Union des Congregations Qadiriya Uweissiya / Mahmudiya R.D.Congo

Union des Congregations Qadiriya Uweissiya / Mahmudiya R.D.Congo NOUS SOMMES LA MAISON DE CEUX QUI ONT FAIM, N'ENTRE ICI QUE CEUX QUI ONT FAIM D'ALLAH

LA NUIT DE NISFI MIN CHÂ'ABAN. DANS LA NUIT DE LUNDI 2 AU 3 FÉVRIER 2026 MOSQUÉE MENKAÔ. COMMUNE DE MALUKU.
28/01/2026

LA NUIT DE NISFI MIN CHÂ'ABAN. DANS LA NUIT DE LUNDI 2 AU 3 FÉVRIER 2026 MOSQUÉE MENKAÔ. COMMUNE DE MALUKU.

11/01/2026
11/12/2025

UNION DES CONGRÉGATIONS QADIRIYA- UWESIYA / MAHMOUDIYA.

JEÛNER TROIS MOIS CONSÉCUTIFS : UNE VOIE VERS L'ASCENSION SPIRITUELLE.

RAJAB – SHAʿBÂN – RAMADAN

Le jeûne comme voie de transfiguration du cœur du Murîd de la Târiqa Qadiriya - Uwesiya.

APPEL AUX CŒURS EN MARCHE

Ô toi qui dis chercher Allah, sache que le chemin ne s’ouvre pas par les paroles, mais par la faim, la patience et la nuit veillée en prière (Tahjoud).
Le Murîd qui ne connaît pas la faim ne connaîtra jamais la Face d’Allah dans son cœur.

Chaque année, Allah déploie devant ceux qui le cherche un escalier de lumière composé de trois marches consécutives :

Rajab l’éveil, Shaʿbân la purification, Ramadân l’anéantissement dans l’obéissance.

Celui qui refuse d’y monter par le jeûne reste en bas, même s’il parle beaucoup de spiritualité.

1) RAJAB : LE MOIS OÙ L’ÂME DOIT SE RÉVEILLER PAR LA FAIM.

Allah, Exalté soit-il ! a sanctifié Rajab avant même la création de l’homme :

﴿ إِنَّ عِدَّةَ الشُّهُورِ عِندَ اللَّهِ اثْنَا عَشَرَ شَهْرًا… مِنْهَا أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ﴾
« Le nombre de mois auprès d’Allah est de douze… dont quatre sont sacrés. » Coran 9:36

Être dans un mois sacré sans reprendre le jeûne, c’est rester endormi dans un temps d’éveil.

Le Prophète ﷺ a dit :

مَنْ صَامَ يَوْمًا فِي سَبِيلِ اللَّهِ بَعَّدَ اللَّهُ وَجْهَهُ عَنِ النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا
« Celui qui jeûne un seul jour pour Allah, Allah éloigne son visage du Feu d’une distance de soixante-dix années. »
Al-Bukhârî, 2840 – Muslim, 1153

Ainsi, Ô Murîd, Rajab n’est pas le mois des discours, Rajab est le mois où tu dois recommencer à avoir faim pour Allah. Car la faim réveille ce que le confort a endormi.

2) SHAʿBÂN : LE MOIS OÙ LE JEÛNE DOIT DEVENIR TA NATURE

Shaʿbân est le mois où le Prophète ﷺ a fait du jeûne un état permanent :

كَانَ النَّبِيُّ ﷺ يَصُومُ شَعْبَانَ كُلَّهُ

« Le Prophète ﷺ jeûnait tout le mois de Shaʿbân. »
Al-Bukhârî, 1969 – Muslim, 1156

عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: لَمْ يَكُنِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَصُومُ شَهْرًا أَكْثَرَ مِنْ شَعْبَانَ، فَإِنَّهُ كَانَ يَصُومُهُ كُلَّهُ.
« Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) ne jeûnait pas un mois autant que cha’ban, il le jeûnait complet. »
Sahîh al‑Boukhari (n° 1970) et Sahîh Muslim (n° 1156), également mentionnées sous d’autres numéros (1834, 1957) selon les éditions.

Et aussi :

كَانَ أَحَبَّ الشُّهُورِ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ ﷺ أَنْ يَصُومَهُ شَعْبَانُ، ثُمَّ يَصِلَهُ بِرَمَضَانَ
« Le mois que le Messager d’Allah aimait le plus jeûner était Shaʿbân, au point de le relier à Ramadân. » An-Nasâ’î, 2350

Shaʿbân n’est pas facultatif pour les Murîd de la Târiqa Qadiriya- Uwesiya :
C’est le mois où le corps apprend à obéir, c’est le mois où le nafs commence à se fissurer, c’est le mois où le cœur devient apte à porter la lumière de Ramadân.

Un Murîd qui ne s’entraîne pas par le jeûne en Shaʿbân arrive à Ramaḍân comme un soldat non préparé.

3) RAMADÂN : LE MOIS OÙ L’ÂME EST LIVRÉE À ALLAH PAR LE JEÛNE

Allah a rendu le jeûne obligatoire en Ramaḍân :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَامُ ﴾

« Ô vous qui croyez, le jeûne vous a été prescrit. » Coran 2 : 183

Et le Prophète ﷺ a dit :

مَنْ صَامَ رَمَضَانَ إِيمَانًا وَاحْتِسَابًا، غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ
« Quiconque jeûne Ramadân avec foi et sincérité, tous ses péchés passés lui sont pardonnés. »
Al-Bukhârî, 38 – Muslim, 760

Celui qui a jeûné Rajab et Shaʿbân entre dans Ramadân le cœur déjà brisé, l’ego déjà affaibli, l’âme déjà soumise.

Celui qui n’a pas préparé son corps par ces deux mois subit le mois de Ramadân, mais ne l’habite pas.

4) LE JEÛNE DES TROIS MOIS CONCECUTIVE DOIT DEVENIR UNE HABITUDE, PAS UNE EXPÉRIENCE

Le Prophète ﷺ a posé une limite claire :

لَا تَقَدَّمُوا رَمَضَانَ بِصَوْمِ يَوْمٍ وَلَا يَوْمَيْنِ، إِلَّا رَجُلًا كَانَ يَصُومُ صَوْمًا فَلْيَصُمْهُ
« Ne devancez pas Ramadân par un ou deux jours de jeûne, sauf celui qui jeûne habituellement. » Al-Bukhârî, 1914 – Muslim, 1082

Sens soufi profond :

Le jeûne qui n’est pas habitude devient une revendication cachée de l’ego. Le jeûne qui devient habitude devient annihilation du nafs (fanâ’) dans l’obéissance.

