L'Ordre des Chevaliers du Sanctuaire et Epsilonnéen de la penser P.O.

L'Ordre des Chevaliers du Sanctuaire et Epsilonnéen de la penser P.O. Nous sommes pas du tout Satanique

Comme nous sommes pas les Apôtres du Mâlin

17/05/2023

Acolytes légendaires des "sorcières" accusés de porter malheur, les chats noirs ont aujourd'hui encore, mauvaise réputation. Une image tenace qui leur colle tellement à la peau, qu'ils restent les chats les moins adoptés des refuges animaliers, et semble-t-il, les plus souvent abandonnés... Alors, à quand remonte cette superstition ?
Le chat noir, incarnation du diable pour l'Eglise catholique

Ils n'ont pas plus mauvais caractère que les autres. La personnalité des chats n'est ni déterminée, ni influencée par la couleur du pelage. Et pourtant, le mythe qui pèse sur le chat noir est tel, qu'on lui a consacré une expression française. "Etre un chat noir" désigne dans la langue française une personne qui "porte la poisse". Toute l'Europe déborde de mythes autour de celui que l'on considère volontiers, et à tort, comme un être maléfique. Au Japon aussi, la "légende du chat vampire" raconte que la jeune femme promise au fils de l'empereur aurait été égorgée par un gros chat noir durant son sommeil. Alors d'où viennent ces inepties qui ont visiblement la vie dure ?

17/05/2023

Cependant, d'autres croyances égyptiennes anciennes font également du chat noir, le symbole du traître et du démon. La légende assimilait alors le chat noir à un Éthiopien noir représentant le Diable.

Si l'on peut remonter jusqu'au temps de l'Égypte ancienne pour trouver des traces de superstitions autour des chats à pelage noir, c'est au Moyen-Âge qu'elles prennent vraiment leurs essors.

En France, jusqu'au 9ème siècle, le chat, peu importe la couleur de sa robe, est considéré comme un animal utile, car capable de protéger les récoltes des invasions de rongeurs.

En Europe, au Moyen Âge, le chat (notamment ceux au pelage noir) devient le symbole du démon ou du diable. Dénoncé comme l'incarnation du mal et de la sorcellerie par l'Église catholique, il est traqué, chassé et tué. Les chats étaient également brûlés vifs à la fête de la Saint-Jean. Les possesseurs de chats noirs sont vus comme des sorciers ou sorcières que l'on soupçonne de se transformer en chat.

14/02/2023

4 septembre 2022

L'histoire des témoins de Jéhovah débute à la fin du XIXe siècle. Créés par Charles Taze Russell, ils voient le jour aux États-Unis dans les années 1870. Leur nom était alors les « Étudiants de la Bible ». C'est en juillet 1879 que paraît le premier numéro du périodique « La Tour de garde », dont les Témoins discutent lors de leurs rassemblements. Bien des fois, les témoins de Jéhovah ont été accusés de dérives sectaires, notamment en raison de leur prosélytisme. Toutefois, en 2011, la Cour européenne des droits de l'homme a rendu une décision dans laquelle elle confirme qu'ils peuvent bénéficier des exonérations d'impôts accordées aux autres religions.

S'ils se revendiquent chrétiens, les témoins de Jéhovah ne croient pas en La Trinité. En revanche, ils reconnaissent l'histoire de Jésus. Jéhovah est le nom qu'ils donnent à Dieu. On peut traduire ce terme par « L'Éternel » ou « Je suis ». Selon leurs croyances, seuls les témoins de Jéhovah seront sauvés lors de la fin du monde. Cet événement inévitable à leurs yeux est nommé l'Armageddon, du nom d’une montagne citée dans le livre de l’Apocalypse. Les témoins se défendent d'être une secte, car ils ne seraient pas « séparés d'une grande religion ». Au contraire, ils estiment pratiquer la religion chrétienne telle qu'elle devrait véritablement l'être. Selon eux, le mariage et la famille sont les fondements essentiels de la vie. Ils sont contre l'avortement, par respect pour le caractère sacré de la vie. De plus, ils refusent les transfusions (...)

14/02/2023

Témoins de Jéhovah

Groupe religieux fondé aux États-Unis, vers 1874, par Ch. Taze Russell.

