Abbaye du Mont des Cats - Officiel

Abbaye du Mont des Cats - Officiel Abbaye de moines Trappistes, entre Lille et Dunkerque, fondée en 1826.

05/04/2026

Homélie pour la Vigile Pascale.

Si leur entreprise vient de Dieu…

Dans le récit de la Passion selon Saint Matthieu, que nous avons entendue dimanche dernier, tandis qu’ils arrivaient au Jardin des Oliviers, Jésus dit à ses disciples :
Cette nuit je serai pour vous une occasion de chute, car il est écrit :
Je frapperai le berger et les brebis du troupeau seront dispersées.

Et, au moment de l’arrestation de Jésus, Saint Matthieu précise :
Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
La peur les tenaillait, et ils partirent, leurs jambes à leur cou, le plus vite et le plus loin possible. Ils étaient en effet connus et craignaient d’être arrêtés à leur tour. Seul Pierre resta dans les parages, mais après avoir renié son Maître, il s’en alla en pleurant amèrement. Lui aussi, très probablement, s’enfuit vers Jéricho puis retourna rapidement en Galilée.

Saint Luc nous rapporte aussi la déconvenue de ces deux autres disciples qui s’en retournèrent à Emmaüs, tout tristes, alors qu’ils avaient espéré voir le Règne de Dieu advenir avec puissance. Seules quelques femmes de leur groupe demeurent encore à Jérusalem car elles ne sont inquiétées par personne. Même les disciples refuseront d’accorder crédit aux femmes témoins de Jésus ressuscité.

Pour le grand prêtre et son entourage, avec la mort de Jésus, toute cette histoire est terminée. C’est ce qu’expliquait Caïphe, dans l’Évangile selon Saint Jean :
il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas.

Plus t**d, les Actes des Apôtres nous rapportent comment Gamaliel s’adresse au Conseil Suprême pour expliquer comment Theudas, puis Judas le Galiléen, s’étaient levés et des foules les suivirent. Mais ils furent supprimés et tous leurs partisans ont été dispersés. Et il concluait :
Ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les.
En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera.
Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber.
Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. (Act 5,34-39)

Mais, l’histoire ne se répète pas ! Le troisième jour, Jésus ressuscite ! Après la surprise de cet événement incroyable, après les apparitions de Jésus aux disciples, ceux-ci vont reprendre le flambeau, et la Bonne Nouvelle sera rapidement proclamée à toutes les nations.

Nous savons, nous, que l’entreprise de Jésus vient de Dieu ! C’est pourquoi nous célébrons la résurrection avec autant de faste, car c’est, oui, le début d’une ère nouvelle, avec l’entrée de Jésus au ciel. C’est pourquoi nous avons rappelé, cette nuit, l’Histoire Sainte du Peuple de Dieu, depuis la Création, puis la sortie d’Égypte et la relation privilégiée du Peuple avec son Seigneur Dieu de l’Univers. La sortie d’Égypte préfigurait la victoire de Jésus-Christ que nous célébrons en cette Nuit Sainte.

Oui, nous célébrons la victoire de la Vie sur la mort, la résurrection du Christ, le pardon de nos péchés. Oui, le Christ nous a ouvert la porte du ciel, Il nous a donné sa vie, la vie éternelle. Avançons joyeux sur le chemin où Jésus nous conduit, sachant où il conduit.

Chantons la gloire de Dieu pour tous ses bienfaits pour nous et pour toute l’humanité.
Le Christ est vraiment ressuscité, Alleluia !

03/04/2026

Homélie pour le Vendredi Saint

Le Roi et l'homme.

Lorsque les gardes, envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, disent à Jésus : nous cherchons Jésus le Nazaréen, et que Jésus répond : C’est moi, je Suis, ils reculèrent et tombèrent à terre. Il s’agit, selon certains commentateurs, d’un acte d’adoration : Je Suis, dit Jésus, Je suis Dieu ; et les hommes adorent face contre terre.
Jésus est ensuite emmené comme un malfaiteur.

Lorsque les Juifs présentent Jésus à Pilate, ils ont déjà décidé sa mort, mais doivent trouver comment convaincre Pilate qui, seul, a pouvoir de vie et de mort. Pilate comprend bien que les Juifs agissent par jalousie. Toute la séquence entre Pilate et Jésus tourne autour de la royauté. Qui est le vrai roi, qui a autorité, qui ? Pilate affirme son autorité sur terre, Jésus lui répond : Ma royauté n’est pas de ce monde. Et la question de Pilate qui resta sans réponse : qu'est-ce que la vérité ?

