25/03/2021
Formation liturgique : Les gestes inutiles au cours d’une messe
Je remercie le frère qui a demandé de lui indiquer le nombre de signe de croix que l’on doit faire pendant une célébration eucharistique. Les autres membres du groupe ont eu le temps de lui répondre qu’il n’y a, stricto sensu, que deux signes de croix : au début et à la fin de l’eucharistie. S’il doit y avoir de signe de croix supplémentaire, le Missel Romain, qui est le livre officiel de la célébration de la messe et qui indique les gestes et attitudes du corps à chaque moment de la messe l’aurait signifié. Quant à l’habitude de se signer après le Confiteor (Je confesse à Dieu tout-puissant), les catholiques du Bénin se signent. Mais dans plusieurs autres pays, on ne se signe pas.
Je voudrais profiter de la question pour attirer l’attention sur quelques gestes superflus que nous développons de plus en plus au cours de la messe.
Les signes de croix
C’est à partir des années 2000 que la signation tout azimut à commencer à se développer dans notre Eglise. Mis à part le début et la fin, et les petites signations pendant l’annonce de l’Evangile, il n’y a plus aucun signe de croix à faire. Tout le reste relève du superflu. Par exemple, quand le prêtre dit : « Qu’ils deviennent pour nous le Corps et le Sang de ton Fils Jésus Christ notre Seigneur » en faisant un signe de croix sur les espèces consacrées, il y a des fidèles qui se signent aussi. Il faut éviter tout cela.
Je profite pour rappeler que les signes de croix ne commencent pas au-dessus de la tête, mais sur le front pour descendre au creux de la poitrine (et non sur le nombril) avant que la main ne se dirige vers la gauche, puis vers la droite sur les deux épaules (front, creux de la poitrine, épaule gauche et droite). Le Signe de croix ne se fait pas avec un doigt mais avec les quatre doigts, le pouce étant replié sur la paume.
Les mains levées :
A aucun moment, sauf pendant la récitation du Pater Noster (le Notre Père), il n’est permis de lever les mains. Pendant la consécration, l’élévation du Corps et du Sang, la grande élévation, le « Car c’est à toi qu’appartiennent », etc, les fidèles lèvent les mains. C’est bien inutile.
Les prières déplacées
Pendant que le Corps et le Sang du Christ sont élevés, certaines personnes font l’intercession. C’est le moment de l’adoration et non de l’intercession et des demandes. Les intentions pour lesquelles nous venons à la messe se présentent juste après le Kyrie (Seigneur, Prends pitié) quand le célébrant dit : Prions le Seigneur. Il observe un court moment de silence. C’est en ce moment rapide qu’il faut présenter son intention et non pas quand le célébrant montre le Corps et le Sang.
Les positions a genoux
Nous ne restons à genoux que pendant la consécration, après l’Agneau de Dieu et juste après la communion au Corps du Christ. Nous restons aussi à genoux pendant que le reste du Corps du Christ est déposé au tabernacle. La messe se fait généralement debout. Ainsi, quand l’anamnèse (Proclamons le mystère de la foi) est entonné, nous devons tous rester debout. Certains restent à genoux jusqu’au moment de la grande élévation (Par lui, avec lui et en lui), c’est une erreur liturgique. A corriger.
La position debout :
La grande partie de la messe se fait debout. Les chrétiens se lèvent automatiquement quand on entonne l’acclamation (Alléluia, Alléluia) pour lire l’Evangile. Il ne faut pas attendre que le célébrant se lève d’abord. Certaines personnes restent même assises pendant la lecture de l’Evangile. Nous restons debout pour écouter la voix de Dieu.
Certains restent debout pendant la consécration du Corps et du Sang : l’attitude juste est de rester à genoux. Si nous avons un problème au pied, il faut mieux s’assoir et s’incliner.
NB : Si l’évêque du diocèse dispose autrement pour tous, son décret s’applique à tous. Par exemple, s’il décide que pendant le Confiteor (Je confesse à Dieu Tout-Puissant), tout le monde doit s’agenouiller dans son diocèse, alors tout le monde se met à genoux. S’il ne dit rien de spécifique à propos d’un geste, tout le monde suite la règle ordinaire.
Abbé Jean OUSSOU-KICHO