Les Témoins de Jéhovah affirment que la Bible, parole de Dieu, est la seule source de vérité, qu'ils sont les derniers représentants d'une longue série de témoins, d'Abel à Jésus. Ils annoncent une lutte entre Satan et Yahvé, qui triomphera, la terre devenant alors le séjour des survivants et des morts ressuscités. Ils ont des prêcheurs itinérants, dont le centre de ralliement est à New York (Brooklyn).

14/02/2023

En 1948, Robbie Mannheim était un jeune garçon de 13 ans, l’enfant unique d’une famille ouvrière sans histoire, et il était décrit par ses connaissances comme un enfant calme, réservé, pas vraiment populaire et très studieux. Robbie habitait avec ses parents et sa grand-mère une petite maison à Mont-Rainier, dans le Maryland, mais il était très proche de sa tante Harriet qui vivait à Saint-Louis mais qui venait leur rendre visite régulièrement. Harriet se disait medium et elle se servait pour ses séances de spiritisme d’une planche de Ouija qui fascinait le jeune garçon. Au cours de l’été Robbie demanda à sa tante de lui apprendre à s’en servir, et cette dernière accepta de l’initier au spiritisme mais peu de temps après, elle succomba à une terrible maladie et le jeune garçon en fut profondément affecté. Après cette tragique disparition, Robbie commença à changer. Parfois il se montrait taciturne, renfermé, et il s’enfermait souvent dans sa chambre, essayant probablement de contacter sa tante par l’intermédiaire de la planche de Ouija.

Les manifestations étranges commencèrent peu de temps après la disparition d’Hariett. Des bruits semblaient résonner dans les murs, des sortes de grattements, et les parents de Bobbie, pensant que la maison était peut-être envahie par des rongeurs, firent alors appel à une société de dératisation. Malheureusement, les spécialistes ne trouvèrent aucune trace de nuisibles et ces sinistres raclements demeurèrent inexpliqués. Puis brusquement, toute la maison sembla sombrer dans la folie. Des coups sourds s’élevaient de pièces vides, des objets se déplaçaient tout seuls, les lustres se balançait inexplicablement et l’image du Christ cognait inlassablement contre le mur.

Comme Hariett était partie peu de temps auparavant, M. et Mme Mannheim s’imaginèrent alors que la vieille dame essayait de communiquer avec eux depuis l’Au-delà mais bientôt la violence des manifestations devint telle qu’ils durent abandonner cette idée. Chaque nuit, les bruits semblaient se faire plus intenses et la maison résonnait alors du vacarme qu’aurait fait une troupe de soldats marchant au pas. La chambre de Robbie semblait particulièrement affectée par le phénomène. Quand il s’allongeait, son lit était agité de vibrations, des objets volaient à travers la chambre, et à une occasion, la fiole d’eau bénite placée sur la table de chevet s’était fracassée sur le sol. Puis brusquement, les manifestations s’étendirent à toutes les pièces et les meubles, les commodes, les tables de nuit, les tables basses etc., semblèrent soudain s’animer d’une vie qui leur était propre. Un jour que M. Kagey, le père d’un ami de Robbie, était venu visiter la famille, il vit le jeune garçon se faire brutalement éjecter d’une chaise et être projeté à plusieurs mètres. Quand tombait la nuit, le comportement de Robbie changeait brusquement. Il devait étrange, inquiétant. Parfois, des marques, des ecchymoses et des traces de coups apparaissaient sur son corps, que personne ne pouvait expliquer, et terrifiés, ses parents décidèrent alors de demander de l’aide à leur pasteur luthérien, Luther Miles Schulze. Selon un rapport établi par le pasteur Schulze et relayé par l’Evening Star, un journal de Washington, le garçon fut examiné par divers médecins et psychiatres qui ne purent offrir aucune explication quant aux différents phénomènes dont il était victime.

Le prêtre, qui restait terriblement sceptique quant à l’histoire que les parents de Robbie lui avait rapportée, proposa d’héberger le jeune garçon pour une nuit, afin de pouvoir observer les phénomènes par lui-même. Peu de temps après, le pasteur, qui entretenait des liens étroits avec un parapsychologue, le Dr Rhein, lui écrivit une lettre décrivant son expérience:

» La nuit du 17 au 18 février, je pris l’enfant avec moi pour la nuit, pour constater de moi-même les phénomènes en question. L’enfant s’endormit dans un fauteuil qui peu de temps après se mit à glisser seul sur le plancher de la pièce. Je mis alors l’enfant sur le lit, qui lui aussi se mit à vibrer, le matelas fut jeté à terre et glissa latéralement, sous le lit… «

