24/08/2021
Edito de la feuille paroissiale du 21° dimanche du temps ordinaire
« Soyez soumis les uns aux autres … »
Passe encore ! Cette injonction de l’apôtre des nations est au demeurant recevable, si nous voulons bien l’entendre d’une manière juste. Ce qui suit immédiatement et qui -jadis, au temps jadis- était proclamé à toute célébration religieuse, sacramentelle du mariage, est beaucoup moins recevable pour nos modernes mentalités, à savoir : « … les femmes, à leur mari. » Peut-être faut-il consentir à un petit effort, pour tenter de comprendre, d’autant que saint Paul redira la même chose aux habitants de Colosse (aujourd’hui, il s’adresse aux Ephésiens.) L’apôtre reprend ici les préceptes moraux énoncés par la philosophie de l’époque. Mais la constante référence au Seigneur les modifie profondément. De fait, les relations humaines, parce qu’elles sont désormais instaurées en Christ, sont profondément renouvelées, dans leur nature même. Elles contribuent à l’édification et à la croissance du Corps du Christ, qui est son Eglise. C’est bien le cas du mariage-sacrement, image terrestre de l’amour qui est en Dieu, qui est Dieu, de l’amour qui unit le Christ à son Eglise. Qui veut bien comprendre cela, à l’heure qui est la nôtre ?
Alors ? L’autorité (non le pouvoir) du Christ sur l’Eglise se fonde sur son amour : il est le Sauveur de son corps, qui est l’Eglise, et se livre pour elle, qu’il aime. Pareillement de l’homme et la femme. Si le mari -bien sûr- n’est pas le sauveur de la femme*, son rôle de tête se fonde sur l’amour et le don de soi. La relation conjugale est désormais comprise dans la relation Christ - Eglise, qu’elle éclaire à son tour. Cette soumission en tout (la traduction liturgique, pour la célébration de la messe, est quelque peu édulcorée pour probablement ne pas trop choquer), réciproque en fait, est une autre manière de faire apparaître, de signifier l’épouse comme la propre chair du mari, comme un autre lui-même. C’est tout à la fois leur responsabilité commune qui, pour le Christ, va jusqu’au sacrifice, et leur intimité réciproque sans confusion ni séparation. C’est probablement signifier la vraie grandeur du mariage. Qui, jamais, a aimé, aime ainsi ? Pourtant, telle est bien notre vocation.
• Petit ajout : si, stricto sensu, seul le Christ est le sauveur, le mari pour son épouse et réciproquement sont le ‘lieu’ voulu par Dieu pour que ce salut advienne. C’est tout le réalisme de l’incarnation. Père de Butler