Pilate s’est montré particulièrement dépendant de la foule qui criait à mort, à mort. Malgré le fait qu’il n’a trouvé aucune raison de condamner Jésus, il l’a condamné et a accordé sa grâce à un autre homme. Par l’ironie de la situation, Barabbas – en Hébreu fils du père – est le prénom de ce malfaiteur, reprenant en négatif le nom que Jésus se donnait à lui-même : je suis le Fils du Père. Mais il s’agit de deux fils différents, et aussi de deux pères différents. Barabbas est un meurtrier, dont personne ne pleure la mort, Jésus est Dieu, et tous nous pleurons sa mort.

Après l’avoir fait flageller, et après que Jésus eut été humilié par la soldatesque, Pilate le présente à la foule, en disant : Voici l’homme. Oui, Jésus est l’Homme, l’homme par excellence, l’homme parfait. Mais la foule crie de plus belle crucifie-le, crucifie-le. Et, à la question de Pilate, la foule répond : Nous n’avons d’autre roi que l’empereur. C’est un reniement complet de la relation privilégiée que le Seigneur Dieu avait nouée avec le Peuple Elu. Et Jésus, le Roi des rois et Seigneur des Seigneurs prend lui-même sa croix pour aller jusqu’au bout du supplice, jusqu’au Golgotha, jusqu’à la mort en croix.

Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. Pilate a eu raison de ne pas modifier l’écriteau pour préciser cet homme a dit : je suis le roi des Juifs, car c’eût été une demi-vérité. C’est bien parce qu’il est le nouveau roi des Juifs, et pas seulement des Juifs mais du monde entier, que Jésus a été mis à mort.

Jésus, en croix, agit encore comme roi, pour transmettre son héritage. C’est pourquoi il s’adresse successivement à sa mère et au disciple qu’il aimait pour dire : Femme, voici ton fils, et Voici ta mère. Puis, après avoir pris le vinaigre et prononcé Tout est accompli, inclinant la tête, il remit l’Esprit.

Saint Jean est très discret sur les derniers moments de Jésus, sur les phénomènes extraordinaires que rapportent les autres Récits de la Passion. Joseph d’Arimathie et Nicodème assurent la sépulture de leur maître, et l’histoire s’arrête ici. Dans la pénombre du jour déclinant.

Tous ceux qui voulaient la mort de Jésus furent rassurés, pas de miracle tonitruant, pas de résurrection… Jésus, l’homme de bien, était vraiment mort et enseveli. Mais le Fils de Dieu n’a pas dit son dernier mot. C’est pourquoi nous célébrerons sa résurrection et l’entrée dans une vie nouvelle dans la nuit de Pâques. Mais pour le moment, accompagnons Jésus au tombeau et pleurons cette mort injuste, mais qui nous ouvrira les portes de la vie éternelle.

02/04/2026

Homélie pour le Jeudi Saint.

Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais !

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Jésus a fait beaucoup de signes, il a posé beaucoup d’actes, dans le but d’authentifier son action, mais surtout d’authentifier sa relation avec Dieu son Père. Les disciples n’ont rien compris. Et plus particulièrement Pierre, le premier des apôtres, mais aussi celui qui, trop souvent, est intervenu contre les paroles et les actes de son maître.

Avec son caractère un peu soupe-au-lait, Pierre croyait trop souvent se connaître, et savoir mieux qui quiconque, ce qui était bon pour Jésus. Rappelons-nous simplement, les sorties de Pierre en rapport à la passion future de Jésus. Lorsque Jésus demande aux disciples : « pour vous, qui suis-je », Pierre répond convaincu : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Et, lorsqu’ensuite Jésus annonce sa passion, Pierre tout aussi convaincu répond : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » (Mt 16,20)

Nous avons le même type de réponses dans l’évangile de ce soir, et dans les récits de la Passion. Lorsque Jésus arrive à Pierre pour lui laver les pieds, Pierre répond effrayé : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Et, dans la suite de ce chapitre de l’Évangile selon Saint Jean, Pierre affirme haut et fort : « Je donnerai ma vie pour toi ! », à quoi Jésus répond, avec un brin de déception : « le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

On pourrait ajouter, dans la Passion selon Saint Jean que nous entendrons demain, comment Simon-Pierre dégaine son épée et blesse le serviteur du grand prêtre. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »

Jésus avait toutes les raisons de se demander comment les disciples allaient transmettre son héritage, alors que Pierre lui-même, à qui il avait donné les clés du Royaume, était tellement imprévisible. Mais malgré cela, Jésus alla de l’avant. Il fit ce qu’il avait à faire, il donna les messages ultimes avant de les quitter. C’est pourquoi il explique son geste par ces paroles :

Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur',
et vous avez raison, car vraiment je le suis…
C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez,
vous aussi, comme j'ai fait pour vous.