Dans une interview qu’il accorda anonymement au Washington Post le 10 août 1949, le prêtre expliqua que lorsque le garçon s’était endormi dans le lit placé près du sien, il avait entendu le meuble vibrer et des bruits de grattements s’étaient élevés des murs. Puis, un peu plus t**d dans la nuit, il avait été témoin d’étranges phénomènes. Un fauteuil dans lequel le garçon s’était assis s’était incliné tout seul et les couvertures sur lesquelles il s’était assoupi avait inexplicablement glissé autour de la salle. Il avait alors décidé d’appeler un médecin, qui avait prescrit un barbiturique à toute la famille.

Après cette nuit-là, Miles Schulze, convaincu de la possession de Robbie Mannhein, décida d’effectuer un exorcisme suivant les rites de l’église anglicane, sans résultat. Puis, comme les phénomènes se succédaient, de plus en plus violents, de plus en plus effrayants, le pasteur Schulze conseilla alors aux parents du jeune garçon de se tourner vers l’église catholique et il les mit en contact avec le père Albert Hughes.

En février 1949, Robbie et ses parents visitèrent le Père Hughes à l’église Saint-James. Quand le garçon pénétra dans le bureau du prêtre, ce dernier remarqua immédiatement son regard sombre et vide. L’enfant jeta ensuite un regard hostile aux livres de prières que le prêtre avait posé sur la table, et le Père Hughes comprit qu’il était possédé à ce simple signe, qui était habituel. Les personnes affectées souffraient d’une profonde aversion pour toutes les choses sacrées, les Saintes Écritures, les crucifix, les membres du clergé, les statues, les icônes, les médailles etc, et Robbie venait tout juste de démontrer son hostilité à leur égard. Au même moment, la chaise du prêtre se souleva littéralement, avec lui assis dessus, et elle fonça contre le mur, juste derrière lui. Le Père Hughes, qui savait maintenant qu’il avait affaire à quelque chose de surnaturel et de diabolique, tenta d’aborder la situation aussi bien qu’il le pouvait et regardant le garçon dans les yeux, il lui demanda en latin: » Quel est ton nom? » Alors, calmement, Robbie répondit clairement: » Je suis légions. »

Le Père Hughes était alors un jeune prêtre peu familier des rites d’exorcisme et ce jeune garçon était même le premier cas qu’il rencontrait. Le 27 février 1949 Robbie fut admis à l’hôpital de Washington, qui était dirigé par des frères jésuites auxquels le Père Hughes avait demandé de superviser les rituels d’exorcisme. L’adolescent se montrait déjà violent et instable, il s’agitait, tournait, crachait et criait. Il était tellement agressif que les infirmières n’eurent d’autre choix que de l’attacher afin de pouvoir le contrôler. Le Père Hughes récita les prières d’exorcisme durant trois nuits consécutives, sans résultat. En fait, le garçon devenait même de plus en plus violent à chaque séance. Il écumait, criait, insultait le prêtre et tentait de briser ses liens. Un soir, à force de tirer sur les lanières, il réussit à libérer l’une de ses mains puis, la glissant subrepticement sous son lit, il arracha un ressort du matelas et s’en servant comme d’une arme, il lacéra le bras du Père Hughes, lui infligeant une terrible entaille qui allait de l’intérieur de son poignet au recoin de son coude. La blessure du prêtre était sérieuse, elle nécessita de nombreux points de sutures, aussi fut-il obligé d’abandonner l’exorcisme et l’enfant put retourner chez lui.

Les parents du jeune garçon vivaient dans un état de peur constante pour sa santé. Son corps se recouvrait toujours de coupures inexpliquées, de contusions, d’égratignures et d’ecchymoses. Une nuit, la malheureuse mère crut distinguer les mots Saint Louis inscrits sur la poitrine de son fils, et elle vit là un message. M. et Mme Mannheim partirent alors pour la ville de Saint-Louis, où ils avaient des parents, et s’installant chez eux, ils leur expliquèrent qu’ils déménageaient dans l’espoir de trouver un traitement médical pour Robbie. Malheureusement, les médecins de Saint-Louis ne leur furent d’aucune aide et désespérés, ils se tournèrent une nouvelle fois vers l’église. L’un des cousins de Robbie raconta toute l’histoire au révérend Raymond J. Bishop, qui était son professeur à l’Université, et le prêtre lui conseilla de s’adresser au Père William S. Bowdern, le doyen du diocèse de St. Louis, un homme qui avait passé du temps au sein de l’armée américaine et qui était réputé intelligent, attentif et peu influençable.

