06/03/2026
1ÈRE ENCYCLIQUE DU PAPE LÉON XIV
À l’occasion du 135e anniversaire de «Rerum novarum», encyclique du pape Léon XIII portant sur la doctrine sociale de l’Église, le Pape réfléchit, dans sa première encyclique, «Magnifique humanité», à la doctrine sociale de l’Église à l’ère de l’intelligence artificielle. Un appel à préserver «une humanité magnifique habitée par Dieu», en promouvant la vérité, la dignité du travail, la justice sociale et la paix. À l’ère numérique, il faut désarmer l’IA et dépasser la théorie de la «guerre juste», en relançant le dialogue et le multilatéralisme.
Et le Pape Léon XIV a repris l’héritage de son prédécesseur, en rédigeant une encyclique sociale qui aborde l’un des principaux défis de l’époque contemporaine: l’intelligence artificielle
Subdivisé en cinq chapitres, auxquels s’ajoutent une introduction et une conclusion, Magnifique humanité part d’un postulat: la technologie n’est pas une « force antagoniste par rapport à la personne » (4), ni « un mal en soi » (9). Cependant, « elle n’est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent ». D'où l'appel du Pape à « construire le bien » et à « rester humains », en suivant la logique de la coresponsabilité courageuse, de la subsidiarité, de la communion, afin que « le monde puisse reconnaître… au cœur de l'être humain, le lieu où Dieu désire habiter » (16).
La doctrine sociale de l’Église est une théologie de la communion fondée sur la dignité de la personne, la valeur du travail, la destination universelle des biens, la solidarité et la subsidiarité, la sauvegarde de la création, la centralité de la paix et de la fraternité.» (45).
Protéger la dignité humaine: la personne n’est pas une ressource à exploiter
Dans le deuxième chapitre, Léon XIV énumère les «fondements et les principes de la doctrine sociale de l’Église»: parmi les premiers, il cite la dignité de la personne, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il est nécessaire de le rappeler car la pression exercée par «de nouvelles idéologies» et par «certains intérêts très puissants» peut réduire la personne à une «ressource à utiliser et à exploiter» ou à «ce qu’elle réalise ou produit» (51). Au contraire, «la dignité fondamentale de chaque personne ne s’acquiert pas, ne se mérite pas et n’a pas besoin d’être démontrée» (53). Un deuxième fondement de la DSE est l’inviolabilité des droits humains, parmi lesquels le premier est celui à la vie «de sa conception à son terme naturel» : à cet égard, Léon XIV définit l’avortement provoqué, le meurtre d’innocents et l’euthanasie comme des «choix gravement illicites» (55). Le troisième fondement est la reconnaissance des droits des minorités, avec une attention particulière pour les femmes : en leur faveur, le Souverain pontife demande des «choix concrets» dans les lois, le travail, l’éducation, les responsabilités sociales et politiques, afin qu’elles soient véritablement écoutées et valorisées (57). (À suivre)