29/08/2026
Dimanche 30 août 2026
Quatorzième Dimanche après la Pentecôte
Saint Grégoire dit : « Il y a des hommes tout à la passion des biens passagers, ignorants les biens éternels ou y étant insensibles. Sans regret des biens d’en haut qu’ils ont perdus, ils se félicitent, les malheureux, de posséder ceux d’ici-bas. Formés pour la lumière de la vérité, ils n’y élèvent jamais les yeux de l’âme ; jamais un désir, un élan vers la contemplation de l’éternelle patrie. S’abandonnant aux jouissances où ils se sont jetés, ils affectionnent, comme étant leur patrie, un triste lieu d’exil ; et au sein des ténèbres ils sont tout joyeux, comme si une brillante lumière les éclairait.
Les élus, au contraire, aux yeux de qui les biens passagers n’ont aucune valeur, recherchent ceux pour lesquels leurs âmes ont été créées. Retenu dans ce monde par les liens de la chair, chacun d’eux cependant se transporte en esprit au-delà de ce monde et prend la résolution salutaire de mépriser ce qui passe avec le temps et de désirer les choses qui demeurent ».
Job nous est présenté cette semaine dans le Bréviaire comme le type de l’homme détaché des biens de cette terre : « Job souffrit avec patience et dit : si nous avons reçu les biens de Dieu, pourquoi n’en recevrons-nous pas les maux ? Dieu m’a donné ces biens, Dieu me les a ôtés, que le nom de Dieu soit béni ! »
La messe de ce jour s’inspire de ces mêmes pensées. L’Esprit-Saint que l’Église a reçu à la Pentecôte a formé en nous un homme nouveau qui s’oppose aux manifestations du vieil homme, à savoir : aux convoitises de la chair et à la recherche des richesses par lesquels on peut les satisfaire. L’Esprit de Dieu est un esprit de liberté qui, en nous rendant enfants de Dieu, notre Père et frères de Jésus, Notre-Seigneur, nous dégage de la servitude du péché et de la tyrannie de la cupidité. « Ceux qui appartiennent au Christ, écrit Saint Paul dans l’épître de ce dimanche (Galates 5, 16 – 24), ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises. Marchez donc selon l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair, car la chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair ; ils sont opposés l’un à l’autre ». Par conséquent « nul ne peut servir deux maîtres, dit aussi Jésus dans l’évangile (Matthieu 6, 24 – 33), car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la richesse ».
« Quiconque est esclave des richesses, explique Saint Augustin (et l’on saint qu’elles ne sont que trop souvent la source de l’orgueil, de l’avarice, de l’injustice et de la luxure) est soumis à un maître dur et méchant. Tout entier à ses convoitises, il subit la tyrannie du démon. Et certes, il ne l’aime pas, car qui peut aimer le démon ? Mais cependant il le supporte. D’autre part il ne hait pas Dieu, car la conscience de personne ne peut haïr Dieu, mais elle le méprise, c’est-à-dire ne le craint pas comme si elle était sûre de sa bonté. L’Esprit-Saint met en garde contre cette négligence et cette sécurité pernicieuse, lorsqu’il, lorsqu’il dit par le Prophète : "Mon fils, la miséricorde de Dieu est grande" (Éccl. 5, 5), mais sache "sache que la patience de Dieu t’invite à la pénitence" (Romains 2, 4). Car qui est plus miséricordieux que Celui qui pardonne tous leurs péchés à ceux qui se convertissent et qui donne la fertilité de l’olivier au rejeton sauvage. Et qui est plus sévère que Celui qui n’a pas épargné les branches naturelles, mais les a coupées à cause de leur infidélité. Si donc quelqu’un veut aimer Dieu et faire en sorte de ne pas l’offenser, qu’il ne pense pas pouvoir servir deux maîtres ; qu’il ait une intention droite sans aucune duplicité. C’est ainsi que tu dois penser de la bonté du Seigneur et le chercher dans la simplicité du cœur. C’est pourquoi, continue-t-il, je vous dis de n’avoir pas de sollicitude superflue de ce que vous mangerez et de la manière dont vous vous habillerez ; de peur que, peut-être, sans chercher le superflu, le cœur ne devienne double, et qu’en cherchant le nécessaire, votre intention ne se détourne à la recherche de vos intérêts plutôt qu’à l’avantage d’autrui. »
Cherchons donc avant tout le Royaume de Dieu, sa justice, sa gloire ; mettons dans le Seigneur toute notre espérance car il est notre protecteur ; c’est lui qui envoie son ange pour délivrer ceux qui le servent et qui préserve notre faible nature humaine car, sans cette aide divine, elle ne pourrait que succomber.
C’est l’Eucharistie qui nous rend Dieu propice et qui, en nous fortifiant, nous assure le salut. Aimons donc avant tout prier et chanter les louanges de Dieu notre Sauveur, puis occupons-nous de nos intérêts temporels, mais sans préoccupation exagérée. L’inquiétude serait outrageante pour notre Père du ciel qui aime ses enfants et qui ne les laisse manquer de rien pourvu qu’ils cherchent avant tout sa gloire.
Bon dimanche !