement ! Louange à Allah, le Seigneur des mondes

Son décès

Après être tombé malade lors d’un voyage au Cachemire, il décida de repartir et mourut au cours de ce trajet, au Nord-Ouest du Pakistan, en l’an 786 de l’Hégire. Qu’Allah lui fasse miséricorde et lui accorde Sa satisfaction ! Ses élèves le transportèrent à Khatlon (Kulob) au Tadjikistan, où se trouve son mausolée.

Voir : Djami, Nafahat el-Ouns ; Nur ed-Din Ja'far el-Badakhchi, Manaqib el-Jawahir ; El-Amratsari, Tahif el-Abrar ; 'Ali el-Kachmiri, Tarikh Kachmir ; 'Abd el-Hayy el-Hassani, Nuzhat el-Khawatir ; Muhammed Iqbal, Kulliyat wa Athar/Jawidnama ; Riad Ahmed Khan, Mir Sayyid 'Ali el-Hamadani, Ahwal wa Athar wa Ach'aar.

L'Imam Mujâhid Grand Tabi'i réputé pour l'étendue de son savoir, sa sagesse et sa piété, l'Imam Mujâhid est un modèle po...
20/10/2025

L'Imam Mujâhid

Grand Tabi'i réputé pour l'étendue de son savoir, sa sagesse et sa piété, l'Imam Mujâhid est un modèle pour les érudits, un ascète chevronné, et un des précurseurs de l'exégèse coranique. Reconnu comme le Cheikh des récitants et des exégètes du Qur'an, il s'agit de l'Imam, Abû-l-Hajjaj, Abû Muhammed, Mujâhid Ibn Jabr el-Qurachi, un mawla affranchi d'Es-Sa'ib Ibn Abi es-Sa'ib el-Makhzumi, il est connu sous le nom de Mujâhid Ibn Jabr, et il est tellement célèbre qu'il est le plus souvent simplement mentionné par son prénom.

Il naquit pendant le Califat de Sayyidina 'Oumar Ibn el-Khattab (رضي الله عنه), en l'an 20 ou 21 de l'Hégire. Héritier majeur de l'école de Tafsir de Mekka, il fut le disciple d'Ibn 'Abbas (رضي الله عنه) qui étudia le plus longtemps auprès de lui, et aussi l'élève et transmetteur du savoir de plusieurs autres Sahaba (رضي الله عنهم). Il révisa le Qur'an trente fois auprès d'Ibn 'Abbas, et rapporta lui avoir lu trois fois en s'arrêtant à chaque Verset, pour l'interroger sur les causes et circonstances de sa révélation. D'après l'Imam Et-Tabari, Ibn Abi Malika dit : « Je vis Mujâhid interroger Ibn 'Abbas au sujet de l’exégèse du Qur'an en portant avec lui des tablettes. Ibn 'Abbas lui ordonnait d’écrire jusqu'à ce qu’il l'ait interrogé sur le Qur'an en entier. » Plus t**d les gens affluèrent vers lui pour apprendre le Tafsir, et de nombreux savants firent son éloge pour ses compétences en ce domaine, à l'exemple de l'Imam Sufian eth-Thawri, qui affirma : « Si tu reçois l'exégèse de Mujâhid alors ne cherche pas davantage. »

Mujâhid composa une exégèse complète du Qur'an, ce fut probablement le premier recueil (complet) de Tafsir, et il servit de modèle et référence pour les savants. Les élites parmi les érudits d'Ahl es-Sunna, tels que l'Imam Malik, l'Imam Ech-Chafi'i, l'Imam El-Bukhari, l'Imam Et-Tabari et d'autres, s'appuyèrent tous sur son exégèse. Dans la lecture coranique il fut entre autres le maître d'Ibn Kathir ed-Dari et d'Abû 'Amr Ibn el-'Ala', deux des sept Imams de la Qira'a.