Devant l’incompréhension, on oserait presque dire l’incompétence des disciples, Jésus va son chemin, sachant qu’il est en totale harmonie avec son Père. Il obéit à son Père et il sait qu’il est sur le chemin pour lequel Il s’est fait homme.

Dans notre vie quotidienne, demandons au Seigneur de nous éclairer, et de ne pas nous rebiffer si l’on nous demande des choses que nous ne comprenons pas. Mettons-nous humblement au service de nos frères, de nos proches, de notre communauté, confiants que Dieu donne la lumière nécessaire à chacun pour avancer. Dieu ne nous abandonnera pas, Il éclairera au jour le jour le chemin qu’il nous demande de suivre.

Malgré les lourds nuages qui s’amoncelaient au-dessus de sa tête, Jésus n’a pas changé de cap. Il a avancé, confiants en Dieu son Père. C’est par son obéissance aveugle que la Pâque de l’Ancien Testament est restaurée dans sa vraie réalité. Le repas pascal est devenu notre repas eucharistique, la mort de Jésus a ouvert pour nous les eaux de la Mer des Roseaux pour nous faire entrer dans la Terre Promise, dans notre éternité.

Entrons ce soir dans le Triduum Pascal de Jésus. Accompagnons Jésus dans sa passion et sa mort, pour le retrouver vivant dans la nuit pascale.

Père Bernard-Marie

29/03/2026

Entrée dans la Semaine Sainte.

La radio chrétienne RCF Hauts de France sera EN DIRECT à l'Abbaye du Mont es Cats ce Lundi Saint de 12h00 à 14h15.
Soit depuis l'Office de Sexte jusqu'à l'Office de None inclus.
Entre les deux, plusieurs interviews seront assurés, pour présenter l'Abbaye son histoire, la vie de prière et le rayonnement, les activités économiques, le sens de la Semaine Sainte et du Triduum Pascal.
Ce sera également retransmis sur les autres chaînes régionales de RCF.

29/03/2026

Homélie pour le Dimanche des Rameaux

Le dernier combat de Jésus contre le démon.

Le contraste est grand entre l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem et, quelques jours plus t**d, la sortie de Jésus portant sa croix, pour être crucifié.

Tout au long des derniers jours de vie de Jésus, nous voyons se dérouler le dernier grand combat entre Jésus et le démon, entre le Bien et le Mal. Rappelons-nous ce que Saint Luc nous rapporte à la fin des quarante jours de Jésus au désert qui initiait sa vie publique :
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé. (Lc 4,13)

Et c’est maintenant le moment fixé. Jésus monte à Jérusalem sous les acclamations, mais Lui sait que le peuple se tournera contre lui, et criera d’une même voix contre lui dans quelques jours, alors que maintenant ils l’acclament comme l’envoyé du Seigneur.

La première tentation de Jésus, après le dernier repas avec ses disciples, fut l’obéissance. Par trois fois, nous rapporte Matthieu, Jésus prie son Père :
Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux.

La seconde tentation, dès que les gardes arrivent pour l’arrêter, lorsque Pierre dégaina son épée, fut la tentation du pouvoir :
Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ?
Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges.

Lorsque le Grand Prêtre l’interroge :
Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu.

La troisième tentation serait le mensonge, afin d’avoir la vie sauve.
Mais Jésus répond en Vérité :
C’est toi-même qui l’as dit !
désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel.

Mais surtout, une fois crucifié, les chefs du peuple, le peuple lui-même, inspirés par le démon qui croyait avoir définitivement vaincu. La quatrième tentation est celle de l’humiliation extrême :
Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens ; les bandits crucifiés avec lui l’insultaient.

Mais Jésus, telle la brebis menée à l’abattoir, n’ouvre pas la bouche, sauf pour appeler Dieu son Père :
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Alors que les forces du Mal pensaient avoir vaincu, voici des faits extraordinaires qui contredisent cette victoire espérée :

le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent.
Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,

C’était le Christ mort qui gagnait la dernière bataille, cosmique, contre le mal. Trois jours après, Il ressuscitera.

Entrons dans cette grande Semaine, la Semaine Sainte.
Accompagnons Jésus dans sa Passion, pour participer ensuite à sa Résurrection.
Car Il a vaincu la mort pour nous donner la vie.

Père Bernard-Marie

19/03/2026

Homélie pour la Solennité de Saint Joseph, époux de Marie.

