24/06/2025
Le Christ est-il vraiment présent dans l’Eucharistie ?
Enseignement de Père Djadji
A travers trois balbutiements, nous proposons une petite formation doctrinale et théologique sur l'Eucharistie. Au moment où même au sein de l'Eglise catholique beaucoup de chrétiens et groupes de prière relativisent le sommet de notre foi, nous trouvons important et utile de rappeler à nos lecteurs les fondements scripturaires et doctrinaux de notre repas du ciel. Dans ce premier balbutiement, nous allons faire un bref détour dans les Ecritures saintes.
L’Ancien Testament et la tradition juive
Dans l’histoire du salut, dans l’Ancien Testament et dans la tradition juive, il existe des repas communautaires. Les verbes : « manger et boire » reviennent plusieurs fois dans l’Ancien Testament : « Les pauvres mangeront et seront rassasiés » (Ps 22,27).
Dans le livre d’Isaïe nous avons le repas eschatologique (Fin des temps) présidé par Yahvé sur sa montagne sainte (Is 25,6-9)). Depuis son installation sur la terre promise à Canaan, Israël exprime son amour pour le vin qui deviendra un signe de l’Alliance avec Yahvé.
Le vin est une récompense divine (Dt 7,12-13). Le vin est aussi signe du bonheur et est toujours présent dans la description des repas messianiques (Am 9,13-14). Et dans l’histoire vetero testamentaire, nous avons le récit dans lequel Yahvé nourrit son peuple de la manne, pain venu du ciel (Ex 16,1-35). En Égypte, nous avons le repas pascal devenu une loi obligatoire (Ex 11 et Ex 12). Jésus lui-même en suivant la tradition, participait comme tout bon Juif aux différents repas. C’est le cas lors du mariage de Cana (Jn 2,1-11 et lors de la fête pascale juive (Jn 13).
Le Nouveau Testament
Dans les évangiles surtout dans le quatrième évangile, Jésus dans son discours sur le pain de vie, fait une différence entre le pain traditionnel, le pain de l’ancienne alliance et le vrai pain. Jésus se présente lui-même comme étant le pain de vie, le vrai pain venu du ciel. Le pain dont parle Jésus n’est pas abstrait, irréel, mystique. Ce pain c’est le Fils de Dieu qui est Dieu. C’est un grand mystère, parce que dans les traditions assyriennes, égyptiennes et mésopotamiennes, on pouvait communier avec des divinités par des repas, mais on ne « mange pas la divinité », elle ne se donne pas. Alors que le Christ se donne totalement.
Plusieurs expressions montrent que ce pain est vraiment le Christ. Dans la péricope de Jean 6, Jésus comme un pédagogue, fait un passage du pain matériel, pain des mortels, pain terrestre au vrai pain, pain de vie. En Jn 6,1-15 Jésus nourrit la foule en multipliant le pain. Ici c’est le miracle de la manne qui est repris par le Christ. En fait, puisqu’en lui tout s’accomplit, la multiplication du pain est l’achèvement en lui du pain matériel.
C’est pourquoi juste après ce miracle, il fait le discours sur le pain de vie. Du coup il initie doucement ses apôtres et disciples à un autre pain qui est lui le Christ. Nous trouvons cela à travers les expressions suivantes : « Je suis le pain vivant » ; « le pain que je donnerai, c’est ma chair » ; « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme » ; « celui qui mange ma chair et boit mon sang » ; « Ma chair est vraie nourriture » ; « mon sang est la vraie boisson » ; « celui qui me mangera, vivra par moi » (Jn 6). Ces différents vocabulaires du discours du Christ revêtent un sens théologique important.
De quelle nourriture dont il s’agit ?
Le jeudi saint, le dernier repas du Christ permet de comprendre le discours sur le pain de vie. En effet, Jésus concrétise ce qu’il disait en Jean 6. Car lors du repas il prit le pain et dit : « Prenez, mangez ceci est mon corps » ensuite il prit le vin : « Buvez-en tous car ceci est mon sang » (Mt 26,26-29). Quand on fait une étude comparative entre les paroles du dernier repas et celles du discours sur le pain de vie, Jésus ne fait que reprendre ce qu’il avait dit en Jn 6.
Que retenir ?
A partir de ce qui précède, nous comprenons que l’Eucharistie est la présence réelle du Christ. En effet, après l’ascension du Christ, les apôtres ont suivi l’héritage à eux légué par le Christ. C’est pourquoi, les premiers chrétiens se retrouvaient, écoutaient l’enseignement des apôtres, vivaient dans la communion fraternelle et pratiquaient la fraction du pain. C’est ce rassemblement qui a donné la messe. C’est pourquoi à la messe on écoute la parole de Dieu et on participe à la fraction du pain.
De générations en générations les chrétiens ont gardé la communion eucharistique.
Saint Paul fait cette précision : « Voici ce que moi j’ai reçu du Seigneur et ce que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit le pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : « ceci est mon corps…faites cela en mémoire de moi » ; « Il fit de même pour la coupe » (1 Co 11,23-24). la suite en commentaire