17/02/2025
𝐋𝐄𝐒 𝐈𝐋𝐋𝐔𝐒𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐁𝐑𝐈𝐒𝐄́𝐄𝐒
Épisode 3
Chapitre 1 : 𝐔𝐧𝐞 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐭𝐞́ 𝐐𝐮𝐢 𝐓𝐫𝐨𝐮𝐛𝐥𝐚𝐢𝐭 𝐥‘𝐚̂𝐦𝐞
Le soleil déclinait lentement sur Kamituga, peignant le ciel de nuances dorées et orangées. L’heure de la sortie des classes transformait la ville en un tourbillon de rires et de bousculades.
Mais, au milieu de cette agitation, Alfred était ailleurs.
Ses yeux, semblables à deux étoiles en quête d’une lumière plus éclatante, s’étaient posés sur une silhouette qui semblait défier le temps. Kenny Florence.
Une beauté qui n’avait rien de commun. Une élégance qui ne criait pas mais s’imposait, comme la rosée du matin qui caresse les pétales d’une fleur.
Sans s’en rendre compte, il murmura :
— Quelle beauté… ?
Guelord, son cousin, le bouscula légèrement, un sourire narquois aux lèvres.
— Mais Alfred, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?
Alfred cligna des yeux, comme s’il revenait d’un rêve.
— Toi, un simple villageois, avec seulement deux années ici à Kamituga, tu commences déjà à fixer les filles comme si elles t’appartenaient ? continua Guelord en riant.
Mais Alfred ne se laissa pas démonter.
— Ohhhh cousin, j’ai déjà 19 ans. Et bientôt, je vais entrer en sixième année et décrocher mon diplôme en maçonnerie.
Guelord leva les yeux au ciel.
— Hahaaa ! Cousin, si tu continues comme ça, tu risques de rentrer à Isopo la tête basse !
Ils marchaient côte à côte, pris dans leur discussion, et dans cette mer d’élèves qui déferlait hors de l’école, Alfred perdit Kenny de vue.
Son cœur se serra.
— Mais… je ne la vois plus… murmura-t-il, cherchant désespérément dans la foule.
Guelord éclata de rire en le voyant si troublé.
— Calme-toi, bro villageois. Toi, sortir avec Kenny ? Impossible. Elle appartient aux grandes personnes de la ville, des mecs comme moi.
Alfred fronça les sourcils.
— Ah bon ? Okay. Mais toi, tu es avec Justine, mon cousin ?
Guelord haussa les épaules avec désinvolture.
— Même si, ça ne veut rien dire. Moi, je ne crois pas aux filles. Actuellement, j’ai plus de 10 meufs. Tu le savais ?
Alfred ouvrit grand les yeux.
— Non, je ne savais pas…
— Eh bien, maintenant tu sais.
Ils arrivèrent enfin à la maison, où une autre épreuve attendait Alfred.
Chapitre 2 : 𝐋𝐞𝐬 𝐂𝐨𝐮𝐩𝐬 𝐐𝐮𝐢 𝐅𝐨𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭 𝐋𝐞 𝐂œ𝐮𝐫
Dès qu’il posa le pied dans la cour, Alfred se mit à faire les travaux ménagers avec une énergie inhabituelle.
Son oncle, Héritier Kikuk**a, le regarda avec suspicion.
— Pourquoi aujourd’hui tu as autant de courage ? demanda-t-il en croisant les bras.
Guelord éclata de rire et lança :
— Il a déjà commencé à draguer.
Alfred tourna vivement la tête vers lui, les yeux suppliants, mais Guelord riait comme un enfant espiègle.
Son oncle n’avait besoin de rien de plus.
— Viens ici vite ! tonna-t-il.
Alfred hésita.
— Oncle, je n’ai rien fait…
Mais son oncle était déjà sur lui. Le bâton siffla dans l’air avant de s’abattre violemment sur son dos.
La douleur explosa dans son corps, mais il ne cria pas. C’était une guerre qu’il menait en silence.
Sa tante, depuis la cuisine, ajouta d’un ton sec :
— Fouette-le très fort ! Il doit apprendre à ne pas nous faire honte !
Un coup. Puis un autre. Et encore un.
Guelord, lui, riait aux éclats, trouvant la scène amusante.
Chapitre 3 : La 𝐌𝐚𝐢𝐧 𝐓𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐭𝐢𝐥𝐝𝐞
Dans cette maison, il y avait un locataire particulier : Maître Bienfait Kalika, un avocat réputé.
Mais plus que lui, c’était sa femme, Matilde, qui fascinait Alfred.
Elle était belle, douce et remplie d’une sagesse silencieuse.
À chaque fois qu’on le battait ou qu’on lui refusait à manger, Matilde semblait souffrir autant que lui.
Un soir, alors qu’il était recroquevillé près de la cuisine, son ventre criant famine, Matilde s’approcha discrètement et lui tendit un morceau de pain.
— Prends et mange, Alfred.
Il hésita, jetant un regard inquiet autour de lui.
— Mais… s’ils nous voient ?
Elle sourit doucement.
— La souffrance d’aujourd’hui est le témoignage de la grandeur de demain.
Alfred prit doucement le pain et le porta à sa bouche.
— Merci, Matilde… murmura-t-il, les larmes aux yeux.
Elle lui tapota l’épaule.
— Tout aura une fin, Alfred.
Bienfait Kalika, son mari, voyait tout cela en silence.
Un jour, il confia à sa femme :
— Ce petit a quelque chose de spécial. Il est fort, il est droit. Un jour, le monde connaîtra son nom.
Chapitre 4 : 𝐥'𝐚𝐦𝐢𝐭𝐢𝐞́ 𝐞𝐭 𝐥'𝐚𝐦𝐨𝐮𝐫 𝐒𝐞𝐜𝐫𝐞𝐭
Les jours passèrent, et Alfred commença enfin à se faire de vrais amis à l’école.
Parmi eux, Prince.
Un garçon intelligent, posé, et loyal.
Un jour, alors qu’ils discutaient sous un arbre, Prince lui demanda :
— Alfred, pourquoi tu ne parles jamais d’amour ?
Alfred haussa les épaules.
— Mon frère, laisse ces histoires, s’il te plaît…
Prince insista.
— Moi, je te parle toujours d’Éliza du lycée YANO et de Joséphine du lycée SEBYERA, mais toi, jamais rien.
Alfred soupira.
— Je n’ai pas un cœur pour aimer.
Prin