Par deux fois, dans son Évangile, Saint Luc nous rapporte que Joseph et Marie se rendent avec l’enfant Jésus au Temple. La première fois, c’est pour consacrer au Seigneur leur premier-né, en offrant un couple de tourterelles ou deux petites colombes (Lc 2,22-40). Cette séquence se termine par la phrase passe-partout :

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

Puis vient l’Évangile que nous venons d’entendre : lorsque Jésus eut douze ans, ses parents le conduisirent au Temple pour célébrer son entrée dans l’âge adulte. De par sa relation privilégiée avec Dieu son Père, le jeune Jésus voulait en savoir plus sur la Loi et les Prophètes. C’est ainsi que la discussion se prolongea avec les docteurs de la Loi, stupéfaits de ses connaissances et des questions qu’il leur posait.

Et le dernier verset de ce chapitre de Saint Luc, qui n’a pas été repris dans la péricope de ce jour, affirme :

Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce,
devant Dieu et devant les hommes.

Dans ces deux confrontations de Jésus au Temple, Joseph et Marie sont ensemble, Marie est toute étonnée de ce qu’elle voit et entend, tandis que Joseph ne dit rien. Il est certainement tout aussi étonné, et se pose autant de questions que son épouse. Comment en serait-il autrement ? Marie posait la question à Jésus :

Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi !

Il est clair que les parents de Jésus ne comprennent pas ce qui se passe, et comment Jésus grandit aussi vite en sagesse, au point de poser des questions aux docteurs de la Loi. Joseph et Marie savaient depuis les Annonciations, que Jésus serait différent, et ils firent de leur mieux pour initier Jésus à la vie dans le monde tout autant qu’à la vie de prière. Non seulement ils allaient chaque année à Jérusalem pour les fêtes, mais ils fréquentaient aussi la synagogue de Nazareth comme Juifs pratiquants.

Nous pensons souvent aux douleurs de la Vierge Marie, et nous commémorons plusieurs fois ses souffrances durant l’année liturgique. Il ne faut pas oublier pourtant que Joseph aussi souffrit, qu’il souffrit avec Marie et pour Marie. Ils souffrirent ensemble, à cause du mystère de leur fils lorsqu’ils ne comprenaient pas ses actes, ses paroles, sa vie publique, sa mort en croix. Personne ne sait exactement quand Saint Joseph mourut. On peut penser qu’il fut témoin de la vie publique de Jésus, tout en demeurant à Nazareth où il gagnait sa vie comme charpentier du village.

Pour Saint Joseph, nous avons désormais deux fêtes. La première est la solennité de ce jour, la seconde est la mémoire du 1er mai, pour mettre en honneur le fait qu’il travaillait pour subvenir aux besoins de sa famille. Travailleur modeste, travail simple, mais nécessitant tout de même la technicité et les compétences.

Nombre de moines, même d’abbés cisterciens et bénédictins, ont eu une dévotion particulière pour Saint Joseph. Ainsi dans notre communauté : le 19 mars 1923, par un vote du chapitre conventuel, Saint Joseph était élu archi-abbé de Sainte Marie du Mont. L’abbaye à cette époque était en plein travaux de reconstruction des dégâts de la première guerre mondiale, l’église abbatiale étant encore en ruines.

Saint Joseph ne nous a jamais abandonné depuis, et nous a même béni de nombreuses vocations après la seconde guerre mondiale. En cette fête de Saint Joseph, en cette année jubilaire de notre fondation, demandons-lui de nous bénir de ses grâces et d’intercéder auprès de son Fils pour qu’Il nous bénisse également.

Rendons grâces, durant cette Eucharistie, pour tous les dons reçus et faisons confiance que Saint Joseph et Dieu ne nous abandonneront pas.
Père Bernard-Marie

08/03/2026

Homélie pour le troisième Dimanche de Carême.

La Samaritaine.

En cette année liturgique A, nous entendons, pour les trois dimanches de Carême qui viennent, les trois grands chapitres de l’Évangile selon Saint Jean : la Samaritaine, l’aveugle de naissance, la résurrection de Lazare. Ces trois Évangiles sont comme une grande catéchèse que Saint Jean met dans la bouche de Jésus et qui marquent pour l’Église, les dernières étapes de la préparation des catéchumènes à leur baptême durant la veillée pascale. Nous ne célébrons pas de baptême chez nous, mais nous communions de tout cœur avec tant et tant de jeunes et moins jeunes qui, partout en France, vont faire le pas d’intégrer l’Église pour suivre le Christ de plus près.