Le vénérable Sheikh Abdul Qadir Jilani, qu'Allah sanctifie son secret ! Dans son livre Futuhat al-Ghayb : « Tant que tu n’as pas affamé ton ego, tu ne goûteras pas à la proximité d’Allah. »

Et dans son livre Al-Ghunya li-Ṭâlibî Tarîq al-Haqq :

« La constance dans les œuvres est la monture du sâlik vers Allah. »

Ô Murîd, si tu veux réellement marcher vers Allah : Affame ton ego en Rajab, ensuite brise-le en Shaʿbân, et Offre-le à Allah en Ramaḍân.

Celui qui traverse ces trois mois par le jeûne ne reste jamais le même.
Celui qui les traverse sans jeûner sérieusement reste un spectateur de la spiritualité.

✍🏽 Votre humble serviteur :
Issa Ngongo pena Wetshindjadi.

09/11/2025

LA BARAKA

Dans un village reculé du Maghreb, entre les dunes ondoyantes du désert et les montagnes majestueuses, vivait un vieux maître soufi nommé Sheikh Khalid. Sa renommée traversait les frontières, attirant pèlerins et disciples de toutes contrées en quête de sagesse et de lumière spirituelle.

Un matin, un jeune homme nommé Youssef, rongé par les incertitudes et les épreuves de la vie, se présenta devant Sheikh Khalid. Ses yeux brillaient d'un désir ardent de compréhension et de paix intérieure.

« Maître, » commença Youssef avec humilité, « j'ai entendu parler de la baraka, cette bénédiction divine qui transforme les vies et les cœurs. Comment puis-je la trouver ? »

Sheikh Khalid, avec la sérénité et la profondeur d'un océan calme, répondit par une histoire métaphorique.

« Écoute, ô Youssef, l'histoire du voyageur et de l'oasis. »

Il était une fois, un voyageur nommé Omar qui traversait le désert aride en quête de vérité. Après des jours de marche sous le soleil brûlant, il tomba d'épuisement. La soif et la fatigue le submergeaient. En cet instant de désespoir, une vieille femme apparut, drapée dans des vêtements aussi blancs que la neige. Elle lui tendit une cruche d'eau fraîche.

« Bois, » dit-elle avec une voix douce comme la brise du matin. « Cette eau est bénie. Elle contient la baraka. »

Omar but l'eau et sentit immédiatement une force nouvelle l'envahir. La vieille femme lui sourit et ajouta : « La baraka est dans chaque goutte de cette eau, mais elle est surtout dans ton cœur, si tu sais la trouver et la cultiver. »

La vieille femme disparut aussi mystérieusement qu'elle était apparue, et Omar se releva, ses forces restaurées. Il continua son voyage et finit par atteindre une oasis où il s'établit. Là, il planta des arbres, creusa des puits, et fit fleurir la terre aride. L'oasis devint un lieu de refuge et de vie pour de nombreux voyageurs, et Omar devint connu comme celui qui avait apporté la baraka à cette terre.

Sheikh Khalid marqua une pause, laissant à Youssef le temps de méditer sur cette histoire. Puis il poursuivit : « La baraka, ô Youssef, est comme cette eau bénie. Elle se trouve dans la grâce de chaque instant, dans la pureté de nos intentions et dans la sincérité de notre quête. La tradition soufie nous enseigne que la baraka est un don divin qui se manifeste dans nos actions et nos paroles. 'Et Nous avons descendu du ciel une eau bénie, par laquelle Nous avons fait croître des jardins et les grains des moissons.' (Coran, 50:9) »

Youssef, inspiré par les paroles du maître, demanda : « Comment puis-je, moi aussi, apporter la baraka à ma vie et à ceux qui m'entourent ? »

Sheikh Khalid sourit et répondit : « La baraka se manifeste à travers le Tawakkul – la confiance totale en Allah. Lorsque tu remets ton sort entre Ses mains et que tu agis avec droiture et compassion, la baraka t’accompagne. 'Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit.' (Coran, 65:3) »

Il invita Youssef à marcher avec lui à travers le village. Ils passèrent par des champs verdoyants, des rivières chantantes et des maisons remplies de vie et de rires. Partout où ils allaient, Sheikh Khalid saluait les villageois, leur offrant des paroles de réconfort et de sagesse.

« La baraka, » dit-il en désignant les sourires des enfants et la prospérité des champs, « se trouve dans l'amour et la générosité que nous partageons. Chaque acte de bienveillance, chaque mot de réconfort est une graine de baraka qui fleurit dans nos vies. La tradition soufie nous rappelle que 'rahma' – la miséricorde divine – est le cœur de la baraka. 'Ô vous qui avez cru, invoquez Allah abondamment et glorifiez-Le matin et soir.' (Coran, 33:41-42) »

Ils arrivèrent près d'un vieil arbre sous lequel les anciens du village se rassemblaient pour raconter des histoires et transmettre leur sagesse. Sheikh Khalid invita Youssef à s'asseoir.

« La baraka, » conclut-il, « n'est pas un trésor caché que l'on trouve au bout d'un chemin, mais une lumière divine que l'on cultive en soi et autour de soi. Elle se révèle à travers notre sincérité, notre amour pour le divin et notre service envers les autres. 'Ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres auront pour demeure les jardins du Paradis.' (Coran, 18:107) »

Sous l'arbre ancien, à l'ombre des feuilles bercées par le vent, Youssef comprit enfin. La baraka n'était pas seulement une bénédiction à recevoir, mais un état de grâce à vivre, une harmonie divine à incarner. Il remercia Sheikh Khalid et, avec un cœur plein de gratitude et de détermination, il s'engagea à apporter la baraka à chaque instant de sa vie.

Et ainsi se termine notre conte soufi, une ode à la baraka et à la sagesse, nous rappelant que la bénédiction divine est un don à chérir et à partager avec amour et compassion.

Extrait de mon livre : Contes Soufis

01/11/2025

Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur vous ! belles âmes humaines.

Aujourd’hui, je veux vous parler de paix,pas seulement celle qu’on écrit sur des drapeaux ou qu’on cherche entre les nations, mais celle qui commence dans le cœur de chacun.

La paix, ce n’est pas l’absence de bruit ou de conflit. C’est un souffle calme, un espace intérieur où la colère s’apaise, où le pardon trouve sa place, où l’amour reprend le dessus.