Si Mujâhid était célèbre dans la science de la Qira'a et dans celle du Tafsir, il n'en était pas moins aussi un excellent Faqih, et un des narrateurs de Hadith les plus fiables de son époque. D'après l'Imam Edh-Dhahabi : « Toute la Oumma est unanime quant à la grandeur de Mujâhid, elle s'appuie sur lui comme source de preuve, et les auteurs des Kutub es-Sittah ont rapporté de lui. »
Outre Ibn 'Abbas, il rapporta des Hadiths qu'il entendit directement de Oum el-mu'minin 'Aïcha es-Siddiqa, Sa'd Ibn Abi Waqqas, Oum Hani, Ibn 'Oumar, Jabir, Abû Sa'id, Abû Hureyra, et de bien d'autres Sahaba, qu'Allah soit satisfait d'eux tous !

Il suscitait l'admiration et le respect pour ses qualités, ses enseignements et sa sagesse, comme pour sa capacité d'apprentissage et de mémorisation. Des ascètes et érudits tels que 'Amr Ibn Dinar, El-A'mach, Ayyub es-Sikhtiyani, Abû 'Amr el-Basri, El-Hakam Ibn 'Outeyba et beaucoup d'autres furent ses élèves (رضي الله عنهم). El-A'mach dit à son sujet : « Mujâhid était comme quelqu'un qui portait un trésor : chaque fois qu'il parlait, des perles sortaient de sa bouche. » Les Sahaba eux-mêmes l'honoraient avec beaucoup de respect, à l'exemple d'Ibn 'Oumar (رضي الله عنه) au sujet duquel il dit : « J'allais en sa compagnie pour le servir, mais c'est lui qui me servait. » Un jour Ibn 'Oumar lui dit : « J'aimerais que Nafi’ ait une mémoire comme la tienne. »

Il mourut en prosternation, tandis qu'il accomplissait la prière, en l'an 102 de l'Hégire à Mekka. Il fut aussi dit en l'an 103 ou 104. Qu'Allah lui soit miséricordieux et lui accorde Sa satisfaction !

Voir : Ibn Sa'd, Tabaqat ; Abû Nu'eym, Hilyat el-Awliya' ; Ibn el-Jawzi, Es-Safwa ; Edh-Dhahabi, Mizan, Siyar ; Es-Suyuti, Tabaqat el-Huffadh ; Hajji Khelifa, Kachf edh-Dhunun ; Muhammed Hussayn edh-Dhahabi, Et-Tafsir wa-l-Mufassirun.

Cheikh 'Abd er-Rahman es-Saqqaf  Salih d’une dévotion exemplaire et d’une grande humilité, Cheikh  'Abd er-Rahman es-Saq...
15/10/2025

Cheikh 'Abd er-Rahman es-Saqqaf

Salih d’une dévotion exemplaire et d’une grande humilité, Cheikh 'Abd er-Rahman es-Saqqaf fut un Cheikh riche et généreux, un bâtisseur de mosquées, un secours, un maître et un guide pour les populations de Hadramawt. Il s’agit du Cheikh qui renforça et développa la Ba'alawiyya, le Sayyid, Cheikh 'Abd er-Rahman Ibn Muhammed Mawla ed-Dawila Ibn 'Ali Mawla ed-Darak Ibn 'Alawi el-Ghayur Ibn el-Faqih el-Muqaddem Muhammed Ibn 'Ali, connu sous le nom de Cheikh 'Abd er-Rahman es-Saqqaf et surnommé « Le deuxième El-Muqaddem », qu’Allah soit satisfait de lui et de ses aïeux !

Il est l’arrière arrière petit-fils de l’Imam El-Faqih el-Muqaddem par sa généalogie paternelle et son arrière petit-fils par sa mère Sayyida 'Aïcha Bint Abi Bakr el-Wara' Ibn Ahmed Ibn el-Faqih el-Muqaddem (راضون الله عنهما). Il est le grand-père de la famille Es-Saqqaf, le premier à avoir porté ce nom. Le mot « Saqqaf » a le sens de toit, plafond. On dit qu’il fut nommé ainsi car il était comme un toit au dessus de ses contemporains.