Les deux prêtes visitèrent l’enfant à son domicile à plusieurs reprises, et ils constatèrent sa profonde aversion pour les choses sacrées. Parfois, en leur présence, le lit se mettait à trembler, des objets volaient dans les airs et Robbie parlait d’une voix gutturale qui ne ressemblait en rien à la sienne. Pensant que le garçon était victime d’une possession démoniaque, le prêtre demanda alors à son évêque la permission de pratiquer un exorcisme, et ce dernier y consentit, à condition qu’il tienne un journal détaillé des événements. Le Père Bowdern, qui connaissait l’histoire du Père Hughes et la façon dont il avait été blessé, décida d’aborder la situation avec prudence et comme il avait de sérieux doutes quant à ses capacités et qu’il n’était pas sur de parvenir à accomplir le rituel avec succès, il demanda de l’aide à plusieurs prêtres dont le Père Walter Halloran, qui allait lui apporter un soutien sans faille.

14/02/2023

Suite à la publication d'un épisode du podcast Vis À Vies sur la thématique des dérives sectaires, la Fédération chrétienne des Témoins de Jéhovah a tenu à apporter les précisions suivantes.

Les Témoins de Jéhovah souhaitent réagir par la voix de leur Fédération au podcast « Vis à Vies : 3. Les dérives sectaires ». Ce podcast met en avant le témoignage individuel et isolé d'un ancien fidèle pour tenter de justifier une mise en cause générale de la religion des Témoins de Jéhovah et de proposer une image négative de chacun d'entre eux. Le témoignage mis en avant provient d'une personne qui a librement choisi de quitter la religion puis de s'y opposer sans que son expérience subjective et familiale puisse rendre compte de celle de tous ceux qui sont Témoins de Jéhovah et contents de l'être. Ce témoignage ne permet pas davantage de fonder une accusation de dérive sectaire. Faut-il rappeler que selon la doctrine même de la Miviludes, il n'y a pas de dérive sectaire sans qu'existe une infraction à la loi. Or, il n'en est mentionné aucune dans votre podcast, et pour cause, alors que les Témoins de Jéhovah se font un devoir d'obéir aux lois et d'être des citoyens pacifiques dont les autorités n'ont rien à craindre. Ils pratiquent leur culte paisiblement. Les Témoins de Jéhovah sont présents en France depuis plus de 120 ans et sont une religion connue, comme le confirment de nombreuses décisions prises par le Conseil d'État et la Cour européenne des droits de l'homme. Ils respectent les gouvernements et leur autorité. Ils respectent en outre la liberté de chacun. La foi est une question personnelle. Devenir Témoin de Jéhovah relève d'une décision totalement volontaire. Une personne peut aussi décider librement de ne plus être Témoin de Jéhovah. Et s'il est vrai que quand un membre de la famille n'est plus Témoin de Jéhovah, la pratique religieuse de la famille s'en trouve affectée, les liens du sang n'en perdurent pas moins contrairement à ce qu'insinue le témoignage que vous avez publié.

Exclusion, altérité, stéréotype : voilà des termes qui, dans le contexte de la mondialisation contemporaine, sont présen...
14/02/2023

Exclusion, altérité, stéréotype : voilà des termes qui, dans le contexte de la mondialisation contemporaine, sont présents dans l’actualité. Ces concepts existent depuis des centaines, voire des milliers d’années, et la figure de l’Autre a toujours suscité curiosité, intérêt ou inquiétude. Dans le cadre médiéval, celle-ci se distinguait particulièrement par sa religion. Les auteurs médiévaux en ont donc fait une cible privilégiée, transmettant une image sombre du paganisme, alors que les païens, qui peuplaient l’ensemble de l’Europe avant sa christianisation, ne possédaient pas l’écriture. Une étude des écrits chrétiens offre un aperçu d’une possible discrimination, encore présente aujourd’hui dans la représentation des païens, en constatant comment ils étaient décrits de manière stéréotypée, à une époque où on les considérait comme des ennemis.