Chaque mot doux, chaque geste sincère, chaque regard bienveillant est une graine de paix plantée dans le monde. Et même si elle semble petite, elle peut grandir, se multiplier et transformer bien des choses.

12/09/2025

MA'OULID ! AU-DELÀ DE LA POLÉMIQUE : COMPRENDRE LA DISTINCTION CRUCIALE ENTRE LES « BID'AH HASANAH » ET LES« BID'AH SAYYI'AH » EN ISLAM.

A chaque célébration du Mawlid, des théologiens et historiens reviennent sur une notion mal comprise : l'innovation dans la religion. Ils rappellent que toutes les innovations ne sont pas à rejeter, et que beaucoup font aujourd'hui partie intégrante de la pratique musulmane.

Le terme Bid'ah (innovation) est souvent brandi faussement comme une condamnation sans appel, synonyme d'hérésie et d'égarement. Pourtant, une étude approfondie de la tradition islamique et de son histoire nous révèle une réalité bien plus nuancée et essentielle à comprendre : il existe des innovations (Bid'ah) louables, voire nécessaires, appelées Bid'ah Hasanah (bonne innovation), et des innovations (bid'ah) blâmables, les Bid'ah Sayyi'ah.

La célébration de la naissance du Prophète (Mawlid an-Nabawi) est souvent au cœur de ce débat. Pour ses défenseurs, elle n'est pas une exception aberrante, mais l'une des nombreuses Bid'ah Hasanah que la communauté musulmane a intégrées à travers les siècles.

La définition originelle du Bid'ah : une porte laissée ouverte

La fameuse parole du Prophète ﷺ, « Toute innovation (Bid'ah) est un égarement », semble tranchée. Cependant, les savants, à l'instar de l'Imam Ash-Shafi'i (mort en 820), l'un des plus grands juristes de l'histoire islamique, ont immédiatement apporté une clarification cruciale. Il a déclaré : « Les innovations sont de deux sortes : celle qui contredit le Coran, la Sounna, un consensus (Ijma) ou une tradition des Compagnons est une innovation d'égarement. Celle qui introduit un bien et ne contredit aucun de ces principes est une innovation louable (Bid'ah Mahmoudah).»

Le critère de distinction est donc simple : toute innovation qui s'inscrit dans l'esprit général de la Loi islamique, qui sert la religion et ne contredit aucun principe établi, est acceptable et même recommandée.

Des "Bid'ah Hasanah" qui structurent l'Islam moderne

Affirmer que seules les pratiques existantes du temps du Prophète ﷺ et de ses Compagnons sont valides reviendrait à démanteler une grande partie de la structure actuelle de l'Islam. En effet, de nombreuses pratiques aujourd'hui universellement acceptées sont des innovations postérieures.

1. Du temps des Compagnons et de leurs successeurs :

- La compilation du Coran en un livre :

À l'époque du Prophète, le Coran était mémorisé et écrit sur des supports dispersés. C'est le Calife Abou Bakr qui, face à la mort de nombreux mémorisateurs lors de batailles, ordonna sa compilation en un livre unique. Une innovation majeure et salvatrice.
· L'établissement de la prière de Tarawih en groupe : Le Calife Omar ibn Al-Khattab, en voyant les fidèles prier séparément, a eu l'idée de les unir derrière un seul imam. Il s'exclama alors : « Quelle excellente innovation (Bid'ah) que celle-ci ! » utilisant explicitement le terme Bid'ah dans un sens positif et louable.

2. Au fil des siècles :

- La construction des madrasas (écoles religieuses) et des universités comme Al-Qarawiyyin à Fès ou Al-Azhar au Caire.

- La systématisation des sciences islamiques avec les Bid'ah tel que :
La grammaire arabe, la science du Hadith (avec ses critères d'authentification), la jurisprudence (Usul al-Fiqh) sont toutes des Bid'ah ou des disciplines structurées après l'époque prophétique pour préserver et comprendre la religion.

3 - À notre époque :

- L'utilisation de haut-parleurs pour l'appel à la prière (Adhan).
- L'édition et la diffusion massive de livres religieux, de Corans et de logiciels, oui c'est bien mais le Prophète (SWS) ne l'a pas fait ni ses Compagnons (Bid'ah hasanah).
- Les cours en ligne, les applications de prière et le Coran numérique, oui c'est bien mais le Prophète (SWS) ne l'a pas fait ni ses Compagnons (Bid'ah hasanah).
- L'organisation de conférences internationales et de séminaires, oui c'est bien mais le Prophète (SWS) ne l'a pas fait ni ses Compagnons (Bid'ah hasanah). Les exemples sont légion ...

Toutes ces actions (Bid'ah) n'existaient pas à l'origine, mais elles servent clairement les objectifs de l'Islam : diffuser le savoir, faciliter l'adoration et unir la communauté "Bid'ah hasanah"

Le Mawlid aussi dans le même principe est une "Bid'ah Hasanah" par excellence ! C'est dans ce cadre que ses partisans placent la célébration du Mawlid qui a apparue plusieurs siècles après le Prophète, elle n'est pas une dévotion nouvelle en soi, mais une occasion créée pour exprimer un amour et une vénération qui sont, eux, profondément ancrés dans la foi.

Ses défenseurs y voient une manifestation de joie pour la miséricorde divine, une occasion de rassembler la communauté autour de l'évocation de la vie et des enseignements du Prophète ﷺ, de faire des actes de charité et de renforcer les liens familiaux. Elle ne remplace aucune obligation et ne contredit aucun principe fondamental de l'islam ! Au contraire, elle en promeut beaucoup.

La ligne de fracture : comment distinguer le bon du mauvais ?

Alors, quelle est la différence fondamentale entre une Bid'ah Hasanah et une Bid'ah Sayyi'ah ?

Bid'ah Hasanah (Bonne Innovation) Bid'ah Sayyi'ah (Mauvaise Innovation) :

Les Bid'ah Hasanah s'inscrit dans les objectifs généraux de la Charia (préserver la religion, la raison, la lignée, les biens, l'honneur). Ne contredit pas les objectifs ou les textes clairs de la Charia et ne s'oppose à aucun texte du Coran ou de la Sounna authentique. Ne s'oppose à un commandement ou interdit explicite dans les textes sources. N'annule, ne remplace ni ne dévalue une pratique établie (Sounna).

Les Bid'ah Sayyi'ah sont les innovations qui annule, remplacer ou dévalorise une pratique prophétique authentique. Exemple : prier d'une manière non prescrite. Introduire un mal, une division, ou une difficulté inutile dans la religion. Génère une récompense pour son auteur ou génère un péché pour son auteur.