Aujourd’hui Jésus nous dit à nous aussi : J’ai soif. Non pas la soif de l’eau du puits, puisqu’il peut nous donner de l’eau vive qui étanchera notre soif. Mais de quelle soif Jésus veut-il parler ? Il pose la question : va chercher ton mari. Par sa réponse claire et honnête, la Samaritaine reconnaît qu’elle a soif d’amour, mais qu’elle ne l’a pas trouvé puisqu’elle n’arrête pas de changer de mari. Jésus ne la condamne pas, bien plus, Il lui pardonne, et lui propose un cheminement plus profond qui va, cette fois, étancher cette soif. C’est l’amour de Dieu, l’adoration du Père, la reconnaissance que Jésus est le Messie.

Dimanche prochain nous entendrons l’Évangile de l’aveugle de naissance, avec la question des disciples : qui a péché, lui ou ses parents ? La maladie n’est pas une punition pour quelque péché que ce soit. Dieu ne nous punit pas par les malheurs qui peuvent nous tomber dessus. Mais la maladie, comme la bonne santé, sont le chemin par lequel nous sommes invités à avancer dans notre relation à Dieu. Nous sommes invités à ouvrir les yeux pour voir l’intervention miséricordieuse de Dieu dans notre vie. C’est un appel à la conversion du regard, mais surtout du cœur, pour découvrir toujours mieux combien Dieu nous aime et nous accompagne. Lorsque nous pleurons, Dieu pleure avec nous, lorsque nous sommes joyeux, Dieu est heureux avec nous.

Enfin, le dimanche suivant nous entendrons l’Évangile de la résurrection de Lazare. Jésus affirme à Marthe : Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Et Marthe répond : Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. La liturgie nous prépare ainsi à la résurrection de Jésus lui-même qui adviendra le Jour de Pâques, après que nous aurons célébré les Rameaux et la Semaine de la Passion.

Ces trois dimanches successifs proposent aux catéchumènes les fondements de notre foi : Jésus a soif de notre amour, Jésus nous pardonne nos péchés pour entrer en vraie communion avec lui dès cette vie, Jésus nous invite à persévérer dans cet amour pour nous inviter à ressusciter avec lui. C’est pourquoi, au cinquième Dimanche du Carême, la prière d’ouverture de la messe, lorsqu’il y a des catéchumènes, nous fait demander à Dieu :

Donne, Seigneur, à ceux que tu as appelés au baptême
La connaissance des mystères du salut,
Pour qu’ils puissent renaître de l’eau et de l’Esprit
Et fassent partie de ton Église.

Davantage encore que l’an dernier, le nombre des baptêmes à Pâques dépasserait les 20 000 personnes cette année. C’est certainement une réponse à l’appel de Jésus à la Samaritaine : J’ai soif. Eux aussi ont soif… Et ils ont reconnu en Jésus Celui qui peut étancher leur soif. Comment répondons-nous à ces vagues de conversions, afin que tous ces jeunes trouvent leur place dans l’Église et dans une communauté chrétienne.

Notre tâche, en tant que moines contemplatifs, est de rendre grâces à Dieu pour ces nouveaux croyants, et de prier pour leur persévérance. Ils pourront donner un nouveau souffle à l’Église et témoigner de leur joie de croire en Jésus.

Demandons à Dieu, à Jésus, en cette Eucharistie, que chacun de nous croisse en sainteté et en amour de Dieu et de notre prochain. Et, le jour de Pâques, nous pourrons jubiler avec les nouveaux baptisés et proclamer haut et fort que Jésus notre Seigneur est vraiment ressuscité.

Père Bernard-Marie

07/03/2026

Samedi deuxième Semaine de Carême
Pèlerinage de nuit des Jeunes du Diocèse 7 mars 2026

À l’occasion du Jubilé 200 ans de l’Abbaye.

Un homme avait deux fils.

Chers amis, vous avez fait un pèlerinage de nuit pour vous retrouver ce matin ici, au sommet du Mont des Cats pour prier avec les moines l’office des Laudes et l’Eucharistie.

Vos méditations de la nuit tournaient autour de la vocation. Il y a beaucoup de vocations, diverses et variées. La vie religieuse, la vie consacrée, la prêtrise, sont les premières vocations auxquelles on pense. Mais le mariage aussi est une vocation, comme le choix d’un métier, comme la décision d’aller habiter au loin ou de donner un an de sa vie pour une bonne œuvre.

Méditer toute la nuit, venir prier avec nous, moines, est votre manière de vous poser les questions vitales telles que celles-ci :
Comment Dieu peut-il vous aider à avancer dans votre vie ?
Comment Dieu peut-il vous aider à trouver où vous pourrez le mieux, avec Son aide, faire fructifier les dons reçus.