Il vint au monde dans la ville de Tarim dans le Wadi Hadramawt en l’an 739 de l’Hégire. Dès son plus jeune âge, dans le cercle familial et dans les assemblées savantes de sa ville il bénéficia d’un riche environnement spirituel et religieux au sein duquel il put mémoriser le Qur'an et apprendre ses différentes lectures ainsi que les sciences de la Chari'a. Petit enfant, sa soif de connaissance le poussa à s’asseoir dans les rassemblements de son père en présence des Chuyukh de la région, au point où juste en raison de leurs répétitions fréquentes de textes lors ces assemblées, il mémorisa presque entièrement « El-Wajiz » de l’Imam El-Ghazali, et « El-Muhadhdhab » de Cheikh Ech-Chirazi. Pendant cette période il lut cinquante volumes d’ouvrages de science et se lança complètement dans les études tout en menant constamment des enquêtes et examens minutieux de ses connaissances et de son application de celles-ci. Parallèlement il reçut la connaissance spirituelle de plusieurs 'Arifin parmi les Imams éminents de Hadramawt.

De retour à Tarim après quelques voyages pour parfaire ses connaissances, il commença à dispenser l’enseignement religieux aux populations locales. Il était constamment dans l’effort pour l’adoration d’Allah, ses objectifs étaient de réussir à s’organiser pour exploiter au mieux, pendant toute l’année et de jour comme de nuit, les créneaux horaires entre les prières obligatoires pour pouvoir multiplier les œuvres d’adoration. En augmentant ses jours de jeûnes et en réduisant ce qu’il s’autorisait en dehors des adorations, au début il arrivait à faire deux khatma complètes du Qur'an par jour en comprenant les sourates récitées pendant les prières. A force de lutte et d’efforts il réussit prodigieusement à terminer quatre lectures pendant la journée et quatre la nuit. Lors d’un échange à ce sujet, son élève, 'Ali bin Muhammed el-Khatib, dit : « Cheikh 'Abd er-Rahman récitait ces khatmatan susmentionnés au nombre de quatre la nuit et quatre pendant la journée. Deux étaient lus à partir d’après la Salât es-Subh jusqu’à Ed-Duhr et une khatma entre Ed-Duhr et El-'Asr, qu’il récitait en deux rak'ats, puis une khatma après la Salât El-'Asr. Tandis que pour la nuit, tellement que ses positions debout [en prière] étaient longues, il était pris pour un poteau. »

Lorsqu’il cherchait à se mettre à l’écart des gens, il prenait ses livres, quelques documents et un peu de nourriture, et il s’isolait en se retirant auprès du tombeau du Prophète Sayyidina Hud (عليه السلام), où il restait pendant un mois ou plus. Il demandait constamment le pardon d’Allah, et quand il accédait à une nouvelle station, il demandait pardon pour ses imperfections dans la station dans laquelle il se trouvait auparavant. Une fois devenu un homme accompli, il prit en charge l’éducation spirituelle des aspirants par l’application des préceptes et pratiques de la Tariqa Ba'alawiyya. En peu de temps des gens affluèrent de toutes les directions pour bénéficier de ses enseignements.

Comme ses ancêtres, il possédait des terres avec de nombreuses plantations, et il se souciait du bien-être des populations et du bon fonctionnement de la société. Il planta lui-même de nombreux palmiers à Tarim, à El-Masila et ailleurs. Lorsqu’il plantait un palmier dans ces terres il récitait la Sourate Ya Sin, et dans sa terre appelée « Bahabichi », après avoir terminé chaque plantation, il récitait une khatma complète, puis il en faisait une œuvre de charité. Comme il disposait d’exploitations agricoles un peu partout dans Hadramawt, il était très riche et ses entrées d’argent étaient abondantes, alors il dépensait toujours généreusement pour les nécessiteux, il distribuait beaucoup d’argent aux populations et était à l’origine de plusieurs œuvres caritatives.