Conclusion :

L'Islam n'est pas une religion figée dans le passé. C'est une tradition vivante qui, tout en gardant ses sources immuables, a la capacité de s'adapter aux contextes nouveaux grâce à un effort de réflexion (Ijtihad). La Bid'ah Hasanah est le fruit de cet effort lorsqu'il est guidé par la piété, la connaissance et un profond respect du cadre divin.

Le débat sur le Mawlid et d'autres pratiques similaires mérite donc de dépasser le simple rejet du terme Bid'ah pour engager une discussion éclairée sur son essence : cette innovation rapproche-t-elle les croyants de l'esprit du message de l'Islam, ou l'altère-t-elle ? C'est à cette question, bien plus profonde, que nous musulmans doivent continuer de répondre dans la pratique de notre foi.

✍🏽 Issa Ngongo pena Wetshindjadi. Kinshasa le 12 Septembre 2025.

07/07/2025

Abou Maryam Al Azdi (رضي الله عنه) rapporte qu’il dit un jour à Mou’awiya (رضي الله عنه) : « J’ai entendu le Prophète ﷺ dire : « Celui qu’Allah a chargé des affaires des musulmans puis se soustrait sans se préoccuper de leurs besoins, de leur indigence ni même de leur pauvreté, Allah Se détournera de lui le jour de la Résurrection sans Se préoccuper de ses besoins, de son indigence ni même de sa pauvreté. » Depuis, Mu’awiya confia à un homme la tâche de répondre aux besoins des gens. »
(Abou Daoud 2948, authentifié par sheikh al Albani]

07/06/2025

Prayers ❤️🤲

19/02/2025

Biographie du Cheikh Abdal Qadir Al Jilani
Biographie du « Chaykh ABDAL QADIR AL JILANI (1077 A.D./470 H. - 1166 A.D./561 H.) »
Son nom est Abdal Qadir fils de Moussa , fils d’Abdullah , fils de Yahya El Zahid, fils de Mohamed, fils de Daoud , fils de Moussa El Joun , fils d’Abdullah El Mouhtha , fils d’El Hassan El Moussana, fils d’El Hassan , fils de Ali Ibn Abi Talib et de Fatima Al Zahra, fille de notre bien-aimé Prophète (que la paix et le salut soient sur lui).

Il est originaire de Niff, une petite ville de la province du Gilan (ou Djilan), au sud-ouest de la mer Caspienne.

Les légendes rapportent qu’Abdal Qadir naquit le mois de Ramadan et que l’enfant ne voulut pas prendre le sein avant le coucher du soleil. L'année suivante, les habitants de Niff n’ayant pu apercevoir la lune, par suite de l'opacité des nuages, étaient dans l'incertitude pour commencer leur jeûne. Ils eurent l'idée de s'adresser à la mère d'Abdal Qadir, pour s'enquérir si son enfant avait accepté ou non d'être allaité.

Encore tout petit enfant, il apercevait des êtres spirituels, que ne pouvait voir son entourage. Lorsqu'il eut l’âge de fréquenter l'école, il vit à plusieurs reprises ces êtres l’accompagner. A dix-sept ans, se produisit un étrange événement qui devait avoir sur sa destiné une importance exceptionnelle : on se trouvait à la veille d'une fête et Abdal Qadir avait voulu profiter de ces heures de liberté pour se promener seul dans les jardins et la campagne avoisinante. Sur sa route, devant lui, un bœuf paissait dans une prairie. Plongé dans une vague rêverie, notre promeneur le considérait sans trop d’égard ; lorsque soudain l'animal lui fit face et il l'entendit lui dire à haute et intelligible voix : « Ta mission n'est pas d'être laboureur ». Puis, il se sentit envahi par une violente et indescriptible émotion, qui se traduisait par des sanglots et des larmes, qu'il était impuissant à maîtriser. Effrayés par ce prodige, et pour cacher son trouble, il regagna précipitamment sa maison et courut d'un trait se réfugier sur la terrasse, où il espérait pouvoir retrouver son calme et rassembler ces esprits. Mais quelle ne fut pas sa surprise ! Lorsque ces regards se portèrent sur l'horizon, qu'il était pourtant bien familier, il aperçut un tout autre paysage. Ce n'était plus Niff et sa campagne, mais le mont Arafat, avec des milliers et des milliers de pèlerins marchant en procession compacte ; ils se déplaçaient en rangs serrés, se rendant à La Mecque. Profondément troublé par ce miracle, il alla tout confier à sa mère. Dans la suite, il dû la supplier de le laisser partir pour Bagdad, afin qu'il aille s'instruire dans une école de droit et fréquenter les saints personnages réputés de cette époque. Sa mère, se résigna à son départ et lui remit tout ce qu'elle possédait. Abdal Qadir prit la moitié de cette somme et laissa l’autre moitié pour son frère. Fatima enferma alors l’argent de son fils dans un sachet qu’elle cousit soigneusement sous l’aisselle dans la couture de la manche de son vêtement. Elle lui fit également faire le serment de ne jamais s'écarter du sentier de la droiture et de ne mentir jamais.

En ces temps lointain, les voyages n'étaient pas chose faciles. On devait attendre le départ d'une caravane et l’accompagner. L’escorte avait à peine quitté la ville qu’elle fut rejointe par des brigands montés sur des chevaux. Après avoir razzier tout ce que comportait la caravane, l’un des brigands alla demander une dernière fois si l’assemblée leur avait cachée quelque chose ; mais ce dernier n'avait pas aperçu dans ce bagage quoi que ce fut de quelques valeurs et il allait passer outre lorsque Abdal Qadir avoua receler sur lui 40 pièces d'or. Surpris qu'un jeune homme si modestement équipé porte sur lui une somme pareille, il crut une plaisanterie et en fit rapport à son chef qui lui fit la même question. Fidèle à son serment, Abdal Qadir déclara être porteur de 40 dirhams que sa mère avait enfermé et cousu sous son aisselle dans la couture de sa veste. Ce qui fut constaté par les bandits stupéfaits de l'innocence et de la franchise du jeune homme. Le chef de cette bande de pillards alla alors l’interroger et voulut savoir pourquoi il n’avait pas tenté de conserver son argent si bien caché en gardant le secret ? Abdal Qadir compta alors son histoire, et le serment qu'il avait fait à sa mère : de ne jamais mentir ni de s'écarter du droit chemin. Ce récit fit une telle impression sur le cœur de cet homme, que dés cet instants il renonça à la vie criminelle qu'il menait. De même que tous ces acolytes.