Dans l’Évangile, nous avons entendu la grande parabole que l’on appelle communément la parabole du fils prodigue. Mais on pourrait aussi l’appeler la parabole du fils aîné, ou encore, la parabole du Père très aimant. Le fils aîné se présente comme un modèle de fidélité et d’obéissance, mais il jalouse son frère qui a osé partir et pécher. Le plus jeune, confesse ses torts, et demande pardon. Le père, lui, n’a rien fait, il a attendu. N’a-t-il vraiment rien fait ? Il a tout le temps espéré, il a prié pour ses deux fils. Et il a été exaucé.

Chacun de nous, qui sommes ici rassemblés, nous sommes apparentés à chacun des deux fils. Faire la volonté du père ou pécher, nous avons les deux tendances dans notre cœur. Mais, comme le père, il y en a qui prient, comme nous moines, pour demander pardon de nos fautes, mais également pour demander la miséricorde de Dieu sur le monde entier. Comme nous le rappelait le prophète Michée dans la première lecture.

Le rôle des moines, des contemplatifs, de la prière, ce rôle est mystérieux. On peut nous demander pourquoi nous nous enfermons pour prier, alors qu’il y a tellement de choses à faire dans le monde. L’attente est grande de nombre de personnes, qu’elles soient démunies, à la recherche d’une aide, d’une parole, d’un geste… L’aide à apporter à notre prochain dépasse souvent l’entendement. Et nous sommes tellement démunis parfois. On peut alors se demander à quoi servent les communautés contemplatives, s’il manque tellement d’ouvriers pour la moisson du Seigneur.

Mais, pendant que les hommes travaillent sur le pont, les moines, eux, en fond de cale, invisibles, prient pour que le bateau avance paisiblement à travers les flots agités du monde. La prière est nécessaire, indispensable, pour demander à Dieu de conduire le bateau afin que le monde avance vers sa fin, la rencontre avec Dieu et tous les saints. Si la prière n’avait aucune utilité pour l’Église et le monde, l’abbaye du Mont des Cats ne célébrerait pas ses 200 ans de fidélité à Dieu cette année.

Demandons à Dieu, dans cette Eucharistie, de vous bénir, vous qui avez fait ce pèlerinage vers le Mont des Cats, à la recherche de Dieu, réfléchissant peut-être sur votre avenir, sur le sens de la vie, l’importance de la prière. Croyons que, moines et chrétiens dans le monde, nous avons besoin les uns des autres pour que le monde se convertisse et découvre combien il est bon de répondre à l’amour de Dieu sur nous.

Père Bernard-Marie

18/02/2026

Homélie pour le Mercredi des Cendres

Revenez à moi de tout votre cœur…

Convertissez-vous, revenez à moi… Ce sont les maîtres mots de ce premier jour du Carême, ce jour où nous célébrons notre petitesse, où on nous rappelle que nous sommes poussière et cendre, et que nous retournerons à la poussière. C’est tout un programme, et il ne devra pas s’arrêter à la fin du Carême.

Dans un de ses Sermons du Carême, Saint Bernard se demande comment nous pouvons revenir vers Dieu, comment nous convertir à Lui. En effet, Dieu est partout, au plus haut des cieux, dans le fond des abîmes, à droite, à gauche. Partout Dieu est présent. Mais nous, sommes-nous présents à Dieu ? Voilà la question du Jour.

Déchirez votre cœur et non vos vêtements, nous demande encore le prophète Joël. Nos vêtements sont la face extérieure de notre vie, l’habit monastique pour nous moines. Inutile de déchirer notre extérieur, c’est à l’intérieur que nous devons nous convertir. Dieu est présent en nous, comme Il l’est autour de nous. Si notre cœur est de pierre et non de chair, Dieu ne peut rien faire pour nous aider à grandir en sainteté. Il ne peut non plus se déployer dans notre cœur si celui-ci est occupé de choses terrestres et caduques.

Le Carême, est pour nous un moment propice de nous ressaisir pour nous re-tourner vers le Seigneur, pour nous convertir à nouveau au Seigneur et pour pratiquer sa Loi d’amour. Saint Jean Cassien, dans la première Conférence de l’abbé Moïse, fait dire à celui-ci quels sont « le but et la fin du moine ». Le but c’est la pureté du cœur. La prière avec larmes, les jeûnes, la lectio divina et les autres formes de pénitences, nous permettent d’atteindre ce but. Et la fin du moine, c’est la vie éternelle. Et Abba Moïse rappelle cette parole de l’Apôtre :
vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle (Rm 6,22).