Il œuvra aussi dans la construction de lieux de culte capables d’accueillir les foules. Il fit construire dix mosquées dans différentes parties de la vallée d’Hadramaout et dota chacune d’elles de biens et de terres auxquels elle avait droit. Il dit : « Mon cœur n’a aucune inclination vers un autre qu’Allah. Je n’ai jamais construit de maison ou de mosquée sans avoir reçu au préalable l’ordre de le faire. » La mosquée connue encore aujourd’hui sous le nom de mosquée Es-Saqqaf à Tarim (voir photo), est la première et la plus célèbre qu’il fit construire. A propos de cette mosquée, il dit : « Quand j’ai commencé à la construire, les quatre Imams étaient aux quatre coins et le Prophète (ﷺ) était dans le Mihrab. »

Il est à l’origine de la Hadra Ba'alawi que l’on nomme « Hadra es-Saqqaf », et dès l’an 768 de l’Hégire, cette Hadra hebdomadaire fut instaurée dans la mosquée Es-Saqqaf parallèlement à des séances de mémorisation du Qur'an el-Kerim. Sa fille, Sayyida Maryam (رضي الله عنها), dit que quiconque en éprouve le besoin devrait se rendre à la mosquée de son père la nuit de la Hadra, se placer entre le pilier contre lequel son père s’asseyait et le pilier où les récitants s’assoient, puis adresser ses demandes à cet endroit, et ses besoins seront satisfaits par la permission d’Allah.

Étant très préoccupé par le progrès spirituel des aspirants, il se consacra avec beaucoup de réussite au renforcement et au développement de la Ba'alawiyya. Il rendit cette Voie plus évidente et accessible en établissant des règles de conduite précises à suivre, afin que la quête de la connaissance, le service (khidma), le suivi de la Sunna, la poursuite de l’adoration, s’inscrivent dans le cœur des disciples. Pour cela il fut surnommé El-Muqaddem eth-Thani, car il était le grand continuateur de l’œuvre du fondateur de la Ba'alawiyya, El-Faqih el-Muqaddem (رضي الله عنهم). Plusieurs de ses élèves témoignèrent que lorsqu’ils le prirent comme Cheikh, il retira rapidement de leur cœur tout amour pour le bas-monde. Il avait la capacité de transformer leurs traits répréhensibles en traits louables. Parmi ses propos célèbres, il déclara :
« Je suis le Cheikh de quiconque n’a pas de Cheikh jusqu’au Jour du Jugement. » Il dit aussi : « Nous avons déployé tous nos efforts [dans l’adoration], mais la plus grande ouverture ne nous a été donnée que lorsque nous sommes revenus à la connaissance de soi (nefsi). »
Ou encore : « Toute connaissance sans action est inutile, toute connaissance et action sans intention est vaine, toute connaissance, action et intention non conforme à la Sunna est rejetée, et toute connaissance, action, intention et conformité à la Sunna sans piété est une perte de temps. »

Le Cheikh Muhammed Mawla Aydid fut un de ses plus proches disciples, il resta une vingtaine d’années en sa compagnie. Le Cheikh Muhammed Jamel el-Leyl fut aussi un de ses proches élèves, ainsi que plusieurs de ses enfants éminents tels que le Cheikh Abû Bakr es-Sakran et le Cheikh 'Oumar el-Mihdar, à qui il confia la responsabilité de sa succession. La vertueuse Cheikha Sultana ez-Zubeydiyya, que l’on surnomme Rabi'a de Hadramawt en référence à Rabi'a el-Adawiyya, était une des femmes soufies les plus éminentes et une de ses principales élèves, ses poésies sont toujours récitées dans la Hadra es-Saqqaf.


L’honorable Cheikh 'Abd er-Rahman es-Saqqaf rendit son dernier souffle à Tarim le jeudi 23 du mois de Chaban de l’an 819 de l’Hégire. Qu’Allah lui soit miséricordieux et lui accorde Sa satisfaction ! Il fut enterré au cimetière de Zanbal parmi ses proches de sa famille et ses ancêtres.

Voir : Ech-Chali, El-Muchari' ; Khurd, Gharar el-Baha ed-Dawi ; Abû Bakr Ibn 'Ali, Imam Cheikh 'Abd er-Rahman es-Saqqaf ; El-Hamid, Tarikh Hadramawt ; Amin Buxton, Imams of the Valley.

Image : Masjid Es-Saqqaf à Tarim.