Abdal Qadir s'était rendu à Bagdad dans l'intention d'y étudier le droit musulman. Mais à quelle école ? Beaucoup de grands savants y enseignaient, chacun suivant le rite de son fondateur. A la Nizzamiyya, principalement, de renommés savants tel que Abu Hamid al-Ghazali (m. en 1111), ainsi que Tabari, brillaient tels de lumineux flambeaux à leur chaire. Mais ces maîtres enseignaient le droit chaféite et notre jeune étudiant ambitionnait lui d'étudier les sciences juridiques des Hanbalites qui était le rite en application dans la région d'origine d'Abdal Qadir, le Jilane. Toujours est-il que c’est au début de l'année 1095, alors que le jeune Abdal Qadir s'apprêtait à faire sa rentrée, qu’un événement impressionna fortement le monde universitaire de Bagdad : Ghazali, l'illustre professeur de la Nizamiyya s'était démis de ses fonctions et les avait confié par intérim à son frère Ahmed pour fuir la capitale des califes. Cet événement était devenu un fait de premier ordre pour les milieux scientifiques de Bagdad et chacun était anxieux de pénétrer les raisons qui avaient déterminé cette brusque retraite de Ghazali. Peut-être, pensait-on, redoutait-il de perdre l’appui et l’estime des dirigeants ? Peut-être craignait-il quelques mauvais traitements de leur part ? Quelles pouvaient être ses craintes et le motif réel qui l’avait incité à quitter la ville ? D’autant que les grands oulémas n'avaient en rien changé leur opinion et gratitude envers Ghazali qui conservait toujours les mêmes égards. Dans un ouvrage, Ghazali nous en donne lui-même l'intime raison.

Il faisait observer que les connaissances acquises par l’expérience ne correspondent pas toujours à la réalité, qu'il se devait de rectifier ces erreurs des sciences à l’aide de la raison. Mais, ajoutait-il, cette raison est-elle un guide sûr ? C'est en se posant ses questions que Ghazali s'étaient sentis entraîné par le désir d'atteindre la certitude absolue et qu'il avait abandonné non seulement l'université mais encore sa famille, et cela pour pénétrer dans un nouveau monde plein de solitude et de recueillement. Avant cette prise de décision, la vie professionnelle de Ghazali était ponctuée d'épreuve morale autant que physique des plus poignantes. Sa santé, tout d'abord, s'était à ce point altérée qu'elle lui refusait tout repos ainsi que la possibilité de s'alimenter. Au point culminant de cette crise, il lui devenait même impossible de donner ses leçons car il perdait l'usage de la parole. C'est pour cela qu'il consentit à tout abandonner.

Le jeune Abdel Qadir, à l'image du tout Bagdad fut profondément impressionné par cet événement. Dans le même temps, l'étudiant vis qu'il pouvait légitimement se demander s'il pourrait un jour trouver sa place parmi les grands professeurs de la mésopotamienne capitale. Car à cette époque, de nombreux hommes de génie rivalisaient dans diverses disciplines, tant et si bien qu'il semblait impossible de marcher sur leur brisés, se fondre à leur suite.

En matière d'exégèse, Ghazali d’abord semblait avoir parachevé une œuvre colossale mais d'autres grands noms s'étaient également illustrés. Dans les Hadiths, les Sahih et les Musned étaient publiés depuis longtemps. Quant aux sciences de la jurisprudence, de célèbres docteurs s'étaient déjà distingués. Dans la théologie, les Bagdadiens avaient déjà entendu les cours d’Abu Hassan al-Achari (Cf. Acharisme), Cherrestani, ou encore de Ghazali. En philosophie, c'était toujours dans l’ombre du savant philosophe Avicenne (m. en 950) que tous les autres oeuvraient. En littérature, Zamakhshari (m. en 1075) avait publié ces « collier d'or ». Tous ces ouvrages étaient déjà entre les mains d'un innombrable public, les égaler paraissait bien difficile, et les surpasser demeurait presque impossible.

Il advint aussi qu’une fois ses maigres ressources épuisées, la misère vint toucher le jeune Abdel Qadir. En quête de nourriture, celui-ci sortait alors vers les bords du tigre ou à la campagne à la recherche des déchets de légumes et de salades laissés par les cultivateurs. En d'autres temps, c'était les fruits du caroubier qui lui servaient d’aliments. À peine vêtu, il circulait pieds nus dans les sables, les pierres, les ronces, les épines des chemins. N'ayant pas de domicile, il passait ses nuits par la ville, dans les ruines de Madaïne.

Pour comble d’infortune, il était fréquemment sujet à des évanouissements, des défaillances, voire des extases qui se prolongeaient parfois durant de longues heures. Il avait alors toutes les apparences d’avoir cessé de vivre. Il arriva une fois où ces états de léthargie se prolongèrent tant que ceux qui le virent le crurent réellement mort et firent procéder aux soins mortuaires puis l’emmenèrent au cimetière avant qu’un ultime remuement de paupières lui évita l'enfouissement. Parfois il éprouvait aussi l’étranges sensations qu’un poids incommensurable retombait su ses épaules. Telle une montagne renversée sur lui. Pendant ce genre de crise ils se jetait à terre et récitait les versets coraniques suivant :

« Et en vérité, à côté de l’adversité est l’aisance, oui à côté de l’adversité est le bonheur ! » Coran IVLC/ 5-6.

Entravée par tant de misère et de souffrance, il se demanda alors comment fréquenter les écoles et poursuivre ses études.

Parallèlement, en ce qui concerne la capitale des califes, sa désillusion allait grandissante. Etait-ce vraiment la sainte métropole célébrée comme étant Le château des saints ! Quel contraste frappant entre quelques scènes de vie de Bagdad et la vie si simple à laquelle il était accoutumé dans les vallées vertes et paisibles du Djilane ! Les flots berceurs de la mer Caspienne et les chanteurs ailés des grands chênes des montagnes de son pays, lui avait fait entendre une mélodie autrement plus douce et suave auprès de laquelle celle du mouvement de Bagdad n’était que bruit détestable et odieux !