Saint Benoît aussi, dans sa Règle, nous invite à vivre le Carême d’une façon digne du Seigneur, en nous convertissant à lui, en nous retournant vers lui, en nous rappelant que c’est Lui qui nous aime et qu’il attend une réponse claire de notre reconnaissance. C’est ainsi que Saint Benoît nous demande de nous adonner à la prière avec larmes, à la lecture, à la componction du cœur et à l’abstinence, de manière plus insistante durant le Carême, pour effacer durant ce temps les négligences des autres temps.

Demandons au Seigneur, en ce premier jour de jeûne, de nous aider à conformer notre vie à notre vocation. Ainsi, en reprenant encore Saint Benoît, nous pourrons attendre la sainte Pâques dans la joie du désir spirituel.
Père Bernard-Marie

Homélie de Mgr Le Boulc’h pour le 2 février 2026.Fête de la Vie Consacrée et Jubilé de l'Abbaye.Un vieil homme et une vi...
09/02/2026

Homélie de Mgr Le Boulc’h pour le 2 février 2026.
Fête de la Vie Consacrée et Jubilé de l'Abbaye.

Un vieil homme et une vieille femme dans l’évangile.
Tous les deux vivent dans l’attente.
Avant de s’en aller dans la mort,
Syméon espérait voir le messie, la consolation d’Israël.
Anne se tenait dans le temple de jour et de nuit,
dans l’attente de la délivrance d’Israël.

Syméon et Anne incarnent la persévérance de l’attente.
Ils symbolisent la longue attente d’Israël d’un messie sauveur.

Au bout de l’attente,
les deux vieillards sont les témoins de la venue du messie en Jésus.
Ils chantent leur joie d’accueillir l’enfant.
« Mes yeux ont vu le salut que préparais à la face des peuples »
s’exclame Syméon.
Anne proclame les louanges de Dieu, et elle annonce
à « tous ceux qui attendaient la délivrance »
la naissance de l’enfant promis.

Luc mentionne aussi à trois reprises
que Syméon est habité par l’Esprit Saint.
C’est dans l’Esprit que le vieillard a su attendre
et reconnaître en Jésus la lumière du monde :
« l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple ».

Dans cette page d’évangile,
Syméon et Anne sont donc les témoins d’une existence vécue dans l’attente
et dans la reconnaissance de Dieu grâce au don de l’Esprit Saint.

Frères et sœurs,
en cette journée mondiale de la vie consacrée,
nous nous sommes rassemblés pour célébrer
200 ans de présence monastique au Mont des Cats.
Et, en méditant avec vous l’évangile de la présentation au temple,
je me suis demandé en quoi les belles figures de Syméon et Anne
pourraient-elle, aujourd’hui, vous inspirer
dans votre vie de religieux, religieuse ou consacrée.

Et je me suis dit alors, qu’à l’image de ces deux sages de l’évangile,
religieux, religieuses et consacrées,
vous étiez, au milieu du monde et de l’Église,
des signes de l’attente et de la reconnaissance de la venue du Christ
dans la clarté de l’Esprit-Saint.

Chers frères et sœurs,
votre vie est polarisée par l’attente de Dieu.
De jour et de nuit, et jusqu’à ce que vienne l’heure de la mort,
vous êtes des priants qui gardent la flamme de l’espérance en Dieu allumée.

Votre vocation est fondée sur votre confiance en la fidélité de Dieu.
Vous avez choisi de consacrer votre vie
à Celui qui, toujours fidèle, n’oublie jamais ses créatures.
La fidélité de l’amour de Dieu pour le monde est la cause première
de la persévérance de votre espérance en Lui.

Dans les moments d’épreuve ou de joie,
vous avez été choisis pour demeurer dans l’attente du Dieu qui vient.
Vous vous tenez dans l’éveil, à l’écoute des signes
de sa venue aujourd’hui dans la vie des hommes,
attentifs aux signes qu’il donne de sa présence.

Ainsi, de monastères en monastères, de couvents en couvents,
de communautés en communautés, d’ermitages en ermitages,
l’attente priante de la venue Dieu
continue sans interruption sur la terre.
Et le monde, par la vie religieuse et consacrée,
respire la joie d’espérer Dieu.

Chers religieux, religieuses et consacrées,
permettez-moi aujourd’hui de vous encourager
à cette attente persévérante de Dieu.
Demeurez fidèles à la prière personnelle et communautaire
qui fait grandir en vous le désir de chercher et de trouver Dieu.
Aidez les hommes et les femmes que vous rencontrez
à entrer dans cette quête incessante de Dieu.