Dawud et-Ta'iModèle parfait dans la Voie du renoncement, mentionné comme la parure des ascètes, Dawud et-Ta'i est un des...
09/10/2025

Dawud et-Ta'i

Modèle parfait dans la Voie du renoncement, mentionné comme la parure des ascètes, Dawud et-Ta'i est un des illustres soufis des premiers siècles, un Imam de cette discipline et également un Faqih consulté par les sommités savantes de son époque. Il s'agit du Wali vertueux, Abû Suleyman, Dawud Ibn Nusseyr et-Ta'i el-Kufi, connu sous le nom de Dawud et-Ta'i, qu'Allah soit satisfait de lui !

Originaire du Khurasan, il passa l'essentiel de sa vie à Kufa et il séjourna quelques temps à Baghdad et dans d'autres villes d'Irak. Il fut un élève et un compagnon des grandes personnalités de son temps. D'après El-Hujwiri, et Farid ed-Din el-'Attar, son maître était l'Ascète Habib (Ibn Salim) er-Ra'y. L'Imam el-A'zem Abû Hanifa fut son professeur principal dans la jurisprudence pendant une vingtaine d'années, et il était aussi un de ses maîtres et compagnons dans l'ascétisme. Dans « Radd el-Muhtar », en citant la chaîne initiatique du maître de l'Imam Qucheyri, l'Imam Muhammed Ibn 'Abidin ech-Chami dit : « Abû 'Ali ed-Daqqaq reçut l'initiation de Abû-l-Qassim en-Nasrabadi, qui reçut d'Ech-Chibli, qui reçut de Sari es-Saqati, qui reçut de Ma'ruf el-Karkhi, qui reçut de Dawud et-Ta'i, qui reçut les deux connaissances, l'interne et l'externe, de l'Imam Abû Hanifa. »
En effet, l'Imam Abû Hanifa possédait les deux connaissances, il passa deux ans en compagnie de l'Imam Ja'far es-Sadiq, il en témoigna en disant : «Si je n'avais pas eut ces deux années, j'aurais péri ! » L'Imam Ibn 'Abidin (رحمه الله) expliqua cette parole en ces termes : « Pendant deux années, il accompagna Ja'far es-Sadiq et il acquit la connaissance spirituelle qui fit de lui un 'Arif dans la Voie (Tariqa)…»
Ainsi, par l'Imam Abû Hanifa, Dawud et-Ta'i avait une connexion spirituelle à l'Imam Ja'far es-Sadiq (رضي الله عنه). Plus t**d, il le rencontra et bénéficia de sa compagnie, et l'Imam Ja'far a lui-même témoigné qu'il était un Ascète accompli. L'Imam El-Hujwiri rapporta leur rencontre ainsi : « Une fois, Dawud et-Ta'i alla visiter l'Imam Ja'far es-Sadiq (رضي الله عنهم) et lui dit : “Ô fils du Messager d'Allah (ﷺ), conseille-moi, car mon cœur est noirci.” L'Imam Ja'far lui dit : “Ô Abû Suleyman, tu es un ascète accompli de ton temps, pourquoi aurais-tu besoin de conseil de ma part ?” Dawud et-Ta'i plaida ainsi : “Ô fils du Messager d'Allah (ﷺ), ta famille est supérieure aux autres, il te revient de dispenser des conseils à tous.” L'Imam Ja'far es-Sadiq déclara alors : “Ô Abû Suleyman, j'ai peur que demain, au Jour de Qiyama, mon grand-père ne me saisisse, disant : « Pourquoi n'as-tu pas rempli l'obligation de suivre mes pas ? » Parce que devant Allah (تعالى) le mieux est de ne pas conduire son ascendance.” Dawud et-Ta'i se mit à pleurer et s'exclama : “Ô Seigneur ! Si quelqu'un dont la lignée est de l'Ahl el-Bayt, dont le grand-père est le Prophète (ﷺ), et dont la mère est Fatima (رضي الله عنها), si une telle personne est préoccupée par des doutes sur sa fin, qui je suis moi (en rapport à lui) ? Puis-je être satisfait de ma relation (avec Toi) ?”. »