Dans la Bagdad du XIIe siècle, de nombreux écrivains chantaient et célébraient en des strophes étourdissantes le vin prohibé. N'avait-on pas vu un des fils du calife, un prince héritier du trône, porter des toasts en l'honneur des ghulamates, à savoir ces jolis pages travestis en femmes ! Toutes les scandaleuses aventures contés et attribués à temps de célébrités seraient-elles donc vrai se demandait notre exilé…

D'ailleurs, précisément l'année où Abdel Qadir faisait sont entrée à Bagdad en 1095, Abdel Malik, vizir du calife al Mustansir n'avait-il pas permis l'inauguration d'un emplacement hors la ville où le peuple était autorisé à aller « s’ébattre, danser et chanter et se livrer à tous les jeux que lui inspire sa fantaisie » ?

Bagdad à en effet été chanté jusqu'à l'exaltation par différents poètes, d'autres l'on chanté sans indulgence et ne semblent avoir connu d’elle que l'angoisse et l’amertume. Parmi les nombreuses poésies dédiées à Bagdad, l'une d'elle commence par ces mots :

"Le messager de la mort c'était déjà levé contre la ville Bagdad ; or, que celui qui la pleure verse des larmes sur elle à cause de la dévastation du temps. (…)"

Et un autre :

"Bagdad est une demeure vaste pour les riches ; mais pour les pauvres c'est l'application de la gêne et de l'angoisse. J’errais égaré dans ses rues, comme si j’eusse été un exemplaire du Coran dans la maison d'un athée."

Cette dernière poésie semble faite tout exprès pour Abdel Qadir. Lui aussi se sentait égaré, perdu ! Il se disait que dans cette ville devenue si dépravé, au sein d'une société pareille, comment pouvait-il gagner honnêtement un morceau de pain, légitimement acquis, et le consommer sans remords ! Alors un beau matin, lui aussi s'enfuit de Bagdad.

A l’heure la plus matinale, Abdel Qadir s’apprêtait à quitter Bagdad. Mais avant qu'il put franchir la porte Halbeh, un choc des plus violents, le fit s’écrouler à terre. Pensant avoir eu affaire à un passant trop pressé, il se releva pour reprendre sa route. Là encore il dû s'arrêter et céder le pas à un inconnu qui semblait se faire un jeu de sa tentative de passer. Un troisième essai fut plus décisif encore car à ce moment un pouvoir étrange qui émanait de cet inconnu, immobile devant lui, paralysait ses membres et sa volonté. De lui émanait encore un ordre, celui de « demeurer à Bagdad pour préparer une œuvre dont les hommes plus t**d lui sauraient gré ». Puis, de même qu'à Niff, il se sentit pénétrer d’une émotion aussi puissante qu’indéfinissable tandis que l’inconnu disparaissait. Après un tel événement, Abdel Qadir renonça à son départ. Il se sentait destiné à devoir se résigner, à supporter toutes les difficultés, qu'elle qu'elles fussent.

Reprenant ces études de droit, il s’enquit parallèlement de la guidance d’un maître à qui il confia son éducation spirituelle. Ce guide s’appelait Hammad al-Dabbas. Hélas, les adeptes de ce dernier manifestèrent une invincible méfiance à l'égard de ce jeune homme voué à une autre profession. En effet, n’était il pas étudiant en droit ? Son penchant pour la voie spirituelle pouvait bien paraître sujet à caution. Ils s’acharnaient donc en attaques grossières ou violentes pour décourager ce nouveau venu indésirable et l’écarté de leur milieu. Le maître réprimandait évidemment ses tourmenteurs bien que lui-même ne fut pas sans lui avoir causé quelques peines mais dans le but express de l'éprouver et de sonder sa sincérité et non pas de saper sa démarche spirituelle. Parmi ces épreuves initiatiques, il en est une qui relate l'événement selon lequel le maître fit tomber le jeune Abdel Qadir depuis un pont jusque dans l'eau glacée du Tigre. Malgré ce bain glacé et les frissons qui le secouait, il sortit de l’eau, tordit paisiblement sa robe pour en extraire l'eau et la remis sur son corps avec un visage empreint de la même affection, inchangée, pour son maître.

Des années plus t**d, après une longue retraite de vingt cinq ans dans le désert irakien, la voix mystérieuse revint fréquenter l’esprit d’Abdel Qadir, devenant chaque jour plus impérieuse, lui commandant d’aller prêcher sans plus t**der à Bagdad.

Dans une apparition, le Prophète vint en personne lui prodiguer des formes d'encouragement. Puis un grand saint du nom de Youssouf de Hamadan, considéré comme le pôle du moment lui avait renouvelé une parole réconfortante ainsi que des conseils. Abdel Qadir vint lui rendre visite et lui confia tous qu'il ressentait et les manifestations dont il était l’objet. Le cheikh lui répondit :

« Puisque tu possèdes la lumière de la jurisprudence et du Coran, tu peux maintenant prêcher au peuple. N’hésite plus sur aucun point ! Monte en chaire. Je vois en toi une souche qui va devenir un superbe palmier. »

Il retrouva donc Bagdad où il commença à prêcher sous les murs de la capitale. Il acquit rapidement la réputation d’un très grand savant, spécialiste du droit hanbalite, doublé d’un éducateur dans la voie soufie connu pour son ascétisme.

Le nombre de ces auditeurs augmenta en nombre tant et si bien qu'il dû se déplacer vers la place publique, puis de là, à l'intérieur des murs, quand la nuit venue, à la lueur des torches des lanternes, le peuple avide de sa parole venait encore près de lui pour l’écouter. Un jour vint où l'assistance se fit si nombreuse qu’il du se mettre en quête d'un plus vaste espace. Alors il installa sa chair sur une grande esplanade qui se trouvait hors la ville.

À cet orateur de carrefour et de plein air, le monde universitaire de Bagdad avait tout d'abord témoigné une sceptique et dédaigneuse indifférence. Puis, il fut curieux et amusé et enfin profondément intrigué en même temps qu’anxieux de découvrir le secret de son succès que démontrait l'enthousiasme populaire. Il convenait donc de démasquer sans t**der ce faux prédicateur et de prouver ces roublardises et son ignorance.

Une délégation d'une centaine de savants parmi les jurisconsultes et théologiens distingués de Bagdad vint interroger ou plutôt faire subir un examen à Abdel Qadir. Celui-ci les reçut tous avec la plus grande courtoisie et bienveillance. Mais au moment où ces messieurs durent « engager le fer », personne ne parvint à dire le moindre mot. Le silence se prolongea, impressionnant et écrasant sans qu’aucun de ces hommes essaye de l’interrompre. Leur cerveau tout rempli de cette science sur lequel ils se reposaient pour confondre leur hôte leur fit l’effet d’un sombre chaos, et leurs langues paralysées les laissèrent muet.