Le païen* est vu, par les auteurs modernes, comme un être vénérant les forces de la nature, vivant dans une société souvent tribale, polythéiste : il est l’adversaire du chrétien et la cible des missionnaires. Il fait figure de personnage incontournable de l’époque médiévale, alors que la chrétienté triomphante repousse ses frontières, convertissant les populations limitrophes. Parfois nommé idolâtre*, le païen est amplement stéréotypé, tant dans les sources historiques que dans les représentations actuelles du Moyen âge. Le spécialiste des civilisations scandinaves Régis Boyer, lorsqu’il souligne le cliché actuel entourant le Viking* païen, le décrit comme une brute blonde aux yeux bleus, coiffée d’un casque à cornes (qu’aucun Viking n’a jamais porté), debout à la proue de son drakkar (alors que le terme n’a été inventé qu’au XIXe siècle par un journaliste français) ; une brute violant moinillons et vierges, buvant le sang de ses victimes dans leur crâne, et affrontant la mort en riant à gorge déployée1. Cette représentation moderne, inspirée des sources du passé, est certes exagérée. Elle peut cependant pousser à se demander quelles étaient les caractéristiques reprochées aux païens par les chrétiens. Comment cette construction d’un modèle de l’altérité païenne, qui perdure encore de nos jours, six siècles après la fin du Moyen âge, s’articule-t-elle ?



Un premier regard sur le païen médiéval

Le portrait du païen est souvent négatif et stéréotypé. Selon les chrétiens, il était violent, barbare, sauvage, fourbe et ne connaissait rien à leur religion. Opposant traditionnel de l’église, il était une menace pour les fidèles, leur âme et les institutions religieuses. Par conséquent, il ne pouvait que provenir d’une société inférieure et donc devenir victime d’une certaine forme de discrimination. Alors que les païens ne possédaient pas l’écriture, seule cette image négative a traversé les siècles. Emplie de clichés, elle n’est cependant pas nécessairement un reflet de la réalité. À vrai dire, tout comme pour le processus d’exclusion actuel, l’image renvoyée par les sources historiques est basée sur des traits exagérés, souvent négatifs, créant ainsi un idéal type de l’antagoniste. Le païen, au Moyen âge, est justement ce rival qui doit être détesté du clergé et de l’ensemble des croyants. Il en va de la survie et de l’extension de la chrétienté que de pouvoir mobiliser la société contre lui et éventuellement l’éradiquer.

Un être inférieur

Le païen était, dans les sources médiévales, à ce point comparé à des êtres jugés inférieurs par les chrétiens qu’il a même été associé au chien. En effet, on disait qu’il n’était pas humain, puisque non baptisé. Cette comparaison proviendrait de saint Augustin et du psaume 59 de l’Ancien Testament, où il est mentionné que le païen, à l’image du chien, ne peut qu’aboyer ses arguments contre la vérité chrétienne2. De plus, le chien était perçu, tout comme le païen, particulièrement cruel à l’égard des fidèles. Cette image se modifie cependant avec le temps ; le chien, mordant d’abord dans le christianisme, aboiera finalement pour le défendre. Ainsi, le chien représente la conversion religieuse3. Le païen a aussi été rapproché de la chèvre. C’était le cas chez les Carolingiens*, qui comparaient fréquemment le païen danois à une chèvre mâle non rasée, régnant sur d’autres chèvres et parlant un langage inhumain4. Enfin, le païen a été comparé à un enfant : il ne fallait pas le brusquer, la foi devait lui être expliquée lentement, sans quoi il ne pouvait pas la comprendre5. D’autre part, l’environnement païen était également jugé inférieur par les chrétiens. La vision médiévale opposait nature et culture, ce qui est inhospitalier et ce qui est organisé par l’homme. Une terre où ne se trouvent pas de villes ou de châteaux dignes de ce nom était considérée comme laissée à l’abandon. Elle était par conséquent déclarée habitée par un être ne pouvant .évoluer ou participer à une activité sociale, et donc inférieur. Ici, ce n’est pas l’espace qui est jugé, ce dernier demeurant neutre, mais l’individu ou la société agissant sur cet espace6.

14/02/2023

D'un point de vue chrétien, les païens sont tous ceux qui pratiquent une religion non chrétienne. Les juifs et les musulmans emploient également ce terme pour désigner toute personne extérieure à leur religion. D'autres définissent le paganisme comme toute religion, à l'exception du bouddhisme, de l'hindouisme, du judaïsme et du christianisme, tandis que d'autres encore considèrent comme païenne toute personne n’ayant pas de religion.