Lorsqu'il était jeune il connut le célèbre ascète El-Hassan el-Basri (رضي الله عنهم) et plus t**d, il devint disciple de l'un de ses plus brillants élèves, l'ascète Habib Ibn Muhammed el-Basri, connu sous le nom de Habib el-'Ajami. Il rencontra également d'autres ascètes et érudits de son époque, et il rapporta des Hadiths qu'il entendit de plusieurs Tabi'in, notamment de Humeyd et-Tawil, de 'Abd el-Malik Ibn 'Oumeyr, de Isma'il Ibn Abi Khalid, et aussi de l'Imam El-A'mach, qui fut un de ses principaux enseignants (رضي الله عنهم).

Avant de se distinguer par l'ascétisme en se détournant complètement de ce bas-monde, il obtint une reconnaissance et une réputation notable en tant que Faqih, car il excella dans l'étude du Fiqh auprès de l'Imam Abû Hanifa.
Son niveau dans le Fiqh était tel que lorsque les élèves et successeurs les plus célèbres de l'Imam Abû Hanifa, les juges Abû Yusuf et Muhammed ech-Cheybani, divergeaient sur une question, ils le consultaient et s'en remettaient à son avis.

Son ascétisme est ce qui est le plus connu à son sujet, nous savons qu'il rejeta toute forme de richesse matérielle, tout confort et toute possession de ce qu'il ne jugeait pas nécessaire. Il n'accomplissait rien pour sa propre satisfaction, ne recherchant en chacun de ses souffles, en chacune de ses actions, que l'agrément du Seigneur des mondes. Ibn Muslim témoigna que lorsqu'il entra dans sa maison avec ses proches, ils n'y trouvèrent rien d'autre qu'une petite natte et une petite brique qui lui servait d'oreiller. D'un côté, il y avait quelques morceaux de pain sec et un petit récipient pour l'eau. Il reçut un héritage de vingt dinars et il mit vingt ans pour les dépenser. Il n'accepta jamais de dons d'un Calife ou de quelqu'un lié au pouvoir. Il était un excellent modèle, un être accompli, un exemple tel que 'Abdullah Ibn el-Mubarak lui-même dit : « La véritable Voie est celle que suivait Dawud et-Ta'i » et Muharib Ibn Wassar déclara : « S'il avait vécu avant l'avènement de l'Islam, son exemple aurait certainement été présenté dans le Qur'an. »

- Un jour, Abû Hanifa lui dit : « Ô Abû Suleyman, à présent nous avons maîtrisé la science. » Dawud dit : « Que reste-t-il ? » Abû Hanifa répondit : « Il reste à agir selon celle-ci » Ces paroles l'incitèrent à s'isoler, il dit : « J'ai eu un conflit avec ma nefs à propos de l'isolement et je lui ai dis : “Continue de t'assoir en compagnie des gens mais garde le silence.” Je leur ai donc tenu compagnie sans discuter d'aucune question pendant un an. L'occasion de discuter se présentait à moi, mais je n'en faisais rien, même si j'étais encore plus tiraillé par l'envie de le faire que l'assoiffé est attiré par l'eau fraîche. » Farid ed-Din el-'Attar dit : « Cela dura une année, et par la grâce d'Allah, il atteignit la station qu'il convoitait. Il disait : “La patience d'une année me procura les sciences qu'on acquiert après trente ans de pratique.” »
D'après les spécialistes c'est une des principales raisons qui le poussèrent à se consacrer complètement à l'ascétisme. D'après Farid ed-Din el-'Attar, il se rendit chez Habib er-Ra'i et auprès de lui il obtint la grande ouverture. Il entra dans la Voie avec une grande détermination, se débarrassa de ses livres, entra en retraite et cessa d'espérer en ses semblables.