Puis, une fois l'émotion dissipée Abdel Qadir leur adressa la parole avec douceur et donna à chacun l'explication théologique et juridique précise qu’ils attendaient sans avoir pu le formuler. Les savants Bagdadiens furent évidemment très surpris et bientôt totalement admiratifs. Faisant amende honorable il n’eurent plus qu’à se retirer.

À la suite de cet événement, et de bien d'autres encore, le peuple décida d'acheter toutes les habitations privées voisines d'une école juridique. On construisit sur leurs emplacements une magnifique école en même temps qu’un couvent (Zaouïa) pour ces adeptes. Sa construction fut terminée en 1121 et à partir de cette date, Abdel Qadir enseigna à l'école et prêcha au Ribat. De nombreuses personnalités assistaient à ses sermons, et les califes ne manquaient pas non plus de lui rendre visite et de lui témoigner leur respect. Et ce malgré le peu de crédit qu’Abdel Qadir accordait aux hommes du pouvoir. Dans cette école, chaque année, 3000 étudiants étaient admis et succédaient aux 3000 élèves précédents ; et c'était Abdel Qadir lui-même qui les instruisait. Durant quarante années que durera ses cours, il enseignera donc à plus de 120 000 personnes.

Juriste scrupuleux en même temps que guide spirituel réputé, Abdel Qadir al-Jilani indique des règles à tout ses disciples notamment dans son ouvrage : Al-Ghunyia li-talibi Tariq al-Haqq. Son enseignement est dans la lignée de ces grands prédécesseurs :

Junayd (mort en 911) pour la synthèse et l’explicitation de la mystique des premiers siècles et Ghazali qui, englobant toutes les sciences religieuses exotériques et ésotériques, les réoriente définitivement vers la Tradition musulmane et l’idéal comportementale du Prophète.

‘Abd’l Qadir s’attacha donc tout d’abord au Coran et à la Sunna avant d’authentifier ou de réfuter les diverses pratiques soufies ou les spéculations théologiques de son temps. En ce sens il maintint le dévoilement spirituel comme mode de connaissance suprême tout en enracinant ses disciples dans le respect de la loi et des réalités socio-économiques ce qui eu pour effet d’harmoniser le soufisme avec la société et notamment les différents cercles jusqu’ici marginalisés. La mystique dépassa grâce à lui le cadre restreint des retraites spirituelles et devint accessible à la majorité des musulmans.

Dans un de ses sermons, Abdel Qadir traita des différentes étapes de la vie mystique et des états qu'elles permettaient. Il expliqua d’ailleurs à ces adeptes à quel degré était parvenu Mansour al-Hallaj (m. en 922). Pour une suite de paroles et d’agissements incompris sur l'état d'union avec Dieu (Fana’), les fanatiques orthodoxes ne lui laissèrent pas le temps de franchir cette étape et se crurent autorisée à le martyriser jusqu'à la mort. Et cela malgré ses nombreux adeptes et amis. Aucun ne s'étaient portés à son secours soit pour expliquer son cas, soit pour le sauver. Abdel Qadir avait rajouté à ses réflexions plus qu'une déclaration, une véritable promesse :

« Si un de mes amis est exposé un danger : Je le sauverais. Que je sois présent en ce monde ou présent dans l'autre monde car mon cheval est sellé; ma lance est à ma portée; mon glaive est dans son fourreau, mon arc tendu pour la défense de mes compagnons et de mes amis ! Tandis que peut-être, ils ne le savent même pas !… ”

Son surnom de Muhyiddine est très répandu. C'est par ce nom que le peuple aimait à désigner Abd'l Qadir. Voici dans quelles circonstances il lui fut attribué la première fois.

C'était un vendredi de l'année 1117. De retour d'un court voyage, Abdel Qadir cheminait pieds nues sur la route de Bagdad, lorsqu'il aperçut, étendu sur le chemin, un homme, dans un état de faiblesse tel, qu’il semblait sur le point de rendre l’âme. Lorsque Abdel Qadir se trouva assez près de lui, l'homme lui adressa un salut et lui fit signe d'approcher, car il était sans force pour lui parler. Notre voyageur se penche pour entendre ce qu'on peut avoir lui dire. C'est alors qu'une étrange transformation s'opère. Le moribond semble récupérer des forces, à mesure que le saint s'approche et demeure près de lui. Il se soulève, ces regards reprennent de l'éclat, et les couleurs de la vie réapparaissent sur ses joues et sur ses lèvres ; sa respiration n'est plus oppressée ; il reprend toutes les apparences de la santé, enfin il se lève, détend ses membres, qui ne sont plus raidis par les approches de la mort, mais pleins de force et de vigueur. Lui adressant alors la parole, cet homme lui dit :

« Ne m’as-tu pas reconnu ?… » Sur la réponse négative d’Abdel Qadir, il reprit : « Je suis la religion. Inerte, paralysées, expirante, je serais demeuré telles, si dans sa bonté Dieu ne t'avais créé pour me porter secours : tu es mon Muhyiddine ! (Le vivificateur de la religion). Tel sera tout nom. »

Et sur ses paroles, il prit congé d’Abdel Qadir. Comme nous l'avons dit, c'était un vendredi et Abdel Qadir devait presser le pas pour se trouver à temps à la mosquée. Une fois arrivée, il fit la prière mais lorsqu'il se releva ceux qui était présent l'entourèrent lui embrassant les mains avec une respectueuse affection et le nommèrent Muhyiddine, comme l'avait annoncé l’étrange messager, rencontré peu avant sur la route de Bagdad.

Parmi les autres surnoms attribués à Abdel Qadir, il en était un qui dit-on le rendit encore plus célèbre dans les cieux que sur la terre. Là, dans le monde céleste, et d'après les anciens, il est connu sous le surnom de « Baz el Ech’Ab », le faucon gris des cieux. Ce surnom, qui vient en tête des titres d’honneur du saint ne doit pas uniquement son origine à l'élogieuse observation des grands du passé ; il provient également d'un fait prodigieux qui survint bien avant la naissance d’Abdel Qadir. Voici son histoire :

La mère d’Abdel Qadir, Fatima, portait au visage la cicatrice d'une ancienne blessure qu'il l’a marquait déjà depuis bien avant son union avec Abou Salih Djenghi Dost, le père d’Abdel Qadir.