Le paganisme peut être polythéiste et inclure l’adoration de divinités multiples, comme c'était le cas dans la Rome antique. On peut aussi qualifier de païen tout individu areligieux, qui se complaît dans les plaisirs de la vie et les biens matériels, s'adonne aux plaisirs charnels et a une attitude hédoniste ou complaisante. Un autre terme plus moderne est celui de néo-paganisme, qui fait référence à des formes contemporaines de paganisme comme la Wicca, le druidisme et Gwyddon.

Ces pratiques « païennes » modernes ressemblent à leurs homologues antiques en ce qu'elles sont fortement hédonistes et mettent l'accent sur la gratification des sens, la complaisance et la poursuite du bonheur et du plaisir, aux dépens de toute autre chose. Dans l'Antiquité, les cérémonies sexuelles jouaient un rôle important dans les religions païennes. L'Ancien Testament fait référence à ces religions corrompues dans des passages comme Deutéronome 23.17, Amos 2.7-8 et Ésaïe 57.7-8.

Même s'il y a de nombreuses formes de paganisme et que leurs croyances et pratiques varient beaucoup, on distingue néanmoins un certain nombre d'éléments communs, notamment :
• le monde physique est bon et nous devons prendre plaisir à ce qu'il a à offrir,
• nous faisons tous partie de la terre mère,
• la divinité se révèle dans toutes les facettes du monde,
• tout être vivant, homme ou animal, est dérivé du divin ; nous sommes tous des dieux et des déesses,
• la plupart des religions païennes n'ont pas de gourous ni de messies,
• notre responsabilité personnelle passe avant la doctrine,
• les cycles solaire et lunaire jouent un rôle important.

Toutes les formes de paganisme sont de fausses doctrines. Paul aborde cette perversion de la vérité dans son Épître aux croyants de Rome (Romains 1.22-27). Il décrit les païens comme des hommes mondains et matérialistes, qui adorent la créature au lieu du Créateur. Ils adoraient des arbres, des animaux et des rochers et allaient jusqu'à profaner leur propre corps par des pratiques sexuelles perverses afin de s'adonner jusqu'au bout à leurs passions. Paul poursuit en nous révélant pourquoi ils se conduisent ainsi et le résultat de leur attitude : « Comme ils n'ont pas jugé bon de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur intelligence déréglée, de sorte qu'ils commettent des actes indignes. » (Romains 1.28)

Contrairement à ce qu'on pense généralement, la plupart des païens affirment ne pas croire en Satan, mais il est évident que Satan est leur principale source d'influence et de domination. Même s'ils le nient, ils le divinisent par leurs pratiques sensuelles. Paul dit clairement comment Satan agit dans la vie des hommes sans Dieu, par sa puissance, ses signes et ses mensonges : « La venue de cet impie se fera par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers et avec toutes les séductions de l'injustice pour ceux qui périssent parce qu'ils n'ont pas accueilli l'amour de la vérité pour être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur envoie une puissance d'égarement pour qu'ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l'injustice soient condamnés. » (2 Thessaloniciens 2.9-12)

L'existence et la puissance de Satan est clairement manifestée par ces pratiques païennes, non seulement au Ier siècle de l'histoire de l'Église, mais jusqu'à aujourd'hui, dans notre monde post-moderne. Aux croyants fidèles qui connaissent le Seigneur, les cultes païens sont une manifestation de la puissance de séduction du prince de ce monde, Satan (1 Jean 5.19), qui « rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » (1 Pierre 5.8). Par conséquent, ils doivent être évités.

14/02/2023

Quand le monde gréco-romain devint chrétien de païen qu'il était, ce fut un triple changement. Un régime de « parti unique » à « centralisme démocratique », l'Église, se substitua à la « libre entreprise » du paganisme, où chacun fondait le temple qu'il voulait et enseignait le dieu de son invention, comme on ouvrirait une auberge ou lancerait un nouveau produit. Aussi bien le dieu chrétien était-il un dieu jaloux, qui substitua sa monarchie au pluralisme païen. Mais le troisième changement fut plus sensationnel encore : entre ce que les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans, bref les religions du Livre, entendent par le mot « dieu » et ce que les Païens entendaient par-là, il n'y a guère que le nom de commun.

Le dieu des trois religions du Livre est un être gigantesque et éternel, extérieur et infiniment supérieur au monde, qu'il a au reste créé. Les dieux païens, eux, faisaient partie du monde, qui existait depuis toujours. Plus ...

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