15/06/2026
Économiste, banquier, chef d’État, chantre et pasteur, Thomas Boni Yayi présente l’un des parcours les plus singuliers de la vie publique africaine contemporaine.
Né le 1er juillet 1952 à Tchaourou, au Bénin, il s’oriente très tôt vers les sciences économiques. Après des études à l’Université nationale du Bénin, aujourd’hui Université d’Abomey-Calavi, il poursuit sa formation à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, puis en France, notamment aux universités d’Orléans et Paris-Dauphine. Il y approfondit les questions d’économie, de banque, de finance et de politique monétaire, jusqu’à l’obtention de doctorats en économie.
Sa carrière professionnelle débute dans le secteur bancaire béninois. Il rejoint ensuite la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, où il acquiert une importante expérience des politiques monétaires et du financement des économies de la sous-région.
Au début des années 1990, il devient conseiller technique du président Nicéphore Soglo pour les affaires monétaires et bancaires.
En 1994, il est nommé président de la Banque ouest-africaine de développement. Pendant douze ans, il participe au financement de projets structurants et au renforcement de cette institution régionale au service des pays de l’UEMOA.
Cette expérience ouvre la voie à son entrée en politique. Élu président de la République du Bénin en 2006, puis réélu en 2011, il dirige le pays pendant deux mandats, jusqu’en 2016. Son action est notamment marquée par les infrastructures, le microcrédit, certaines mesures sociales et la volonté de moderniser l’économie béninoise.
En 2012, il préside également l’Union africaine, prenant part aux réflexions continentales sur la paix, l’intégration et le développement.
À cette trajectoire économique et politique s’ajoute une dimension spirituelle importante. Converti au christianisme évangélique, membre des Assemblées de Dieu, Thomas Boni Yayi s’engage dans le ministère pastoral alors qu’il exerce encore les fonctions de chef de l’État.
Depuis la fin de sa présidence, cet engagement est devenu plus visible. Il prêche, chante et participe à différentes rencontres chrétiennes, tout en demeurant présent dans la vie publique et diplomatique africaine.
Son parcours rappelle qu’une vie peut connaître plusieurs saisons : celle de l’expertise, celle du pouvoir, puis celle d’un service spirituel plus affirmé.
Thomas Boni Yayi incarne ainsi un itinéraire à la croisée de l’économie, de la gouvernance et de la foi chrétienne.