C'est peu avant son départ de Niff pour Bagdad qu’Abdel Qadir et sa mère eurent une curieuse conversation, au cours de laquelle, il eut l’idée de l'interroger sur l'origine de son ancienne blessure. À ses questions, sa mère répondit :

« Mon fils, cesse de me questionner sur ce sujet. Cette histoire est un secret que je désire ne pas te confier. -- Ô mère ! Je n'ignore rien de ce qui arriva en cette circonstance. -- Et comment pourrais-tu savoir ?… Il n’y avait alors personne de présent, et je n'en ai parlé à personne ?… Ne réveille pas en moins tristes souvenirs. -- Ô mère! Tu étais alors une toute jeune fille. Seule tu étais allé puiser l'eau pure d'une source, que dans ta famille on aimait à boire. Séduit par ta juvénile beauté, un misérable voulu profiter de ta faiblesse, tu fus en butte à ces violences, dés qu’il te vit t’éloigner dans ce lieu désert. -- en vérité, cela s'est passé ainsi, confessa Fatima étonnée. -- en ce lieu solitaire, personne ne pouvait ni entendre tes cris, ni répondre à tes appels. Trop faible pour te défendre, tu allais voir triompher ton agresseur. -- ô mon fils ! Que je suis confuse de t'entendre évoquer cette scène odieuse, où je pensais mourir de terreur et d’angoisse ! -- Tes larmes coulaient abondantes. En vain, tu suppliais cette brute infâme ! Dans cette lutte inégale, sentant tes forces abandonner, d'un geste inspiré, tu supplias le ciel. À ce moment, Ô mère ! N’as-tu pas imploré l’aide de notre glorieux Prophète Muhammad ?… Mais ce misérable insensé, n'en fut pas plus touché que de tes larmes. Il portait dans ses bras ton corps épuisés par cette lutte, car tu perdis connaissance. -- oui, j'ignore tout ce qui s'est passé, après que j’eu aperçus un grand oiseau qui semblait nous considérer. -- laisse-moi, aujourd'hui te le dire. Ton agresseur se croyait déjà sûre de sa victoire, lorsque du ciel fondit sur lui un faucon gris, qui lui arracha les deux yeux, en punition de sa conduite infâme et qui lui fit lâcher prise. Rougissant de douleur, épouvanté, il s'enfuit !… Toi, près de la source, où ton amphore s'était brisée, tu gisais évanouie. Pour t'arracher à cet épanouissement, le faucon gris effleura ta joue de sa griffe, et tu gardes depuis ce jour, la marque de la céleste protection à laquelle tu dus ton salut. Ô mère ! Efface de ton cœur ce triste souvenir, puisque Dieu t’a secouru à temps et ta vengé. -- mais toi, mon fils, comment peux tu me parler d'un fait aussi étrange, enseveli dans le passé, bien avant ta naissance ? Qui avait pu ton instruire ? J'étais alors, je te l'ai dit, une toute jeune fille, presque une enfant et personne n'a jamais rien su de ce qui m'arriva ? -- Mère ! Par Dieu est toute puissance ! Et par sa grâce, le faucon gris c’était moi ! »

Ce n'est que vers les toutes dernières années de sa vie qu'Abdel Qadir ressentit les atteintes de l'âge, et se vit contraint de restreindre l'ardente activité à laquelle il était accoutumé. Alors dans ces moments de lassitude, le grand saint exprima le souhait d' « une mort à laquelle ne serait pas soumise la vie, et d'une vie à laquelle ne serait plus nécessaire la mort ». Et insensiblement il entra dans cet état auxquelles son âme aspirait et où l’être est délesté de tout ce qui l’opprime et lui pèse. Le « sultan des saints » avait atteint l'âge de 90 ans lorsqu'il s'éteignit. Sur son lit de mort, et devant l'anxiété de ses fils, il exprima une ultime parole :

"Nul ne peut pénétrer le mal qui me détruit ; pas plus les hommes que les anges ou les génies, car il ne leur est pas donné le pouvoir le comprendre : il est ce que mon Créateur a voulu pour moi. Mais sachez que la science divine ne s'amoindrit pas par l'accomplissement de ses décrets. Les décrets peuvent différer et leurs effets de même mais la science divine demeure inaltérée. Dieu détruit ce qu'il veut, il établit ce qu'il juge utile : le Livre Mère (Ummul Kitab) est auprès de lui grand ouvert. Il ne peut être interrogé sur ce qu'il fait, mais ces créatures doivent répondre de leurs actes. Ne craignez personne hormis Dieu; n'adressé vos prières qu’à lui seul ; tout ce que bon vous semblera, demandez le uniquement à lui seul, ne compter que sur Allah; croyez en l'unité de Dieu."

Vers la fin de sa vie, Abdel Qadir reçut le suprême honneur destiné aux Qutb (Axes du monde), les plus grands saints de l’Histoire. Cette investiture lui offrit d’être revêtu par le Prophète lui-même de la robe d'honneur de la souveraineté sur tous les saints. Il va sans dire que cette cérémonie n'eut pas lieu matériellement. Cependant lors de son déroulement, ceux qui se trouvaient présent près de lui déclarèrent avoir compris qu’il se passait un événement extraordinaire.

Son influence était telle qu’elle dépassait de loin les frontières de l’Irak dés avant sa mort. Un large éventail de personnalités l’auront plus t**d en haute estime, qu’il s’agisse des penseurs les plus méfiants à l’égard de la mystique ou des futurs maîtres qui auront pris de lui l’initiation.

Pour autant ‘Abd’l Qadir ne fonda pas de voie de son vivant. Il prévu néanmoins la succession de l’école religieuse (madrassa) qu’il dirigeait depuis la mort de son professeur. Ces fils en firent rapidement une zawiya à laquelle ils associèrent l’école ainsi qu’une mosquée et le mausolée du cheikh. La Qadiriyya ne se répandra véritablement qu’à partir du XVe siècle et parviendra à s’implanter dans des pays comme l’Inde, le Turkestan, l’Arabie, l’Égypte, l’Afrique du Nord et certains pays de l’ex-Union soviétique.

Parmi les petit-fils d’Abdel Qadir al-Jilani, on retient généralement comme informateurs ‘Abd’l Waraq (1128-1196) qui récita les prières à la mort de son père, ‘Abd ar-Razzaq (1133-1206), et le Cheykh Mûsa (1142-1221.)

Adresse

18 Bis, Avenue Selembaô. Commune De Selembaô (Référence : Dernière La Prison Centrale De Makala)
Kinshasa

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