- Abû er-Rabi' dit : « Je suis allé voir Dawud et-Ta'i. Celui-ci ne sortait de chez lui qu'une fois que le muezzin disait : « Venez à la prière ! » Dés lors, il sortait et priait avec les fidèles, et dès que l'Imam avait fait la salutation finale, il se levait, prenait ses sandales et rentrait chez lui. Ne pouvant le voir après plusieurs tentatives, je l'ai interpellé un jour en lui disant : « Doucement, ô Abû Suleyman ! » Il s'arrêta et j'en profitai pour lui dire : « Fais-moi une recommandation, ô Abû Suleyman ! » Il me dit : « Crains Allah, et si tu as tes deux parents, sois bienveillant envers eux. » Puis il ajouta : « Jeûne de ce monde, de sorte que la mort soit ta rupture de jeûne, et fuis les gens sans abandonner la prière collective avec eux ! »

- On rapporta qu'il était constamment triste et qu'il disait le soir : « Ô Allah ! Ma préoccupation pour Toi a chassé toutes pensées pour autrui, et s'interpose entre moi et les insouciants. »

- Ma'ruf al-Karkhi dit : « Je n'ai jamais rencontré une personne qui méprisait autant ce bas monde que Dawud. A ses yeux, ce monde ne valait pas plus d'un atome. Il fuyait les hommes, mais aimait les soufis. »

- On lui demanda pourquoi il refusait la compagnie des gens, et il répondit : « Si je m'assois avec des personnes plus jeunes que moi, elles ne me seront pas utiles pour ma religion ; et si je m'assois avec des personnes plus âgées, elles n'oseront pas évoquer mes défauts. Alors à quoi bon les fréquenter ? »

- On lui demanda pourquoi il refusait de se marier, et il répondit : « Car je ne veux pas trahir une croyante. Si j'épouse une femme, je suis tenu de subvenir à ses besoins matériels et spirituels. Si je n'y parviens pas, je commets alors une injustice à son égard, et ceci n'est pas permis. »

- On lui demanda pourquoi il ne peignait pas sa barbe, et il répondit : « Quand trouverais-je du temps pour le faire ? »

- Un de ses visiteurs rapporta : « Je suis allé trouver Dawud, et je vis chez lui une cruche exposée au soleil. Je lui dis : “Pourquoi ne la mets-tu pas à l'ombre ?” Il répondit : “Elle s'y trouvait avant que le soleil ne se déplace et à présent, j'ai honte vis à vis d'Allah, de la déplacer pour ma propre satisfaction.” »

- Il dit à un homme qui lui demanda conseil : « Œuvre pour l'au-delà, et agis selon le temps qui t'est imparti sur terre et ce dont tu as besoin. »

- Un homme lui demanda : « Que penses-tu d'un homme qui entre chez les hommes de pouvoir et leur ordonne le convenable et leur interdit le blamable ? » Il lui dit : « Je crains pour lui le fouet » L'homme lui dit : « Et si cela le fortifie ? » Dawud repondit : « Je crains alors pour lui l'épée. » L'homme ajouta : « Et si cela le fortifie d'avantage ? » Il repondit : « Je crains alors pour lui la maladie pernicieuse, l'ostentation. »

Le Calife l'appréciait beaucoup et l'invitait souvent, en vain. Un jour, il le choisi pour enseigner et lui envoya un messager pour l'en informer avec sa lettre de nomination. Lorsque ce dernier arriva, il trouva Dawud en compagnie d'un disciple en état de contrition. A la vue du messager, Dawud lui tourna le dos et s'assit en face de son disciple. Le messager lui remit alors la lettre de derrière son dos, sans voir son visage. Dawud parcourut rapidement la lettre et la jeta par terre en disant : « Dis au Calife que je travaille déjà pour Allah et de laisser tomber les propositions futiles. »

Il mourut à Kufa en l'an 165 de l'Hégire, certains ont dit 166. Qu'Allah lui soit miséricordieux et lui accorde Sa satisfaction !

Voir : Abû Nu'eym, Hilyat el-Awliya' ; El-Qucheyri, Rissala ; Ech-Chirazi, Tabaqat el-Fuqaha ; Ibn el-Jawzi, Sifat es-Safwa ; El-'Attar, Tadhkirat el-Awliya' ; 'Abd el-Qadir el-Qurachi, El-Jawhara el-Mudiyya fi Tabaqat el-Hanafiyya ; Edh-Dhahabi, Siyar.

Adresse

Paris
75013

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