23/08/2026
« (…) arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe (…) »
Césarée de Philippe se situe au Nord de la Galilée, à la frontière avec des peuples païens. C’est là où le dieu Pan était adoré par les Romains. Israël a résisté tant bien que mal au fil des siècles à tomber dans l’idolâtrie en se mettant sous la gouverne du Dieu unique, et disait avec le psalmiste : « Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. » (Ps 113b, 4-6)
C’est cet endroit précis que Jésus choisit pour demander à ses disciples ce que disent les gens de lui. S’intéresse-t-il vraiment à l’opinion des foules sur sa personne ? Son intention est plutôt pédagogique : les inviter à entrer plus profondément dans le mystère du Dieu unique qui se fait homme dans la personne du Fils, et permettre à Pierre, inspiré par l’Esprit, de faire une profession de foi publique en affirmant : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Magnifique profession de foi que je peux faire moi aussi aujourd’hui au cours de ce moment de prière, en soupesant chacun de ses mots et leur écho dans mon chemin de foi. (Je peux faire une pause dans la lecture ou l’écoute de cette méditation pour y réfléchir)
« Heureux es-tu Simon, Fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux Cieux (…) Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Église. »
Ce passage est à l’origine de la papauté et de la naissance de l’Église convoquée par Jésus en ses disciples. Il est intéressant de noter la manière dont Jésus passe du nom de Simon à Pierre. En rappelant d’abord son prénom d’origine – Simon – avant de lui donner son nouveau prénom lié à sa vocation – Pierre – Jésus nous rappelle que la mission de Pierre repose sur la foi qu’il vient de professer, et non sur ses qualités ou ses défauts humains. Foi qui, comme il a été souligné précédemment dans le texte, est révélée par le Père.
Nous prenons un moment pour rappeler à notre mémoire et rendre grâce au Père pour nos propres « professions de foi », ces moments où nous avons reçu une lumière intérieure qui nous a permis de percer un peu plus le mystère du Christ et d’affermir notre foi.
Le roc de la foi
Un peu plus loin dans l’Évangile, nous verrons que Pierre, à peine avait-il professé sa foi, tente de détourner le Christ de la croix. Sa foi est vite mise à l’épreuve. Souffrances, difficultés ou incompréhensions sont autant d’éléments qui peuvent nous faire trébucher dans la foi, attisant nos doutes et nos peurs. Ces incertitudes ou inquiétudes ne sont pourtant pas en opposition avec notre foi mais, au contraire, elles peuvent devenir un tremplin pour grandir dans la confiance et l’espérance. Construite sur le roc de la foi, notre relation à Dieu fera face à toutes les épreuves de notre vie.