30/03/2026
Les lectures de Monseigneur Martin
Entrer dans le Nom du Saint Seigneur Jésus...
La prière « à » Jésus est notre véritable entrée dans la liturgie du cœur, parce que, en invoquant « Jésus », « sous l’action de l’Esprit Saint » (1 Corinthiens 12, 3), nous entrons dans le mystère de son saint Nom. N’est-ce pas ainsi que Lui-même nous enseigne à entrer en prière : « Que ton Nom soit sanctifié ! » ? Le seul Nom divin que nos lèvres et nos cœurs puissent en vérité prononcer est celui de Jésus. Tous les autres, même celui de « Père », sont des analogies ou des symboles, toujours à purifier. Seul celui de Jésus est vrai, en plénitude, et c’est lui qui confère son sens à tous les autres, surtout celui du Père. Quand nous invoquons « Jésus », nos cœurs s’ouvrent au seul Nom qui ne soit pas un mot détaché de la personne qu’il exprime mais qui contient la Présence qu’il appelle. Il est le seul qui ne soit pas possédé en étant prononcé, car il ouvre le cœur en l’attirant en Lui.
Invoquer le Nom de Jésus n’est pas une méthode au choix, comme les techniques de prière dans toutes les religions, ni une variété rituelle, comme dans les diverses liturgies des Eglises, mais c’est le mouvement premier de l’Esprit au cœur de l’Epouse : toute sa mission s’accomplit en Jésus, et, si nous entrons dans le Nom du Seigneur, nous sommes sur le seul chemin qui conduit au Père. Entrer dans le Nom du saint Seigneur Jésus, c’est bien plus que le saisissement de Moïse, déposant ses sandales et s’approchant du Buisson Ardent : c’est être plongé dans son Mystère, vivre à chaque souffle notre Baptême en Lui, Lui offrir tous les replis de notre humanité qu’il assume et être envahis par sa divinité qu’Il nous livre. Quand le cœur invoque « Jésus », le Verbe « accomplit » en lui son incarnation et le déifie, car Jésus est le Fils bien-aimé qui devient homme pour que l’homme devienne fils de Dieu. En Lui, tout est donné par le Père et tout est offert par l’homme. Car Celui en qui nous entrons, dans le silence aimant du cœur, est Jésus, ressuscité, Icône du Dieu invisible, nous unissant alors à son Corps de Gloire. Notre prière est centrée sur son Humanité adorable. C’est par sa Chair glorifiée qu’elle plonge dans le sein du Père. Elle ne peut être que Jésus, le Verbe incarné, sinon elle est parole vide et retombe dans la mort. Le Nom de Jésus devient l’espace nouveau de la Liturgie de la prière...
« Liturgie de source » de Jean Corbon, éditions du Cerf, p. 164-166