Syméon et Anne, après avoir longtemps espéré
et attendu fidèlement la venue du Christ en Israël,
accueillent avec joie la venue de Jésus dans leurs vies.

A leur image, frères et sœurs,
la vie religieuse ou consacrée fait de vous des témoins
de la présence du Christ Sauveur dans notre monde.
Elle fait de vous des hommes et des femmes capables
de discerner et contempler la venue du Christ en notre temps.

Cette présence active du Seigneur qui vient,
vous la percevez dans vos vies personnelles,
au cœur de vos épreuves et de vos joies.
Peu à peu, à force de l’attendre et de la scruter dans la foi,
vous apprenez à reconnaître la venue du Christ,
quelques fois éclatante, mais, le plus souvent, si discrète, dans vos vies.

C’est aussi dans votre vie communautaire
que se donne à vous la présence du Christ Jésus.
Jésus, dans l’évangile, n’a-t-il pas fait ce􀆩e promesse à ses disciples :
« Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom,
je suis là au milieu d’eux » ?

Cette présence intime de Jésus au milieu de vous
donne à chacun la grâce de s’avancer toujours plus loin
dans l’expérience de la foi, de l’espérance et de la charité.
La présence du Christ au milieu de vous vous porte
à l’humilité du témoignage du pardon et de la réconciliation entre vous.
Elle seule fait la force de votre communion,
et vous en rendez grâce à Dieu.

Frères et sœurs, vous le savez bien,
sans l’appui sur la présence offerte de Jésus Seigneur au milieu de vous,
la vie religieuse et consacrée perdrait
sa signification et sa possibilité même d’exister,
car elle oublierait Celui qui est à la fois sa source et sa finalité.

Ce regard contemplatif sur la venue active du Seigneur,
vous ne le portez pas seulement sur vos existences personnelles
et vos vies communautaires, vous le portez aussi sur le monde.

Religieux et religieuses apostoliques, au cœur de la société et de l’Église,
vous êtes invités à discerner dans la vie de ceux et celles que vous rencontrez
les signes de la présence aimante de Jésus.
Moines et moniales,
les confidences de vos hôtes font aussi de vous
des témoins privilégiés de l’œuvre de Dieu aujourd’hui.

Vous devenez alors pour tant d’hommes et de femmes
des annonciateurs de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur,
Seigneur mort et ressuscité, « Lumière qui se révèle aux nations ».

Riches de cette grâce qui vous est faite,
comme Syméon, vous bénissez Dieu en disant :
« Maintenant, Ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta Parole ».
Comme Anne, vous proclamez les louanges de Dieu,
en parlant de l’enfant à tous ceux qui attendent la délivrance.

Cette action de grâce culmine dans la célébration de l’eucharistie,
sacrement au cœur de l’Église de la présence de Jésus sauveur du monde.
Ce matin, nous célébrons la présence du Christ mort et ressuscité
qui s’offre à nous déjà ici-bas, avant de s’épanouir pleinement
dans la rencontre éternelle de Dieu.
Chers religieux, religieuses et consacrées,
vous portez au milieu de nous le signe de la présence du Christ
déjà donnée et encore à venir.

Chers frères et sœurs,
votre vie religieuse et consacrée, façonnée par l’attente
et la reconnaissance quotidienne du Seigneur qui vient,
n’est possible que par le don de l’Esprit-Saint.

L’Esprit-Saint vous a donné d’entrer dans votre vocation.
Il a insufflé en vous le désir de consacrer radicalement votre vie
à la quête patiente et persévérante de Dieu,
et à la reconnaissance joyeuse des signes de sa présence
dans la fraternité du monde.

Frères et sœurs,
que l’action de l’Esprit-Saint vous donne aujourd’hui
de demeurer fidèles à l’appel reçu et confirmé par l’Église.
Qu’elle fasse de vous d’authentiques religieux, religieux et consacrées,
signes, au milieu de leurs frères et sœurs, de la Lumière de Jésus.

Et que, répondant à notre prière ce jour,
le souffle de l’Esprit-Saint éveille dans d’autres cœurs de baptisés
le désir de se consacrer radicalement
au signe de l’attente et de la contemplation de Jésus,
le Seigneur qui vient pour la joie de l’Église et le salut du monde.

Sainte Marie, Mère de Dieu, intercède pour nous
afin que l’Esprit Saint donne à la vie monastique
dans l’abbaye du Mont des Cats
de continuer longtemps son œuvre de grâce.
Amen.

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